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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

30/06 — Masse critique simultanée à Liège et à Bruxelles

Ce samedi 5 juillet, premier jour des soldes, on organise, avec pleins de monde (Gracq, Bruxelles Air Libre, StopCHB, ACC, Cyclonudista, Grappe, IEB, Respire et quelques autres), une masse critique simultanée à Liège et à Bruxelles pour parler, nous aussi, du « pouvoir d’achat ». Plus précisément pour défendre l’idée que la solution au problème du « pouvoir d’achat » ne se trouve pas dans la réduction de la fiscalité sur les énergies fossiles ou dans la subvention aux comportements énergivores mais dans un changement profond de notre mode de vie et dans une meilleure répartition des richesses.

Le rendez-vous est donné à 14h : les Bruxellois se retrouveront place de la Monnaie et les Liégeois sur l’esplanade St Léonard.

Et merci à Titom pour l’affiche.

 

30/06 — Liège 2015, soirée de lancement

Exit la pétition, place à la consultation populaire ! C’est en effet ce soir, today, heute Abend, que sera lancée la campagne |1| de signatures pour l’organisation d’une consultation populaire sur la candidature de Liège au titre de capitale européenne de la culture.

Si ça marche (c’est pas gagné : il faut 19.000 signatures papier d’habitants de la commune), ça risque de secouer sérieusement... En tout cas, à Mons, ils ont l’air convaincus qu’on va gagner : l’édition locale de Sud Presse a ouvert un blog pour dire du mal de nous — un peu tristounet comme réaction, mais d’excellente augure pour ce qui nous concerne.

Bref, rendez-vous ce soir à 19h30 à l’ULg, place du XX Août, salle G. Kurth.

Il devrait y avoir quelques surprises, dont une qui ravira ceux qui ont aimé Eldorado. Je n’en dis pas plus.

|1| Qui inaugure un nouveau site web pour l’occasion, qui doit encore faire ses maladies de jeunesse et vient s’ajouter au blog déjà en place.

 

27/06 — Aménagement du territoire

Un peu de lecture pour ceux qui en manqueraient : paraît ces jours-ci dans la revue POLITIQUE un dossier que j’ai coordonné consacré à l’aménagement du territoire en Wallonie. Il est question de densité urbaine, de transports en commun, de politique du logement, d’agriculture et de sécurité alimentaire et de bien d’autres choses.

La revue est disponible dans de nombreuses librairies et peut aussi être commandée directement auprès de la rédaction.

En présentation de ce dossier, j’ai en outre publié hier dans La libre Belgique un texte intitulé « La rurbanisation détruit ville et campagne » dont je serai heureux de savoir ce que vous pensez.

 

24/06 — Actualité judiciaire

Actualité judiciaire chargée — et contrastée —, ces jours-ci, sur le front de la répression des mouvements sociaux.

Ce matin, le procès en appel de l’occupation de l’ONEM de Liège en mai 1999 (oui, 1999) — voir la pétition de soutien — a donné lieu à l’acquittement complet des quatre personnes poursuivies, ce qui met un terme à une procédure de près de dix ans.

Toujours au palais de justice de Liège, c’est ce matin que les « altermondialistes mis sur écoute » (selon l’expression désormais consacrée) en 2001 ont entamé la contre-attaque en exigeant des dommages de la part de l’Etat pour les procédures abusives dont ils ont fait l’objet (mise sur écoute sans que le moindre délit leur soit reproché, alors qu’ils organisaient une manifestation — pacifique et autorisée — en marge du sommet européen de Liège). Prononcé du jugement le 9 septembre prochain.

À Bruxelles, par contre, la saga du procès DHKP-C continue : après le procès de Bruges, après celui, en appel, de Gand, après un premier passage en cassation, après le nouveau procès d’appel d’Anvers, la Cour de cassation vient de renvoyer l’affaire devant une troisième cour d’appel, celle de Bruxelles (qui est la dernière cour néerlandophone à pouvoir statuer) — lire la dépêche Belga et les informations plus détaillées sur le site du CLEA. Au passage, on notera un dérapage hallucinant du journaliste de RTBF Pascal Bustamante qui, parlant du jugement d’Anvers, explique que le DHKP-C n’a pas été reconnu comme une organisation terroriste car il « n’avait pas encore commis d’attentat en Belgique » (je souligne). Dans le genre procès d’intention gros comme une maison, on fait difficilement pire...

Enfin, demain matin, la chambre des mises en accusation de Bruxelles statuera sur le cas des inculpés de l’affaire des pseudo-CCC, alias « Affaire Secours Rouge ». Il s’agira, on l’espère, de confirmer la décision de la chambre du conseil qui avait ordonné la remise en liberté de trois des quatre inculpés — décision suspendue, jusqu’à demain, par l’appel du parquet.

