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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

24/06 — Actualité judiciaire

Actualité judiciaire chargée — et contrastée —, ces jours-ci, sur le front de la répression des mouvements sociaux.

Ce matin, le procès en appel de l’occupation de l’ONEM de Liège en mai 1999 (oui, 1999) — voir la pétition de soutien — a donné lieu à l’acquittement complet des quatre personnes poursuivies, ce qui met un terme à une procédure de près de dix ans.

Toujours au palais de justice de Liège, c’est ce matin que les « altermondialistes mis sur écoute » (selon l’expression désormais consacrée) en 2001 ont entamé la contre-attaque en exigeant des dommages de la part de l’Etat pour les procédures abusives dont ils ont fait l’objet (mise sur écoute sans que le moindre délit leur soit reproché, alors qu’ils organisaient une manifestation — pacifique et autorisée — en marge du sommet européen de Liège). Prononcé du jugement le 9 septembre prochain.

À Bruxelles, par contre, la saga du procès DHKP-C continue : après le procès de Bruges, après celui, en appel, de Gand, après un premier passage en cassation, après le nouveau procès d’appel d’Anvers, la Cour de cassation vient de renvoyer l’affaire devant une troisième cour d’appel, celle de Bruxelles (qui est la dernière cour néerlandophone à pouvoir statuer) — lire la dépêche Belga et les informations plus détaillées sur le site du CLEA. Au passage, on notera un dérapage hallucinant du journaliste de RTBF Pascal Bustamante qui, parlant du jugement d’Anvers, explique que le DHKP-C n’a pas été reconnu comme une organisation terroriste car il « n’avait pas encore commis d’attentat en Belgique » (je souligne). Dans le genre procès d’intention gros comme une maison, on fait difficilement pire...

Enfin, demain matin, la chambre des mises en accusation de Bruxelles statuera sur le cas des inculpés de l’affaire des pseudo-CCC, alias « Affaire Secours Rouge ». Il s’agira, on l’espère, de confirmer la décision de la chambre du conseil qui avait ordonné la remise en liberté de trois des quatre inculpés — décision suspendue, jusqu’à demain, par l’appel du parquet.

Dans tous les cas, ce qui frappe est l’acharnement du ministère public à l’égard de militants de gauche à qui l’on a rien ou quasiment rien à reprocher — et les conséquences énormes qu’a inévitablement cet acharnement sur ces personnes : stress, médisance sur leur compte dans la presse et ailleurs, perte de temps démesurée, coût de la défense,... Et lorsqu’ils s’en sortent la tête haute, après des années de procédure, les dommages auxquels ils peuvent prétendre sont non seulement dérisoires eu égard au préjudice subi mais en plus à la charge du contribuable tandis que les membres du parquet peuvent poursuivre tranquillement leurs méfaits.

Au-delà de la chronique circonstanciée de cette répression, des abus du parquet et derrière lui du pouvoir exécutif, de la résistance à ces abus de certains juges, aussi, ce qui interpelle est le silence assourdissant, à l’exception de quelques députés minoritaires, des partis politiques sur la nécessaire abrogation des législations d’exception. C’est là, évidemment, que le bât blesse et c’est là, d’abord, qu’il faut agir.

 

19/04 — Le procès DHKP-C cassé

Événement majeur, dont l’information tombe à l’instant, dans l’affaire d’Etat « Kimyongür ».

Très rapidement (selon la liste du CLEA) : la Cour de cassation, qui vient de rendre son arrêt, a décidé de casser le jugement de première instance au motif principal que la présence du juge Troch ne garantissait pas un jugement équitable (une sorte de suspicion légitime...). Soit dit en passant — il faudra prendre le temps de revenir calmement sur tout cela — les implications de l’arrêt rendu par la Cour de cassation pourraient être politiquement dévastatrices dans la mesure où la nomination du juge Troch n’est très manifestement pas sans être directement liée au ministère de la justice, dont l’occupante doit commencer à sentir son siège vaciller sous elle.

