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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

30/05 — Vélorution le 7 juin à Liège

Samedi prochain, c’est vélorution à Liège. Cette fois-ci, c’est le Gracq Liège qui organise avec le soutien de StopCHB. Rendez-vous à 14h sur l’esplanade St Léonard à Liège... avec votre vélo.

J’en profite pour publier ici le petit reportage (plus exactement l’interview de bibi) que Pierre Eyben a fait lors de la dernière édition, le 4 mai dernier.

Si la vidéo embarquée ne fonctionne pas, vous pouvez télécharger le fichier :

Flash Video - 38.6 Mo

Comme la dernière fois, un petit concert de jazz sera organisé à l’arrivée...

Et l’événement facebook est ici.

 

10/05 — Morts « de la route »

Jeudi, un jeune cycliste de trente ans est mort à Tielt, en Flandre occidentale. L’automobiliste qui l’a renversé « n’est pas parvenu à l’éviter ». En fin de journée, entre Hastière et Florennes, près de Dinant, une dame a perdu la vie alors qu’elle roulait à vélo. Le chauffeur de la voiture était semble-t-il sous l’influence de l’alcool.

Hier, à Courtrai, une cycliste de 16 ans a été renversée par un poids lourd et est décédée peu après son admission à l’hôpital. Le chauffeur « n’a pas vu la cycliste ».

Ce samedi matin, à Couillet, près de Charleroi, deux cyclistes ont été fauchées par une voiture. L’une d’entre elles est décédée.

Pendant ce temps, les médias unanimes saluent, la larme à l’oeil et le trémolo dans la voix, la mémoire d’un footbaleur qui s’est tué cette semaine au volant d’une voiture de sport qu’il conduisait à une vitesse tellement élevée que la pudeur interdit, semble-t-il, de la révéler.

Il est sans doute heureux qu’aucun cycliste ne se soit trouvé sur sa route. Probablement ne l’eut-il pas vu...

 

18/12 — Et un crachat pour finir la journée

Y’a des soirs comme ça.

Retour de Bruxelles, tout à l’heure, sur le coup de 21h. Les trains avaient, comme souvent |1|, pas mal de retard. Compter 2h15 pour le retour à la maison après avoir franchi les portes de la gare du midi. Ca fait beaucoup tout de même quand on habite au centre-ville de Liège.

Plus tard, le train ayant péniblement traversé — via les si ferroviaires Tienen et Landen — Brabant, Campine, Hesbaye et autres étendues de terre noire, sortir, à Ans, de la grosse boîte en fer sur roulettes, de l’odieuse boîte aux banquettes mal foutues. Sortir pour ne pas étouffer. C’est un rien plus long, Ans, que depuis les Guillemins, mais on gagne quelques (petites) minutes et puis ça descend presque tout le temps. On trouve les arrangements qu’on peut, pas très rationnels peut-être.

Descente à vélo, par sans doute deux ou trois degrés en dessous de zéro. On aurait pu mieux s’organiser mais pas de gants disponibles et une veste trop légère qui donne furieusement envie de rejoindre la chaleur du poële qu’on sait proche. Alors qu’on cherche un compromis entre vitesse et évitement des taques d’égoûts non sans respirer les particules fines du trafic qui monte en sens inverse, des coups de klaxon résonnent. On dérange, manifestement.

Pas question, bien entendu, de s’écraser pour laisser passer. Question de survie, tout simplement. Toujours se laisser un mètre de jeu pour parer aux imprévus. Surtout quand on roule vite. Le pressé attendra pour dépasser. Il attend un peu, un rien, quelques petites secondes sans doute. Dépasse en serrant, ne laissant que quelques dizaines de centimètres, sans raison, juste pour marquer son territoire, le tout en pleine accélération. Le non-respect du code, qui prévoit un mètre de distance de sécurité, est évident. Ce type joue avec ma sécurité pour son plaisir mal placé. Je lève le poing et lui gueule un « connard » retentissant. Je sais, c’est pas très constructif, mais faut saisir le contexte.

Alors qu’il devait déjà être à 60 kilomètres heures, il freine brusquement, serre un peu plus encore, ouvre sa vitre, gueule un truc inaudible. Moi je rétorque, tout en veillant à ne pas me faire prendre en sandwich entre lui et la file de voitures stationnées :
— « Tu nous mets en danger à conduire comme ça. » Est-ce là une sorte de café politique qui s’amorce, improvisé à 40 à l’heure dans la descente d’Ans par moins deux degrés Celsius ? Il répond, en tout cas, hurlant toujours et pour cause :
— « Serre à droite, pour laisser passer les bagnoles ». Il y a des impératifs, je vous jure. Moi je me dis qu’un petit rappel du code s’impose :
— « On a le droit de rouler comme ça », je lui hurle.

