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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

30/06 — Le beau vélo de Ravel et l’autoroute

Les lecteurs réguliers de ce blog ont tous déjà entendu parler du projet (très avancé) du gouvernement wallon de construire une autoroute à l’Est de Liège, le chaînon « Cerexhe-Heuseux/Beaufays », présenté par M. Daerden et ses collègues ministres comme « manquant ». Ce tronçon autoroutier est véritablement le symbole du suicidaire « tout-à-la-bagnole » qui représente toujours l’essentiel de la politique de mobilité en Wallonie. Ce projet est actuellement évalué à 400 millions d’euros (près d’un demi plan « Marchall »), va saccager des sites naturels importants, va encourager l’usage de la voiture, va accentuer le phénomène d’exode urbain et de localisation des commerces en périphérie. Pendant ce temps, aucun budget n’est disponible pour la construction d’un réseau de transports en commun structurant dans l’agglomération liégeoise (tram, tram-train).

Ce samedi, l’émission de la RTBF « Le beau vélo de Ravel » sera sur les lieux où devrait s’ériger cette autoroute. Il est vrai que le gouvernement prévoit — très originalement — de construire un nouveau Ravel le long de la nouvelle autoroute, Ravel (la piste cyclable la plus polluée du monde, dit-on déjà) dont de très nombreuses personnes disent qu’il a servi a acheter le silence de certaines organisations de défenses de l’environnement.

Pour profiter de l’occasion, une distribution de tracts et un rassemblement sont organisés demain à Retine à partie de 13h30 par l’organisation des riverains de la future autoroute, le groupement CHB, pour sensibiliser les 7000 participants attendus à l’émission à la problématique. Un départ en vélo est organisé depuis Liège par le groupe vélorutionnaire liégeois. Rendez-vous est donné à midi pile sur l’esplanade St Léonard. L’objectif sera de visibiliser une opposition des cyclistes à ce projet autoroutier.

Vous trouverez un communiqué du groupement « Cerexhe-Heuseux/Beaufays » sur Indy.

 

29/06 — Jan Bucquoy

Jan Bucquoy était à Liège ce jeudi. Petit podcast rapide et pas du tout monté en attendant le prochain coup d’Etat.

Jan Bucquoy
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22/06 — Encore des pétitions

C’est le jour des pétitions aujourd’hui : après celle de la médiathèque, en voici deux autres.

Tout d’abord une pétition de soutien à l’émission « Arrêt sur Images », émission de télévision animée par Daniel Scneidermann sur la chaîne France 5. Le bonhomme est parfois un peu controversé mais son indépendance et le caractère critique de son regard sur la politique et les médias ne font aucun doute. Il est à craindre que des gens à la parole trop libre tels que lui aient du soucis à se faire sous le règne de Sarkozy. Raison de plus pour signer. Et si vous vous dites que ça ne sert à rien, rappelez-vous ou apprenez que l’émission de Daniel Mermet sur France Inter Là-bas si j’y suis a pu être sauvée de cette manière.

Et puis une autre, qui concerne la question des standards ouverts. Je sais que la question des standards, c’est rébarbatif, technique, franchement cabalistique, tout ce qu’on veut, mais, je vous en prie, croyez-moi sur parole, c’est important. En gros, il s’agit de savoir qui définit les normes que nous utilisons pour communiquer de manière numérique. Et, en l’occurrence, Microsoft tente d’imposer son propre format de conservation des données d’un traitement de texte (OOXML) comme standard, contre le format Open Document qui a pourtant été validé très largement.

 

22/06 — Soutenir la médiathèque

Une fois de plus, l’avenir de La Médiathèque est menacé ; satanée loi de financement des Communautés. Il y a une pétition à signer et des explications ici.

