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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

29/10 — À Liège, encore et toujours le Tivoli

Véritable serpent de mer, monstre surgissant régulièrement, le site dit du « Tivoli », situé entre la place du marché et la place Saint-Lambert, soit au coeur du coeur de la cité — on peut difficilement faire plus central et plus visible — ne cesse d’alimenter la chronique. Pas moyen de trouver un consensus sur ce qu’il convient de faire de cet espace vide en plein centre-ville. Une nouvelle étude vient d’être commandée par la ville, en vue de déterminer l’affectation du site.

Selon Le Soir de lundi dernier, Michel Firket, échevin de l’urbanisme, veut qu’on y érige, je cite, « une infrastructure multifonctionnelle qui abriterait, l’entrée principale de l’archéoforum, une infrastructure d’accueil touristique, un restaurant panoramique ainsi que des structures amovibles utilisables lors de grands spectacles en plein air. » Bref, il n’y a pas de projet, si ce n’est un éclectique, héréroclite et improbable agrégat de fonctions diverses.

Il ne s’agit pourtant pas de construire une énième immeuble administratif multifonctionnel — et donc dépourvu d’une identité forte — mais de contribuer à refaire de la place Saint-Lambert un lieu de vie où l’on fait autre chose qu’attendre l’autobus.

Comme je l’ai dit et écrit voici près de trois ans, le Tivoli doit à mon avis accueillir une activité culturelle et rien d’autres. Foin des structures amovibles, de l’accueil touristique et autres bouts de ficelle qui ne font pas un projet, il faut bâtir à cet endroit une salle de spectacle, idéalement pour le théâtre. Si le fonds ne sont pas disponibles pour le moment pour réaliser un tel projet, mieux vaut attendre que de bâtir n’importe quel horreur (dont ce projet datant déjà de quelques années qui illustre cette page constitue un bon exemple).

 

28/10 — Clientélisme à tous les étages

À voir, cette vidéo due à Diederick Legrain sur NamurDirect. Le président du parlement wallon José Happart y explique sa vision de la relation de confiance qu’il convient d’instaurer entre un élu et la population.

Puis, avant de tirer des conclusions trop hâtives sur la vieille garde du PS, jeter un oeil à cette citation de Paul Magnette, nouveau ministre wallon, relevée par Pan. Répondant à la question de savoir s’il défend suffisamment les intérêts de Charleroi, le nouvel et non moins putatif homme fort socialiste de Charleroi (par décret du boulevard), parangon proclamé de la rénovation, déclarer ceci.

« Qu’on me juge sur mes actes. J’ai mis en place, au sein de mon cabinet, une cellule pour défendre les intérêts de Charleroi »

Commentaire de Pan :

Outre que le contribuable sera enchanté d’apprendre que ses deniers destinés à la gestion gouvernementale servent à la promotion électorale d’un ministre, on est estomaqués par tel aveu. Qui a dit « rénovation » ?

Faut-il vraiment épiloguer ?

 

27/10 — Anne Demelenne & Mateo Alaluf

Au café syndical du CPCR, ce vendredi, à Liège, étaient invités Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB, et Mateo Alaluf, professeur de sociologie à l’ULB. Le thème du jour : l’Orange bleue. J’ai enregistré leurs deux interventions respectives ainsi que le débat qui a suivi.

L’intervention d’Anne Demelenne (19’21) :

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L’intervention de Mateo Alaluf (9’38) :

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Et, pour ceux qui ont du temps, le débat (1h45). La qualité sonore n’est pas terrible (j’ai dû pas mal pousser le son pour que tout soit audible) mais on entend tout.

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Vous noterez que j’ai fait une intervention sur le déficit de réflexion dans les milieux syndicaux au sujet de l’aménagement du territoire. En substance, je faisais le constat que les syndicats — FGTB comme CSC, soit dit en passant — apportent aujourd’hui encore leur caution voire leur soutien à des politiques irresponsables sur le plan écologique : construction d’autoroutes, mise en zonings d’activités qui ne le justifient pas, etc ; de manière générale : dispersion du bâti et accroissement de la dépendance au pétrole. Je constatais que cette politique est nuisible aux services publics (qui ont beaucoup plus de difficultés à s’implanter dans un territoire organisé de façon anarchique que dans un milieu urbain dense ou dans un milieu rural organisé en villages) mais augure aussi d’une précarisation considérable de ceux qui ne pourront plus payer d’ici 5, 10 ou 15 ans le prix que coûtera le pétrole. Accessoirement, je faisais remarquer qu’il y a un choix à faire — en raison du caractère limité des quotas CO2 — entre le développement exponentiel du trafic routier et la survie de l’activité économique, particulièrement en ce qui concerne le Haut-fourneau 6 à Seraing.

Le modérateur du débat a toutefois considéré que ma question était hors-sujet et devrait être posée lors d’un prochain débat prévu sur la question du redéploiement de la région liégeoise. Je n’ai pas besoin de vous dire ce que je pense de ce genre de cadenassage du débat pour que vous le deviniez. Mais je reviendrai à cette question de l’aménagement du territoire ultérieurement.

 

27/10 — Faut-il légaliser toutes les drogues ?

Je termine la lecture d’un rapport du chef de la police du pays de Galles, qui préconise rien moins que de légaliser l’usage de toutes les substances stupéfiantes. Sans avoir, pour ma part, d’avis totalement définitif sur la question, j’ai une intuition plutôt favorable à cette approche qui me semble à la fois moins liberticide (dans le sens qu’il n’y a aucune raison de réprimer une consommation de drogue socialement non problématique) et pragmatiquement plus efficace pour la protection de la santé publique comme pour la répression du crime organisé.

