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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

23/07 — Do you use Linux or do you prefer an older technology ?

Une image qui passait par la mailing list de LiLiT...

 

23/07 — Juliette Boulet

Il paraît que la fonction mûrit l’homme (ou la femme). Non, non, ce n’est pas d’Yves Leterme que je parle (quoiqu’il y aurait matière) ; mais de Juliette Boulet, nouvelle députée du parti Ecolo ; parachutée deuxième de liste dans la circonscription du Hainaut après des étapes électorales très récentes en province de Luxembourg et à Ixelles. Ça tombe bien, la voici toute prête à mûrir pendant quatre ans (ou plus probablement deux) sous les ors du palais de la nation.

L’hebdomadaire satitique Pan |1|, qui n’est jamais dernier à sortir de petites perles, nous livre de la jeune (26 ans) dame un entretien d’une vacuité splendide, artistique |2|. Outre que Mme Boulet ne va pas, avec cette intervention, se faire que des amis chez Ecolo (elle balance pas mal sur ses collègues, sans raison apparente), on apprend par exemple que le clivage gauche-droite au sein de sa formation est « une question à laquelle [notre fringuante députée] doit encore trouver des réponses. » Sur la « constitution » européenne, qui est en principe son domaine de compétence puisqu’elle a travaillé comme assistante au Parlement européen et dirigé la commission concernée de son parti, elle nous livre cette réplique pleine de sel :

Je l’ai décortiquée et étudiée pendant mes études, ça me rendait malade… Je trouvais qu’il y avait beaucoup d’avancées. J’étais donc plutôt favorable, malgré qu’au sein d’Ecolo, ça rugissait dans tous les sens. Il y avait au moins la volonté d’une tentative de clarification de tous les traités, qui étaient à se casser la tête ! Ce sont des détails, mais dans le texte fondateur de ce que va être l’Union européenne, on vire le drapeau et l’hymne. En faisant cela, on vire toutes les références auxquelles le citoyen peut se rattacher ! On se fout de la tronche du citoyen…

Il serait cruel de commenter longuement (quoiqu’il y aurait de longues choses à écrire sur ces « rugissements » dont bien peu ont percé à l’extérieur du parti, si tant est qu’ils aient pu s’exprimer à l’intérieur). Signalons seulement que le reste est à l’avenant.

Comme quoi le score d’Ecolo dans le Hainaut — nettement le plus faible de toutes les circonscriptions du pays, malgré les déboires du PS — n’est peut-être pas, comme on a peut-être tendance à le croire du côté de « Kegeljan », un fait de nature, une sorte d’incompatibilité foncière entre l’auto-proclamée « terre d’envol » et les sphères éthérées de l’écologie politique. Qui sait, allez savoir, peut-être que la qualité du personnel politique d’Ecolo y est aussi pour quelque chose,...

|1| Dont on peut, soit dit en passant, considérer que le passé nauséabond appartient bien au passé.

|2| Si l’on voulait la paraphraser, on dirait comme elle, « Oh purée, qué bonheur ! ». Mais le veut-on ?

 

23/07 — « Créer une entreprise »

Bon, un (micro-)post potache aujourd’hui ; c’est les vacances. Quand vous taper la requête « créer une entreprise » dans Google |1| en restreignant la recherche aux pages belges, le premier résultat fourni est cette page-ci, publiée, donc, par la région wallonne. Et il s’agit... d’une page d’erreur 404.

En ces temps de « plan Marshall » (hu hu hu, je ne peux pas m’empêcher de rire chaque fois que j’entends ces mots) et d’unanimisme sirupeux autour des vertus de l’« esprit d’entreprise » érigé en nouvelle idole, cette page d’erreur 404 me fait doucement sourire, je dois bien l’avouer.

|1| Oui, accessoirement, Google, c’est mal, il faudrait que je pense à utiliser un autre moteur de recherche.

 

14/07 — Still life

Après de longues semaines loin du cinéma, j’ai vu hier soir le très beau Still life (Sanxia haoren) du chinois Jia Zhang Ke, lion d’or de la dernière Mostra. Très beau film, contemplatif et social à la fois. La trame narrative est très simple, mais suffit au réalisateur à dérouler, dans le décor oppressant de la vallée du Yang Tsé, une fiction qui ressemble à un documentaire sur le désastre humain du « miracle » chinois.

