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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

30/11 — Décret « inscriptions », pff

J’ai été me ballader cette nuit dans Liège, pour aller taper un brin de causette avec les parents de futurs élèves du secondaire qui attendaient devant certaines écoles du centre-ville pour y inscrire leur progéniture. J’y ai rencontré toutes sortes de gens, et pas seulement des bourgeois. Je dirais même que j’ai surtout rencontré des gens « normaux ». J’ai discuté avec une aide-soignante, avec plusieurs ouvriers, avec un militaire de carrière, une cuisinière,... Aucun d’entre ceux-là n’avait pu prendre congé et tous s’apprêtaient donc à travailler ce vendredi après une nuit blanche et glaciale (mais pourquoi avoir fixé la date le 30 novembres demandaient-ils, nombreux ?). Aucun d’entre eux ne pensait que le décret était une bonne chose.

Certaines des écoles devant lesquelles ces gens faisaient la file n’ont pas, les années précédentes, connu de saturation précoce ni ne sont réputées pour refuser des élèves sur des critères sociaux, ethniques ou autres. Mais devant le phénomène de pénurie organisée, il était plus prudent, aux yeux de ces parents, de venir faire la file. Le moins est de le comprendre. Et de comprendre que Mme Arena n’entend rien à la théorie des jeux (parce que provoquer une pénurie artificielle dans des écoles où il n’y en avait pas, au motif de rendre l’enseignement plus accessible à tous, c’est quand même très fort).

Je ne vais pas répéter ce que j’ai écrit il y a peu sur ce décret, mais je ne comprends pas que Marie Arena s’entête à prétendre que son décret va « donner à tout le monde les mêmes chances ». C’est faux, parce que tout le monde n’a pas la possibilité de faire 24 heures (si ce n’est 48) de file pour inscrire son enfant dans l’école la plus prisée (à tort ou à raison, d’ailleurs). Quid, par exemple, des gens qui travaillaient cette nuit ?

Mme Arena voudrait plomber sa « bonne intention » qu’elle ne s’y prendrait pas autrement. Plutôt que d’organiser un tirage au sort qui aurait probablement été beaucoup plus équitable, malgré le travers qu’on peut trouver, aussi, à ce système, elle a fait perdre de nombreuses heures, fort pénibles de surcroît, à plein de gens. Pour, au final, obtenir un changement quasiment nul dans la ségrégation scolaire (sans parler du beau paquet de voix perdu par le PS dans l’opération).

Bref, comme l’écrit Nico Hirtt dans Le Soir de ce matin, « S’il faut reprocher quelque chose à Marie Arena, ce n’est pas d’avoir voulu réguler les inscriptions d’élèves, mais de l’avoir fait beaucoup trop timidement ».

 

28/11 — L’autoroute de trop

Parait dans La libre Belgique de ce jour un texte d’opinion que je co-signe avec Pierre Castelain, membre du secrétariat régional Ecolo de Liège et Gün Gedik, président du Mouvement des Jeunes socialistes de Liège intitulée L’autoroute de trop. Il y est question, une fois encore, de l’autoroute CHB, que la région wallonne veut construire à l’Est de Liège.

 

28/11 — La part du travail continue de baisser

La part des revenus du travail dans la richesse nationale est une donnée économique essentielle, absolument fondamentale. Ce chiffre constitue en particulier un bon indicateur du caractère plus ou moins inégalitaire d’une société. De ce fait, il reflète à mon avis assez fidèlement l’état du rapport de forces entre la gauche et la droite (bon, je vous préviens, c’est pas super réjouissant).

Sachez, chers lecteurs, que la part des revenus du travail dans la richesse européenne n’a jamais été aussi faible qu’aujourd’hui. C’est du moins ce que signale le rapport annuel sur l’emploi en Europe (disponible uniquement en anglais) de la Commission européenne, dont l’édition 2007 vient d’être publiée.

On y apprend que la part du revenu du travail dans la richesse globale est passée de 70% du PIB en 1975 à 58% en 2006 (pour l’Europe des 15). En ce qui concerne la Belgique, même tendance, un tout petit peu moins marquée : on est passé de 67% en 1981 à à 60% en 2006. En cause, selon le rapport : les politiques de modération des revenus, le chômage où la croissance des revenus financiers, mais aussi le remplacement croissant des travailleurs les moins qualifiés par des machines.

Et le reste ? demanderez-vous à bon droit. Qu’en fait-on du reste de la richesse nationale ? Le reste, tout simplement, ce sont les revenus du capital sous ses diverses formes (loyers, dividendes, plus-values, rentes diverses,...). Autrement dit, en caricaturant à peine, un travailleur européen qui bosse 38 heures semaines (oui, je sais, dans certains pays, c’est vachement plus) passe en moyenne 16h par semaine à trimer pour le seul portefeuille des actionnaires et autres rentiers. C’est ce qu’on appelle le capitalisme.

Il y a bien des choses à dire sur cette évolution très dommageable des choses (au point que la Commission elle-même s’inquiète pudiquement de ses conséquences préjudiciables à la « cohésion sociale »), dont on se contentera pour l’instant de prendre note.

Et puis, quand même, un petit jeu : essayez de dénicher dans un journal tirant à plus de 50.000 exemplaires un article un peu substantiel qui donne cette information et explique clairement ce qu’elle signifie (à mon avis, ce chiffre mériterait de faire la une de tous les quotidiens). Pour ma part, j’ai cherché sur le net, j’ai pas trouvé (il y avait une brève de 10 lignes dans le supplément économique du Soir de ce mardi). Cela dit, le machin ayant été publié lundi, on peut attendre quelques jours avant de tirer des conclusions.