Pour toute réponse, ce brillant personnage se contentera, dans un geste remarquablement maîtrisé, marque sans doute d’une longue pratique — geste pour tout dire époustouflant d’adresse dans la situation que je viens de vous décrire — de me cracher à la gueule.

|1| Par exemple comme ce matin, où le train pour Bruxelles s’est payé une bonne demi-heure de retard. C’est un mal récurrent. Pas plus tard qu’en début de soirée, aujourd’hui même, installé dans un bar bruxellois, attendant un ami, je lisais dans les pages de La Capitale un article sur le sujet. On y lisait les explications d’un responsable de la SNCB : "Cela fait des années que nous nous réunissons pour trouver des solutions aux problèmes récurrents des retards et nous n’en avons pas". C’est hallucinant ! Le manque de personnel est chronique à la SNCB, les syndicats répètent et expliquent que le manque de personnel en est à mettre en cause la sécurité. Mais la SNCB n’a pas de solution. Brillant. Authentiquement brillant.

 

21/08 — Mais que faire de l’argent des amendes ?

Il y aurait donc, apprend-on (ici ou ici), tellement de recettes venant des amendes pour infractions de roulage qu’on ne saurait plus quoi en faire |1| — étant entendu (admettons) qu’il est convenu que leur produit soit affecté à la sécurité routière. Ainsi, les zones de police, auxquelles cet argent est affecté — quand même 100 millions d’euros en 2006 — en seraient pour certaines d’entre elles à le dépenser n’importe comment. Et le ministre de l’Intérieur — le brillant Patrick Dewael, qui trouve sans doute là un terrain plus à sa mesure que celui des questions migratoires dont il est également en charge — de proposer que l’argent puisse être affecté à d’autres finalités.

Je dois dire que je tombe par terre en lisant cette nouvelle. Pour une raison très simple : l’« amélioration de la sécurité routière », dans le chef des éminences qui ont la haute main sur la question, consiste manifestement uniquement en des mesures concernant la voiture-reine et elle seule. Pourtant, je ne connais pas de meilleure mesure d’amélioration de ladite sécurité routière que celles qui poussent les automobilistes à délaisser leur voiture pour un mode de transport doux ou pour les transports en commun. Or, justement, le manque d’investissements est criant dans ce pays |2| en matière d’aménagements urbains pour les vélos (pistes cyclables, parkings pour vélo,...) mais aussi d’aménagements urbains en général (transformer en boulevards arborés les semi-autoroutes qui traversent encore trop souvent nos villes, y placer des bancs, des passages pour piétons,... réduit, on le sait bien, la vitesse des voitures et donc le danger qu’elles représentent) sans parler — les 100 millions seront loin d’y suffire — des transports en commun.

Pendant ce temps, on achète des motos de flics qu’on laisse pourrir dans leurs garages...

|1| Soit dit en passant, comme j’en avais déjà parlé l’année passée, je me demande toujours pourquoi le montant des amendes n’est pas proportionnel au revenu des contrevenants (ou éventuellement à la puissance de leur voiture), comme c’est le cas dans d’autres pays. Ça permettrait de ne pas priver du quart de son revenu mensuel un précaire qui se fait flasher en dépassant de dix kilomètres/heure la vitesse autorisée tout en rendant les sanctions quelque peu dissuasives pour les richards qui s’en contrefoutent actuellement (j’ai même lu des témoignages de cadres supérieurs auxquels leur employeur demandait de rouler aussi vite que possible, le coût des amendes étant inférieur aux « prix du temps »).

|2| Bon, plus en Wallonie et à Bruxelles qu’en Flandre, il faut bien le dire.

 

10/05 — Solution miracle

Une fois n’est pas coutume dans ces pages, un peu de réclame (hum). Il s’agit d’un système norvégien aussi simple qu’ingénieux permettant aux cyclistes de s’affranchir des contraintes que leur pose ordinairement la déclivité par trop ardue de certaines ascensions qu’il leur faut parfois bien effectuer.

La suite en images,...

MPEG - 8.8 Mo

On ne saurait trop lourdement suggérer aux responsables concernés de faire procéder à l’installation de systèmes de ce genre dans les principales côtes qui font le charme mais aussi la rigueur des collines du val De Meuse liégeois (ou d’ailleurs). Je sais certains cyclistes qui en seraient particulièrement ravis.

 

8/09 — Cyclocity

Suite à un gigantesque malentendu, l’article que j’ai écrit pour C4 à propos du système de vélos urbains et bruxellois « Cyclocity » n’est pas paru et a été remplacé par une version ironique un peu ratée que j’ai finalement postée dans ce blog. Ceux que ça intéresse trouveront l’article final, un peu plus travaillé et donc inédit, sur mon site perso.

 

Vélo

vendredi 1er juin 2007

Avenir du Gracq : courrier au ministre Antoine

J’ai reçu ce matin un message du Gracq, le groupement de réflexion et d’action des cyclistes au quotidien, asbl dont je suis membre, qui disait ceci :

Si vous vous sentez concernés par les politiques de mobilité en général et les mesures en faveur du vélo en particulier, sachez que le GRACQ – Les Cyclistes Quotidiens asbl vit des heures difficiles : laissé depuis le début de l’année dans l’incertitude sur la reconduction de ses subsides wallons, le GRACQ s’est vu dans l’obligation de notifier leur préavis à trois de ses permanents.