 

19/06 — La Daerden connection garde la main

Alors que les inculpations tombent les unes après les autres à Charleroi (le président du CPAS Marc Parmentier aujourd’hui, le bourgmestre Léon Casaert hier, l’ancien échevin André Liesse vendredi), évoquant irréstiblement la séquence des inculpations dans le film Z, de Costa-Gavras ; alors que les supputations vont bon train sur le nom de celui ou celle qui sera amené à succéder à Elio Di Rupo à la tête du gouvernement wallon et qu’évidemment la clique-à-Daerden espère que son champion pourra occuper l’élysette grâce aux voix de préférence obtenues le 10 juin |1|, une information a peut-être échappé à l’attention de certains d’entre vous. Elle concerne le marché de la révision des comptes des principales intercommunales liégeoises, marchés dont Le Soir annonçait hier sous la plume de Laurence Wauters que la plupart viennent d’être versés dans l’escarcelle du cabinet DC&Co, celui-là même que nous vilipendions dans ces pages il y a quelques jours, qui appartient à la famille Daerden et a de ce fait longuement défrayé la chronique en raison de la confusion des genres qu’il y a à être à la fois homme politique et réviseur des comptes de structures publiques, juge et partie.

On est loin, très loin, des bonnes intentions affichées avant les élections. Même si tout cela n’est pas illégal (mais, répétons-le, l’éthique et le droit sont deux choses différentes), la mainmise de la mafia Daerden sur la chose publique en région liégeoise perdure, encore et encore. Willy Demeyer a beau, toujours selon Le Soir, s’inquiéter — à raison — et considérer — c’est bien le moins — que « ce monopole donne une mauvaise image de notre fédération », il est évident que le président de la fédération liégeoise du PS n’a pas les moyens ou la volonté de mettre un terme à ces pratiques.

|1| Notez que si ces voix de préférence sont nombreuses, on pourra relativiser en remarquant que le ratio du nombre de voix obtenues par affiche placardée risque, dans le cas de M. Daerden, d’être particulièrement catastrophique.

 

19/06 — Sur la rupture de Ségolène Royal un soir d’élections

Tirée du blog de l’excellentissime Jean-Luc Mélenchon, une citation à propos d’annonce par Ségolène Royal de la rupture de son couple un soir d’élections législatives.

.../... Ensuite l’autre qui nous pourri la soirée avec son histoire de couple. Terrible ! On commence tous par penser que c’est une ruse de journaliste pour tirer la droite d’un mauvais pas et re-peopliser une situation qui tournait tragiquement à l’avantage du match droite gauche. On se défausse donc tous en rangs sérrés : « affaire privée, respect etc... ». Je me fends même d’un « il n’y a pas de divorce heureux même par consentement mutuel ». Puis je réalise que je viens de me faire avoir et la moutarde me monte au nez. Car on nous dit : « ce soir Ségolène Royal annonce etc... » Donc ce n’est pas une affaire privée. C’est une affaire que Ségolène Royal rend publique et ça change tout. Je dis donc ce que je pense. Je le dis poliment, mais j’avoue que je le pense dans des termes plus rudes. Car je suis très faché de m’être senti obligé à l’élégance avec quelqu’un qui n’en a aucune et se contrefiche de celle des autres. Son délire narcissique vise à subsituer à la politique, qui se passe d’elle ce soir là, le retour à la focalisation de l’attention sur elle. Typique du comportement de toute puissance enfantin. Les gosses font ça tout le temps, ils se signalent, ils s’imposent, ils focalisent sur eux par leurs cris, leurs larmes, leurs souffrances réelles ou supposées, la société des adultes qui discutent sérieusement de choses qui les dépassent. Là, sitôt sa souffrance étalée comme de la confiture collante sur la tartine médiatique de la soirée médiatique, nous avons aussitôt l’air d’imbéciles, tous autant que nous sommes, sur tous les plateaux et ce matin dans toute la presse et surtout à la une du "Monde" ce midi, dans le titre et le dessin de Plantu. Bien sur, juste après, devant le tollé, suivant un scénario devenu classique arrive le « non, non, ce n’est pas moi qui ai voulu ça, on a fait exprès de mal comprendre, j’avais décidé d’en parlé à sept heures du matin et pas le soir à 23 heures » et ainsi de suite sur le mode victimaire bien connu. La semaine dernière c’était le même cirque avec le coup de téléphone à Bayrou et ainsi de suite pendant toute la campagne présidentielle. Questions : que devient la plainte contre les journalistes qui avaient soit disant « violé » sa vie privée en racontant déjà tout les tenats et aboutissant de cette histoire banale de couple ? Et que faut-il penser de cette nouvelle forme de féminisme que l’on qualifierait de goujaterie nauséabonde si un homme la pratiquait à l’égard de sa compagne ? Que faut-il penser de cette façon de proclamer sans cesse vouloir « protéger "ma" famille » et « mes » enfants (l’homme étant là dedans l’accessoire que le pronom possessif exclut sans autre forme de respect) quand on étale sans cesse les avatars de sa vie privée la plus intime ? .../...