Dans tous les cas, ce qui frappe est l’acharnement du ministère public à l’égard de militants de gauche à qui l’on a rien ou quasiment rien à reprocher — et les conséquences énormes qu’a inévitablement cet acharnement sur ces personnes : stress, médisance sur leur compte dans la presse et ailleurs, perte de temps démesurée, coût de la défense,... Et lorsqu’ils s’en sortent la tête haute, après des années de procédure, les dommages auxquels ils peuvent prétendre sont non seulement dérisoires eu égard au préjudice subi mais en plus à la charge du contribuable tandis que les membres du parquet peuvent poursuivre tranquillement leurs méfaits.

Au-delà de la chronique circonstanciée de cette répression, des abus du parquet et derrière lui du pouvoir exécutif, de la résistance à ces abus de certains juges, aussi, ce qui interpelle est le silence assourdissant, à l’exception de quelques députés minoritaires, des partis politiques sur la nécessaire abrogation des législations d’exception. C’est là, évidemment, que le bât blesse et c’est là, d’abord, qu’il faut agir.

 

20/06 — L’Irlande au banc des accusés

Après le « non » irlandais au traité de Lisbonne, les réactions de l’oligarchie eurocrate se multiplient pour disqualifier le vote. D’ores et déjà, il serait question de faire revoter les Irlandais, d’ici quelques mois, en espérant qu’ils votent « bien » (avant un troisième scrutin ? Puis un quatrième ? Y’a pas de raison...).

Le premier ministre irlandais (ouiouiste, comme de bien entendu) est pour le moment à Bruxelles... pour se faire taper sur les doigts (photo). Les chefs d’Etats et de gouvernement cherchent « une solution pour sauver le traité de Lisbonne » alors qu’ils seraient mieux inspirés d’acter sa mort clinique et de lancer enfin un réel processus constituant européen.

Mais dans les déclarations de ces messieurs les oligarques, on ne trouve pas la moindre nuance de remise en question. Ils ont raison, ils en sont sûrs et n’en démordront pas, quoi qu’en pense le peuple. Ils expliquent sentencieusement qu’« un pourcent de la population ne peut pas bloquer toute l’Europe » alors qu’ils ont obtenu que les 99 autres pourcents... ne soient pas consultés.

Cette situation est un scandale qui devrait émouvoir tous les démocrates du continent, quelles que soient leurs opinions au sujet de ce traité et de la construction européenne : en démocratie, la souveraineté appartient au peuple. Quand le peuple et ses élus sont en désaccord, c’est à ces derniers de se démettre.

 

12/06 — Et si l’Irlande...

La ploutocratie européenne aura tout fait pour le faire passer, se sera assis à des dizaines de reprises sur l’opinion des peuples, majoritairement défavorable, je pense, au processus de consolidation du capitalisme à quoi se résume aujourd’hui |1| — j’en pleure de rage — l’intégration européenne. Et pourtant... Et pourtant, ce n’est pas encore gagné ! Aujourd’hui, l’Irlande vote sur le traité de Lisbonne, resucée du défunt Traité constitutionnel. Les Irlandais sont en effet les derniers européens auxquels le droit à l’autodétermination n’a pas encore été enlevé : partout ailleurs, quand le peuple a mal voté, comme en France ou aux Pays-Bas,... on lui a retiré le droit de voter. En Irlande, donc, on vote aujourd’hui. Et malgré la propagande médiatique martelée sans cesse en faveur du oui, malgré là encore une classe politique plus soucieuse de ses privilèges que de son rôle historique, le « non » pourrait l’emporter.

Je l’espère ardemment. J’espère que ce nouveau caillou dans la chaussure des ploutocrates finira par permettre la remise en cause de la liberté de circulation des capitaux — ce dogme absolu qui nous détruit à petit feu —, la subordination de notre défense à l’impérialisme étatsunien via l’OTAN, l’indépendance de la banque centrale européenne...

Les ouiouistes vont finir par se prendre la déculottée majeure qu’ils méritent pour avoir foulé aux pieds le principe le plus fondamental de la démocratie : la souveraineté populaire. L’explosion sociale est latente, j’espère qu’elle saura bien choisir ses cibles, qu’elle saura comprendre que notre intérêt est bien celui d’une construction supra-nationale démocratique, contre le capital. Vu l’attitude inique du ouiouisme qui a tout cautionné, tous les reculs, tous les dénis, j’en doute cependant.