 

27/11 — Belle prise

Une jolie photo avant d’aller dormir...

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27/11 — Worst lobby : c’est le dernier jour

Alors que l’ignoble traité constitutionnel rentre par la fenêtre après avoir été évacué par la porte, voici une initiative sympa à soutenir : la remise du prix du pire lobby européen. Il s’agit d’une sorte de grande pitrerie organisée par quatre ONG européennes — Corporate Europe Observatory, Les Amis de la Terre Europe, LobbyControl et Spinwatch — pour dire qu’à défaut de pouvoir agir démocratiquement sur une Union européenne partie en vrille, on peut toujours en dénoncer quelques uns des pires travers, en l’espèce le lobbying intensif qui se pratique à Bruxelles entre le Rond-Point Schuman et la place du Luxembourg. Tout est en ligne, vous pouvez voter pour le pire lobbyiste européen.

Allez aussi jeter un oeil chez Walter Nepigo qui, après un long billet très détaillé, va jusqu’à proposer une présentation du machin en vidéo.

 

27/11 — Bottins téléphoniques, gabegie écologique

S’il y a bien un objet que les technologies de l’information rendent ringard, c’est celui-là : perpétuellement en retard, lourd, encombrant, le bottin téléphonique n’a plus guère d’utilité que pour les gens qui ne disposent pas de connexion à l’Internet. Et pourtant, bon an mal an, les bottins (pages blanches et « pages d’or ») continue à être distribué à plusieurs millions d’exemplaires par la société publicitaire anversoise Truvo (ex-Promédia) qui a semble-t-il trouvé là une activité particulièrement juteuse.

Comme il se doit, en gestionnaire avisée, la société Truvo communique d’ailleurs régulièrement sur le caractère indispensable de son activité, ainsi qu’on a pu en trouver certains échos dans la presse ces derniers jours.

Un lecteur, Pierre Becquart, attire mon attention sur les conséquences écologique de cette pratique qui perdure et il me semble utile de relayer ici sa missive.

[...] On peut lire sur le site de Truvo que ses pages d’or sont éditées à 4.500.000 exemplaires. On peut supposer qu’il en aille grosso modo de même pour les pages blanches. Le poids unitaire d’un des volumes excède largement le kilo et peut même atteindre 1,5 kg. En prenant un poids moyen de 1,25 kg par volume (blanc et d’or) on obtient une masse totale indicative de 11.250 tonnes de papier par an ! Soit 320 camions de 35 tonnes.

Ces tonnes d’un papier blanchi ou coloré, puis chargé d’encre d’imprimerie représentent une charge écologique intolérable au regard de la valeur ajoutée qu’elles représentent encore pour le citoyen aujourd’hui. Probablement des supports papiers devront encore subsister quelques années pour donner l’accès à cette information aux citoyens non connectés à internet. Mais il faut impérativement que les instances responsables (qui ?) prennent des actions en vue de limiter la distribution des briques papier à ceux qui en ont vraiment besoin et qui en formulent explicitement la demande et pas aux autres.

Laisser l’initiative à l’éditeur Truvo à cet égard est illusoire. D’une part il est contraint d’honorer ses (juteuses) obligations contractuelles à l’égard des opérateurs (pages blanches) et d’autre part il a besoin d’annoncer un tirage important à ses annonceurs potentiels (pages d’or). Il ne faut donc rien attendre de ce côté. Mais il est urgent que les acteurs tels que associations de consommateurs, presse et partis politiques s’intéressent à ce problème [...].

Voilà qui pourrait en tout cas donner du grain à moudre à une éventuelle nouvelle journée de déversement, après celle qui avait été organisée l’année dernière.

 

26/11 — La face cachée des jolis vélos de la JCDecaux

Préparant l’intervention que je ferai jeudi soir au Baradéba d’Etopia, à Bruxelles, au sujet du système Cyclocity, je cherche à étayer mon argumentaire — déjà ébauché dans un précédent article — défendant l’idée |1| selon laquelle les vélos en libre-service de la société JCDecaux (Vélo’V à Lyon, Vélib à Paris, Cyclocity à Bruxelles, etc) auraient pour fonction de placer sous surveillance (géolocalisation, mémorisation des itinéraires, identification des lieux régulièrement fréquentés) une partie de la population à des fins de profilage commercial fin.

À cette fin, je suis notamment en train d’écumer différents documents émanant de ladite JCDecaux, dont celui qui lui tient lieu de rapport annuel 2006 (pdf). À la page 44 de ce document, on trouve cette citation :

Afin d’optimiser son offre produits, le Groupe a mené une politique ambitieuse de développement qui concilie diversité des designs, standardisation maximale de ses composants de base, et rationalisation des coûts de production. Acteur majeur de la communication offerte aux citadins, le Mobilier Urbain bénéficie aujourd’hui des avancées des nouvelles technologies de l’information et de la communication, dans les domaines de l’information visuelle (écrans géants à LCD, TFT pour 2m2 et Cholestériques pour les 8m2), des communications radio (emploi massif des technologies GPRS pour interconnecter les mobiliers sans travaux de voirie, de Bluetooth pour connecter les citoyens aux Mobiliers Urbains), des nano-technologies (micro processeur embarqué du vélo) ou des technologies logicielles de l’environnement Internet et de l’Internet mobile, en vue d’offrir un service toujours plus réactif et personnalisé aux citoyens. Avec un bureau d’études, une Direction des Nouvelles Technologies et une Direction des Arts Graphiques intégrés, JCDecaux dispose de tous les atouts et d’une force de frappe très importante pour répondre rapidement à tous les appels d’offres et concevoir des mobiliers innovants, parfaitement adaptés au cahier des charges de ses clients en France ou dans le reste du monde. [...]

