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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

18/12 — Et un crachat pour finir la journée

Y’a des soirs comme ça.

Retour de Bruxelles, tout à l’heure, sur le coup de 21h. Les trains avaient, comme souvent |1|, pas mal de retard. Compter 2h15 pour le retour à la maison après avoir franchi les portes de la gare du midi. Ca fait beaucoup tout de même quand on habite au centre-ville de Liège.

Plus tard, le train ayant péniblement traversé — via les si ferroviaires Tienen et Landen — Brabant, Campine, Hesbaye et autres étendues de terre noire, sortir, à Ans, de la grosse boîte en fer sur roulettes, de l’odieuse boîte aux banquettes mal foutues. Sortir pour ne pas étouffer. C’est un rien plus long, Ans, que depuis les Guillemins, mais on gagne quelques (petites) minutes et puis ça descend presque tout le temps. On trouve les arrangements qu’on peut, pas très rationnels peut-être.

Descente à vélo, par sans doute deux ou trois degrés en dessous de zéro. On aurait pu mieux s’organiser mais pas de gants disponibles et une veste trop légère qui donne furieusement envie de rejoindre la chaleur du poële qu’on sait proche. Alors qu’on cherche un compromis entre vitesse et évitement des taques d’égoûts non sans respirer les particules fines du trafic qui monte en sens inverse, des coups de klaxon résonnent. On dérange, manifestement.

Pas question, bien entendu, de s’écraser pour laisser passer. Question de survie, tout simplement. Toujours se laisser un mètre de jeu pour parer aux imprévus. Surtout quand on roule vite. Le pressé attendra pour dépasser. Il attend un peu, un rien, quelques petites secondes sans doute. Dépasse en serrant, ne laissant que quelques dizaines de centimètres, sans raison, juste pour marquer son territoire, le tout en pleine accélération. Le non-respect du code, qui prévoit un mètre de distance de sécurité, est évident. Ce type joue avec ma sécurité pour son plaisir mal placé. Je lève le poing et lui gueule un « connard » retentissant. Je sais, c’est pas très constructif, mais faut saisir le contexte.

Alors qu’il devait déjà être à 60 kilomètres heures, il freine brusquement, serre un peu plus encore, ouvre sa vitre, gueule un truc inaudible. Moi je rétorque, tout en veillant à ne pas me faire prendre en sandwich entre lui et la file de voitures stationnées :
— « Tu nous mets en danger à conduire comme ça. » Est-ce là une sorte de café politique qui s’amorce, improvisé à 40 à l’heure dans la descente d’Ans par moins deux degrés Celsius ? Il répond, en tout cas, hurlant toujours et pour cause :
— « Serre à droite, pour laisser passer les bagnoles ». Il y a des impératifs, je vous jure. Moi je me dis qu’un petit rappel du code s’impose :
— « On a le droit de rouler comme ça », je lui hurle.

Pour toute réponse, ce brillant personnage se contentera, dans un geste remarquablement maîtrisé, marque sans doute d’une longue pratique — geste pour tout dire époustouflant d’adresse dans la situation que je viens de vous décrire — de me cracher à la gueule.

|1| Par exemple comme ce matin, où le train pour Bruxelles s’est payé une bonne demi-heure de retard. C’est un mal récurrent. Pas plus tard qu’en début de soirée, aujourd’hui même, installé dans un bar bruxellois, attendant un ami, je lisais dans les pages de La Capitale un article sur le sujet. On y lisait les explications d’un responsable de la SNCB : "Cela fait des années que nous nous réunissons pour trouver des solutions aux problèmes récurrents des retards et nous n’en avons pas". C’est hallucinant ! Le manque de personnel est chronique à la SNCB, les syndicats répètent et expliquent que le manque de personnel en est à mettre en cause la sécurité. Mais la SNCB n’a pas de solution. Brillant. Authentiquement brillant.

 

14/12 — Jeunesse, lève-toi

Vous l’aurez remarqué, je délaisse un peu ces pages depuis quelques jours. Ce ne sont pas les choses qui manquent à dire, sans doute, mais le temps et peut-être aussi un peu l’envie. Le sentiment d’un changement de cap nécessaire pour sortir de la mélasse.

En attendant que ça revienne (ou pas), une belle chanson arrivée hier soir sur mon mail et qui tourne en boucle depuis lors.

http://www.jeunesselevetoi.fr/chanson/saez-jeunesselevetoi.mp3

C’est de Damien Saez et pour les paroles, c’est par ici.

