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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

28/08 — Il n’est pas trop tard pour sauver Pierreuse

Le dossier de la construction des annexes du palais de justice de Liège revient une fois encore sur l’avant-scène. L’auditeur du Conseil d’Etat vient en effet de rendre un nouvel avis défavorable à l’endroit du énième permis de construire, de sorte qu’on nage de toute en évidence en en pleine insécurité juridique dans ce dossier.

Comme je l’avais déjà dit (ici et ici), je trouve malsain que ce genre de débats soient réglés par la justice, sur base d’ergottages sur la réglementation urbanistique plutôt que par un processus politique permettant une décision collégiale des habitants de la ville. Pour tout dire, la légitimité du Conseil d’Etat à s’ingérer dans le débat urbanistique liégeois me semble même douteuse. En même temps, je ne peux que reconnaître le bien fondé de plusieurs arguments des opposants au projet. Je pense qu’il serait dès lors heureux que le pouvoir politique communal reprenne la main et propose un consensus plutôt que de laisser à la justice bruxelloise (au Conseil d’Etat, exactement) le soin de décider de la manière dont on doit aménager la ville de Liège. Cette affaire n’a que trop duré.

Et il me semble que ce compromis n’est pas inatteignable. Il consisterait pour l’essentiel à réduire d’une étage la tour qui domine l’ensemble et n’est pas encore achevée mais déjà bien entamée |1| et à renoncer à la construction du bâtiment prévu le long de la rue Fond Saint Servais. Ce bâtiment (qui, sauf erreur de ma part, est destiné à la police judiciaire) serait implanté en bordure du cadran, deux cent mètres plus loin, où des parcelles de terrain à construire restent disponibles et où cette implantation pourrait constituer une suture bienvenue du tissu urbain fort malmené du quartier. Sur l’espace dégagé par ce bâtiment qu’on renoncerait donc à constuire (photo, vue depuis la rue Pierreuse) prendrait place une vaste esplanade agrémentée de verdure, au bout de laquelle viendrait s’installer (le plus vite possible) la très attendue nouvelle gare du palais (l’actuelle, en sous-sol, n’en finissant pas de se délabrer). Pierreuse retrouverait de l’air, gagnerait au passage une esplanade bien utile à la vie du quartier.

Et il ne serait plus nécessaire d’en appeler au Conseil d’Etat...

|1| Ce qui permet de se rendre compte qu’elle sera effectivement fort haute, trop haute, comme annoncé par les opposants.

 

25/08 — La SABAM taxe... les veillées scoutes

On savait déjà que chanter l’Internationale dans un film pouvait coûter très cher. On savait aussi que chanter « Adieu Monsieur le professeur » dans une école pouvait exposer à certains ennuis. Et ainsi de suite (il faudrait un jour faire la liste de tout cela, n’hésitez pas à commencer dans les commentaires).

J’ai appris récemment (et j’en reste, je dois dire, interloqué) que les mouvements de jeunesse se voient réclamer à présent |1| par les sociétés de perception des droits d’auteur (en Belgique, la SABAM |2|) une redevance pour utilisation d’un répertoire protégé... lors des feux de camps ; même si, dans la pratique, le paiement ne semble pour le moment n’être effectué qu’assez peu fréquemment par les intéressés. On ne parle pas ici des soirées destinées à faire rentrer de l’argent dans les caisses d’unité (où le bénéfice réalisé justifie peu ou prou une contribution) mais de l’utilisation non commerciale du répertoire et notamment du simple fait de chanter ensemble des chansons populaires, d’entonner en commun « Le petit âne gris » ou « Il s’appelait Stewball » le soir à la veillée.

Pour confirmation, on se référera à cet extrait du règlement de la Sabam :

(...) Pour éviter tout malentendu, nous vous confions encore cette information : les « fêtes privées » et « fêtes d’anniversaire » appartiennent à cette catégorie. Ce n’est que dans le cas où vous organisez un événement gratuit auquel vous n’invitez exclusivement que des membres de votre famille que vous êtes exempté de payer des droits d’auteur.