(c’est moi qui souligne)

Il me semble que cette citation est probante. La question est désormais : pourquoi cette question de la vie privée n’est-elle pas abordée par les édiles municipaux qui envisagent d’équiper leur ville de ce système ?

|1| Née de la lecture d’un article d’Annie Kahn : « Avec JCDecaux, l’Inria imagine la publicité sur mesure pour le chaland », in Le Monde, 31 mars 2006.

 

25/11 — Si les pauvres avaient leur mémoire...

Il y avait aujourd’hui au cinéma Le Parc (Liège) une soirée consacrée à Paul Meyer, qui est décédé le 29 septembre dernier, avec la projection de Klinkaart (1956, selon Piet van Aken) (photo) suivi du documentaire de Jean-Claude Riga Paul Meyer et La mémoire aux alouettes (2007), présenté comme « une ballade avec Paul Meyer en liberté très surveillée par la censure sociale de la mémoire ».

Paul Meyer m’apparait comme une très grande figure artistique et morale, incroyablement méconnue, honteusement méconnue. Et la censure dont il a en effet fait l’objet tout au long de sa vie nous apprend, je crois, beaucoup de choses sur le régime politique et social dans lequel nous vivons, sur cette soi-disant terre de compromis que serait la Belgique.

Mais soit, on reparlera de tout cela. En attendant, de cette soirée, je retiens surtout cette phrase : « Si les pauvres avaient leur mémoire, qu’ils transmettaient à leurs enfants, il n’y aurait plus de pauvres ».

 

25/11 — Débat : la gauche peut-elle encore changer la société ?

Pour rappel, ce mercredi 28 novembre aura lieu à Bruxelles (maison du peuple de Saint-Gilles) un débat sur l’avenir de la gauche, avec Elio Di Rupo, Noël Mamère et Gabriele Zimmer, organisé par la revue Politique |1|. Plus d’info sur ce débat en ligne.

Cliquez pour agrandir l’affiche :

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|1| Qui a, entre autres qualités, celle d’être mon employeur.

 

24/11 — Oui, oui, on peut aussi citer un blog

J’ai eu à plusieurs reprises ces dernières semaines l’impression désagréable de retrouver sur d’autres sites ou même dans certains médias écrits du contenu produit dans ce blog — et cela sans la moindre citation. Jusqu’il y quelques jours, je mettais ça sur le compte d’un début de paranoïa — puis voici que certains lecteurs me signalent qu’ils ont la même impression que moi. Alors, même si rien n’est prouvé et que deux personnes peuvent avoir la même idée sans se plagier et tout et tout, ça m’énerve un peu.

Avis, donc, aux pompeurs discourtois : il est possible de citer un blog ; ça se fait, oui, oui, oui. Et non, le blog n’est pas nécessairement une sous-littérature dont la citation serait infâmante.

Alors, pour citer, c’est facile : on indique le nom du blog et celui de l’auteur et, si on est sur le web, on fait un petit lien vers la page concernée.

 

21/11 — Arrêtez d’écrire « Mr »

S’il-vous-plaît, faites moi plaisir si vous êtes concerné par cette note insignifiante, cessez d’écrire partout « Mr » pour Monsieur. Il s’agit là de l’abréviation anglaise, c’est-à-dire de l’abréviation de « Mister ». Et, pour une raison que j’ignore, l’usage s’en généralise de façon inquiétante en français. Un peu comme ces « cents » d’euros que bon nombre de commerçants (entre autres, mais c’est avec eux que je parle le plus souvent de la chose) s’acharnent laborieusement à prononcer alors que le français (sans majuscule, le français) dispose du très joli « centime » pour désigner le centième d’une unité monétaire.

L’abbréviation française pour Monsieur est tout simplement « M. ».

 

16/11 — Paranoid Park

Je ne sais pas si je suis en train d’apprivoiser la face immobile de la force, cette vita contemplativa qui se refuse lorsqu’on est comme je le suis enfoncé jusqu’au cou dans l’hyperactivité si ce n’est le bougisme. Toujours est-il que j’ai finalement vu et beaucoup apprécié le dernier film de Gus Van Sant, Paranoid Park.

Parmi d’autres sujets de méditation, ce film me laisse penser que le cinéma a beaucoup moins que l’industrie du disque à redouter les échanges numériques de données dans le court et moyen terme. Pour la raison très simple que la vision d’un film sur pellicule est définitivement une expérience infiniment plus riche que ce que peut offrir un écran numérique et que j’espère que le public saura se rendre compte de tout ce qu’il perdrait à déserter les salles obscures pour matter des DivX téléchargés en P2P.

Le film de Van Sant est tout de textures et de semi-obscurités ; c’est un chef d’oeuvre de velouté (notamment dans les séquences de skate, tournées en 8mm), une étude anatomique in vivo. Ses longs plans semblent chercher à s’approprier la matière. On a besoin de salles de cinéma pour ce genre de choses |1|.

|1| Et ça tombe bien, puisque les Grignoux s’apprêtent à ouvrir 4 nouvelles salles à Liège (lire les récents articles du Soir ici et ici. Pourvu que ce soit l’occasion d’élargir encore le nombre de films proposés et de projeter des classiques.

