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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

20/10 — Wooncode

Le Sénat renonce (à l’unanimité) à se prononcer sur le Wooncode, le code flamand du logement, dont une disposition controversée stipule que le candidat à un logement social s’engage à apprendre le néerlandais. Au moment où le code avait été adopté, j’étais assez nettement contre cette obligation linguistique qui m’apparaissait comme un renoncement scandaleux des partis démocratiques devant la pression du Blok/Belang.

Je dois dire que j’ai changé d’avis et qu’à tout bien considérer je trouve finalement cette obligation acceptable : la société multiculturelle ne doit pas être une société dont les membres ne se comprennent pas et je trouve légitime de la part des pouvoirs publics de promouvoir une langue commune, non seulement comme vecteur de communication et de citoyenneté, mais aussi comme moyen de promotion sociale ; car il ne s’agit pas d’exiger des candidats une pratique effective du néérlandais, mais seulement un engagement à suivre des cours qui sont pris en charge par les pouvoirs publics. Je trouve par conséquent qu’il est judicieux de la part du sénat de ne pas en remettre une couche sur cette histoire.

 

18/09 — Les compétences linguistiques de José Happart

Citation de José Happart, dans Le Soir d’aujourd’hui, au sujet de la « petite phrase » (lamentable, mais c’est une autre histoire) du ministre-président flamdand Yves Leterme dans Libé sur les « capacités intellectuelles » des francophones à apprendre le néérlandais : « Si au lieu de nous déblatérer et de nous couvrir de reproches de tout genre, certain porte-parole éminent choisissait d’être sympathique, ouvert et tolérant, alors se créerait chez nous une envie de l’apprendre ».

Outre qu’il est lui-même un grand praticien d’une attitude « sympathique, ouvert[e] et tolérant[e] » à l’égard de l’autre communauté de pays, lui qui a toujours refusé d’apprendre le néérlandais alors qu’il prétendait diriger une commune où la minorité (entre-temps devenue majorité) flamande était tout à fait significative, M. Happart démontre ici — une fois de plus, diront les langues (encore) plus aigues que la mienne — qu’à son absence de connaissance du néérlandais, on peut ajouter une connaissance du français franchement approximative |1|. Apprenez donc, Monsieur le président du Conseil régional wallon, que « déblatérer » est un verbe intransitif !

|1| Les observateurs attentifs ajouteront que c’est sans doute un problème de famille : on se souvient en effet que Jean-Marie Happart, frère de José, s’est quant à lui illustré il y a peu par sa méconnaissance de l’anglais, en signant au nom de l’intercommunale du circuit de Spa-Francorchamps un contrat léonin (au profit de l’organisateur des courses de formule 1) rédigé dans cette langue, contrat dont il ne comprenait tout simplement pas les termes.

 

Langues

samedi 25 août 2007

À propos d’une orange bleue, brèves remarques sur les événements en cours

L’assoupissement estival et l’impérieuse obligation que j’ai de me préoccuper de choses moins terrestres que la politique politicienne belge le dispute au vif sentiment que les événements auxquels on assiste actuellement ont — chose rare dans le maeström fade de l’actualité — quelque chose de significatif. Je suis même convaincu que de nombreux historiens seront amenés à s’intéresser d’assez près au déroulement des négociations par lesquelles tente laborieusement de se mettre en place un gouvernement dit « orange bleue ». Et comme il est probable que, parmi ces historiens, nous ne serons pas les derniers à cogiter, tentant de comprendre ce qui nous sera arrivé, il est sans doute utile d’entamer dès à présent le travail, en commençant par tenter d’élever un peu le débat.

La crise belge nous pose avec beaucoup d’insistance certaines questions importantes, nous impose d’y donner des réponses, lesquelles ne seront pas sans très profondes conséquences sur l’avenir des habitants de ce pays, mais aussi beaucoup (...) [lire la suite]

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lundi 11 juin 2007

Laisser la Flandre s’en aller, pour éviter la haine

Il y a de nombreux enseignements à tirer des résultats des élections législatives de ce 10 juin. Parmi ceux-ci, le principal — et de loin — est à mon avis la victoire du cartel CD&V-NVA de MM. Yves Leterme et Geert Bourgeois et, ce faisant, le choix qu’a semble-t-il définitivement fait la Flandre de se diriger vers le confédéralisme, lequel peut être considéré, moyennant quelques nuances, comme une prémisse à l’indépendance flamande. Il me semble malsain de persister à nier cette évidence comme semblent vouloir le faire les partis francophones.