Nous nous référons un moment à l’article (-) de la loi relative au droit d’auteur : Selon l’art.22 paragr. 1 - 3°, l’auteur ne peut interdire la « communication gratuite et privée dans le cercle de famille », notion qui doit être interprétée de manière stricte. Chaque exécution d’oeuvres protégées en dehors de « la famille » doit être considérée comme publique, ce pour quoi des droits d’auteur sont dus. (...)

Si certains doutaient encore du caractère biopolitique des législations sur la propriété intellectuelle, les voilà servis. Ces lois donnent à un pouvoir privé comme la SABAM la possibilité de prendre le contrôle d’une part de l’intime, de pénétrer des sphères desquelles il devrait être possible de banir ce type de mécanismes de contrôle. On n’est plus très loin du moment où chanter sous sa douche deviendra un délit. Et tout ça se fait au détriment des auteurs — quel chanteur populaire se plaindrait que l’on chante ses chansons dans une veillée scoute ??? —, des organisations comme la SABAM ou la SACEM en France se sont complètement émancipées de leur mission de promotion des artistes, pour se concentrer sur la mise en oeuvre d’une répression aveugle et contre-productive de tout usage des biens immatériels qui ne leur fasse pas allégeance.

On peut se demander jusqu’où on ira dans ce délire. Il est de toute évidence urgent de prendre des mesures pour limiter la portée des lois sur la propriété intellectuelle, notamment en distinguant nettement un usage non commercial d’un usage commercial des oeuvres, en réduisant drastiquement les durée de protection (par exemple à 5 ans après la publication de l’oeuvre pour une utilisation non commerciale et à 10 ans pour une utilisation commerciale — au lieu de 50, voire 70 ans après... la mort de l’auteur), en créant des exceptions claires pour raisons pédagogiques, scientifiques, etc. Il est temps aussi d’affirmer ou de réaffirmer que les droits fondamentaux (protection de la vie privée notamment) priment sur les droits des sociétés d’auteurs à percevoir leur fric — et limite en conséquence les méthodes auxquelles celles-ci peuvent recourir.

|1| Depuis déjà un certain temps, semble-t-il, mais j’ignore depuis quand. Si quelqu’un de bien informé passant par ici pouvait nous donner des informations plus détaillées, ce serait très aimable à lui.

|2| Au sujet de la Sabam, lire aussi L’absurde croisade de la Sabam contre le peer-to-peer (14 juillet 2007).

 

24/08 — Naissance des pieuvres

Vu hier Naissance des pieuvres, premier film de Céline Sciamma. À voir sans hésiter. À noter, l’excellente prestation de Pauline Acquart, dans le rôle principal.

 

21/08 — Mais que faire de l’argent des amendes ?

Il y aurait donc, apprend-on (ici ou ici), tellement de recettes venant des amendes pour infractions de roulage qu’on ne saurait plus quoi en faire |1| — étant entendu (admettons) qu’il est convenu que leur produit soit affecté à la sécurité routière. Ainsi, les zones de police, auxquelles cet argent est affecté — quand même 100 millions d’euros en 2006 — en seraient pour certaines d’entre elles à le dépenser n’importe comment. Et le ministre de l’Intérieur — le brillant Patrick Dewael, qui trouve sans doute là un terrain plus à sa mesure que celui des questions migratoires dont il est également en charge — de proposer que l’argent puisse être affecté à d’autres finalités.

Je dois dire que je tombe par terre en lisant cette nouvelle. Pour une raison très simple : l’« amélioration de la sécurité routière », dans le chef des éminences qui ont la haute main sur la question, consiste manifestement uniquement en des mesures concernant la voiture-reine et elle seule. Pourtant, je ne connais pas de meilleure mesure d’amélioration de ladite sécurité routière que celles qui poussent les automobilistes à délaisser leur voiture pour un mode de transport doux ou pour les transports en commun. Or, justement, le manque d’investissements est criant dans ce pays |2| en matière d’aménagements urbains pour les vélos (pistes cyclables, parkings pour vélo,...) mais aussi d’aménagements urbains en général (transformer en boulevards arborés les semi-autoroutes qui traversent encore trop souvent nos villes, y placer des bancs, des passages pour piétons,... réduit, on le sait bien, la vitesse des voitures et donc le danger qu’elles représentent) sans parler — les 100 millions seront loin d’y suffire — des transports en commun.