 

16/11 — Idées de gauche contre valeurs de droite

Paraît ce vendredi dans La libre Belgique le premier texte — intitulé « Idées de gauche contre valeurs de droite » — du très informel collectif « Le pouvoir nous veut triste », lequel a été fondé cet été avec quelques amis — pour ne pas les citer : Tanguy Isaac, John Pitseys, Bernard Swartenbroekx, Philippe Verdoot et Gilles Verniers. L’objectif est faire partager le constat de la déliquescence théorique de la gauche et de contribuer modestement à la construction du nouveau squelette idéologique dont a besoin la gauche européenne.

Le texte est ouvert aux commentaires. L’objectif, dans un rythme compatible avec l’écriture collective et les obligations de chacun, est dans un premier temps de produire une série de textes puis, éventuellement, de tenir quelques débats publics. À suivre.

 

15/11 — Merci à La Première

Je suis en train d’écouter l’émission « Face à l’info » et il y a quelque chose que je voudrais dire, comme ça, de but en blanc, c’est que j’aime beaucoup le traitement que font de la crise belge les journalistes de la rédaction radio de la RTBF. Alors que pas mal de monde cède au sensationnalisme, aux grandes déclarations pompeuses, aux conclusions hâtives, etc, La Première, est devenue |1| à mes yeux le principal lieu d’information et de réflexion francophone en Belgique aujourd’hui.

Voilà, si certains journalistes de la Première passent par ici, qu’ils sachent que leur travail est apprécié.

|1| Malgré que son site web soit l’un des pires jamais conçus.

 

15/11 — Débat sur le précariat au festival des libertés

C’était ce samedi 10 novembre à Bruxelles, dans le cadre de l’excellent festival des libertés, organisé par Bruxelles Laïque, une petite heure de débat sur le précariat et l’allocation universelle, avec Eric Collard, Marc Monaco (Euromayday Liège, Flexblues & cie) et Yannick Vanderborght (UCL/FUSL), que j’ai enregistré en me disant que ça vous intéresserait sûrement |1|.

C’est Eric Collard qui commence à parler sur l’enregistrement.

Durée : 50 minutes.

/IMG/mp3/20071110_debat_precariat_festival_des_libertes.mp3

Notez que la moitié des orateurs annoncés n’étaient pas présents : Alex Foti et Zoé Romano (Mayday de Milan, Chainworkers,...) ont été bloqués dans (et/ou ont participé à) la grève qui avait lieu ce jour-là |2| tandis que Felipe Vankersbilk (CNE), seul orateur représentant le syndicalisme classique, n’était pas là pour une raison inconnue. Dommage, il n’est pas douteux qu’il aurait eu des choses à répondre à Eric Collard et à Marc Monaco et le débat aurait assurément été intéressant. Une prochaine fois peut-être...

|1| J’ai sucré l’introduction du débat faite par Mathieu Bietlot, que je n’ai pu enregistrer qu’en partie. Un rapide échange avec la salle a suivi, mais ma batterie est tombée en panne à ce moment-là, de sorte que vous n’aurez pas l’occasion de l’écouter.

|2| Même si les médias francophones n’en ont quasiment pas pipé mot, malgré des centaines de milliers de grévistes.

 

15/11 — Sur la société de surveillance

Comme annoncé dans ces pages, était organisée ce mercredi 14 novembre par le Collectif liégeois contre la vidéo-surveillance une conférence sur le thème de la société de surveillance.

Voici deux enregistrements réalisés à cette occasion, livrés, comme d’habitude, bruts de décoffrages. À mon grand regret et en raison d’un problème technique, je n’ai pu enregistrer la première intervention, celle d’Antoinette Rouvroy, pourtant particulièrement intéressante.

L’intervention de Nathalie Grandjean, philosophe aux FUNDP :

/IMG/mp3/20071114_nathalie_grandjean.mp3

L’intervention de Julien Pieret, représentant de la Ligue des droits de l’homme |1| :

/IMG/mp3/20071114_julien_pieret.mp3

Et le débat (la qualité de la bande son est très médiocre, vous êtes prévenus) :

/IMG/mp3/20071114_debat.mp3

Il me semble que dans le débat ont été ouvertes pas mal de pistes de travail, qu’il serait intéressant d’explorer ou d’approfondir. J’y reviendrai éventuellement plus tard.

|1| Laquelle Ligue des Droits de l’Homme organise d’ici peu à Bruxelles une très dense semaine sur le thème du « Quotidien sous contrôle »

 

13/11 — À l’agenda

Quelques dates prochaines à signaler.

Ce mercredi 14 novembre, à Liège, conférence-débat sur le thème de la société de surveillance, organisée par le CLCV. Avec des chercheurs engagés : Nathalie Grandjean (philosophe), Julien Pieret (juriste et représentant de la Ligue des droits de l’homme) et Antoinette Rouvroy (juriste). Plus d’info ici.

Dimanche 18, 10h30, marche contre l’autoroute CHB à Fléron, organisée par les comités de riverains de la future liaison autoroutière que la région wallonne veut construire à l’Est de Liège. Plus d’info ici.

Mardi 20 novembre, à 19h30, conférence sur la mobilité à Liège, à la suite de la pétition pour le tram initiée dans ces pages. Seront présents : Didier Castagne, administrateur du TEC, Jean-Marc Lambotte, chercheur en urbanisme à l’ULg, Claudy Vickevorst, secrétaire de la CGSP des TEC de Liège, ainsi que le bourgmestre de Liège Willy Demeyer. Plus d’info ici.

