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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

Institutions

vendredi 20 juillet 2007

Trois arguments contre la parité

La parité — c’est-à-dire l’imposition par la loi de la règle selon laquelle les mandats publics (ou les places sur les listes électorales) doivent être attribués paritairement selon le sexe — est désormais quasiment intégrée dans les moeurs politiques. Là où elle ne l’est pas, c’est qu’elle ne l’est pas encore. Cet acquis politique du féminisme ne me semble cependant pas nécessairement une bonne chose et je souhaiterais donner ici trois arguments trop peu pris en compte lorsqu’il arrive encore qu’on débatte ouvertement de cette question ; ce qui est de plus en plus rare.

1. Il n’est pas souhaitable de hiérarchiser les discriminations.

Il existe, chacun peut le constater facilement, des discriminations diverses dans la manière dont s’organise la société. Parmi cette diversité, aucun argument sérieux ne permet de donner à la discrimination sexiste un statut supérieur à d’autres. Entre une discrimination de type sexiste et une autre de type raciste, pour ne prendre qu’un exemple évident, aucun critère ne permet (...) [lire la suite]

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lundi 11 juin 2007

Laisser la Flandre s’en aller, pour éviter la haine

Il y a de nombreux enseignements à tirer des résultats des élections législatives de ce 10 juin. Parmi ceux-ci, le principal — et de loin — est à mon avis la victoire du cartel CD&V-NVA de MM. Yves Leterme et Geert Bourgeois et, ce faisant, le choix qu’a semble-t-il définitivement fait la Flandre de se diriger vers le confédéralisme, lequel peut être considéré, moyennant quelques nuances, comme une prémisse à l’indépendance flamande. Il me semble malsain de persister à nier cette évidence comme semblent vouloir le faire les partis francophones.

En ce qui concerne l’avenir de la Belgique, en effet, il existe à mon avis deux positions cohérentes et seulement deux : le fédéralisme d’union d’une part ; la scission du pays d’autre part, qui pose la question du destin de la partie résiduelle du pays qui est aussi en bonne partie francophone.

La première solution suppose une remise en commun d’un certain nombre de choses. Il s’agit de recréer les conditions d’un vivre-ensemble qui soit autre chose qu’une (...) [lire la suite]

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mercredi 6 juin 2007

Coupler les scrutins fédéraux et régionaux ?

Faut-il coupler les scrutins régionaux, européens et fédéraux, de façon à n’avoir plus qu’une seule date d’élections générales tous les cinq ans ? En ces temps électoraux, l’idée est dans l’air et semble convenir à pas mal de monde. Ça permettrait de faire pas mal d’économies en frais de campagne, sans nul doute. Ça permettrait aussi de « ne pas être en campagne électorale permanente », dit-on du côté des états-majors des partis et de pouvoir en conséquence gérer « plus sereinement » les affaires de l’Etat.

Tout cela est bien beau et même si ces arguments sont recevables, je dois dire cependant que ça ne me convainc pas, pour trois raisons.

1. Un fédéralisme non assumé. Bien sûr, notre fédéralisme de confrontation entre deux pôles principaux ne favorise pas un usage sain des institutions. N’empêche que le principe du fédéralisme suppose de pouvoir faire la part des choses entre ce qui relève de l’état fédéral et ce qui relève des entités fédérées, et leur permettre de mener avec un minimum de liberté leurs (...) [lire la suite]

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mardi 15 mai 2007

À propos d’un manifeste bruxellois

Veut-on faire de Bruxelles un nouveau Louvain-la-Neuve ?

Bruxelles est indéniablement la question institutionnelle du moment en politique intérieure. Ironique retour du balancier historique : là où la région-capitale a pu être négligée voire méprisée par certains intérêts flamands et wallons dans les réformes de l’Etat des premiers temps du fédéralisme belge, elle constitue désormais le noeud gordien de toute évolution institutionnelle du pays, ce qui lui vaut une attention soutenue, voire certains égards. L’appel « Nous existons » lancé dans ce contexte en décembre dernier et les multiples manifestations d’intérêts dont il a été suivi illustrent si besoin est ce retournement de situation.