 

18/06 — Crépuscule liégeois

Il y avait ce soir à Liège une belle lumière un peu triste. J’en ai profité pour prendre quelques photos.

 

18/06 — Le lobby des bétonneurs n’a peur de rien

Selon l’agence Belga, les lobbys du béton et de la bagnole ont une idée (on pourrait même dire une idée fixe vu qu’ils avaient déjà sorti identiquement le même projet il y a deux ans). Considérant sans doute que les bénéfices de leurs affiliés ne sont de toute évidence point encore suffisants, l’Association belge de la route et la Road Federation Belgium sont en effet convaincus qu’il est d’utilité publique de créer un tunnel routier d’une dizaine de kilomètres dans le sous-sol des communes du Sud de Bruxelles (en bleu fluo sur le graphique), afin de « boucler » — sous Uccle, Watermael-Boitsfort et la Forêt de Soignes — le ring de Bruxelles, dont le tracé — bel et bien bouclé, pourtant — pousse actuellement jusqu’à Waterloo. Coût annoncé de ce tunnel ? Un milliard d’euro (autrement dit deux ou trois quand tout aura été calculé).

On se permettra de penser que c’est toujours le même cirque : on retrouve la rhétorique — parfaitement abusive — du « chaînon manquant » (sic), exactement comme pour les deux nouvelles autoroutes que veut construire la région wallonne (à l’Est de Liège et au Sud de Charleroi). On retrouve l’inconscience totale face à la bagnole — en particulier l’ignorance de cette règle élémentaire en matière de transports qui veut que le bitume attire la voiture, autrement dit que la construction de nouvelles infrastructures développe son usage —, l’absence de toute réflexion en matière de transports en commun (si ce n’est la proposition dérisoire et effrayante qu’un bus pourrait rouler dans ce tunnel et y avoir des arrêts) et a fortiori au sujet des conséquences sociales et environnementales de ces projets bien intentionnés. À l’instar de Liège qui attend le retour du tram et ne risque pas de le voir de sitôt tandis qu’une autoroute inutile va venir saccager sa banlieue Est, la région bruxelloise est pourtant particulièrement pauvre en transports en commun de grande capacité puisqu’elle ne dispose que de deux lignes de métro (et qu’elle attend son RER pour 2016). En fait, on peut même considérer que Bruxelles agonise sous le poids de la bagnole à laquelle il a été laissé beaucoup trop de place dans la ville.

La seule différence est que, jusqu’à nouvel ordre, les pouvoirs publics n’ont pas encore cédé aux sirènes du machin. Espérons que ça dure...