Le mercredi 28 à Bruxelles, grand débat (déjà signalé dans ces pages) sur l’avenir de la gauche organisé par la revue Politique, avec Elio Di Rupo, Noël Mamère et Gabriele Zimmer. Plus d’infos en ligne.

Enfin, le 3 décembre, je fais une conférence dans le cadre de l’université populaire de Wallonie sur le thème « Croissance, travail, emploi et revenu, reformuler l’équation ». Plus d’infos ici.

Ah oui, je profite de ce billet pour signaler que Pierre Eyben a mis en ligne un enregistrement du débat sur le thème de la privatisation du service public postal auquel nous avons participé la semaine dernière à La Louvière, au club Achille Chavée.

 

12/11 — À venir : interview de Nico Cué

Comme annoncé, j’entame un cycle d’entretiens avec des personnalités de la gauche belges. Après l’entretien avec Céline Delforge, je rencontrerai Nico Cué le 22 novembre (puis probablement Mathieu Bietlot). Nico Cué est secrétaire général de la branche francophone des Métallos de la FGTB.

Si je vous l’annonce, c’est parce que je ne doute pas que vous aurez des idées intéressantes sur les questions à leur poser.

Update : C’est raté.

 

9/11 — Sur les noms de domaine internationalisés

Il est désormais possible de créer des noms de domaine |1| « internationalisés », c’est-à-dire composés d’autres signes que les chiffres, les lettres de l’alphabet et les caractères spéciaux « - » et « _ ». Il est donc dès à présent possible, sur certains registres |2| de créer des noms de domaines contenant des caractères accentués. Le registre belge (celui qui gère les domaines en .be s’y met aussi, apprend-on aujourd’hui.

Deux remarques :

1. Bien loin d’être motivé par un souci de multiculturalité, cette évolution est d’abord et surtout un moyen pour les registres (qui sont la plupart du temps des entreprises commerciales) d’augmenter leurs profits. Les entreprises, en effet, pour éviter le cybersquattage devront louer un plus grand nombre de domaines et donc augmenter le montant de la rente qu’elles versent aux registres. À ce sujet, lire, sur ce blog, le billet L’aberrant marché du nom de domaine daté du 7 avril 2006 ainsi que les très classiques Confessions d’un voleur de Laurent Chemla.

2. C’est une erreur assez grave, car cela porte une atteinte sérieuse à l’univocité du nommage sur le net. Les pratiques des producteurs d’information sur le net sont déjà pour le moins préoccupantes à cet égard (et la plupart des webmestres se désintéressent complètement des questions liées à la pérénnité et à l’unicité du nommage de leurs urls). L’introduction des caractères spéciaux aggrave encore la situation. Dans ces pages, lire à ce sujet le billet Archiver le web, il devient temps d’y penser (5 avril 2007).

|1| Un nom de domaine est l’adresse « humaine » d’un service sur le web (site web, serveur mail,...). Par exemple, pour accéder à ce site, il suffit de taper bulles.agora.eu.org au lieu d’une suite de chiffres. Pour plus d’infos, voir la définition de Wikipédia.

|2| Un registre est une base de données permettant d’établir les correspondances entre les noms de domaines et les adresses IP des machines auxquelles ils correspondent. Voir Wikipédia.

 

7/11 — Le cordon sanitaire est tombé

Les députés flamands, majoritaires au Parlement, ont donc voté cette après-midi la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV) en commission de la Chambre. Cette commission est présidée par le député Pieter De Crem, membre du même parti qu’Yves Leterme, l’(ex- ?)futur premier ministre. Dix des onze députés néerlandophones (CD&V/N-VA, Open VLD, SP.A-Spirit et Vlaams Belang) ont voté pour ; l’élue Groen Tinne Van der Straeten |1| (voir son blog) s’est abstenue. Les 6 députés francophones ont quitté la séance dès le début du vote.

J’ignore les conclusions qu’il convient de tirer de ce vote sur le plan institutionnel (sans parler de l’état de la désormais très improbable Orange bleue). Par contre, une chose est d’ores et déjà certaine : le cordon sanitaire est tombé — et pas n’importe où, puisque c’est sous les plafonds dorés du palais ironiquement nommé « de la nation » qu’a eu lieu cette forfaiture. Pour obtenir ce vote, en effet, une alliance des fascistes et des soi-disant démocrates du Nord du pays a dû être réunie.

Ca donne une idée de la gravité de la situation.

Merci aux Verts qui font demeurer l’un des seuls lieux de dialogue Nord-Sud dans ce pays.

Pour suivre : BHV, surtout garder la tête froide

|1| Dont on imagine le courage qu’il lu a fallu et les persiflages qui ont couru et vont courir sur son dos.

 

1er/11 — Fin d’« Humeur allochtone »

C’est la saison des feuilles mortes. Mehmet Koksal, sans doute l’un des meilleurs journalistes en Belgique aujourd’hui, vient de mettre un terme à l’écriture des humeurs allochtones. C’est un fait marquant, non seulement journalistique mais aussi politique.

Jugez-en plutôt en lisant cet extrait de son dernier billet.