Cet appel est un texte assez sympathique par bien des aspects. Il suscite cependant chez moi certaines réserves, contient certaines contradictions que j’aimerais examiner ici. Je précise que la position d’où je parle est hybride : bien qu’habitant Liège, je ne me considère qu’assez peu comme « wallon » et j’ai passé (...) [lire la suite]

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vendredi 30 mars 2007

À propos de la communauté urbaine liégeoise

Le sujet, depuis fort longtemps, revient régulièrement à la surface la question de la communauté urbaine liégeoise, véritable serpent de mer, ne faisant une apparition que pour mieux replonger dans les profondeurs abyssales où l’espace public cesse de l’être et où personne n’est capable de suivre ses évolutions bizarres. Cette question est pourtant de toute première importance pour l’avenir des Liégeois — des habitants de la grande agglomération liégeoise mais surtout, disons les choses comme elles sont, des habitants de la ville de Liège.

En effet, lors de la fusion des communes des années septante, qui vit le nombre de communes belges passer de 2 359 à 596, là où des entités comme Charleroi, Mons ou Namur ont vu, après la fusion, leurs frontières administratives respectives coïncider avec leurs réalité urbaine (et parfois bien au-delà), le cas de Liège reste celui d’une fusion ratée. La ville de Liège, coeur de l’agglomération, ne compte en effet qu’un peu moins de 200 000 habitants sur les plus de (...) [lire la suite]

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dimanche 5 novembre 2006

Sur les solutions au mal wallon proposées par Paul-Henry Gendebien

Dans un article paru dans La libre Belgique il y a quelques jours et mâlement intitulé « Cela suffit ! », Paul-Henry Gendebien fait le constat de la situation dramatique de la démocratie en Wallonie et formule quelques propositions pour remédier à cet état de fait ; il propose de « passer aux actes pour la sauver », ce qui se fera « radicalement », écrit-il, en appelant à une « nuit du 4 août au Parlement wallon », cette référence historique renvoyant au vote, dans la nuit du 3 au 4 août 1789, de l’abolition des privilèges par l’Assemblée nationale française à peine créée.

Si l’on peut le suivre dans le motif de son courroux — et si par ailleurs le personnage est un brasseur d’idées tout à fait passionnant (et accessoirement sympathique) —, je dois dire que je me suis trouvé en désaccord sur presque toutes les solutions qu’il propose, dans la plupart desquelles je vois des solutions contraires à la direction qu’il me semble que nous devons emprunter, en particulier au niveau de la réduction du pouvoir des (...) [lire la suite]

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samedi 28 octobre 2006

Du respect des formes démocratiques dans le discours médiatique

J’ai regardé le journal télévisé de la RTBF hier soir. Mauvaise idée : en général ça m’énerve ; service public ou pas, il me semble vraiment douteux que le discours télévisuel sur l’actualité puisse encore prétendre être considéré comme journalistique.

Ça n’y a pas coupé ce coup-ci. Parmi pas mal d’autres points qui mériteraient d’être mentionnés, je relève plus qu’une négligence, une véritable faute de déontologie : le sujet dont le parle présentait le projet des ministres Dupont et Onkelinx d’étendre la déchéance des droits civils et politiques aux « corrompus », soit aux personnes condamnées pour corruption, ou pour détournement par fonctionnaire public. Mais voilà, alors qu’il ne s’agit en l’état que d’un avant-projet de loi, la RTBF présentait la chose comme si la loi avait déjà été votée, faisant complètement l’impasse sur le fait que ce texte doit encore passer par le parlement. Le ministre Dupont, brave bonhomme, jouait le jeu, en parlant des conséquences de son projet au futur de l’indicatif.

Certes, de facto, nous (...) [lire la suite]

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mercredi 23 mars 2005

Démocratie locale ?

Toudjoum ! Il y avait plein de choses à améliorer dans le fonctionnement de la politique communale. Et la réforme qui se profile s’apprête à aller largement dans le sens opposé à ce qui aurait été souhaitable.

De quoi est-il question ? Entre autres choses, il s’agit principalement de ne plus faire élire le bourgmestre par le conseil communal comme c’était le cas jusqu’ici mais de le désigner en fonction de ses voix de préférence (ce que les libéraux, notamment, réclament à grands cris depuis quelques années). Le système d’élection directe étant quand même extrêmement problématique (ne serait-ce dans l’éventualité ou un bourgmestre se retrouve obligé de gouverner avec une majorité au conseil communal ne le suivant pas), le principe a été quelque peu amendé à la manière de chez nous (celle de ce prétendu « bon sens » qui t’écrit du décret amalgamant brics et brocs, pragmatique). Bref, ça donne ceci :

Le maïorat reviendra à la liste majoritaire ou à la liste la plus importante de celles qui composent la majorité ; (...) [lire la suite]

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