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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

30/03 — Bilal décevant

Je dois dire que je l’attendais avec beaucoup d’impatience ; j’étais passé deux ou trois fois à La Marque jaune avant qu’il n’arrive enfin et que je puisse mettre la main dessus. Mais la (trilogie devenue) tétralogie du monstre, d’Enki Bilal, se termine en eau de boudin. Il faut dire que ça avait commencé très très haut, avec Le Sommeil du Monstre qui reste une des meilleurs bandes dessinées qui me soit jamais passée entre les mains. Le scénario de Quatre ? est quant à lui quelque peu bancal, mal ficelé, ou avec de trop grosses ficelles ; le chatoyant univers bilalien reste bien présent mais ne se déploie plus guère, les géniales trouvailles graphiques et scénaristiques des précédents épisodes ne trouvent pas d’équivalent dans ce dernier opus, visiblement un peu baclé (le départ des Humanoïdes associés pour passer chez Casterman ne semble par réussir à Bilal — les éditeurs trop commerciaux ont sans doute leur intérêt pour le portefeuille des auteurs ; ils ont aussi leurs inconvénients pour la qualité de la création, sans doute).

Autre regret : les thématiques politiques et philosophique (Sarajevo, le totalitarisme, la société de surveillance, le rapport à la technique, Israël, l’art contemporain,...), très présentes dans les précédents épisodes (et dans toute l’oeuvre de celui qui s’est notamment imposé avec Les Phalanges de l’Ordre Noir), disparaissent malheureusement quasiment de Quatre ?, pour ne laisser place qu’à la mutation apocalyptique et un pourtant peu plate d’Optus Warhole et aux affaires de coeur des quatre héros.

Il y a aussi dans cet dernier épisode la rupture assez nette avec cette tangeante entre réalisme et fantastique sur laquelle Bilal s’était maintenu en équilibre jusqu’ici avec beaucoup de talent ; l’univers techno-futuriste dans lequel on évoluait jusqu’alors était certes très dépaysant mais il demeurait grosso modo plausible. Ici, avec la solution (?) de l’énigme du « site de l’aigle » qu’il nous donne, on verse définitivement dans le fantastique le plus... imaginatif. Un peu facile.

Restent le dessin, l’ambiance, les personnages (à l’exception de Warhole qui subit comme on l’a dit une nouvelle transformation) qu’on retrouve avec un énorme plaisir qu’il serait malvenu de dissimuler.

 

29/03 — Ecolo et les logiciels libres

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Notez, c’est partout la même chose. Dans les discours, tous les partis politiques sont favorables au logiciel libre (et particulièrement Ecolo |1|). Normal, ils ne peuvent pas faire autrement. Par contre, dans les actes, c’est tout autre chose et on ne se gêne pas, comme ici, pour faire un site de campagne dans cet abominable format Flash, s’ouvrant dans un popup et affichant sur les navigateurs autres que celui de Microsoft ce délicieux message d’avertissement (en anglais de surcroît) !!!

Dans le même genre, j’ai reçu il y a quelques jours une offre d’emploi d’Ecolo J qui exigeait,... la connaissance de MS Word, MS Outlook et autre MS Excel (et on peut aligner des dizaines d’anecdotes de ce genre en cherchant un peu).

Un peu de cohérence, s’il-vous-plaît.

|1| Même si on ne trouve pas trace de la moindre interpellation parlementaire sur le sujet sur son site web, nombreux sont les parlementaires Ecolo à avoir pris des positions très favorables au ll ces dernières années.

 

28/03 — José Bové et le logiciel libre

Les très efficaces militants de l’APRIL sont bien connus pour leur pugnacité et leur extrême rigueur dans la défense des utilisateurs de logiciels libres. Ce sont eux qui sont à l’orgine de la mise sur pied, il y a plus d’un an, de l’excellente initiative EUCD.info qui, à défaut d’avoir réussi à empêcher le vote de la scandaleuse loi DADVSI |1|, ont réussi le tour de force de montrer de façon claire et compréhensible les impasses dans lesquelles mène le renforcement permanent et irréfléchi de la propriété intellectuelle et à mobiliser l’opinion publique sur cette question particulièrement difficile pourtant, au point que la candidate socialiste a pris récemment une position intelligente à ce sujet.