J’en parlais encore récemment avec un ami. « Ecoute Mehmet, tu as raison mais ce n’est plus la raison qui s’applique dans ce cas. Dans l’affaire Kir aussi, tu avais raison et la justice t’a aussi donné raison mais c’est finalement toi qui a perdu. Regarde les choses en face : Emir Kir n’a rien eu comme conséquence, il peut toujours tranquillement se balader avec son chauffeur tout en continuant à faire croire dans les cafés turcs que c’est toi qui l’a attaqué parce qu’il refusait de reconnaître le génocide arménien. C’est lui le gagnant car il a pu changer à lui seul la ligne du PS sur le génocide arménien même si on n’osera jamais ouvertement l’avouer au siège du parti. Tu révèles la présence d’un loups gris sur la liste PS à Schaerbeek ? Avec Laurette Onkelinx, c’est tout l’appareil du PS qui te déteste et te disqualifie. Tu gagnes en justice face à Kir, c’est Philippe Moureaux qui t’accuse d’imbécilité et de calomnie. Tu traduis les propos négationnistes des élus MR (Köse, Öztürk,...), c’est toi qu’on accuse de traîtrise. Tu relates le service militaire en Turquie d’un député SP.A, c’est toi qu’on accuse d’espionnage. Tu dénonces le communautarisme du CDH, tu deviens automatiquement persona non grata dans les débats. Tu relates le discours belliqueux d’Ergün Top (CD&V) contre la Belgique, aucune réaction de la part d’Yves Leterme. Les gars sont toujours en place, ils sont même parfois promus mais c’est toi qui ramasses en fin de compte », commente mon interlocuteur.

Restent que le blog demeure en ligne jusqu’à nouvel ordre et qu’il y a tout lieu, si vous ne l’avez encore fait, de courir lire l’intégralité de cet excellent carnet. En commençant par sa récente Enquête sur les émeutes bruxelloises d’extrême droite turque.

À lire aussi sur ce blog : Émeutes nationalistes turques à Bruxelles (25 octobre 2007).

 

novembre 2007

mardi 27 novembre 2007

Le hoax Suzanne de Lannoy

Circule depuis quelques jours par toutes les voies de l’Internet un texte écrit par une avocate bruxelloise, Suzanne de Lannoy, au sujet de l’avenir de la Belgique. Ce texte, dont la large diffusion vient de sa parution en tant que « carte blanche » dans le journal Le Soir du 23 novembre et qui s’intitule « Ceci n’est peut-être pas une fiction » est une mauvaise blague, un hoax assez déplaisant, qui, pris au sérieux par certaines personnes, suscite néanmoins de l’inquiétude.

Passons rapidement en revue les raisons pour lesquelles ce texte n’est pas crédible.

1. La forme. Mauvaise imitatrice d’un Umberto Eco découvrant fortuitement un manuscrit médiéval au début de son roman Le nom de la rose, Mme De Lannoy a quant à elle intercepté un fax. Elle l’explique en exergue de son petit pamphlet.

Le présent document est parvenu par erreur sur mon fax. Les noms des émetteurs et des destinataires n’étaient pas précisés. Une rapide enquête a cependant permis de conclure qu’il s’agirait d’une note secrète adressée (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 6 341 signes. Il a suscité quatorze réactions.

samedi 24 novembre 2007

VOO, à s’arracher les cheveux

Je poursuis dans la veine technoïde et désabusée de l’avant-dernier billet posté céans, à des fins nerveusement purgatives pour ce qui me concerne et, éventuellement, distrayantes ou informatives pour ce qui est des improbables lecteurs d’une littérature si peu attrayante.

L’histoire commence en juillet dernier : récemment installé dans un nouvel appartement, je commande une connexion Internet ainsi qu’une ligne de téléphone fixe. Ayant fait un rapide état des lieux des offres disponibles sur le marché, j’opte — de façon parfaitement inconsidérée — pour la société VOO (ex ALE-Télédis), principalement parce que son service commercial m’assurait des délais d’installation courts. Enfin, courts, c’est beaucoup dire. Disons : plus courts que les autres, soit un mois au lieu d’environ le double pour les concurrents. Qu’il ne soit pas possible d’obtenir une connexion Internet en moins d’une semaine alors que tout le câblage était déjà réalisé et qu’il suffisait d’y connecter un boitier, voilà qui me laisse déjà (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 9 453 signes. Il a suscité 63 réactions.

vendredi 23 novembre 2007

Les pauvres arguments du ministre Daerden

Face à la fronde qui conteste la construction prévue par la Région wallonne de l’autoroute Cerexhe-Heuseux/Beaufays, à l’Est de Liège, M. Daerden, l’un des principaux promoteurs du projet, sort de sa réserve et donne, dans Le Soir de ce jour, quelques arguments (ci-contre) qu’il n’est pas inutile de commenter rapidement.

1. CHB est financée dans le cadre de la Sofico.

Qu’est-ce à dire ? Tout simplement que la région wallonne, incapable de financer elle-même ses infrastructures, doit recourir à un montage financier pour y parvenir. Il n’en reste pas moins que c’est avec l’argent public que sera remboursée la Société wallonne de financement complémentaire des infrastructures (Sofico). De quoi il découle deux conclusions : 1. les moyens wallons étant (très) réduits, il convient de les utiliser à bon escient. 2. L’argent public étant en jeu, il est légitime de tenir un débat public sur son affectation. En arguant de complexités techniques non pertinentes, M. Daerden cherche à éviter le débat de fond.