 

14/06 — Saint-Gilles, un « chantier » de plus pour Di Rupo

Maintenant que le PS se dit — enfin — décidé à nettoyer les écuries qui relèvent de son office, Elio Di Rupo serait bien inspiré de transporter son auguste personne dans le bas de Saint-Gilles et d’appliquer là aussi le traitement de choc qui s’impose. J’aurais tendance à penser que les dérives qu’on y observe sont au moins aussi préoccupantes que celles, il est vrai plus pittoresques, qu’on connaît à Charleroi (évidemment, ici, c’est un ministre-président en exercice qui est sur la sellette). Grosso modo, les pouvoirs publics organisent depuis quasiment vingt ans le racket des habitants de ce quartier populaire, organisant délibérément la perte de valeur de l’immobilier, le rachetant à vil prix pour le revendre au décuple aux promoteurs immobiliers. C’est ce que démontre le très talentueux journaliste et blogueur Mehmet Koksal dans une enquête parue dans la tribune de Bruxelles.

L’affaire semble d’ailleurs prendre un peu d’ampleur, avec un jugement du juge de paix qui condamne la Région bruxelloise à indemniser le propriétaire d’un imeuble à hauteur de... six fois le prix fixé pour une expropriation.

Di Rupo serait d’autant mieux inspiré de faire le ménage que cette affaire se passe sur fond des vieux remugles racistes qui collent à la peau du sieur Picqué, bourgmestre « empêché » et homme fort des lieux et personnage que beaucoup d’habitants de cette commune de Bruxelles considèrent, pour dire le moins, comme un populiste très très border-line en matière de tolérance multiculturelle. Saint-Gilles est ainsi une des rares communes du pays à interdire aux propriétaires de louer à des sans-papiers, à interdire certaines manifestations de solidarité avec les sans-papiers ou à faire régulièrement des rafles de sans papiers — y compris d’enfants dans les écoles. Ce n’est donc pas un hasard si la carnage s’opère dans le quartier de la gare du midi, quartier accueillant depuis longtemps les « immigrés » arrivant en belgique et beaucoup de sans-papiers... Une première version du texte que Mehmet a posté sur son blog à ce sujet était d’ailleurs, non sans raisons, intitulée « Comment la région chasse les immigrés de Saint-Gilles... ».

À voir aussi :

 

14/06 — L’« Orange bleue »

Trouvé sur le blog de Karine Lalieux (PS), ce lien pour amuser petits et grands.

Le centre récréatif intérieur pour s’amuser et passer une journée extraordinaire en toute sécurité !

Avez-vous envie de passer la journée avec votre petite famille ? C’est l’endroit pour vous ! Payez l’admission et amusez-vous toute la journée !

C’est exactement ça dont il est question. Payez l’admission et amusez-vous ! En toute sécurité ! Voilà un bon résumé de la vie selon les libéraux, je trouve.

Il semblerait que l’opposition soit déjà en train de produire ses effets bénéfiques sur nos amis les socialistes. Pourvu que ça dure.

Pour ceux qui n’auraient pas suivis, l’« orange bleue » est le petit nom joli que les journalistes semblent avoir décidé de donner à la probable nouvelle coalition catholique / libérale / « humaniste » / nationaliste-flamande (excusez du peu) qui va tenter — après l’arc-en-ciel et la violette — de gouverner ce pays si elle parvient à un se mettre d’accord sur un programme.

Du moment que les Verts ne cèdent pas à la tentation jamaïquaine |1|, je suis content. Fait tout à fait inédit, la droite et la gauche (hum, passons) pourraient ne pas se retrouver ensemble au gouvernement. Voilà qui va permettre de clarifier bien des choses.

Il est temps de préparer les feux grégeois idéologiques qui rendront la vie impossible à cette coalition des régressistes.

|1| Tiens, une idée pour Pierre Kroll qui aime tant dessiner les écolos en train de fumer la ganja.

 

12/06 — La revue « Politique » a dix ans

La revue « Politique » a 10 ans. Pour l’occasion paraît un numéro spécial, le cinquantième de la série, composé de 50 contributions de divers représentants de la gauche belge autour du thème... de l’avenir de la gauche et de la question « La gauche peut-elle encore changer la société ? ».

J’y ai apporté une contribution, avec un texte intitulé « Donner à nouveau des complexes à la droite ».