Je vous suggère donc la lecture de ce rapport (en anglais et dans une mise en page utilisant une police de caractère abominable), lecture qui a au moins le gros avantage de faire réfléchir sur ces questions parfois un peu vite considérées comme relevant de l’évidence.

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26/10 — Pendant les négociations, la chasse aux chômeurs continue

Le Collectif Solidarité Contre l’Exclusion publié un très utile dossier sur la situation de la politique d’« activation » des chômeurs. L’occasion de constater que, si le silence s’est fait sur la question dans les médias, la politique fédérale de l’emploi continue de produire ses effets désastreux sur le terrain. Et ce n’est pas l’Orange bleue qui risque d’y arranger quoi que ce soit, bien au contraire.

Télécharger le dossier de 22 pages :

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25/10 — La Poste, ou le « service public » comme fer de lance de la précarisation de l’emploi

Suite à la libéralisation totale du marché postal décidée au niveau européen |1|, La Poste a décidé d’« actualiser » son plan stratégique. D’après une dépêche Belga de ce jour, la mesure phare consistera dans le remplacement de 6000 facteurs par 12 000 emplois précaires.

La direction de La Poste a présenté aux syndicats, jeudi en commission paritaire, une actualisation de son plan stratégique pour les années 2008-2009. Point principal de cette nouvelle mouture : l’apparition de « livreurs de courrier » qui seront chargés de distribuer un certain type de courrier pendant les heures creuses de la journée.

« La Poste entend remplacer 6 000 facteurs équivalents temps plein par 12 000 de ces livreurs qui ne travailleront que quelques heures par jour ou par semaine », a expliqué André Blaise (CSC).

Selon le représentant du syndicat chrétien, la direction entend ainsi « encourager » le travail à temps partiel parmi son personnel de plus de 50 ans. « Il faut savoir que l’âge moyen des travailleurs de La Poste atteint 45 ans et que les objectifs qu’ils doivent remplir sont déjà “limites” en termes de flexibilité et de productivité. Si l’entreprise continue à les presser, la corde va craquer », a-t-il averti.

.../...

« Un facteur commence actuellement sa carrière avec un salaire de 1.000 euros net. Gagner encore moins, ce sera vraiment un salaire de misère », a ainsi réagi la CGSP. Les représentants des travailleurs craignent également qu’un nombre insuffisant de travailleurs optent pour ce système. « Que fera-t-on alors ? On ne peut tout de même pas forcer les gens à travailler à temps partiel ! », a encore indiqué le syndicat socialiste.

Dans un communiqué, Johnny Thijs, CEO de La Poste, commente ces nouvelles mesures de précarisation de son personnel avec le flegme qui sied à quelqu’un qui gagne 900 000 euros par an.

« L’ouverture au changement dont nous avons fait preuve ces quatre dernières années doit se poursuivre. Il s’agit d’adaptations progressives, que nous entendons évidemment appliquer en concertation avec les syndicats, sans recourir à des licenciements secs. Ce scénario part toutefois du principe que La Poste pourra affronter ses concurrents sur le marché libéralisé à armes égales. Il serait inconcevable que la concurrence puisse se tourner uniquement vers les secteurs rentables du marché et utiliser à cette fin de la main-d’œuvre bon marché, et que dans le même temps La Poste soit obligée de desservir chaque jour la totalité des boîtes aux lettres sur l’ensemble de notre territoire. Nous attendons des pouvoirs publics qu’ils mettent en place les garanties nécessaires sur le plan des services et des conditions de travail afin d’éviter toute discrimination concurrentielle ».

Soit dit en passant, je participerai à un débat sur le sujet à La Louvière le 8 novembre prochain. S’il y a des lecteurs de ce blog qui viennent de ce coin-là, je serai heureux de les rencontrer à cette occasion.

|1| À ce sujet, lire par exemple l’article que j’ai publié dans le Journal du Mardi avec Pierre Eyben.

 

25/10 — Un pollueur qui n’aime pas être pollué

Dans Trends-Tendances du 17 octobre dernier, on pouvait lire ceci.

Didier Bellens n’aime pas les ondes Wi-Fi

Le patron de Belgacom n’est pas un accro du mode Wi-Fi dans la haute tour de l’opérateur télécom. Le 27e étage, destiné à la direction, se passe donc de cette technologie qui permet un accès à l’Internet sans fil et à haut débit. Pourquoi cette décision ? « Avec les murs de granit, les ondes étaient très fortes pour que le réseau soit efficace », explique un interlocuteur. Le débranchement des bornes ne semble pas, pour autant, avoir perturbé le travail au 27e étage car cette technologie était peu utilisée au sommet de la tour de Belgacom.

La décision n’étonnera qu’à moitié, lorsqu’on sait que Didier Bellens, encourage également ses interlocuteurs à l’appeler sur sa ligne fixe et non son GSM...

Pour rappel, Belgacom est donc cette entreprise qui chapeaute Skynet et Proximus, lesquelles commercialisent des GSM (y compris UMTS), des routeurs Wifi dont il n’est pas possible de couper les fonctions Wifi et d’autres appareils dont il apparait de plus en plus clairement qu’ils représentent, étant parmi les principales causes de la pollution électromagnétique, des risques sérieux pour la santé.