Quoi qu’il en soit, le prochain épisode se passera devant la Cour d’Appel d’Anvers. Rien n’est donc joué quand à la reconnaissance du droit à contester le régime autoritaire turc par le moyen de la parole comme l’a fait Bahar.

Le gouvernement n’en a pas fini de se dépétrer du merdier qu’il a créé en faisant voter les honteuses lois antiterroristes qui mettent à mal nos libertés fondamentales mais aussi en s’acharnant personnellement sur Bahar Kimyongür qui est devenu le premier prisonnier d’opinion belge depuis un sacré bout de temps.

Vous revenez d’un voyage d’un an dans les îles ? Vous ne savez pas de quoi il s’agit ? Il est temps de vous mettre au courant, par exemple en lisant ceci, en consultant le dossier monté par le portail mouvements.be ou, concernant plus généralement le problème de la législation antiterroriste, en écoutant l’émission Microcité (Radio Panik) consacrée à la question.

On attend maintenant que les élus se remuent enfin, notamment pour faire sortir au grand jour le rapport secret sur l’extradition illégale de Kimyongür aux Pays-Bas, qui a été organisée par les services belges il y a exactement un an. Il est notamment absolument nécessaire que le Parti socialiste cesse de couvrir ces agissements dignes des pires régimes totalitaires.

Update 15h30 : la dépêche Belga est tombée. On apprend que les condamnés — qui ne sont désormais plus coupables aux yeux de l’institution judiciaire — du procès DHKC pourraient être libérés dès aujourd’hui.

+ d’info sur le site web du comité pour la liberté d’expression et d’association.

 

18/04 — Les « mis sur écoute » contre-attaquent

J’ai assisté hier à la conférence de presse que donnaient les trois militants altermondialistes (dont deux sont des amis) qui ont été mis sur écoute en 2001 par les services de police, avec autorisation d’un juge d’instruction et cela de façon totalement abusive, au moment où ils ont organisé une manifestation pacifique (de surcroît autorisée et n’ayant pas provoqué de débordements) contre le sommet des ministres des finances européens (Ecofin) qui s’est tenu à Liège dans le cadre de la présidence belge de l’UE. Se sont ensuivis pour eux deux procès (deux parce que le ministère public a fait appel de la première décision) qui se sont soldés par un acquittement et la mise en évidence d’une faute dans le chef de l’Etat.

Soutenus notamment par la Ligue des droits de l’homme, la FGTB liégeoise, le CLEA et le CAL Liège, les « mis sur écoute » ont décidé de contre-attaquer et lancent à présent une citation contre l’Etat belge. Ils appellent également à une révison des différentes législations d’exception qui se multiplient ces temps-ci en Belgique qui représentent un grave danger pour la liberté d’expression et d’association, entre autres. Pour ce faire, ils lancent notamment une pétition qu’ils invitent tout un chacun à signer.

On trouvera tous les détails sur le site http://missurecoute.be/, notamment un dossier de presse très fourni, dans lequel sont notamment reproduites une série de pièces du dossier qui montrent à quel point tout cela serait profondément dérisoire si ces pratiques dans le chef de la justice ne portaient pas gravement atteinte à certaines de nos libertés fondamentales.

Voir aussi le reportage consacré à cette conférence de presse par la télévision locale liégeoise RTC. Si vous ne savez pas lire les vidéos au format flash, vous pouvez télécharger ce reportage au format AVI en cliquant sur le lien suivant :

AVI - 13.6 Mo
 

Justice

jeudi 7 février 2008

Acquittement dans le procès DHKP-C : l’heure des comptes ?

Le verdict est finalement tombé, après de longues semaines d’attente : acquittement ! Les sept prévenus du procès DHKP-C sont libres ! Outre un soulagement immense (je pense à ces sept personnes et à l’infamie qu’elle ont subie pendant plus de deux ans), c’est là un gigantesque retournement de situation — on s’attendait au pire —, un fait politique majeur, et puis surtout une énorme victoire pour les libertés publiques sérieusement mises à mal en ces temps de « lutte contre le terrorisme ». Oui, traduire un communiqué du turc vers le français n’est pas (encore) un acte criminel.

