Formulaire de recherche Classement thématique Liens Archives Lettre d'info

Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

Idéologie

lundi 19 novembre 2007

« La pression fiscale belge parmi les plus fortes »

Comme beaucoup trop régulièrement, on peut lire aujourd’hui sur certains sites de presse belge des échos serviles d’un document intitulé « Paying taxes 2008 », réalisé par la Banque mondiale en collaboration avec le cabinet d’audit PriceWaterhouseCoopers. On ne s’appesantira pas outre mesure sur l’opportunité douteuse de choisir un partenaire comme PriceWaterhouseCoopers dans le chef d’une banque mondiale qui ne convainc de toute façon plus personne lorsqu’elle se prétend soucieuse du bien commun.

On s’interrogera par contre sur la portée idéologique de cette soi-disant étude sur la « pression fiscale », dont le message central est simple et même simpliste : « la fiscalité, c’est le mal ». Le vocabulaire utilisé ne laisse aucun doute à ce sujet. On nous apprend par exemple que « la Belgique occupe une peu enviable 154e position, derrière l’ensemble des pays européens à l’exception de la France et de l’Italie. » De manière générale, la fiscalité est systématiquement présentée comme nuisible et les paradis (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 6 248 signes. Il a suscité neuf réactions.

mercredi 7 novembre 2007

BHV, surtout garder la tête froide

L’issue redoutée a donc eu lieu ; les députés flamands ont voté cette après-midi la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvoorde (BHV) en Commission de l’Intérieur de la Chambre. Et beaucoup de commentateurs d’enchainer sur la « crise de régime » dans laquelle nous entrons. Beaucoup de cris. Beaucoup de fumée.

Avant toute chose, j’aimerais suggérer aux francophones — et notamment aux citoyens qu’on peut entendre réagir de façon très impulsive — de prendre garde à ne pas agir comme ces équipes de foot qui, après avoir pris un but, perdent soudain tous leurs moyens, se désorganisent et finissent le match avec trois ou quatre buts en plus.

Car si ce vote de la scission de BHV est une défaite — grave peut-être pour sa portée symbolique et la manière dont les choses se sont déroulées —, ce n’est pas un drame. L’élément le plus préoccupant, à mon avis, ce n’est pas la substance du vote lui-même, c’est le fait que le cordon sanitaire ait été rompu à cette occasion ; c’est la collusion du monde (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 21 501 signes. Il a suscité neuf réactions.

jeudi 1er novembre 2007

Quelle objection au racisme « scientifique » ?

Les propos racistes du prix Nobel et co-découvreur de la structure de l’ADN, James Watson, ont relancé les interrogations et les inquiétudes sur la renaissance d’un racisme qualifié de « scientifique ». Ce type de théories avait largement prospéré avant la seconde guerre mondiale — non seulement dans l’Allemagne nazie, mais bien au-delà, justifiant notamment des pratiques eugénistes. La défaite du nazisme leur a porté un coup sérieux, mais pas fatal tant il est vrai que, dans l’histoire des idées, bien rares sont celles qui périclitent définitivement. Cette réapparition du racisme dans le champ scientifique est d’autant plus inquiétante que, dans le même temps, comme on le sait, le fascisme menace à nouveau l’Europe, y compris en Allemagne.

Le journal Le Monde publie dans son édition d’hier un article signé de Stéphane Foucart qui démonte la thèse de Watson sur le plan scientifique. L’article me semble plutôt brillant et je ne doute pas qu’il est utile. J’éprouve cependant un certain malaise face à un (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 3 887 signes. Il a suscité cinq réactions.

mercredi 31 octobre 2007

Sur l’exposition « C’est notre histoire »

J’ai visité ce mardi l’exposition « C’est notre histoire », qui vient de s’ouvrir à Bruxelles. Financée par l’Union européenne, elle prélude à l’ouverture dans cette même ville d’un Musée de l’Europe (non, pas celui-ci). Malgré son peu d’intérêt, elle donne l’occasion d’examiner l’image que l’institution europénne se fait d’elle même, de faire un voyage dans l’idéologie officielle (voir les photos), en quelque sorte — même si, évidemment, une bonne partie du travail de communication de la machine européenne consiste à présenter le processus politique en cours comme strictement neutre et dépourvu d’idéologie (et, oui je sais, les organisateurs se présentent comme « issus de la société civile »).

Permettez-moi de noter ici quelques commentaires sur cette exposition.

1. À la sortie, la première impression qui frappe est celle d’un vide sidéral. Des moyens considérables (projections vidéos énormes, installations d’art contemporain de très grande taille, décors,...) sont déployés pour ne finalement pas dire grand chose. On (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 7 036 signes. Il a suscité dix réactions.

mardi 11 septembre 2007

La liberté d’expression ne se négocie pas

« La défense du droit à la libre expression ne se limite pas aux idées que l’on approuve, et que c’est précisément dans le cas des idées que l’on trouve les plus choquantes que ce droit doit être le plus vigoureusement défendu. Soutenir le droit d’exprimer des idées qui sont généralement acceptées est évidemment à peu près dépourvu de signification. »