 

22/10 — Mehmet Koksal tabassé

S’il ne devait en rester qu’un parmi les « blogueurs » de la place belge, il serait souhaitable que ce soit lui, tant le journalisme d’investigation qu’il pratique inlassablement est peu courant et utile pour nous permettre de comprendre ce qui se passe dans ce pays. Tant, aussi, le talent et la rigueur sont des caractéristiques quotidiennement répétées de son travail. Mehmet prend des risques assez considérables en couvrant, sur le terrain, des événements parfois violents, comme cette manifestation nationaliste turque qui a eu lieu hier soir à Bruxelles, pour soutenir à la politique de répression anti-PKK du gouvernement turc, qui laisse actuellement présager — soit dit pour ceux qui ne suivraient pas l’actualité internationale — une "intervention" (comme on dit pudiquement) turque dans le kurdistan irakien.

Hier soir, donc, une manifestation spontanée des loups gris — cette organisation d’extrême-droite turque plutôt puissante à Bruxelles — a eu lieu devant l’ambassade étatsunienne, manifestation dans laquelle Mehmet, qui couvrait l’événement, a bien failli laisser la peau. Il raconte l’épisode sur son blog. On notera notamment la réaction de la police qui, d’après le témoignage de Mehmet, semble clairement relever de la non-assistance à personne en danger. De manière plus générale, la complaisance dont le fascisme turc fait l’objet en Belgique devient véritablement inquiétante.

J’espère que la réaction judiciaire sera à la hauteur devant ces actes inacceptables qui menacent clairement la liberté de la presse.

 

22/10 — Conférence sur la société de surveillance le 14 novembre

Le Collectif liégeois contre la vidéo-surveillance organise une conférence sur le thème de la société de surveillance le 14 novembre prochain à 19h30 à l’ULg. Plus d’info en ligne (ou cliquez sur l’affiche).

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21/10 — « Parasols chauffants »

Alors que, à l’approche de l’hiver, pas mal d’entre nous ont quelques inquiétudes — voire de sérieuses alarmes — pour leur facture énergétique que l’augmentation des prix de l’énergie risque de faire sérieusement grimper ; alors que nous savons l’impérieuse nécéssité de faire des économies d’énergie |1|, le journal Le Monde nous apprend — faisant au passage la promotion "rédactionnelle" desdites breloques (non sans en citer les marques et les prix), pratique hautement contestable sur le plan de la déontologie journalistique — que la mode est désormais au chauffage d’extérieur, ustensile indispensable s’il en est pour profiter de sa terrasse en teck 365 jours par an.

La loi d’interdiction de fumer dans les restaurants et les cafés, qui doit entrer en vigueur en janvier 2008, risque de faire exploser le marché des chauffages extérieurs. C’est là, sur les terrasses des rues, qu’ils ont vu le jour puis se sont multipliés. C’est aujourd’hui sur les balcons et les jardins des particuliers qu’ils font une belle percée. [...] Les fabricants ne s’y trompent pas et multiplient l’offre : parasols chauffants à suspendre, à poser au sol ou sur une table, qui fonctionnent au gaz ou à l’électricité ; braseros qui marchent au bois. Des formes traditionnelles aux styles rustique ou contemporain : le chauffage d’extérieur permet de profiter de l’espace privé en toutes saisons. Dans ce contexte, où les Français considèrent leur balcon ou leur jardin comme une pièce supplémentaire qu’ils aménagent avec le même soin que la maison, le parasol chauffant ne doit pas se contenter d’être fonctionnel.

Est-il vraiment besoin de commenter longuement cette promotion du gaspillage d’énergie trendy ? Comme l’écrit un commentateur sur le site du journal, "J’espère que ce n’est pas trop encombrant et que cela tiendra dans mon hummer."

|1| Et qu’il est possible, comme le montre par exemple l’association Négawatt, de réduire notre consommation de l’ordre de la moitié ou des deux tiers.

 

19/10 — À Verviers, la propagande de ForumInvest

La société ForumInvest est bien connue pour être un requin sans foi ni loi saccageant les unes après les autres les villes de Wallonie et d’Europe en y construisant force centres commerciaux inutiles et mal conçus, détruisant le commerce local ; généralement avec l’appui de pouvoirs locaux diversement intéressés ou soumis au chantage à la localisation (« si vous ne nous accueillez pas, on ira dans la commune voisine et vous perdrez tout »). Ce n’est pas moi qui le dit, mais l’hebdomadaire Le Vif qui a dépeint il y a quelques mois un portrait au vitriol de cette société d’origine hollandaise.

À Verviers, il est sérieusement question de construire un centre commercial particulièrement contestable |1|, qui recouvrira la Vesdre et détruira une bonne partie du centre-ville verviétois. Ce projet est soutenu par le bourgmestre en place, Claude Desama (PS) et le désaccord sur cette question a fait sauter la précédente majorité communale, qui réunissait le PS et le CDH. Ce dernier parti, trop réticent à laisser faire n’importe quoi, s’est vu renvoyé dans l’opposition au profit du MR, moins sourcilleux et de toute façon prêt à tout avaler pour rentrer dans la majorité (un peu comme dans les négociations fédérales actuelles).

À la mesure du caractère contestable de ce projet (destruction de la rivière, remplacement du commerce local par des chaînes multinationales, privatisation de l’espace public) est la propagande actuellement déployée par les promoteurs de ForumInvest. Ils en sont maintenant à publier très régulièrement dans les pages de certains quotidiens (Le Jour, Le Soir, La Meuse, peut-être d’autres), un énorme encart publicitaire, dont voici une copie (cliquez pour agrandir).