2. CHB (...) [lire la suite]

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jeudi 22 novembre 2007

Raté

Je vous avais promis il y a peu un entretien avec Nico Cué. Et, comme prévu, je me suis rendu à Namur ce matin. Comme prévu, j’ai rencontré Nico Cué. Comme prévu (et même un peu plus), nous avons eu une longue discussion de près d’une heure et demie. Bref, tout s’est passé comme prévu, sauf un truc tout bête : la table d’allocation de mon minidisc a (semble-t-il) été bousillée, vraisemblablement au moment d’arrêter l’enregistrement (parce que, durant l’enregistrement, j’ai scrupuleusement vérifié que tout se passait bien, via l’écran de contrôle et via les écouteurs). Conclusion : les données sont perdues.

Voilà, c’est ainsi et ça me va assez loin, principalement parce que j’ai monopolisé pendant une heure et demie mon interlocuteur pour un entretien qui restera dans les limbes mais aussi parce que cet entretien était particulièrement intéressant. J’ai même l’impression qu’il aurait été l’une des choses les plus intéressantes postées sur ce blog depuis sa création.

J’ai donc passé mon après-midi à rager de cette (...) [lire la suite]

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mercredi 21 novembre 2007

Le tram est-il l’avenir de la mobilité à Liège ? Compte-rendu du débat

Comme annoncé dans ces pages, faisant suite à la pétition « Oui au tram ! Non à l’autoroute ! », lancée en septembre dernier et ayant depuis lors réuni plus de 4000 signatures, j’organisais ce mardi 20 octobre un débat sur le thème de l’avenir de la mobilité à Liège.

Une assistance très appréciable (à vue de nez, je dirais au moins 250 ou 300 personnes) était présente pour une soirée dont il ne me semble pas abusif de dire que les échanges furent de fort bonne facture (mmh, corrigez-moi si vous n’êtes pas d’accord, hein).

Il me semble que cette conférence a permis non seulement de faire le point sur la situation, de constater qu’un consensus se dégage tout doucement parmi tous les acteurs liégeois en vue de la réalisation d’un tram (et que c’est bien le tram qui a la cote) et d’évoquer les grandes lignes de ce que pourrait être un projet de mobilité crédible et enthousiasmant pour Liège.

Voici déjà des enregistrements des interventions initiales des quatre orateurs ; que je remercie au passage, de même (...) [lire la suite]

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lundi 19 novembre 2007

« La pression fiscale belge parmi les plus fortes »

Comme beaucoup trop régulièrement, on peut lire aujourd’hui sur certains sites de presse belge des échos serviles d’un document intitulé « Paying taxes 2008 », réalisé par la Banque mondiale en collaboration avec le cabinet d’audit PriceWaterhouseCoopers. On ne s’appesantira pas outre mesure sur l’opportunité douteuse de choisir un partenaire comme PriceWaterhouseCoopers dans le chef d’une banque mondiale qui ne convainc de toute façon plus personne lorsqu’elle se prétend soucieuse du bien commun.

On s’interrogera par contre sur la portée idéologique de cette soi-disant étude sur la « pression fiscale », dont le message central est simple et même simpliste : « la fiscalité, c’est le mal ». Le vocabulaire utilisé ne laisse aucun doute à ce sujet. On nous apprend par exemple que « la Belgique occupe une peu enviable 154e position, derrière l’ensemble des pays européens à l’exception de la France et de l’Italie. » De manière générale, la fiscalité est systématiquement présentée comme nuisible et les paradis (...) [lire la suite]

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vendredi 16 novembre 2007

Bande de cons !

Là, ce soir, j’aurais voulu vous faire un billet sur la médiocrité insondable de notre personnel politique, sur ses petitesses banalisées et ses grands cris en commandite. En foutre plein la gueule à tout le monde, aux (quasi-)bourgmestres fransquillions — oui, fransquillions — de la périphérie bruxelloise qui n’arrêtent pas d’insulter les Flamands et qui nous demandent d’être solidaires avec eux, aux petits coqs en rut qui crient à la fin du monde parce qu’on va peut-être éventuellement scinder un arrondissement électoral (un arrondissement électoral !), aux écolos qui se proclament les grands défenseurs unitaristes du pays blablabla mais, comme le signale (l’écolo) Didier Coeurnelle, merci à lui, votent le doigt sur la couture du pantalon toutes les conneries qui passent par la tête des grands leaders charismatiques du putain de « front » des francophones. J’aurais aligné dans le viseur tous ces « démocrates » (dont certains se prétendent même « socialistes », quelle bonne blague) qui s’indignent (à (...) [lire la suite]

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jeudi 8 novembre 2007

Lendemain de la veille

Quelques éléments complémentaires sur BHV et suites, rapidement. Pour une analyse plus fouillée, voir mon billet d’hier.

Ce matin, dans le journal parlé de la RTBF, Vincent de Coorebyter, pénétrant comme à l’ordinaire (mais comment fait-il ?), expliquait que la réaction des négociateurs francophones de l’Orange bleue (suspension et non rupture des négociations) est somme toute modérée et que cette modération est d’une certaine manière le prix à payer pour la survie de la Belgique. Je partage cette analyse. Ainsi que le constat qu’il faisait, poursuivant son propos, du jeu très délicat dans lequel on entre de ce fait. Car si les francophones avalent le vote flamand sans (trop) broncher, celui-ci pourrait être suivi d’autres de même teneur (sur toutes les matières non soumises à une majorité spéciale). Comme l’écrit Béatrice Delvaux dans Le Soir, "les Flamands ont transgressé un tabou et peuvent avoir pris goût à cet exercice unilatéral de leur pouvoir. Les Francophones eux, ont subi une humiliation sans (...) [lire la suite]

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mercredi 7 novembre 2007

BHV, surtout garder la tête froide

L’issue redoutée a donc eu lieu ; les députés flamands ont voté cette après-midi la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvoorde (BHV) en Commission de l’Intérieur de la Chambre. Et beaucoup de commentateurs d’enchainer sur la « crise de régime » dans laquelle nous entrons. Beaucoup de cris. Beaucoup de fumée.