Noam Chomsky

Les fachos et autres crétins populistes qui organisaient ce mardi à Bruxelles une manifestation — interdite par l’autorité communale — « contre l’islamisation de l’Europe » (sic) ont donc réussi leur coup. En ce jour anniversaire de l’assassinat du socialisme chilien — le 11 septembre 1973 mourrait Salvador Allende tandis que le général Pinochet prenait le pouvoir avec l’appui de la CIA pour la honte de l’Occident —, on n’a parlé dans les médias que « choc des civilisation », terrorisme islamiste, voire, donc, « islamisation de l’Europe », même si ce fut bien sûr généralement pour relativiser ces thèses (encore bien). Accessoirement, deux des figures (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 18 288 signes. Il a suscité dix-neuf réactions.

lundi 23 juillet 2007

Pour des maisons des services publics

Ou tout ce qu’il aurait été possible de faire si l’on avait pas bêtement privatisé le secteur public. Ou encore ce qu’il serait possible de faire si on décidait de nationaliser à nouveau certains secteurs de l’économie,...

Face à l’éclatement des pouvoirs publics avec lesquels le citoyen est amené à interagir et vis-à-vis desquels il a de toute évidence du mal à se retrouver, un effort d’accessibilité s’impose. Face au démantèlement des services publics, devenus — au fil des « consolidations stratégiques » et des privatisations — des entreprises publiques, des entreprises publiques autonomes et finalement des entreprises tout court, soucieuses de profit et de rien d’autre, il est nécessaire de reconstruire des fonctions collectives efficaces au service du citoyen. Face à la logique capitaliste qui prévaut au niveau européen, le secteur public serait bien inspiré de montrer qu’il a quelques beaux atouts à faire jouer. Face à la complexité de plus en plus grande des tâches auxquelles nous sommes confrontés dans la (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 6 575 signes. Il a suscité huit réactions.

samedi 23 juin 2007

L’Union parle novlangue

Alors que les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, réunis à Bruxelles, viennent d’annoncer un accord sur un nouveau traité européen (je crains le pire), preuve qu’ils n’ont rien compris au fait que ce n’est pas le rôle des exécutifs, mais celui d’une constituante d’écrire un texte à vocation constitutionnelle, la lecture d’un billet sur le blog de Jean Quatremer me fait sauter aux yeux une sorte de raison primale pour laquelle je me suis opposé au TCE et pour laquelle je risque fort, une fois que j’aurai lu le nouveau texte (qui selon toute vraisemblance polonaise ou britannique est encore pire que le précédent), de me mobiliser à nouveau contre ce nouveau projet.

À tous les arguments politiques énumérés à l’époque du non au (premier) TCE, j’aimerais en ajouter un, linguistique, qui me saute aux yeux : l’Union parle novlangue. C’est l’évidence. Le principal problème de ce texte (dans sa version initiale ou, sans aucun doute, dans sa version remaniée), c’est qu’il ne s’agit pas d’un texte de droit mais d’un (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 6 272 signes. Il a suscité quatre réactions.

dimanche 17 septembre 2006

L’UPTR et le libéralisme

Un des critères les plus parlants pour faire la différence entre les deux concepts que sont le libéralisme et le capitalisme — distinction extrêmement importante à mon avis, et trop souvent négligée voire carrément niée dans les milieux alter — c’est de constater que le capitalisme ne se conforme aux règles du libéralisme que quand ça l’arrange — c’est-à-dire finalement assez peu souvent — et que le libéralisme ne lui sert la plupart du temps que de couverture idéologique, de paravent intellectuel, utilisé pourtant de façon très peu crédible si l’on prend la peine de s’y attarder un instant.

Car le libéralisme a beau avoir beaucoup de défauts, il n’est pas totalement dépourvu de mécanismes régulateurs : basiquement, le prix sur le marché est sensé modifier les comportements des acteurs (rationnels, les acteurs), de façon à opérer une réallocation permanente des ressources en fonction des conditions de la production. C’est ce type d’arguments que les « vrais » libéraux utilisent pour expliquer que l’écologie « (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 7 977 signes. Il a suscité cinq réactions.

dimanche 5 février 2006

Ça déconne un peu, là

Commençons par rappeler les faits. Le 30 septembre dernier, le journal danois Jyllands-Posten publie une série de caricatures, parmi lesquelles un dessin représentant Mahomet coiffé d’une bombe. Le 19 octobre, onze ambassadeurs de pays musulmans émettent une protestation contre la publication auprès du premier ministre danois, qui refuse de les recevoir. Le 2 décembre, des islamistes pakistanais appellent à l’assassinat des dessinateurs. Le 29 décembre, la ligue arabe critique officiellement le gouvernement danois. Les dessins sont repris le 10 janvier 2006 par le journal norvégien Magazinet, puis par d’autres journaux européens. Le 1er février France Soir les publie ; son rédacteur en chef Jacques Lefranc sera limogé le lendemain dans la soirée par le propriétaire du journal Raymond Lakah, « en signe fort de respect des croyances et des convictions intimes de chaque individu ». Entre-temps, l’Arabie Saoudite a appelé au boycott des produits danois et des manifestations ont embrasé tout le (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 5 757 signes. Il a suscité 21 réactions.
retour au sommet de la page
francois.schreuer.org/ | ce blog utilise spip | hébergé par alterezo | xhtml 1.0 | à propos de ce site | admin

Contrat Creative Commons