 

5/06 — « Guillemins », stop ou encore ?

À Liège, alors que la gare des années ’50 est désormais définitivement hors service et va être livrée aux pelleteuses, qu’un bâtiment provisoire accueille les voyageurs avant l’ouverture de la nouvelle, il semble qu’on souhaiten, du côté des décideurs politiques, profiter de l’inauguration du nouvel ensemble architectural pour donner un nouveau nom à la principale gare de la cité ardente. Je dois bien dire que je ne suis pas très convaincu par cette idée.

D’une part, le nom des « Guillemins » est ancré dans la mythologie ferroviaire — imagine-t-on de renommer « Roma Termini » |1| ou la gare « d’Austerlitz » ? Plus prosaïquement ce nom est identifié par des millions de personnes avec la ville de Liège, nimbée de surcroît de l’aura poétique que donne ce nom curieux dont peu de gens connaissent sans doute l’origine.

D’autre part, les propositions de nouveau nom sont toutes — excusez-moi l’expression — à chier. On cite « Liège-Euregio », « Liège-Charlemagne » voire « Liège-Maastricht » ou « Liège-Limburg ». L’idée, fort louable, est de complaire à nos voisins flamands et hollandais et de tenter d’affirmer la gare comme centrale dans cet « Euregio », sorte de structure de collaboration informelle entre la province de Liège et ses voisines immédiates en Flandre, aux Pays-Bas et en Allemagne. Eliminons immédiatement L’idée de « Liège-Euregio » qui ne veut rien dire et sonne très mal (et puis le terme est utilisé également par d’autres projets de « régions » transfrontalières, par exemple pour celle qui réunit le Luxembourg, la Sarre, la Rhénanie et la Lorraine). « Liège-Charlemagne » est tout simplement à mourir de rire. Il a même été question de déplacer la statue de Jehotte — au style, disons, très XIXe — dans la gare Calatrava ! Enfin, les références au Limbourg ou à d’autres lieux me semblent simplement inopportunes dans la mesure où elles créeront de la confusion sur le fait que la gare est bien celle de Liège, une gare urbaine située en plein coeur de la ville, et non une nouvelle gare « betteraves » située en pleine campagne, comme la SNCF, notamment, a eu la mauvaise habitude d’en construire sur son réseau TGV.

Bref, gardons « Liège-Guillemins ».


À lire aussi dans ces carnets :

|1| En fait, Walter Veltroni, le maire de Rome, a bel et bien fait renommer Termini en « gare Jean-Paul II » mais comme de bien entendu tout le monde continue à parler de « Roma Termini »

 

4/06 — Mathilde Collin

Pour moi, c’est elle !

Pour plus d’info, c’est par ici.

 

1er/06 — Pacte contre Hulot

Ça y est les anticorps commencent à se diffuser contre l’écologie en hélicoptère, contre l’écologie-TF1, contre l’écologie sponsorisée par les multinationales, ainsi que j’en avais dit quelques mots il y a peu. Signez-le, diffusez-le, propagez-le, c’est le Pacte contre Hulot.

Ça permettra peut-être à certaines personnes de se rendre compte que la sauvergarde de notre planète passera par une remise en cause profonde du système, en particulier par le renoncement au productivisme et, par conséquent, à la réduction drastique des sphères d’influence laissées au capitalisme.

Ça permettra aussi de dire et de répéter que, contraitrement à ce que Hulot promeut, le combat écologiste est d’abord un combat collectif, et non le choix individuel par chaque individu de quelques mesures écologiques |1|. Ce qu’il faut faire, ce n’est pas tant exiger de chacun qu’il cesse de polluer qu’organiser en commun le transfert modal, convertir notre économie aux nouvelles contraintes qui s’imposent. Ça ne sert à rien de dire aux gens d’abandonner leur voiture et de prendre les transports en commun si on de développe pas en même temps de façon très importante les transports en commun et si on n’organise pas la fiscalité pour que le choix plus écologique soit aussi (réellement) le plus avantageux.

|1| Même si bien sûr, l’action individuelle aura un rôle aussi et si certains comportements particulièrement irresponsables — par exemple se déplacer en hélicoptère comme le fait Nicolas Hulot — doivent être stigmatisés et abolis.