Vous trouvez que j’exagère ? Que j’en rajoute ? Lisez donc le témoignage de Céline Delforge, députée bruxelloise Ecolo et seule élue démocrate du pays à porter le non de gauche au traité de Lisbonne |2|. La manière dont elle a été traitée par son assemblée est une insulte à chacun de nous, un démenti flagrant, un de plus, aux prétentions démocratiques de notre régime politique faisandé.

Gardons la mémoire, camarades. Gardons la mémoire de tout cela.

|1| Dernier exemple en date, le « compromis » (sic) sur le temps de travail qui permet des horaires de travail hebdomadaire allant jusqu’à 60 heures !

|2| Lire aussi, sur ce blog, l’entretien avec elle réalisé en novembre dernier.

 

11/06 — « Éco-bonis », emblèmes d’une politique injuste

Comme annoncé l’année dernière, la région wallonne vient donc de lancer le système des « éco-bonis » visant, je cite, à « récompenser les automobilistes qui utilisent des véhicules propres ». Dont coût, 22 millions d’euros par an !

Comme je l’avais déjà dit, outre que la rhétorique de la voiture « propre » est risible, cette mesure est profondément injuste, puisqu’elle consiste à transférer de l’argent du contribuable moyen vers les automobilistes — et donc discrimine les personnes qui n’utilisent pas de voiture, ce qui est un comble pour une mesure présentée comme « environnementale ».

C’est exactement la même logique que pour les abonnements de transports en commun gratuits pour les gens qui abandonnent leur voiture : seuls peuvent en bénéficier ceux qui avaient préalablement une voiture.

Alors que la région wallonne manque d’argent pour tant d’autres choses, alors que, notamment, les moyens manquent sérieusement pour soutenir le développement des alternatives à la voiture (vélo, transports en commun,...), cette mesure est particulièrement indigente. Electoralement, par contre, c’est sans doute bien joué : on imagine que l’automobiliste moyen sera certainement ravi de pouvoir non seulement rouler en bagnole tout en ayant le sentiment de protéger l’environnement mais de pouvoir en plus le faire avec une prime — et donc la caution — des pouvoirs publics...

 

9/06 — Le cryptage informatique, activité terroriste ?

Le Soir de ce jour en dit plus long sur les motifs probables de l’arrestation des cinq personnes dans le cadre du dossier dit (abusivement) des « CCC » (lire le billet de vendredi). Outre le fait qu’on aurait retrouvé chez l’un des inculpés du matériel pyrotechnique ayant servi à organiser... un feu d’artifice (oui, on nage en plein surréalisme), outre qu’on aurait retrouvé des données personnelles desdites personnes lors de perquisitions effectuées en Italie dans le cadre de l’enquête sur le PCPM |1|, on leur reprocherait d’avoir... protégé leurs données informatiques.

Le deuxième motif de leur arrestation concerne le recours par le quatuor à un système de cryptage de leurs courriels et à des programmes informatiques permet tant d’écraser leurs données enregistrées sur leurs disques durs. Il y a quelques mois, un « hacker » de la branche suisse de l’organisation « Le Secours rouge » était venu de Zurich enseigner aux membres de l’association l’utilité de crypter ses messages. Cette réunion s’était tenue à l’espace Karl Marx, au centre de Bruxelles. Des sources internes au « Secours rouge » confirment le recours quasi systématisé au cryptage, « par souci de confidentialité » et « pour éviter que des actions soient interdites ».

Ce qui est totalement délirant, c’est que le cryptage et, de manière générale, la protection des données informatiques sont non seulement parfaitement légaux mais aussi totalement légitimes. Le seul fait qu’on puisse invoquer, du côté des autorités judiciaires, pareil argument pour justifier une inculpation, est la marque d’une dérive extremement grave, menaçant les libertés fondamentales. Car il y a de très nombreuses raisons de crypter son courrier électronique (notamment). Celui-ci est aussi transparent qu’une carte postale : toute personne ayant accès à un serveur par lequel il transite peut potentiellement le lire. Quiconque veut protéger sa vie privée — mais aussi, par exemple, le secret professionnel — doit donc crypter son courrier...

Pendant ce temps, une mobilisation syndicale importante a lieu cette semaine, la cour de cassation se penchera, pour la deuxième fois, demain sur l’affaire DHKP-C, le procès en appel de l’occupation de l’ONEM de Liège en 1999 aura lieu demain (venez au rassemblement et signez l’appel)...

|1| Exemple typique de la logique anticonstitutionnelle du délit d’association instauré par la législation anti-terroriste : on ne reproche pas à quelqu’un des actes criminels ou l’intention d’en commettre, mais le simple fait d’avoir des liens avec des personnes à qui on le reproche.