 

12/07 — Microcité sur le logiciel libre

J’ai participé aujourd’hui, en compagnie de Wendy Van Wynsberghe de l’asbl Constant, à une émission sur Radio Panik consacrée au logiciel libre.

En voici un enregistrement.

Télécharger :

MP3 - 79.8 Mo
Microcité sur le logiciel libre, 12 juillet 2007

Écouter :

Microcité sur le logiciel libre, 12 juillet 2007
/IMG/mp3/20070712_microcite_logiciel_libre.mp3
 

10/07 — Manu Chao à Esperanzah !

Manu Chao Radio Bemba Sound System à Floreffe, ce sera le 6 août — pour l’occasion le festival sera prolongé d’un jour. C’est le moment de réserver des places (à partir de demain matin à la FNAC et sur le site d’Esperanzah !), elles vont partir très très vite.

 

4/07 — Micropolitiques des groupes

À défaut de beaucoup écrire ces jours-ci, voici un enregistrement d’une rencontre avec Florence Caeymaex, Marc Monaco, Thierry Muller et David Vercauteren qui s’est déroulée ce mardi soir à la librairie Livre aux trésors à Liège autour du bouquin « Micropolitiques des groupes ». Ce livre, qui est sorti il y a quelques semaines aux éditions HB, a été écrit par David Vercauteren et constitue une sorte de retour réflexif — agrémenté de nombreuses références philosophiques — sur les expériences de divers collectifs bruxellois des dix dernières années, notamment le collectif sans ticket. Entre théorie spinoziste des organisations, bréviaire à l’usage des militants ne voulant (trop) reproduire les erreurs de leurs aînés, tentative de créer de la mémoire sociale dans un courant qui ne s’est pas trop préoccupé de la question jusqu’à présent, il y a pas mal de choses utiles et intéressantes dans ce bouquin.

Durée de l’enregistrement : 1h53

Ecouter :

Micropolitiques des groupes
/IMG/mp3/20070703_micropolitique_des_groupes.mp3

Télécharger :

MP3 - 51.8 Mo
Micropolitiques des groupes
 

juillet 2007

jeudi 26 juillet 2007

Le Standard veut déménager

Il paraît que le Standard veut déménager. Il serait question d’implanter un nouveau stade de 40.000 places à Wandre pour le club principautaire qui quitterait donc le « mythique » chaudron de Sclessin. La faute à une bretelle autoroutière qui entrave le développement des installations sportives (et sans doute surtout commerciales) à Sclessin.

Même si je dois bien dire que l’idée de voir le Standard quitter son antre me fait un petit quelque chose, quelques arguments plus pragmatiques que la « légende » des lieux méritent d’être pris en considération.

D’abord, les pouvoirs publics ont investi énormément d’argent dans ce stade, notamment au moment du championnat d’Europe des nations en 2000. Que va-t-il advenir de ces investissements ? Le directeur du Standard, Pierre François, balaie la question d’un revers de manche : « Le site est bien mis, non loin de Bierset. Il sera facilement exploité ». On aimerait le croire ; ce serait plus facile s’il expliquait comment cela sera possible. Car le scénario le (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 4 597 signes. Il a suscité dix-huit réactions.

lundi 23 juillet 2007

Pour des maisons des services publics

Ou tout ce qu’il aurait été possible de faire si l’on avait pas bêtement privatisé le secteur public. Ou encore ce qu’il serait possible de faire si on décidait de nationaliser à nouveau certains secteurs de l’économie,...

Face à l’éclatement des pouvoirs publics avec lesquels le citoyen est amené à interagir et vis-à-vis desquels il a de toute évidence du mal à se retrouver, un effort d’accessibilité s’impose. Face au démantèlement des services publics, devenus — au fil des « consolidations stratégiques » et des privatisations — des entreprises publiques, des entreprises publiques autonomes et finalement des entreprises tout court, soucieuses de profit et de rien d’autre, il est nécessaire de reconstruire des fonctions collectives efficaces au service du citoyen. Face à la logique capitaliste qui prévaut au niveau européen, le secteur public serait bien inspiré de montrer qu’il a quelques beaux atouts à faire jouer. Face à la complexité de plus en plus grande des tâches auxquelles nous sommes confrontés dans la (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 6 575 signes. Il a suscité huit réactions.

vendredi 20 juillet 2007

Trois arguments contre la parité

La parité — c’est-à-dire l’imposition par la loi de la règle selon laquelle les mandats publics (ou les places sur les listes électorales) doivent être attribués paritairement selon le sexe — est désormais quasiment intégrée dans les moeurs politiques. Là où elle ne l’est pas, c’est qu’elle ne l’est pas encore. Cet acquis politique du féminisme ne me semble cependant pas nécessairement une bonne chose et je souhaiterais donner ici trois arguments trop peu pris en compte lorsqu’il arrive encore qu’on débatte ouvertement de cette question ; ce qui est de plus en plus rare.