Pendant ce temps, on achète des motos de flics qu’on laisse pourrir dans leurs garages...

|1| Soit dit en passant, comme j’en avais déjà parlé l’année passée, je me demande toujours pourquoi le montant des amendes n’est pas proportionnel au revenu des contrevenants (ou éventuellement à la puissance de leur voiture), comme c’est le cas dans d’autres pays. Ça permettrait de ne pas priver du quart de son revenu mensuel un précaire qui se fait flasher en dépassant de dix kilomètres/heure la vitesse autorisée tout en rendant les sanctions quelque peu dissuasives pour les richards qui s’en contrefoutent actuellement (j’ai même lu des témoignages de cadres supérieurs auxquels leur employeur demandait de rouler aussi vite que possible, le coût des amendes étant inférieur aux « prix du temps »).

|2| Bon, plus en Wallonie et à Bruxelles qu’en Flandre, il faut bien le dire.

 

20/08 — Nouvelles incantations pétrolifères pour « redresser la Wallonie »

Truculent article dans l’édition liégeoise du Soir de ce lundi : Philippe Bodeux rend compte d’une table-ronde organisée par le ministre régional wallon Jean-Claude Marcourt en vue de répondre à la douloureuse question suivante : comment l’activité du circuit de Francorchamps peut-elle « irradier sur » (sic) la région ?

Alors que le gouvernement régional a investi des sommes colossales dans ce circuit — au nom précisément d’imaginaires « retombées économiques » dont dépendrait l’avenir de toute une région —, alors qu’une nouvelle course de Formule 1 sera organisée sur le circuit en septembre et que, inévitablement, la question de la pertinence de l’investissement public dans ce gouffre financier va rejaillir au premier plan de l’actualité, on ne saurait blâmer le ministre Marcourt de tenter d’anticiper.

Mais l’organisation de cette table-ronde résonne comme un aveu retentissant de l’inanité de la politique wallonne passée et présente : il est désormais difficilement niable que l’argent public a été investi sans raison et que c’est seulement a posteriori que les pouvoirs publics tentent de justifier leurs dépenses. Comme le souligne Philippe Bodeux, « un exploit supplémentaire doit être accompli : faire en sorte que les 25 millions d’euros investis par la Région — ils s’ajoutent à la longue liste des investissements publics — aient un impact sur le redressement économique de la Wallonie. ».

Faut-il souligner encore une fois combien tout cela est affligeant ?

 

18/08 — Et si on appliquait vraiment le principe polleur-payeur ?

Note rapide avant de revenir éventuellement sur cette information par la suite : après 11 ans de procédure judiciaire (quand même), plusieurs constructeurs automobiles japonais (Toyota, Nissan, Nissan Diesel, Hino, Mitsubishi, Isuzu et Mazda) viennent d’accepter d’indemniser des victimes de la pollution de l’air (lire les articles du Monde et de Libé).

Certains phénomènes sociaux sont difficilement explicables. Par exemple, pour quelle raison l’opinion publique reste-t-elle d’une stoïcité bovine face à certains menaces sur la santé publique tandis qu’elle peut prendre le mors au dent sur d’autres éventuellement moins dangereuses ? Ainsi, les dégâts graves pour la santé que représente la pollution automobile sont désormais plutôt bien connus — et le moins qu’on puisse dire est qu’ils sont importants |1|. Il n’empêche que, face à cette agression quotidienne concernant tous les habitants des villes |2|, les réactions politiques et citoyennes restent incroyablement faibles. Pendant que « nos » élus s’étripent à Val Duchesse sur le statut linguistique d’un arrondissement judiciaire, nous subissons chaque jour une exposition à des substances qui portent gravement atteinre à notre santé. Même des mesures ultra-minimales — comme l’obligation d’apposer un filtre à particules sur tous les véhicules à moteur thermique en circulation — sont, à en croire les journaux, très loin de préoccuper ces Messieurs-Dames en leur château.