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Passons sur la manipulation de l’information, sur les graphismes très créatifs et "artistiquement" distanciés de la réalité du projet (qui ne sont d’ailleurs pas sans rappeler ceux de Wilhelm & Co à Louvain-la-Neuve dont il avait été question ici) ; passons sur la communication très biaisée qui profile le promoteur comme défenseur de la rivière alors qu’il s’apprête à la saccager et à laisser un chancre ingérable dans 20 ou 30 ans.

Et posons simplement une question : à quoi sert cette publicité ? Il y a deux possibilités. 1. Influencer l’opinion et/ou les décideurs politiques ; dans ce cas, on ne peut que s’étonner de la disproportion de moyens qui empêche de fait tout débat, les contestataires étant ensevelis sous la communication du promoteur. 2. Acheter la presse ; on peut supposer qu’en payant ces publicités, le promoteur cherche à influencer les journaux et à modérer la plume des journalistes qui pourraient se montrer critiques à son égard. J’ai trop de considération pour ces derniers pour imaginer qu’ils puissent se laisser acheter de cette manière. Je suppose que, par contre, les gestionnaires financiers du journal risquent d’être plus sensibles à des tels arguments. Toute la question est de savoir dans quelle mesure l’indépendance des rédactions est garantie dans les diverses publications concernées.

Dans tous les cas, cette propagande souligne le caractère déloyal du promoteur, qui ne laisse pas la possibilité au débat public d’avoir lieu. Par là-même, elle souligne aussi le caractère très discutable du projet, qui, s’il était bon, n’aurait certainement pas besoin de cette offensive marketing pour être approuvé. CQFD.

|1| Voir le site des opposants au projet, très bien documenté, notamment en ce qui concerne la propagande menée par les autorités communales et le promoteur pour soutenir ce projet.

 

18/10 — Quand Radiohead fait « la révolution »

On peut lire pas mal de commentaires, dernièrement, sur la sortie du dernier album de Radiohead qui est donc diffusé en ligne, via un site web et non plus via le réseau de distribution classique. Par exemple, Libé titrait il y a quelques jours sur la « révolution » que constituerait la sortie de cet album « In Rainbows » (avant de s’étonner que l’album soit « malgré tout » « piraté »).

Je dois dire que je suis sceptique.

1. S’il s’agit simplement de diffuser la musique par le net, ça n’a franchement rien de révolutionnaire : tout le monde le fait.

2. S’il s’agit de se passer d’une maison de disque, c’est déjà plus original, mais je n’en vois pas vraiment l’intérêt. Pour une raison très simple : j’ai tendance à penser que ce qui est rétrograde et castrateur dans le système actuel, ce ne sont pas les maisons de disque (enfin si, un peu, bien sûr, mais indirectement), mais bien le droit d’auteur dans sa forme actuelle. Ce sont deux choses assez différentes. Autrement dit : réformez le droit d’auteur pour permettre le libre usage non commercial des oeuvres et les maisons de disque deviendront inoffensives.

Un exemple très concret pour illustrer mon propos : si vous êtes une petite radio et que vous cherchez à rendre vos émission disponibles en ligne, vous aurez les pires difficultés à le faire si vos émissions contiennent de la musique sous copyright. Déjà pour diffuser un stream en direct de la radio, ça coûte bonbon en droits sabam. Mais si vous voulez constituer une base de données d’émissions écoutables en libre accès — ce qui est une idée encore bien plus intéressante à mon avis — autant renoncer tout de suite. Tous vos moyens y passeraient.

L’initiative révolutionnaire de Radiohead répond-elle à ce problème ? La réponse est simple : non.

 

17/10 — Beirut

Une fois n’est pas coutume, un mot sur l’actualité musicale pour vous suggérer — dans le cas improbable où ses sonorités chaleureuses n’auraient pas encore atteint vos tympans — de vous intéresser à l’excellentissime Beirut, alias Zach Condon, dont le premier opus, Gulag Orkestar, l’année dernière, avait déjà été une révélation saluée de partout et dont le second, The Flying Club Cup, est une confirmation éclatante.

D’autres vidéos ici.

Ah oui, leur concert au Botanique le 14 novembre est d’ores et déjà complet.

 

12/10 — Conférence de Pierre Larrouturou

Pierre Larrouturou (dont j’avais déjà relevé une intervention l’année passée) donnait hier soir une conférence à Liège, sur les « urgences sociales », dans le cadre du cycle de conférences sur l’Europe organisé par ATTAC Liège.

Voici un enregistrement de sa très intéressante intervention.

Ecouter :

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Télécharger :

MP3 - 24.8 Mo
 

12/10 — Publication du rapport Social Watch 2007

Paraît aujourd’hui la version anglaise du rapport annuel de Social Watch, dont j’ai co-écrit le volet belge avec Francisco Padilla. Ce rapport, qui est reconnu par les Nations Unies, vise à établir au niveau mondial un état des lieux des droits humains et notamment des droits économiques et sociaux.

Vous pouvez télécharger tout ou partie de ce rapport sur cette page.

 

10/10 — Décès de Paul Meyer

Trop peu branché sans doute sur l’actualité, je découvre aujourd’hui que Paul Meyer est décédé. Et je dois dire que me fait un choc.