En ce qui concerne l’avenir de la Belgique, en effet, il existe à mon avis deux positions cohérentes et seulement deux : le fédéralisme d’union d’une part ; la scission du pays d’autre part, qui pose la question du destin de la partie résiduelle du pays qui est aussi en bonne partie francophone.

La première solution suppose une remise en commun d’un certain nombre de choses. Il s’agit de recréer les conditions d’un vivre-ensemble qui soit autre chose qu’une (...) [lire la suite]

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mardi 15 mai 2007

À propos d’un manifeste bruxellois

Veut-on faire de Bruxelles un nouveau Louvain-la-Neuve ?

Bruxelles est indéniablement la question institutionnelle du moment en politique intérieure. Ironique retour du balancier historique : là où la région-capitale a pu être négligée voire méprisée par certains intérêts flamands et wallons dans les réformes de l’Etat des premiers temps du fédéralisme belge, elle constitue désormais le noeud gordien de toute évolution institutionnelle du pays, ce qui lui vaut une attention soutenue, voire certains égards. L’appel « Nous existons » lancé dans ce contexte en décembre dernier et les multiples manifestations d’intérêts dont il a été suivi illustrent si besoin est ce retournement de situation.

Cet appel est un texte assez sympathique par bien des aspects. Il suscite cependant chez moi certaines réserves, contient certaines contradictions que j’aimerais examiner ici. Je précise que la position d’où je parle est hybride : bien qu’habitant Liège, je ne me considère qu’assez peu comme « wallon » et j’ai passé (...) [lire la suite]

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vendredi 15 décembre 2006

J’ai décidé d’apprendre le néerlandais

Quelques petites remarques suite à l’affaire du hoax de la RTBF qui n’en finit pas d’agoniser : quatre choses à faire sans tarder et puis aussi une bonne résolution.

1. Si les réactions à chaud étaient critiquables mais somme toute compréhensibles, la véritable salve roulante qui a courru les ondes toute la journée a crevé pas mal de plafonds sur le thème du scandale inadmissible que constituerait, aux yeux des porte-parole autorisés, la petite pantalonnade des sociétaires du boulevard Reyers. Il convient dès lors de se demander sérieusement pourquoi les réactions politiques sont à ce point démesurées, pourquoi a pu avoir lieu cette éruption de bien-pensance putassière ; pourquoi cet étalage de connerie revendiquée de la part de ces gens qui font pourtant profession — sans beaucoup de succès il faut bien le dire pour la plupart d’entre eux — d’avoir l’air sérieux. Je ne vais pas reprendre ici le détail des interventions plus pénibles les unes que les autres qu’on a pu entendre aujourd’hui ; leur détail (...) [lire la suite]

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samedi 20 août 2005

Anagrammes, pseudonymes,...

Bon, il faut chaud et même s’il faut travailler, c’est encore un peu les vacances.

Alors, je profite d’un moment de libre pour vous parler d’un truc assez marrant : le générateur de pseudonymes que Jean Véronis propose sur son excellent blog Technologies du langage.

De quoi s’agit-il ? Simplement de générer une dizaine de pseudonymes qui sont l’anagramme d’un nom. Pas si facile à faire évidemment dans la mesure où le prénom doit être réaliste et le nom de famille prononçable.

Pour ceux qui aiment déchiffrer les anagrammes, une vingtaine d’anagrammes de noms de personnalités sont proposées en guise de démonstration du machin. Au passage, on lit un rappel de quelques pseudos de grandes personnalités littéraires : Alcofribas Nasier pour François Rabelais, Rose de Pindare sous la plume de Pierre de Ronsard, Pauvre Lélian chez Paul Verlain ou le splendide Bison Ravi du grand Boris (Vian).

Comme j’ai la flemme, j’ai fait la même chose. Vous trouverez ci-dessous le produit de mes essais avec le générateur, (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 3 876 signes. Il a suscité deux réactions.
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