 

juin 2007

samedi 23 juin 2007

L’Union parle novlangue

Alors que les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, réunis à Bruxelles, viennent d’annoncer un accord sur un nouveau traité européen (je crains le pire), preuve qu’ils n’ont rien compris au fait que ce n’est pas le rôle des exécutifs, mais celui d’une constituante d’écrire un texte à vocation constitutionnelle, la lecture d’un billet sur le blog de Jean Quatremer me fait sauter aux yeux une sorte de raison primale pour laquelle je me suis opposé au TCE et pour laquelle je risque fort, une fois que j’aurai lu le nouveau texte (qui selon toute vraisemblance polonaise ou britannique est encore pire que le précédent), de me mobiliser à nouveau contre ce nouveau projet.

À tous les arguments politiques énumérés à l’époque du non au (premier) TCE, j’aimerais en ajouter un, linguistique, qui me saute aux yeux : l’Union parle novlangue. C’est l’évidence. Le principal problème de ce texte (dans sa version initiale ou, sans aucun doute, dans sa version remaniée), c’est qu’il ne s’agit pas d’un texte de droit mais d’un (...) [lire la suite]

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samedi 23 juin 2007

Quelques liens

Non, non, je ne compte pas faire ici ce que nous faisons déjà avec toute une équipe sur mouvements.be. Juste envie de signaler quelques trouvailles avec un petit commentaire sans pour autant en faire une tartine.

Medium4You : Chronique d’un plantage annoncé. Damien fait le point sur l’affaire Media4you, une resucée belge d’Agoravox dont les promoteurs ressemblent à première vue à une bande de charognards bien décidés à faire du fric publicitaire sur le dos des (rares) blogueurs qui sont fans du web 2.0 (ah ? vous pensez que je gagnerais à être plus nuancé ? oui, vous avez sans doute raison).

Service minimum dans les transports, une remise en cause du droit de grève ?. En attendant un billet sur le sujet dans ces pages (qui ne saurait tarder), voici un petit dossier qui compile des textes d’opinions sur la question du droit de grève et du service minimum. Ça permet de bien comprendre les positions en présence et c’est déjà beaucoup.

Le blog de Julien Uh. Personnage marquant croisé dans le mouvement (...) [lire la suite]

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mardi 19 juin 2007

« Libéralisation » de la Poste

Ce qui devait être sera : la commission concernée du parlement européen vient de trouver un accord sur la « libéralisation » totale des services postaux, qui devrait désormais entrer en vigueur en 2011. On notera que cette position a été soutenue par 38 voix (contre 6), celles, bien entendu de la droite — libéraux-démocrates (où siège notamment le MR) et Parti populaire européen (où siège notamment le CDH) —, mais également celles du Parti socialiste européen. Seuls les Verts et les Communistes ont voté contre. Pour illustrer le niveau d’ambition sociale du groupe social-démocrate, on retiendra que, selon Le Monde, le « socialiste » (sic) flamand Saïd El Khadraoui ne craint pas de se déclarer « heureux d’avoir limité les dégâts », en obtenant que cette échéance intervienne deux ans plus tard que ne le souhaitait la Commission. Comment peut-on atteindre à pareille déchéance ?

Pas le temps de longuement épiloguer sur cette chute attendue. Simplement dire que je ressens tout cela comme une violence insoutenable. (...) [lire la suite]

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samedi 16 juin 2007

Où Oscar Tarmago est confronté à l’abominable Veriship

— Monsieur... ?

— Euh... Tarmago, Oscar Tarmago.

— C’est à quel sujet ?

— Vous m’avez convoqué. Il est question dans la lettre d’une « implantation »...