Plus exactement, je l’avais entendue, cette triste nouvelle, dans la confusion d’un sommeil matinal que le journal parlé de La Première avait bien du mal à percer. Je me souviens m’être réveillé — plus tard — sous le coup de l’impression très désagréable de sortir d’un cauchemar dans lequel Paul Meyer était mort.

J’ai découvert et rencontré Paul Meyer en avril dernier, lors d’un ciné-club à Liège, dont j’avais dit un mot ici. J’avais été frappé et séduit par le discours de ce vieil homme frêle et sec, non seulement sur le cinéma, mais sur la politique et sur la vie en général ; un discours d’une lucidité et d’une humanité dont je perçois encore les accents. Nous avions discuté et convenu de faire un long entretien sur Radio Panik. Il m’a fallu attendre la fin de l’été pour disposer d’un matériel d’enregistrement permettant de prendre du son dans de bonnes conditions et j’ai consacré le mois qui vient de s’écouler à en acquérir le maniement.

Aujourd’hui, le numéro de GSM de Paul Meyer demeure dans mon carnet-des-choses-à-faire, inutile désormais.

 

10/10 — Conférence de Jacques Généreux : « L’Europe et ses institutions »

Le 27 septembre dernier était organisée à Liège la première des quatres grandes conférences automnales d’ATTAC Liège sur le thème de l’Europe (la prochaine a lieu demain soir, avec Pierre Larrouturou, un personnage particulièrement intéressant dont il a d’ailleurs déjà été question dans les pages de ces carnets).

Jacques Généreux parlait ce soir-là sur le thème de « L’Europe et ses institutions ». Ce fut notamment l’occasion pour lui de marteler que le « mini-traité » européen n’est qu’une scandaleuse resucée, sous une forme juridique légèrement différente, de la quasi-intégralité des dispositions prévues par le défunt TCE — ce qui donne une idée du caractère « démocratique » du fonctionnement de l’Union.

Voici un enregistrement de cette conférence (durée : 2h16’).

Ecouter :

Conférence de Jacques Généreux, Liège, 27 septembre 2007
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Télécharger (46.9 Mo) :

MP3 - 46.9 Mo
Conférence de Jacques Généreux, Liège, 27 septembre 2007

Vous noterez une interruption malencontreuse de quelques minutes aux alentours de la 75e minute de l’enregistremet, la prolixité bien connue de l’orateur ayant eu raison du minidisc qui l’enregistrait.

 

9/10 — Débat : comprendre l’Orange bleue

Un débat qui devrait intéresser certains lecteurs de ces pages.

 

octobre 2007

mercredi 31 octobre 2007

Première édition de la « République des blogs » à Bruxelles

J’ai participé hier soir à la première édition belge de la République des blogs. De quoi s’agit-il ? Non, non, pas d’un cercle de hackers anti-royalistes. Tout simplement d’un rendez-vous lancé sur le net aux blogueurs « politiques » (étant entendu que qui se reconnait dans cette dénomination est le bienvenu), relayé par la grâce propagatrice du réseau (le concept est né en France il y un an et demi, d’où le nom). Et une centaine de jeunes urbains netaholic de se retrouver dans un bar ixellois pour deviser informellement de l’air du temps et de leurs productions respectives. J’avais un peu hésité à y aller (c’est que j’ai une réputation à tenir), finalement, par curiosité, par intérêt très utilitaire aussi (à quoi ça sert d’écrire si on ne se fait pas connaître ?), j’y suis allé avec mon ami (et collègue de Mouvements.be) Walter Nepigo. Et, toute honte bue (bon, oui, j’arrête d’ironiser), c’était plutôt intéressant et plutôt sympathique.

Je ne vais pas faire la liste des gens que j’ai rencontrés (elle se trouve sur le (...) [lire la suite]

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mercredi 31 octobre 2007

Sur l’exposition « C’est notre histoire »

J’ai visité ce mardi l’exposition « C’est notre histoire », qui vient de s’ouvrir à Bruxelles. Financée par l’Union européenne, elle prélude à l’ouverture dans cette même ville d’un Musée de l’Europe (non, pas celui-ci). Malgré son peu d’intérêt, elle donne l’occasion d’examiner l’image que l’institution europénne se fait d’elle même, de faire un voyage dans l’idéologie officielle (voir les photos), en quelque sorte — même si, évidemment, une bonne partie du travail de communication de la machine européenne consiste à présenter le processus politique en cours comme strictement neutre et dépourvu d’idéologie (et, oui je sais, les organisateurs se présentent comme « issus de la société civile »).

Permettez-moi de noter ici quelques commentaires sur cette exposition.

1. À la sortie, la première impression qui frappe est celle d’un vide sidéral. Des moyens considérables (projections vidéos énormes, installations d’art contemporain de très grande taille, décors,...) sont déployés pour ne finalement pas dire grand chose. On (...) [lire la suite]

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mardi 30 octobre 2007

Harry Potter serait de gauche ? N’importe quoi

Voilà maintenant que Harry Potter serait « de gauche ». En plus de nous pomper l’air, ce sorcier d’opérette devrait être du même bord que nous. C’est du moins ce que prétend le philosophe et linguiste Jean-Claude Milner dans un entretien à Libération, complètement fumeux pour autant que je puisse en juger. Et tout le monde de reprendre incontinent cette glose hative.

Tout cela est inacceptable. Si fait.