Face à cette absence criminelle de réaction, peut-être la voie judiciaire s’impose-t-elle. J’ignore les possibilités que donne le droit belge et européen en la matière, mais je suppose qu’il doit être possible de trouver des angles d’attaque. Pour ma part, entre autre chose, je me verrais bien attaquer les TEC de Liège, dont plusieurs lignes de bus passent sous mes fenêtres.

Peut-être que la généralisation de ce genre d’actions judiciaires permettrait d’enfin stimuler la fibre inovatrice — dramatiquement éteinte actuellement — chez les constructeurs automobiles et d’amorcer enfin la désacoutumance de notre société au pétrole.

|1| Voir par exemple, en ligne, le reportage vidéo (février 2007) de la Télévision suisse romande : Le bal des particules fines.

|2| Soit dit en passant, ce n’est pas une raison pour arrêter de rouler à vélo : la pollution est plus concentrée à l’intérieur des habitacles des voitures qu’à l’air libre.

 

7/08 — À propos de la privatisation de La Poste

Entre autres choses, on trouvera dans la rubrique « débats » du journal du mardi |1| qui paraît ce jour un article que je signe avec Pierre Eyben à propos de la privatisation de la poste et de la « libéralisation » européenne du secteur. Beaucoup de choses restent à dire sur la question, mais cet article permettra sans doute à ceux qui se sont peu intéressés à l’affaire d’avoir un aperçu de la situation.

J’en profite pour vous suggérer d’acheter ce sympathique canard, qui ne coûte que deux euros pour une cinquantaine de pages dans lesquelles on trouve souvent de bons papiers. La liberté de la presse n’existe pas sans un financement par les lecteurs — et c’est particulièrement valable dans le cas du JDM.

|1| Dont le site web semble fort regrettablement être tombé en rade.

 

2/08 — La « démarche de l’après-croissance » à Liège

Ces lundi 6, mardi 7 et mercredi 8 août, les marcheurs de la « démarche de l’après-croissance » arrivent à Liège, après un périple qui les a vu partir (à pied) de Maubeuge le 14 juillet |1|. Des explications ainsi que le programme détaillé des activités est disponible en ligne sur le site d’À Contre Courant. Je pense que les débats et projections proposées (sur des thèmes comme la réduction du temps de travail, les monnaies locales, la garantie de revenu, les SEL, l’agriculture, le développement,...) seront vraiment intéressantes et que si vous en avez l’occasion, ça vaut la peine d’y participer.

Pour ma part, je participe à la table ronde du mardi et j’attire particulièrement votre attention sur l’excellent film de Jean Druon, Alerte à Babylone, dont le propos est résumé en une phrase de Bernard Charbonneau : « Et les coûts de Mégalopolis grandissent encore plus vite que sa taille. À tout prix il faut faire venir plus d’énergie, plus d’eau. Il faut assurer le transport des vivants. Mégalopolis est une cité assiégée, mais elle ne l’est que par sa propre masse. Aussi ne peut-elle être sauvée que par le sacrifice chaque jour plus poussé de ses libertés. » Ce film sera projeté le mercredi 8 août et je vous le recommande chaudement. Si vous n’avez pas la possibilité de le voir, si vous en avez les moyens et que le sujet vous intéresse, je vous suggère fortement d’acheter le DVD en ligne sur le site du diffuseur Voir & Agir. Il est essentiel que les producteurs de ces films de résistance puissent financer leurs projets et éventuellement (soyons fous) augmenter un peu l’audience de leurs films.

|1| Selon une habitude qui, renouant avec de grands précédents historiques, commence à se généraliser dans le mouvement de la décroissance.