Avant toute chose, j’aimerais suggérer aux francophones — et notamment aux citoyens qu’on peut entendre réagir de façon très impulsive — de prendre garde à ne pas agir comme ces équipes de foot qui, après avoir pris un but, perdent soudain tous leurs moyens, se désorganisent et finissent le match avec trois ou quatre buts en plus.

Car si ce vote de la scission de BHV est une défaite — grave peut-être pour sa portée symbolique et la manière dont les choses se sont déroulées —, ce n’est pas un drame. L’élément le plus préoccupant, à mon avis, ce n’est pas la substance du vote lui-même, c’est le fait que le cordon sanitaire ait été rompu à cette occasion ; c’est la collusion du monde (...) [lire la suite]

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mercredi 7 novembre 2007

La belgitude jusqu’à la nausée

Parfois, on écrit des conneries, trop vite, trop peu réfléchi, trop méchant. Ce texte en est un exemple. Plutôt que de le retirer comme si de rien n’était, je préfère le laisser en ligne et renvoyer les lecteurs vers ceci. Que cela me serve de leçon.

Elle s’appelle Marie-Claire Houard. Elle est la brillante auteure de la pétition (la plus con) de l’année. Signée, excusez du peu, par plus de 100 000 personnes. Forte de ce premier succès, Marie-Claire Houard a lancé une campagne de publicité dans tout le pays sur le thème « I want you for Belgium » (ainsi que je vous le dis) tandis que la pétition sera envoyée par la poste dans tous les foyers du pays. Dont coût total 658 000 euros tant qu’à présent, financés on ne sait trop comment — mais on aimerait beaucoup le savoir. Le Pan signale le soutien du CDF ; CDF dont on apprend au passage qu’il existe encore mais dont on sait que, même gavé des (beaux) restes de la bourgeoisie catholique, il aurait du mal à financer seul une somme pareille.

Les (...) [lire la suite]

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mardi 6 novembre 2007

En Belgique, on peut prendre un an de prison pour un tag

Quoi qu’en dise Jean-Marie Dermagne (dans la par ailleurs excellente interview qu’il vient de donner au Pan), je crois qu’on mesure mal les dégâts qu’aura fait Mme Onkelinx au cours des quatre années (et quelques mois de gestion des affaires courantes) qu’aura duré son passage au ministère de la justice. Je ne parle même pas de ses considérations anecdotiques sur le « romantisme » de l’extrême-droite turque ni même du dérapage complet en matière de protection des libertés fondamentales sur les matières touchant à la répression du « terrorisme », mais simplement à des choses plus banales comme cette récente mesure voulant que les frais d’avocats de la partie gagnante seront pris en charge par la partie perdante (bonne grosse mesure de droite, comme le faisait récemment remarquer le hérisson révolutionnaire) ou, pour ce qui nous occupe aujourd’hui, la répression des « incivilités », rendant désormais un tag passible de la justice pénale. Ce dont fait aujourd’hui les frais Thierry Delforge, un syndicaliste (...) [lire la suite]

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lundi 5 novembre 2007

Entretien avec Céline Delforge

J’avais promis des nouveautés ici ; en voici une première. Je me lance dans un cycle d’entretiens audio avec des personnalités dont l’engagement social ou la rigueur critique du discours (ou idéalement les deux) me semblent particulièrement intéressants. L’objectif est de rencontrer des gens de gauche qui ont beaucoup de choses à dire mais pas (assez) souvent l’occasion de l’exprimer dans les médias autrement qu’en quelques petites phrases. Le format de ces entretiens sera donc plutôt long (ici, une grosse demi-heure), ciblé à chaque fois sur quelques sujets, dont certains (l’Europe, la gauche, le mouvement social, l’écologie, la mobilité, l’urbanisme, les médias) risquent d’être récurrents.

C’est avec plaisir que je vous livre ici le premier de ces entretiens, réalisé vendredi dernier avec Céline Delforge, députée verte bruxelloise et l’une des très rares élues de gauche en Belgique à s’être opposée au traité constitutionnel européen.

J’ai découpé cet entretien en cinq séquences pour en faciliter l’écoute : (...) [lire la suite]

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jeudi 1er novembre 2007

Quelle objection au racisme « scientifique » ?

Les propos racistes du prix Nobel et co-découvreur de la structure de l’ADN, James Watson, ont relancé les interrogations et les inquiétudes sur la renaissance d’un racisme qualifié de « scientifique ». Ce type de théories avait largement prospéré avant la seconde guerre mondiale — non seulement dans l’Allemagne nazie, mais bien au-delà, justifiant notamment des pratiques eugénistes. La défaite du nazisme leur a porté un coup sérieux, mais pas fatal tant il est vrai que, dans l’histoire des idées, bien rares sont celles qui périclitent définitivement. Cette réapparition du racisme dans le champ scientifique est d’autant plus inquiétante que, dans le même temps, comme on le sait, le fascisme menace à nouveau l’Europe, y compris en Allemagne.

Le journal Le Monde publie dans son édition d’hier un article signé de Stéphane Foucart qui démonte la thèse de Watson sur le plan scientifique. L’article me semble plutôt brillant et je ne doute pas qu’il est utile. J’éprouve cependant un certain malaise face à un (...) [lire la suite]

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