Comme j’ai la tendance parfaitement atavique d’archiver la moitié des choses que je lis, j’ai la possibilité d’aller fouiller dans mes archives pour y trouver de quoi entamer une nécessaire contre-offensive. Et, dans ma base de données proliférante, je retrouve ce texte d’Ilias Yocaris paru dans Le Monde du vendredi 4 juin 2004 — qui me semble bien meilleur, ça va sans dire.

Point de vue

Harry au pays du marché triomphant

Avec la série des Harry Potter, l’écrivain J. K. Rowling a réussi la gageure de réenchanter le monde : le lecteur voit ainsi se déployer sous ses yeux un univers proprement (...) [lire la suite]

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samedi 27 octobre 2007

Droit de grève contre service minimum, quelques éléments pour une autodéfense

Après la France, où le service minimum, après avoir rythmé la pré-campagne et la campagne présidentielles, est devenu l’une des mesures phare des débuts tonitruants du sarkozysme au pouvoir, le débat arrive maintenant en Belgique : entre autres mesures répressives, l’hypothétique coalition « Orange bleue » envisage de mettre en place un service minimum dans les transports en commun. Concrètement, il s’agit donc de limiter le droit de grève pour garantir que rouleront, en toutes circonstances, un certain pourcentage des véhicules de transports en commun.

Cette question, j’y réfléchis depuis fort longtemps ; je ne compte plus les tentatives avortées de textes sur ce sujet. À chaque fois, il y a eu difficulté à faire prise, incapacité à dépasser les lieux communs dans l’analyse, impossibilité à s’assurer des marques fiables pour assumer une position dépourvue de trop d’ambiguités. J’avoue les pires atermoiements sur cette question, presque les nuits blanches d’incertitude. Car ce sujet est difficile, en ce qu’il (...) [lire la suite]

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jeudi 25 octobre 2007

Émeutes nationalistes turques à Bruxelles

Certains quartiers de Bruxelles ont été en proie, ce soir et ces derniers jours, à des « émeutes » de jeunes gens d’origine turque, visiblement mus par des motifs nationalistes. J’ai dit un mot lundi du tabassage en règle dont a fait l’objet le journaliste Mehmet Koksal, alors qu’il filmait une manifestation violente devant l’ambassade étatsunienne. Ce tabassage d’un journaliste en train de couvrir un événement est un événement peu banal en Belgique.

Les raisons exactes de ce soulèvement assez inquiétant des jeunes Turcs ne sont pas parfaitement claires, mais la montée de la tension, au Kurdistan, entre les forces armées turques et celles des résistants kurdes semble au centre des préoccupations des manifestants. Par ailleurs, la probable reconnaissance prochaine par le Congrès étatsunien du génocide des Arméniens semble également susciter une irritation considérable dans les milieux nationalistes turcs.

Je connais mal la situation tant dans les quartiers turcs de Bruxelles qu’en Turquie, mais il me (...) [lire la suite]

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mardi 23 octobre 2007

Contre Nicolas Sarkozy, user aussi du silence

J’ai très peu parlé de Nicolas Sarkozy jusqu’à présent. Ce n’est pourtant pas, chacun s’en rend bien compte, la matière qui manque ni les bonnes raisons de lui tailler des croupières. En fait, il n’y a que ça, de la matière et des bonnes raison de lui tailler des croupières. Les journaux en sont chaque jour emplis, ça déborde de partout. Je ne vais même pas en faire la liste, ce serait peine perdue, ce serait s’enfoncer dans la fange communicationnelle, tomber dans le piège à blogueurs et à socialistes, dans le piège à cons qui marche si bien ces temps-ci.

Il en va de la lettre de Guy Môquet comme de tout le reste. Je parle, vous en avez évidemment subi les échos, de la lettre de ce jeune homme mis à mort en octobre 1941, à l’âge de 17 ans, par l’occupant allemand, cette lettre qu’il a écrite avant de mourir et que Nicolas Sarkozy a, lors de son intronisation comme président de la république française, décidé de faire lire devant tous les écoliers français. L’affaire de cette lettre de Guy Môquet n’en est jamais (...) [lire la suite]

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lundi 22 octobre 2007

Décret « inscriptions », entre manque d’ambition et apories de la démocratisation scolaire

On a pas mal (re)parlé ces dernières semaines du décret « inscriptions », ce texte par lequel le gouvernement de la Communauté française de Belgique cherche (un peu) à contrer la ségrégation scolaire. Le principe est le suivant : les écoles secondaires ne pourront plus inscrire leurs futurs élèves du premier degré qu’à partir du 30 novembre précédant la rentrée scolaire. Cette mesure est censée mettre tout le monde sur un pied d’égalité.

Je dois dire que mes sentiments à l’égard de ce texte sont mitigés. D’une part, je suis reconnaissant à la ministre-présidente de la Communauté française, Marie Arena, et à son parti, le PS, d’avoir conscience du problème et de tenter quelque chose pour y remédier. La ségrégation scolaire est un fait incontestable en Communauté française. Et c’est un fait particulièrement odieux en ce qu’il bride l’avenir de milliers d’enfants, mal tombés. D’autre part, j’ai d’assez gros doutes sur l’efficacité de la mesure retenue — et, en fait, sur la possibilité de résoudre le problème de manière (...) [lire la suite]

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vendredi 19 octobre 2007

Avenir incertain des bulles

Voilà maintenant environ quatre ans et demi que ce « blog » — ainsi qu’il est convenu de dire — existe ; les publications s’y sont succédées à un rythme très modéré durant tout ce temps, mais sans interruption significative, de sorte que, petit à petit, ce site semble avoir trouvé un public (ce que la mise en place du portail mouvements.be a visiblement facilité) malgré une écriture très inégale (si je ne suis pas certain qu’on y trouve le meilleur, il est évident que le pire y foisonne) et sans doute un peu plus d’énervement que d’émerveillement pour des carnets qui n’auront par conséquent par été aussi cathartiques qu’espéré. Les statistiques de fréquentation indiquent en effet un bon millier de visiteurs quotidiens ; mais j’ai tendance à faire assez peu confiance aux statistiques sur le web. Dès lors, le seul indicateur auquel je me fie est le nombre de commentateurs, qui reste assez réduit. Bref, j’ignore combien de lecteurs j’ai ; et partant quelle est l’utilité de l’écriture dans cet espace.