 

2/08 — Une faille juridique dans le projet CHB ?

Le questionnement avancé en mai dernier par le groupement des riverains du projet d’autoroute Cerexhe-Heuseux/Beaufays (A605) au sujet d’un vice de forme dans la procédure d’attribution du marché public |1| prend de la substance. Le Soir de ce jour publie un articulet |2| reprenant une dépêche Belga qui confirme que le gouvernement régional n’a pas procédé à un appel d’offres pour ce marché qui a été confié à la Sofico. Or, la présence d’une banque privée dans le capital de la Sofico impose cette procédure, comme l’indique l’infatiguable Bernard Wesphael, conseiller régional wallon (Ecolo). Sans doute cela fera-t-il gagner un peu de temps dans le combat contre cette autoroute inutile.

|1| Lire l’article de Pierre Morel dans Le Soir du 16 mai.

|2| Malheureusement indisponible en ligne.

 

2/08 — Les chansons d’amour

Ce n’est ni la première ni probablement la dernière fois qu’on dit ici du bien de Christophe Honoré. Son dernier film (que je viens seulement de voir), Les chansons d’amour |1|, est un pur bonheur cinématographique. Comme d’habitude chez Honoré, l’intérêt de cette comédie musicale réside essentiellement dans la maîtrise formelle époustouflante mise au service de quelques portraits nuancés |2|. Chose peu banale, Honoré écrit |3| pour le cinéma, une écriture serrée, corsée mais pas entêtante, subtile sans être empruntée. La maîtrise du son comme celle de l’image sont totales. Chaque respiration, chaque clignement de paupière semblent inscrits dans un scénario qui nous sert une belle histoire, triste et drôle, dramatique et ensoleillée. Et puis, disons-le, Louis Garrel et Clotilde Hesme sont craquants, genre qu’on a envie de retourner au cinéma demain juste pour le plaisir de les voir encore une fois.

Inmanquable.

|1| Voir la bande d’annonce en ligne.

|2| Ah oui, et puis aussi de ces omniprésentes scènes parisiennes.

|3| Il nous souffle d’ailleurs quelques idées de lecture très directement liées à son scénario : Politique, d’Adam Thirlwell, Un bonheur parfait, de James Salter et Volupté singulière, d’A.-L. Kennedy.

 

août 2007

vendredi 31 août 2007

Sur quelques ressemblances entre la SABAM et la STASI

Parmi les rares choses dont j’ai une conviction fermement établie, il y a ceci que je suis persuadé qu’on est toujours plus critique vis-à-vis de ce qui est loin et passé que vis-à-vis de ce qui est proche et contemporain. C’est plus confortable. Pensez à ces militants « droits-de-l’hommistes » bon teints toujours prêts à se mobiliser pour dénoncer les atteintes aux droits fondamentaux en Birmanie ou à Cuba mais résolument aveugles sur la situation des prisons belges ou sur les dérives liberticides des « nos » lois anti-terroristes, pour ne prendre qu’un exemple.

Autrement dit : nous pêchons souvent par un excès de confiance et de bienveillance à l’égard de nos propres institutions.

Ainsi en va-t-il de la SABAM, dont il a été question récemment dans ces pages, au sujet de procès qu’elle gagné contre Scarlet et au sujet des veillée scoutes (mais combien d’autres exemple nous aurions pu prendre !). D’emblée, vous me direz que la Sabam n’est point une institution mais une société privée et que les deux choses (...) [lire la suite]

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vendredi 31 août 2007

... et De Wever a de très sales fréquentations

Après Yves Leterme hier, un mot sur son comparse de cartel Bart De Wever, au sujet duquel on peut lire ceci dans Pan :

Et certains oseront encore dire que le président de la N-VA est extrémiste… Une photo fait fureur en Flandre depuis quelque temps, où l’on distingue Bart De Wever contemplant amoureusement… Jean-Marie Le Pen ! Le cliché aurait été pris en 1998 à Anvers, lors d’un rassemblement de nationalistes, sous la houlette du plus célèbre borgne de France, qui rêvait d’une grande coalition de ses homologues européens. Les mamours ne s’arrêtent pas là : De Wever et Le Pen se sont aussi vus à l’enterrement du fondateur historique du Vlaams Blok, Karel Dillen, en mai dernier. Pour rappel, Bart négocie actuellement un gouvernement « fédéral »…

Pour rappel, le cartel CD&V-NVA est incontournable pour la formation d’un gouvernement.