Depuis quelques semaines, ces mêmes militants de l’APRIL ont lancé une intéressante initiative visant à faire se positionner de manière précise les candidats à l’élection présidentielle française sur les thématiques liées au logiciel libre.

La réponse de José Bové a été publiée aujourd’hui et, à sa lecture, je dois dire que je ne regrette pas d’afficher ma préférence pour lui. La réponse, rédigée collectivement par le groupe de militants travaillant sur la thématique, est tout simplement un modèle du genre, complète, précise, rigoureuse, démontrant une connaissance profonde du sujet, à cent lieues des généralités convenues et superficielles qu’alignent la plupart des autres partis (et que vous pourrez lire, du moins pour ceux qui prendront la peine de répondre, sur le site http://candidats.fr/). Et de surcroît, cette réponse est rédigée en LaTeX :)

Je ne résiste pas au plaisir de la reprendre ici in extenso, en suggérant à tous les gens qui veulent faire de la politique sérieusement de s’en inspirer au plus vite.

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|1| Un recours au Conseil d’Etat a cependant été déposé,... par l’APRIL, contre cette loi.

 

20/03 — RER en retard

On apprend aujourd’hui que le projet de RER autour de Bruxelles ne sera pas opérationnel avant 2016 alors qu’il était prévu pour 2011. Autrement dit, la mise en place d’un système qui ne consiste jamais qu’à doubler ou tripler les fréquences sur quelques lignes de chemin de fer existantes autour de Bruxelles aura mis quelque chose comme trente ans (soyons optimistes !) pour se réaliser. Certes, il aura fallu adapter certaines infrastructures (mise à quatre voies d’une série de lignes, construction de l’une ou l’autre jonction entre les voies existantes, construction de quelques quais ici et là,...) mais c’est une chiquenaude à côté de ce que les gestionnaires des systèmes de transports de la plupart des grandes métropoles du monde ont réalisé et réalisent.

La faute à une mauvaise planification des travaux, à des permis de bâtir qui tardent, paraît-il,... à moins que ce ne soit l’incapacité crasse de notre monde politique de se donner les moyens de répondre à un défi qui est pourtant tout simplement vital pour l’avenir de la civilisation humaine. Et cela alors que la réalisation de ce satané RER représente un pourcentage infime des efforts qu’il nous faudra consentir et de l’intelligence collective qu’il nous faudra déployer si nous voulons modifier nos modes de vie pour répondre au défi climatique de façon socialement juste mais aussi de façon démocratiquement satisfaisante (parce que, au train où vont les choses, c’est le fascisme vert et la toute grande casse sociale qui nous attendent lorsqu’il ne sera plus possible de nier encore et encore le phénomène climatique et ses conséquences).

Pendant ce temps, le traffic routier continue joyeusement à croître |1|, les pics d’ozone à se multiplier, les affections pulmonaires à devenir la norme, nos éminences ministérielles à rouler dans des bagnoles ultra-polluantes, les 4x4 à se vendre comme des petits pains au salon de l’auto,...

Tout va bien, madame la marquise.

|1| Update 28/3 : 25% en 7 ans !

 

17/03 — Mayday 2007, c’est parti

Il y avait quelques doutes, mais l’assemblée ouverte de ce vendredi 16 mars les a levés : une petite cinquantaine de personnes se sont réunies dans l’église du Laveu, occupée par les sans-papiers, pour décider du lancement d’un processus Mayday en 2007. Le rendez-vous est donc d’ores et déjà fixés aux migrants et aux précaires et à tous ceux qui se sentent concernés par le message de la mayday : mardi 1er mai 2007 à Liège (le point de rendez-vous sera probablement à 15h à l’église du Laveu occupée par les sans-papiers).

Update 27/3 : le point de rendez-vous est finalement fixé à la gare des Guillemins à 14h.