1. Il n’est pas souhaitable de hiérarchiser les discriminations.

Il existe, chacun peut le constater facilement, des discriminations diverses dans la manière dont s’organise la société. Parmi cette diversité, aucun argument sérieux ne permet de donner à la discrimination sexiste un statut supérieur à d’autres. Entre une discrimination de type sexiste et une autre de type raciste, pour ne prendre qu’un exemple évident, aucun critère ne permet (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 6 320 signes. Il a suscité neuf réactions.

samedi 14 juillet 2007

L’absurde croisade de la Sabam contre le peer-to-peer

Une fois de plus, la justice belge s’est montrée en ce début du mois de juillet disciple particulièrement zélée de la lutte contre le piratage, cette grande cause internationale dont chacun sait l’extrême importance et surtout la préséance sur certains droits fondamentaux comme le droit à la vie privée ou la liberté d’expression.

Après avoir accordé à la société CopyPresse une victoire à la Pyrrhus contre Google et fait prévaloir une lecture particulièrement restrictive du droit de citation, c’est maintenant aux échanges peer-to-peer que s’attaque la justice belge, saisie par la Société Belge des Auteurs, Compositeurs et Editeurs (SABAM) dans une affaire l’opposant depuis 2004 au fournisseur d’accès à Internet (FAI) Tiscali (aujourd’hui devenu Scarlet).

Fort logiquement, la Sabam, forte de sa victoire judiciaire, exige désormais des autres FAI — à commencer par Belgacom qui a reçu ce vendredi une lettre recommandée pour cette raison, selon Le Soir, lequel en profite pour faire utilement le point sur la (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 9 134 signes. Il a suscité douze réactions.

jeudi 5 juillet 2007

Plongée dans un chaudron rouge

Je me suis retrouvé, hier soir et de façon assez fortuite, dans un débat interne du PS, à Liège, entre Jean-Pierre De Clercq et Elio Di Rupo (!). J’y vendais une revue à l’entrée de la salle et j’ai pu en profiter pour m’incruster discrètement. C’était particulièrement édifiant. Pour venir écouter un débat sans enjeu au mois de juillet, une foule conséquente se pressait : 500 ou 600 personnes au bas mot dans une salle trop petite, suffocante de chaleur, des gens massés aux portes, comprimés les uns sur les autres dans les coursives, pour saisir quelques bribes. Malgré la crise, la tension, qui sont très perceptibles, il règne une ambiance très chaleureuse, grasse, familiale, endogame. D’autre que lui-même, le parti ne connaît et ne reconnaît que « la droite ». Qui n’est pas avec nous est contre nous est très clairement le message qui passe. Quand je présente la revue aux personnes qui s’arrêtent à mon stand, je parle de gauche plurielle, on reste poli, mais le concept est manifestement incongru pour plusieurs de (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 9 153 signes. Il a suscité trois réactions.

mercredi 4 juillet 2007

Numerus Clausus, la loi du corporatisme médical

Il en va de même chaque année, souvent au début de l’automne, l’ubuesque affaire du numerus clausus en médecine rejaillit pathétiquement dans l’actualité. Cette année, on fait très fort, puisque c’est dès la première session que environ 80 étudiants (77 semble-t-il) se voient interdits de poursuivre leurs études de médecine malgré une réussite, en première session, en première candidature (à moins qu’on ne dise « BAC », maintenant).

Je dois dire que je ne peux réprimer un haut-le-coeur idéologique en voyant le temps depuis lequel ce numerus clausus pourrit la vie de tout le monde sans que la classe politique soit capable d’apporter des réponses satisfaisantes au problème. Même si je ne suis plus ce dossier avec régularité, le numerus clausus continue de retenir mon attention ; c’est que c’est une des premières questions sur lesquelles je me suis battu politiquement, lorsque j’étais militant à la FEF, à partir de 1999 : j’ai pas mal travaillé sur le sujet, pas mal écrit (ici, ici ou ici, entre autres). Et je reste (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 5 330 signes. Il a suscité sept réactions.
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