Mais dans quel traquenard sommes-nous fourrés (...)

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vendredi 31 août 2007

Leterme est un abruti...

Alors que la vox mediatis s’emballait aujourd’hui avec autant d’empressement que de stupidité autour de quelques étudiants flamands zé flaminguants ayant décidé gaillardement de proclamer l’indépendance de la Flandre, alors qu’une pétition authentiquement pathétique partage le pinacle des manchettes avec les précédents — ne se passe-t-il donc plus rien qu’on en soit réduit à ça ? —, voici, pour complaire à la médiocrité des temps et au thème général de la journée écoulée, un post totalement dépourvu d’arguments ! Si fait. Pas la peine d’applaudir, je sais d’ores et déjà que cet infime pet que je produis à la surface du monde aura un retentissement bien plus important que les trois quarts des papiers (longs et généralement remplis d’arguments, eux) qui encombrent les pages de ces carnets. Si, si, c’est comme ça que ça va.

Mais, trêve de flagornerie, le lecteur est déjà bien trop bien servi comme ça, venons-en au fait !

Vous aussi, vous ne comprenez pas le comportement erratique et velléitaire d’Yves Leterme (...) [lire la suite]

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samedi 25 août 2007

À propos d’une orange bleue, brèves remarques sur les événements en cours

L’assoupissement estival et l’impérieuse obligation que j’ai de me préoccuper de choses moins terrestres que la politique politicienne belge le dispute au vif sentiment que les événements auxquels on assiste actuellement ont — chose rare dans le maeström fade de l’actualité — quelque chose de significatif. Je suis même convaincu que de nombreux historiens seront amenés à s’intéresser d’assez près au déroulement des négociations par lesquelles tente laborieusement de se mettre en place un gouvernement dit « orange bleue ». Et comme il est probable que, parmi ces historiens, nous ne serons pas les derniers à cogiter, tentant de comprendre ce qui nous sera arrivé, il est sans doute utile d’entamer dès à présent le travail, en commençant par tenter d’élever un peu le débat.

La crise belge nous pose avec beaucoup d’insistance certaines questions importantes, nous impose d’y donner des réponses, lesquelles ne seront pas sans très profondes conséquences sur l’avenir des habitants de ce pays, mais aussi beaucoup (...) [lire la suite]

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mercredi 22 août 2007

Inside Man (Spike Lee)

Attention, ce texte révèle l’intrigue du film.

J’ai finalement vu Inside Man, le beau film de Spike Lee, encensé par la critique (même les Cahiers du cinéma ont été sympa, c’est dire). Ce film est certainement très bon à bien des égards — casting soigné, intrigue intriguante, scénario léché, musique bien foutue, générique sympa, etc. Bref, c’est objectivement un bon film, agréable à voir, prenant malgré sa longueur, accessible au grand public et malgré tout attirant pour le cinéphile pas bégueule, tout ça. À voir sans nul doute.

Mais voilà, c’est un film dégonflé.

Rapide mise au parfum pour ceux qui n’auraient même pas vu la bande annonce : le propos distillé par celle-ci est grosso modo le suivant : soit un hold up parfait, dans une banque de Manhattan, réalisé sans violence par un génie du crime. Mais,... mais, est-ce que le hold up est bien un hold up ? Est-ce qu’il n’y a pas un enjeu politique là-dessous ? Que se passe-t-il à l’intérieur de cette banque ? Sous les apparences du hold up, est-on presque conduit à (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 5 481 signes. Il a suscité deux réactions.
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