 

10/03 — CHC : une occasion à saisir

La presse |1| a fait état ces derniers jours des projets de concentration des trois implantations du Centre Hospitalier Chrétien (CHC) en un seul lieu. S’il devait être concrétisé, ce projet inspiré par des raisons budgétaires verrait donc la fusion des hôpitaux de St Joseph, de l’Espérance (Montegnée) et de St Vincent (Rocourt), ce qui amènerait la création d’un troisième hôpital géant à Liège, à côté du CHU (Sart-Tilman) et du CHR (Citadelle).

Si je n’ai pas vraiment d’opinion très tranchée en matière de politique hospitalière, cette éventualité retient par contre ma plus vive attention en ce qui concerne ses implications urbanistiques. Un des sites qui pourraient être retenus pour l’établissement de ce nouvel hôpital est en effet le site de « Fontainebleau », dans le quartier Ste Marguerite — l’autre site envisagé se trouvant en périphérie, vers Ans, au bord de l’autoroute A602.

Autant dire que le choix est vite fait : l’implantation de l’hôpital à Fontainebleau permettrait de ramener de l’activité au centre-ville, de « recoudre », comme le dit l’échevin (CDH) Michel Firket, un quartier saccagé par la percée automobile — on imagine notamment fort bien la création d’un boulevard urbain arboré entre Fontainebleau et le cadran à la place de la percée routière actuelle, toute de béton (photo) —, de relancer la dynamique du quartier de Ste Marguerite qui, même s’il retrouve des couleurs (notamment du côté du cadran), reste encore bien fragile. Le site de Fontaineableau est également bien desservi par les transports en commun.

Bref, il y a là une opportunité à ne pas laisser passer...

|1| Lire les articles de Marie Liégeois dans la libre et de Philippe Bodeux dans Le Soir.

 

3/03 — Pars vite et reviens tard

Vu ce soir Pars vite et reviens tard, dont la bande annonce m’avait alléché un peu rapidement. Le résultat, quoique non totalement dépourvu d’intérêt, est malgré tout sérieusement décevant. L’entrée en matière séduit, pourtant, posant d’emblée l’ambiance d’un bon thriller policier mâtiné de références historiques, le tout sur fond d’une trame dramatique qui élève le niveau et donne à ce film la possibilité d’un propos d’une portée quasiment anthropologique — possibilité qui ne sera pas exploitée. À cela s’ajoutent quelques trouvailles dont cette idée un peu cliché mais amusante de poser en plein milieu de la place Beaubourg, côtoyant les sculptures de Niki de Saint Phalle, un microcosme presque villageois.

La suite n’est malheureusement pas du même acabit et le scénario tiré d’un bouquin de Fred Vargas peine à conserver le rythme, tout comme le réalisateur Régis Wargnier s’essoufle en même temps que son script, nous infligeant à mesure que le film avance des longueurs de plus en plus pénibles. L’intrigue centrale, tout le prolème est là, s’écroule trop rapidement et avec elle disparaît le propos thématique du film — celui du retour de la peste —, ce qui ne manque pas de créer un vide, ravale pour tout dire le film au rang d’un simple polar français avec des voitures de police qui roulent dans Paris sirènes hurlantes. Le suspense ne sera vaille que vaille relancé que par quelques questions subsidiaires de moindre intérêt. Dans tout cela, le film a perdu cohérence et unité.

Quant aux acteurs, on verra Lucas Belvaux camper une énième fois son personnage récurrent, éternel — qu’il soit flic ou malfrat, on lui retrouve de film en film les mêmes attitudes, la même dégaine, ce qui a tendance à devenir un peu lassant. Il en va de même d’une Marie Gillain peu inspirée. Olivier Gourmet est par contre exceptionnel, méconnaissable, authentiquement métamorphosé par chacun de ses rôles. José Garcia, le personnage central, est lui aussi plutôt convaincant.

 

mars 2007

vendredi 30 mars 2007

À propos de la communauté urbaine liégeoise

Le sujet, depuis fort longtemps, revient régulièrement à la surface la question de la communauté urbaine liégeoise, véritable serpent de mer, ne faisant une apparition que pour mieux replonger dans les profondeurs abyssales où l’espace public cesse de l’être et où personne n’est capable de suivre ses évolutions bizarres. Cette question est pourtant de toute première importance pour l’avenir des Liégeois — des habitants de la grande agglomération liégeoise mais surtout, disons les choses comme elles sont, des habitants de la ville de Liège.