— Ah oui, bien sûr. Asseyez-vous, je vous prie. Attendez un instant.

— ...

— Vous êtes bien le matricule GK197555 ?

— C’est bien cela.

— Je vois. Vous êtes donc sans emploi depuis exactement 17 mois, 22 jours et 21 heures.

— Quelque chose comme ça, oui.

— Votre ADN n’indique pourtant aucune prédisposition congénitale.

— Je vous demande pardon ?

— Oui, c’est récent, nous avons croisé nos bases de données avec celles d’Interpol, ce qui nous permet de mieux vous connaître, c’est plus simple pour tout le monde. Ça nous fait gagner beaucoup de temps. Et, un instant,... voilà,... ça vous amusera sans doute de savoir que cette empreinte ADN a été prise par relevé de salive le 10 août 2006 à la gendarmerie d’Albi à la suite de votre participation à l’arrachage d’un champ de maïs trangénique.

— Ça fait cinq ans, quand même, vous êtes sûr que c’est encore valable ? (...) [lire la suite]

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mardi 12 juin 2007

Il faut sauver le Parti socialiste

Je m’amuse de constater que les quelques banderilles virtuelles que j’ai placées ces derniers temps dans l’arrière-train de certaines figures du PS (avec une prédilection avouée pour les pompeux cornichons comme José Happart ou les pourris comme Michel Daerden) m’ont valu l’acrimonie parfois très acérée de quelques militants du PS venus flâner dans les environs de ces modestes carnets. L’un d’entre eux, particulièrement remonté, a même émis l’hypothèse un peu précipitée que je serais payé par Didier Reynders. Je dois dire que si la perspective d’être rémunéré pour tenir ces chroniques ne me déplairaît pas, loin de là et si j’aimerais beaucoup par ailleurs compter parmi mes lecteurs une personnalité comme Didier Reynders (à qui j’ai la fatuité de croire que cette lecture pourrait ne pas faire que du tort), je veille bien entendu à conserver toute l’indépendance requise à l’exercice du commentaire politique.

Bref, à en croire certains intervenants, je n’aurais de cesse de faire du tort au Parti socialiste. Telle (...) [lire la suite]

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lundi 11 juin 2007

Laisser la Flandre s’en aller, pour éviter la haine

Il y a de nombreux enseignements à tirer des résultats des élections législatives de ce 10 juin. Parmi ceux-ci, le principal — et de loin — est à mon avis la victoire du cartel CD&V-NVA de MM. Yves Leterme et Geert Bourgeois et, ce faisant, le choix qu’a semble-t-il définitivement fait la Flandre de se diriger vers le confédéralisme, lequel peut être considéré, moyennant quelques nuances, comme une prémisse à l’indépendance flamande. Il me semble malsain de persister à nier cette évidence comme semblent vouloir le faire les partis francophones.

En ce qui concerne l’avenir de la Belgique, en effet, il existe à mon avis deux positions cohérentes et seulement deux : le fédéralisme d’union d’une part ; la scission du pays d’autre part, qui pose la question du destin de la partie résiduelle du pays qui est aussi en bonne partie francophone.

La première solution suppose une remise en commun d’un certain nombre de choses. Il s’agit de recréer les conditions d’un vivre-ensemble qui soit autre chose qu’une (...) [lire la suite]

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jeudi 7 juin 2007

Dix bonnes raisons de ne pas voter pour Michel Daerden

Alors que nous ne sommes plus qu’à quelques jours du scrutin du 10 juin, j’aimerais lancer un appel à mes concitoyens liégeois qui seraient éventuellement tentés de voter pour la tête de liste du PS, M. Daerden : renoncez à ce dessein funeste, prenez conscience des abîmes dans lesquels cet acte irresponsable pourra nous plonger, tous autant nous sommes à habiter cette région.