Dans le même genre, je vous suggère chaleureusement la lecture du dernier opus des « Circonstances » d’Alain Badiou, intitulé « De quoi Sarkozy est-il le nom ? ». Car oui, n’en déplaise aux chagrins et aux autres partisans de la grande réconciliation, c’est bien au fascisme que nous faisons face aujourd’hui.

Tiens, encore une autre lecture. J’en ai déjà parlé, je pense, mais c’est vraiment central : Christophe Dejours, « Souffrance en France », ça se lit très facilement et c’est profondément éclairant sur ce que nous vivons. La question de ce livre, qui malgré ses presque dix ans, reste d’une cruelle vérité, est de comprendre comment nous tolérons l’intolérable, c’est-à-dire le sort indigne que nous nous faisons à nous-même au nom d’une guerre économique absurde. « C’est par la médiation de la souffrance, écrit Dejours (p. 15) que se forme le consentement à participer au système. Et lorsqu’il fonctionne, le système génère en retour, une souffrance croissante parmi ceux qui travaillent. »

Peut-être que je reparlerai de ces deux livres ; ils en valent tous les deux la peine.

J’espère vous voir nombreux dimanche.

 

4/12 — Manifestation à Liège le 16 décembre

Soyez nombreux.

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Plus d’info sur le nouveau site web de la coordination des associations organisatrices qui est en ligne depuis peu.

Merci de diffuser largement.

 

2/12 — Lettre ouverte aux parlementaires belges

Je viens de co-signer une lettre ouverte aux parlementaires belges au sujet du Traité constitutionnel européen et de l’impuissance publique qu’il organise, notamment en matière climatique, dont bien peu de monde semble mesurer l’ampleur du défi qu’elle constitue.

Comme nous l’écrivons dans ce texte :

Il est en effet devenu urgent que les pays européens se dotent d’une réelle capacité d’action pour rencontrer ces objectifs mais aussi pour contrer les autres crises écologiques et sociales qui produisent de plus en plus de souffrances et de déséquilibres dans le monde.

Pour y arriver, la capacité d’action publique doit être renforcée et de nouvelles politiques doivent pouvoir être mises en œuvre démocratiquement. Le nouveau projet de Traité européen, appelé Traité de Lisbonne ou Traité simplifié, va à l’encontre de ceci. Le texte présenté à votre ratification enferme l’Europe, les Etats-membres et les citoyens dans une logique ultra-libérale socialement destructrice et écologiquement mortifère. Son changement de dénomination ne signifie aucunement un quelconque changement de fond par rapport au projet de traité constitutionnel rejeté par la France et les Pays-Bas en 2005. Présenté abusivement comme destiné seulement à améliorer le processus de prise de décision, il confirme intégralement toutes les options libérales exprimées précédemment. Il empêche de facto tout changement de paradigme économique et donc toute politique écologique solidaire sérieuse.

Appel à de nouvelles signatures est lancé en ligne.

 

décembre 2007

jeudi 20 décembre 2007

Si le ministre André Antoine signe le permis de CHB...

Quelques paysages qui disparaitront si le ministre wallon signe le permis d’urbanisme pour la construction de l’autoroute Cerexhe-Heuseux/Beaufays.... ce qu’il pourrait faire dès aujourd’hui selon certaines sources.

(cliquez pour agrandir)

Mise à jour, le 21 décembre : Le permis n’est toujours pas signé :)

Ce billet est long de 371 signes. Il a suscité 22 réactions.

lundi 17 décembre 2007

La RTBF télé, officine de propagande du pouvoir

Il y a parfois des reprises de contact avec la réalité qui sont un peu pénibles.

Hier après-midi, comme annoncé ici, une manifestation était organisée à Liège pour protester contre la construction de l’inutile autoroute Cerexhe-Heuseux/Beaufays (CHB), demander un changement de priorités dans la politique de mobilité en Wallonie et promouvoir les alternatives au transport routier, à commencer par la construction d’un nécessaire réseau de tram dans l’agglomération liégeoise.

Environ 550 personnes selon un comptage effectué rue des Guillemins (probablement 600, ou un peu plus, compte-tenu des arrivées ultérieures) se sont retrouvées lors de cette manifestation. C’est sans doute bien peu si l’on compare ce chiffre à celui des milliers de participants à la parade « RTL » de Noël qui polluait le centre-ville de Liège de son envahissement publicitaire samedi soir. Mais c’était déjà pas mal quand l’on voit à quel point l’immense majorité des citoyens occidentaux renonce si souvent à l’exercice de ses droits civils et (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 7 220 signes. Il a suscité treize réactions.
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