En envoyant le texte ci-dessous aux différents candidats du cdH, le parti du ministre wallon des Transports, vous manifesterez votre inquiétude au sujet de la survie de l’association francophone de défense des intérêts des cyclistes et votre souci d’une politique publique respectueuse du travail associatif.

Suivait une liste de contacts ainsi qu’une lettre-type à leur adresser.

Fort concerné par la question et par ailleurs plutôt remonté contre la politique de mobilité (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 9 094 signes. Il a suscité deux réactions.

vendredi 20 avril 2007

La politique wallonne de mobilité, ou le choix délibéré de l’impasse

Le gouvernement régional wallon vient de prendre un train de décisions concernant la mobilité. Le moins qu’on puisse dire est ça ne vole pas très haut. En fait, c’est même carrément effrayant de voir à quel point les gouvernants de ce pays — au premier rang desquels se trouve en l’occurrence le catastrophique Michel Daerden — peuvent s’engager — nous engager — par leurs choix dans une impasse dont nous mettrons du temps à sortir.

Très rapide tour d’horizon.

1. Réseau routier. Commençons par le plus conséquent et le plus scandaleux qui est l’obstination du gouvernement et en particulier de son ministre des transports à poursuivre sa politique du tout-à-la-voiture, qui se matérialise par la construction forcenée d’autoroutes. Il s’agit pourtant d’un véritable non-sens écologique autant que stratégique — on aura l’air malin avec nos autoroutes quand l’ère du pétrole sera terminée —, social — il n’y a pas plus injuste, plus défavorable aux pauvres, qu’un développement axé sur la bagnole — ou urbanistique — vous avez (...) [lire la suite]

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jeudi 10 août 2006

Cyclocity, projet sympathique

Les autorités de la ville et de la région bruxelloises sont en passe de nous donner un excellent exemple de ce qu’on peut faire avec un peu d’imagination. De quoi s’agit-il ? Rien de moins que d’un parc de vélos partagés, disponibles sous le nom de Cyclocity® en divers endroits de notre capitale dès septembre pour le plus grand plaisir des grands et des petits. Imaginez : vous vous promenez dans la rue quand soudain vous prend l’envie de faire une petite ballade à vélo. Rien de plus simple : rejoignez la borne la plus proche où vous trouverez très probablement un vélo que vous pourrez emprunter et rendre quelques centaines de mètres plus loin, dans une autre borne. Ensuite ? Rien de plus, vous pouvez continuer votre promenade, le mollet vif et les cheveux au vent : de vigoureux employés se chargeront de transbahuter les vélos de temps à autre vers les stations qui viendraient à en manquer (car personne ne doute que les Bruxellois, ces gens sensés, goûteront plus volontiers aux déplacements en descente (...) [lire la suite]

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mercredi 5 octobre 2005

SN Brussels n’aime pas le vélo

Au très disputé concours des comportements écologiquement antédiluviens, la palme revient cette semaine à la SN Brussels Airlines, la compagnie aérienne « nationale » belge née sur les cendres de la défunte Sabena, qui a jugé bon de blâmer une membre de son personnel qui avait la très contestable habitude... de venir au travail en vélo. Sans doute qu’à exercer l’activité économique la plus polluante qui soit, on finit par se dire que de toute façon, une bagnole de plus ou de moins, ça n’y changera rien et que les gens qui se piquent de circuler à vélo ne sont que des provocateurs réfractaires au progrès et donc dangereux. Je ne sais pas.

Toujours est-il que cette compagnie qui a décidé de contribuer ardemment à notre bien-être commun a infligé une sanction disciplinaire à la malheureuse cycliste au motif, d’après l’agence Belga, que « la steward est toujours en sueur lorsqu’elle arrive au travail » et que « son uniforme est toujours chiffonné ».

Dans ce genre de structures, pourtant théoriquement soumises à la (...) [lire la suite]

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mercredi 31 août 2005

Pour rouler à l’eau claire

Mon ami Chuperpaco me demandait récemment de parler plus souvent de cyclisme dans les pages de ce blog. Ca tombe bien, ça fait un bout de temps, justement, que j’ai envie de parler du dopage.

Je ne vais pas m’épancher de ma frustration d’amateur de bicyclette déçu de voir ce qu’est devenu le Tour de France et le sport cycliste en général (il y aurait pourtant matière) ; les preuves du dopage de Lance Armstrong récemment apportées par L’Équipe, et largement relayées comme telles par l’ensemble de la presse, m’en consolent provisoirement : ce sinistre personnage — à l’instar de Chirac dans un autre domaine — restera pour l’histoire celui qui a triché (bien sûr, il sera loin d’être le seul, mais son palmarès devrait lui assurer une place de choix). Éludons les très contestables considérations relativistes qui chercheraient insidieusement à montrer le côté passablement absurde de ce jugement prétendument « historique » ; il se fait, bizarrement, que j’y trouve une satisfaction que je ne souhaite pas, cher(e) (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 10 416 signes. Il a suscité 0 réaction.
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