Sentez-vous libre de voter pour le parti de votre choix, mais, de grâce, évitez de reconduire les plus pâles, les plus lâches. Et, très particulièrement, évitez de donner à M. Michel Daerden un score qui le rendrait incontournable dans le jeu politique liégeois. Si vous tenez absolument à voter pour le PS, évitez la case de tête et la tête de liste et choisissez quelqu’un qui n’a pas démérité. Que sais-je ? Lisez les « bulletins » que les journaux ont dressé des parlementaires et qui me semblent plutôt corrects. Tenez, par exemple, selon Pan, qui sait généralement de quoi il parle, le meilleur des députés socialistes s’appelle Thierry (...) [lire la suite]

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mercredi 6 juin 2007

Coupler les scrutins fédéraux et régionaux ?

Faut-il coupler les scrutins régionaux, européens et fédéraux, de façon à n’avoir plus qu’une seule date d’élections générales tous les cinq ans ? En ces temps électoraux, l’idée est dans l’air et semble convenir à pas mal de monde. Ça permettrait de faire pas mal d’économies en frais de campagne, sans nul doute. Ça permettrait aussi de « ne pas être en campagne électorale permanente », dit-on du côté des états-majors des partis et de pouvoir en conséquence gérer « plus sereinement » les affaires de l’Etat.

Tout cela est bien beau et même si ces arguments sont recevables, je dois dire cependant que ça ne me convainc pas, pour trois raisons.

1. Un fédéralisme non assumé. Bien sûr, notre fédéralisme de confrontation entre deux pôles principaux ne favorise pas un usage sain des institutions. N’empêche que le principe du fédéralisme suppose de pouvoir faire la part des choses entre ce qui relève de l’état fédéral et ce qui relève des entités fédérées, et leur permettre de mener avec un minimum de liberté leurs (...) [lire la suite]

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vendredi 1er juin 2007

Le prurit récurrent des « affaires » à Charleroi, problèmes et solution

La ville de Charleroi, et toute la Belgique avec elle, n’en finit plus de trésauter (de préférence à l’approche d’échéances électorales) des convulsions pathétiques auxquelles donne lieu la révélation judiciaire des malversations (passées, du moins on l’espère) du système de pouvoir que la majorité absolue « socialiste » a fait peser sur cette ville durant de très longues années. Aujourd’hui, à la suite d’une énième inculpation, celle du désormais démissionnaire échevin de l’enseignement Jean-Pol Demacq — l’une des personnalités phares de l’ancien système de pouvoir carolo —, la ville n’a plus de majorité et on se demande bien ce qui va pouvoir advenir.

Cette situation appelle à mon avis trois types de considérations.

L’éthique réduite à la justice

Il faut d’abord souligner que le drame de Charleroi, ce n’est pas tant que se succèdent les ondes de choc judiciaires du curretage forcé du cloaque socialiste, c’est l’incapacité plus ou moins généralisée à poser la question de l’éthique autrement que sur un plan (...) [lire la suite]

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vendredi 1er juin 2007

Avenir du Gracq : courrier au ministre Antoine

J’ai reçu ce matin un message du Gracq, le groupement de réflexion et d’action des cyclistes au quotidien, asbl dont je suis membre, qui disait ceci :

Si vous vous sentez concernés par les politiques de mobilité en général et les mesures en faveur du vélo en particulier, sachez que le GRACQ – Les Cyclistes Quotidiens asbl vit des heures difficiles : laissé depuis le début de l’année dans l’incertitude sur la reconduction de ses subsides wallons, le GRACQ s’est vu dans l’obligation de notifier leur préavis à trois de ses permanents.

En envoyant le texte ci-dessous aux différents candidats du cdH, le parti du ministre wallon des Transports, vous manifesterez votre inquiétude au sujet de la survie de l’association francophone de défense des intérêts des cyclistes et votre souci d’une politique publique respectueuse du travail associatif.

Suivait une liste de contacts ainsi qu’une lettre-type à leur adresser.

Fort concerné par la question et par ailleurs plutôt remonté contre la politique de mobilité (...) [lire la suite]

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