Contre les pressions politiques évidentes, en dépit de la manipulation de l’information dont le procureur était devenu familier, malgré la manière honteuse dont certains médias (notamment en Flandre) ont couvert l’affaire, relayant les plus basses calomnies de l’accusation et tenant les accusés pour coupables avant que le verdict soit rendu, malgré l’indolence coupable d’un « grand public » parfaitement indifférent à ce que soit (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 5 619 signes. Il a suscité quatre réactions.

mardi 6 novembre 2007

En Belgique, on peut prendre un an de prison pour un tag

Quoi qu’en dise Jean-Marie Dermagne (dans la par ailleurs excellente interview qu’il vient de donner au Pan), je crois qu’on mesure mal les dégâts qu’aura fait Mme Onkelinx au cours des quatre années (et quelques mois de gestion des affaires courantes) qu’aura duré son passage au ministère de la justice. Je ne parle même pas de ses considérations anecdotiques sur le « romantisme » de l’extrême-droite turque ni même du dérapage complet en matière de protection des libertés fondamentales sur les matières touchant à la répression du « terrorisme », mais simplement à des choses plus banales comme cette récente mesure voulant que les frais d’avocats de la partie gagnante seront pris en charge par la partie perdante (bonne grosse mesure de droite, comme le faisait récemment remarquer le hérisson révolutionnaire) ou, pour ce qui nous occupe aujourd’hui, la répression des « incivilités », rendant désormais un tag passible de la justice pénale. Ce dont fait aujourd’hui les frais Thierry Delforge, un syndicaliste (...) [lire la suite]

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lundi 8 octobre 2007

À Anvers, deux procès et le racisme

Les médias sont pleins des comptes-rendus du procès d’Hans Van Themsche, ce jeune Anversois qui a tué deux personnes et en a blessé une gravement dans les rues d’Anvers le 11 mai 2006, pour des motifs racistes évidents, qu’il a lui même clamé haut et fort avant, pendant et après son raid sanguinaire.

À la lecture de ces comptes-rendus proliférants, le premier constat qui saute aux yeux est la complaisance dont la plupart des journalistes font preuve à l’endroit de M. Van Themsche. Les effusions de pleurs de son clan, ses remords aussi crédibles que les lectures de Nostradamus par Paco Rabanne, les thèses les plus aberrantes de sa défense sont en effet relayées de façon peu critique. Les parents du meurtrier peuvent ainsi assurrer contre l’évidence « qu’ils n’ont pas donné une éducation raciste à leur fils ». Le grand-père de l’intéressé était pourtant engagé volontaire dans la SS tandis que son père — qui se présente comme opposé au racisme — a été longuement membre du Vlaams Belang, dont il a cependant rendu (...) [lire la suite]

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vendredi 25 mars 2005

Affaire Lizin, ça commence à bien faire

Hier soir se tenait le conseil communal de la ville de Huy — dont la très controversée Anne-Marie Lizin est bourgmestre —, convoqué pour entendre les explications de sa bourgmestre au sujet de la lettre envoyée par celle-ci à une magistrate dans une affaire de garde d’enfants.

Rétroactes

Rappelons brièvement les faits. Anne-Marie Lizin, qui en plus de sa fonction maïorale hutoise assume également la présidence du Sénat — ce qui fait d’elle rien moins que le troisième personnage de l’état dans l’ordre protocolaire — a écrit un courrier à une magistrate pour tenter de l’influencer dans une affaire dont celle-ci avait la charge et qui concerne une citoyenne hutoise. Malgré l’affront évident subi dans cette affaire par l’état de droit et le principe fondamental de la séparation des pouvoirs, souligné unanimement par toute la presse, malgré les appels nombreux à la démission lancés depuis les bancs de l’opposition ou depuis les principaux titres de la presse, malgré que l’affaire ait fait vaciller la majorité (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 9 969 signes. Il a suscité six réactions.
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