Si je vous parle (...) [lire la suite]

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vendredi 19 octobre 2007

L’injuste « prime à la voiture propre » du gouvernement wallon

Avec l’inculture politique et fiscale qui gangrène les milieux du pouvoir, on voit de plus en plus régulièrement paraître des mesures, notamment fiscales, qui portent atteinte à des principes fondamentaux, comme l’égalité de chacun devant la loi.

On en a déjà vu un exemple éclatant avec cette mesure prise par les différentes régions du pays proposant d’échanger une plaque minéralogique contre une abonnement gratuit aux transports en commun : comme je l’avais souligné à l’époque, cette mesure ne touche que les détenteurs d’(au moins) une voiture, ce qui est injuste dans la mesure où le financement vient des impôts de tous les citoyens. Ceux qui sont trop pauvres ou trop respectueux de l’environnement pour posséder une voiture dont se débarasser peuvent continuer à payer le bus. Par conséquent, entre deux personnes se trouvant dans la même situation de revenu — payant donc les mêmes impôts — et ne disposant pas d’une voiture, l’une peut recevoir un abonnement gratuit aux TEC et l’autre pas, la prime allant à (...) [lire la suite]

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jeudi 18 octobre 2007

Georges W Bush, vu par Jonathan Yeo

C’est un portrait de George W Bush par l’artiste anglais Jonathan Yeo, qui a reçu une commande de la famille Bush pour un portrait du fiston. L’oeuvre produite a été refusée par son commenditaire.

C’est que le portrait est en fait un assemblage de trous du cul découpés dans des revues.

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mercredi 17 octobre 2007

Pour l’indépendance du CSA

Est parue dans Le Soir de ce jour une carte blanche que j’ai co-signée et dont je vous invite à lire le texte ci-dessous.

Dans le même registre de la critique médiatique, je signale aussi une carte blanche publiée dans Le Soir de lundi par le collectif des démonteurs de pub (décidémment, il y a des semaines, comme ça) à propos du très controversé jury d’éthique publicitaire (« JEP »).

Le CSA confisqué

Ce n’est pas le genre de nouvelle sur laquelle s’étend le journal télévisé : alors que la majorité PS-CDH négocie en ce moment le renouvellement du Bureau du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), sa présidente, Evelyne Lentzen, est en passe d’être « débarquée ». Le Gouvernement, et à travers lui le Parti Socialiste, lui reprocherait une attitude « trop indépendante » ! La tentation de « mettre au pas » l’organe de régulation de l’audiovisuel est manifestement très forte…

C’est le Gouvernement de la Communauté française qui est chargé de nommer, tous les 5 ans, les membres du Bureau : un président et trois (...) [lire la suite]

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lundi 15 octobre 2007

Un peu de lecture

Alors que la liberté de la presse se fait de plus en plus rare, particulièrement dans le paysage médiatique français, voici deux publications qui font heureusement exception à la grisaille ambiante.

Un dossier du Canard enchaîné, tout d’abord, sur les nouvelles formes de censure. C’est assez franco-français (on parle beaucoup de Sarkozy et de ses amis les milliardaires et patrons de presse du CAC 40), mais c’est très éclairant sur les mécanismes à l’oeuvre. Conformément à son habitude, le Canard ne se contente pas de supputer et de spéculer théoriquement sur ce dont il parle ; il aligne les faits. Et les faits sont accablants.

La démonstration de l’impact dramatique de la publicité sur l’indépendance éditoriale de la presse est notamment éclatante.

Secundo, l’Atlas environnement du Monde diplomatique est un recueil de cartes commentées dans lequel on trouvera non seulement un état des lieux très bien documenté et richement illustré de la situation écologique de la planète mais aussi un passage en revue (...) [lire la suite]

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jeudi 11 octobre 2007

Tram à Liège : Willy Demeyer fait la moitié du chemin

Dans un entretien au journal Le Soir, le bourgmestre de Liège et président de la fédération liégeois du Parti socialiste, Willy Demeyer, prend une position claire et ferme en faveur du tram, ce dont on peut se féliciter. Le débat est enfin lancé et le bourgmestre peut être assuré du soutien des signataires de la pétition dans le combat qu’il semble vouloir mener contre les conservatismes qui sévissent aujourd’hui parmi les responsables des transports en commun, ce dont témoigne l’état déplorable du réseau de transports en commun liégeois. On peut aussi se réjouir de voir le bourgmestre reconnaître la nécessité qu’il y a de créer à Liège un réseau de transports en commun structurant. De même que de le voir rejeter les propositions de Jean-Claude Phlypo, dont le manque d’ambition pour Liège est véritablement sidérant au regard des défis sociaux énormes qu’annonce la raréfaction du pétrole. Celle-ci — et l’augmentation du prix de l’énergie qu’elle annonce — ne manquera pas en effet, en l’absence de mesures (...) [lire la suite]

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lundi 8 octobre 2007

À Anvers, deux procès et le racisme

Les médias sont pleins des comptes-rendus du procès d’Hans Van Themsche, ce jeune Anversois qui a tué deux personnes et en a blessé une gravement dans les rues d’Anvers le 11 mai 2006, pour des motifs racistes évidents, qu’il a lui même clamé haut et fort avant, pendant et après son raid sanguinaire.