En effet, lors de la fusion des communes des années septante, qui vit le nombre de communes belges passer de 2 359 à 596, là où des entités comme Charleroi, Mons ou Namur ont vu, après la fusion, leurs frontières administratives respectives coïncider avec leurs réalité urbaine (et parfois bien au-delà), le cas de Liège reste celui d’une fusion ratée. La ville de Liège, coeur de l’agglomération, ne compte en effet qu’un peu moins de 200 000 habitants sur les plus de (...) [lire la suite]

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jeudi 22 mars 2007

Pourquoi la gratuité des transports en commun n’est souhaitable et viable que généralisée

Le collectif « Libre parcours », réunissant à Liège diverses associations autour des deux principaux syndicats, lance une pétition demandant l’instauration de la gratuité aux personnes se situant « en dessous d’un certain seuil de revenus (venant du chômage, du CPAS, d’emplois mal payés etc.) ». Je dois dire que cette initiative me laisse quelque peu hésitant. Si d’une part, l’urgence sociale me paraît majeure, la précarisation des vies galopante et par conséquent toute mesure susceptible de sécuriser socialement les personnes bonne à prendre, je suis convaincu que la gratuité n’a de sens et de chance d’opérer les mutations sociales qu’on peut attendre d’elle que si elle est généralisée, si elle constitue une partie ou une prémisse d’une forme socialisée de revenu garanti, ainsi que le plaidait le Collectif sans ticket dans la revue Multitudes il y a quelques années.

J’ai néanmoins décidé de signer cette pétition, au nom du besoin impératif que constitue la mobilité pour chacun, besoin dont on doit (...) [lire la suite]

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dimanche 18 mars 2007

Les standards propriétaires font-ils partie des valeurs de l’ULB ?

Il y pour le moment qui déferle partout cette polémique assourdissante sur la censure de Tariq Ramadan par l’Université libre de Bruxelles (ULB), dont je parlerai un de ces jours si je trouve à en dire quelque chose d’intéressant. Etudiant à l’ULB, j’ai assez naturellement suivi avec un certain intérêt les argumentaires des uns et des autres, ce qui m’a notamment amené à lire la page web que l’université consacre à ses valeurs , dans le cadre d’un vaste chantier sur l’actualité du libre examen. Même si mon inscription à l’ULB, université athée, est pour moi un choix délibéré, j’avoue être assez rapidement pris d’une certaine lassitude en lisant cette prose ressassée et pour tout dire un peu désuete qui est déployée, particulièrement quand elle s’en prend aux retour des « relativismes ». Mais peu importe, car j’ai trouvé l’énergie de poursuivre la lecture jusqu’aux pistes de réflexion proposées, en l’occurrence la vidéo d’une conférence de Mme Danblon consacrée à cette question essentielle « Faut-il promouvoir le (...) [lire la suite]

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samedi 17 mars 2007

À Liège, la morgue obscène des promoteurs d’un casino

Depuis quelques années, on entend régulièrement parler de divers projets plus ou moins fantasques pour occuper l’ancienne grand-poste liégeoise, délaissée depuis quelques années par le service (de moins en moins) public depuis belle lurette parti trouver pour ses services logistiques de l’herbe plus verte en grande banlieue (tandis que son bureau principal était transféré place du marché). Ce bâtiment a beau être de style néo-gothique, il est classé au patrimoine wallon et puis est aussi fort apprécié des Liégeois, pour autant que je puisse en juger, lesquels y voient sans doute une silhouette familière et rassurante dans le bâti anarchique des bords de Meuse dont la frise saccadée qui se découpe le plus clair du temps sur notre ciel gris et lumineux n’est pas sans avoir causé quelques traumatismes dans le coeur des amoureux de cartes postales.

Pour faire bref, rappellons qu’il a été jadis question d’implanter en ces lieux l’office du tourisme unique et grandiose dont le PSC/CDH rêve depuis toujours (...) [lire la suite]

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