À la lecture de ces comptes-rendus proliférants, le premier constat qui saute aux yeux est la complaisance dont la plupart des journalistes font preuve à l’endroit de M. Van Themsche. Les effusions de pleurs de son clan, ses remords aussi crédibles que les lectures de Nostradamus par Paco Rabanne, les thèses les plus aberrantes de sa défense sont en effet relayées de façon peu critique. Les parents du meurtrier peuvent ainsi assurrer contre l’évidence « qu’ils n’ont pas donné une éducation raciste à leur fils ». Le grand-père de l’intéressé était pourtant engagé volontaire dans la SS tandis que son père — qui se présente comme opposé au racisme — a été longuement membre du Vlaams Belang, dont il a cependant rendu (...) [lire la suite]

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mercredi 3 octobre 2007

Mes réponses à l’enquête sur le « projet de ville » liégeois

La ville de Liège relance une enquête sur son projet de ville. Une bonne occasion de se faire entendre (enfin, du moins je l’espère) auprès d’autorités communales pas toujours très accessibles et très réceptives.

Une bonne occasion aussi pour moi de faire une petite synthèse des propositions liégeoises faites dans les pages de ce site (cliquez sur les liens pour obtenir des informations plus détaillées), un an jour pour jour après avoir publié le programme que j’aurais défendu si j’avais été candidat aux élections communales.

Je note que, comme pour ce programme, les thématiques sociales et économiques prennent fort peu d’importance. Non pas que les néglige mais qu’il me semble qu’elles relèvent fort peu de l’autorité communale. Les grands changements qu’il conviendrait d’obtenir en matière d’emploi, de sécurité sociale, etc sont des thématiques fédérales. Ceci pour expliquer que je n’aborde presque que des questions d’aménagement du territoire.

Bref, j’ai rempli le formulaire en ligne et je vous invite à en (...) [lire la suite]

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mardi 2 octobre 2007

Envie d’une Liège en vie

La pétition pour le tram à Liège, après avoir permis hier soir l’organisation d’une petite manif devant l’hôtel de ville de Liège devrait se prolonger par un travail plus permanent de réflexion et d’information sur les questions d’urbanisme à Liège. Plusieurs signataires m’ont en effet fait part de leur souhait de ne pas s’arrêter à la pétition. Et cela autour d’une idée-clé : la ville est notre lieu de vie, nous souhaitons la rendre agréable à habiter.

Je dois dire que, en ce qui me concerne, ce projet, s’il se réalise, concrétiserait une envie déjà très ancienne (j’avais tenté il y a plusieurs années de créer un portail sur l’urbanisme liégeois, portail qui navigue toujours des les limbes à l’heure actuelle).

Mais venons-en au fait, en style télégraphique car le temps manque. L’idée est la suivante (ceci est une pièce à casser, qui résume les discussions que j’ai eues dernièrement ; de façon à avancer).

Constats

— Opacité des décisions publiques, difficulté pour le citoyen lambda d’accès à une information de (...) [lire la suite]

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mardi 2 octobre 2007

Manif pour le tram, instantanés vidéos

Malgré la pluie, nous étions une centaine de signataires de la pétition pour le tram à Liège (mille mercis à tous ceux qui se sont déplacés et ont fait de ce premier rassemblement une grande réussite) hier soir devant l’hôtel de ville pour demander aux responsables politiques régionaux de réorienter la politique wallonne de mobilité vers les modes doux et les transports en commun.

Voici quelques toutes petites vidéos prises sur le vif (techniquement, c’est encore assez expérimental, on fera des progrès la prochaine fois), histoire de mieux répartir la parole que ce que permet le canal des grands médias.

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lundi 1er octobre 2007

Rassemblement pour le tram à Liège ce lundi 1er octobre à 18h devant l’hôtel de ville

Les signataires (plus de 2300 à ce jour) de la pétition pour le tram et contre l’autoroute Cerexhe-Heuseux/Beaufays organisent un rassemblement ce lundi 1er octobre à 18h devant l’hôtel de ville de Liège.

Alors qu’une bonne partie des principaux décideurs liégeois continuent à affirmer leur volonté de réaliser tant l’autoroute CHB qu’un très hypothétique réseau de tram ou de tram-train, nous rappellerons que, les capacités d’emprunt de la Région wallonne étant ce qu’elles sont, il n’est budgétairement pas possible de réaliser l’un et l’autre de ces deux projets à court ou moyen terme. Et qu’en conséquence un choix s’impose. Dans la situation actuelle, aucun débat sérieux n’a lieu sur ce choix qui engage pourtant gravement notre avenir. Si rien ne bouge, c’est un projet vieux de trente ans qui sera réalisé, engloutissant 400 millions d’argent public, soit approximativement la somme nécessaire à la construction d’un réseau de tram de base (4 lignes) dans l’agglomération liégeoise.

Nous rappellerons par ailleurs que, (...) [lire la suite]

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