 

8/06 — Combien coûte un baril de pétrole ?

Le pétrole bondit de records en records, apprend-on : 139 dollars le baril, vendredi, nouveau record battu ! La barrière psychologique des 100 dollars, franchie au début de cette année, n’est déjà plus qu’un lointain souvenir. Et la litanie n’en finit pas.

Mais au fait, rien ne vous étonne dans ces chiffres qui s’amoncellent ? Moi si : on ne parle jamais qu’en dollars. L’explication est simple, me direz-vous : le pétrole est coté en dollars. Autrement dit, là où le pétrole se vend et s’achète — principalement au New York Mercantile Exchange (NYMEX) et à l’IntercontinentalExchange (ICE) de Londres —, la monnaie de référence est le dollar. De sorte que les traders, ces héros qui, tels Héracklès, manipulent chaque jour des kilotonnes de marchandises diverses plus ou moins titrisées, ont vachement besoin de savoir combien de dollars coûte un baril de pétrole brut |1|.

N’empêche, je continue à me demander pourquoi la seule valeur qu’on nous rabache à longueur de temps pour illustrer la hausse du cours, c’est la cote en dollars. Est-ce que c’est vraiment ce chiffre qui est le plus utile à l’auditeur lambda d’une radio de la zone euro ? Parce que, bien souvent, en même temps que le pétrole, monte aussi l’euro (ce fut d’ailleurs le cas vendredi) — autrement dit, c’est surtout le dollar qui baisse — de sorte qu’il serait plus pertinent de faire de temps en temps une règle de trois et de donner également l’évolution du cours du pétrole... en euros. Probablement serait-ce tout de suite moins effrayant...

Pourquoi ? Les radios pensent-elles que la majorité de leurs auditeurs sont des traders ? J’ai comme un doute...

Illustration : nettoyage d’une pollution au pétrole suite à une fuite dans la raffinerie TOTAL de Donges (embouchure de la Loire) le 17 mars dernier).

|1| Soit dit en passant, il en existe de nombreuses variétés dont les prix fluctuent eux-aussi.

 

6/06 — Plaidoyer pour un fédéralisme à cinq

Le journal Le Soir va publier ces prochains jours, sous le label « Pas d’avenir, 100 projets », 5 suppléments regroupant une centaine de contributions cherchant à ouvrir le débat sur l’avenir de la Belgique.

Dans ce cadre, j’ai écrit, avec John Pitseys et Bernard Swartenbroekx, un plaidoyer pour un fédéralisme à cinq, dont je serai heureux de lire les éventuels commentaires qu’il vous inspirera.

 

2/06 — 14 femmes pour un féminisme pragmatique

Tout au long de ce week-end, à Périple en la demeure se tenait un séminaire (pdf) sur le devenir de Mai 68. J’y ai (trop) brièvement mis les pieds samedi matin, ce qui fut quand même l’occasion d’écouter parler Stéphanie Vincent, l’une des auteures (avec Joy Sorman, Gaëlle Bantegnie et Yamina Benahmed Daho) du recueil de portraits paru chez Gallimard et intitulé « 14 femmes pour un féminisme pragmatique ».

Dans ce bouquin, que je vous recommande (il se lit en deux heures), on découvre, à travers les parcours de personnalités aussi chamarées que Grisélidis Réal, Virginie Despentes, Ovidie ou Marcela Iacub (mais aussi de Dominique Voynet ou de Catherine Ringer), les contours d’un discours féministe renouvelé, « à rebours des pensées victimaires et de la morale culpabilisatrice, un féminisme joyeux, démocratique et pragmatique qui considère qu’il n’y a que des situations, et des femmes qui les prennent à bras-le-corps ». Un discours féministe dans lequel, une fois n’est pas coutume, je me reconnais...

 

juin 2008

vendredi 20 juin 2008

Le nouveau protocole

Attention, ce post révèle l’intrigue du film.

J’ai vu hier (enfin, mercredi) Le nouveau protocole, de Thomas Vincent. Ce film, massacré par la critique, raconte l’histoire d’un homme, Raoul, exploitant forestier (joué par Clovis Cornillac), dont le fils meurt dans un accident de voiture. Suite à une rencontre avec une jeune femme, Diane (Marie-Josée Croze), plus ou moins journaliste, qui lui affirme que son fils est mort en raison des effets secondaires d’un médicament qu’il testait dans le cadre d’essais cliniques, cet homme taciturne et réservé va, après quelques hésitations, se lancer dans une enquête éperdue dans le monde des multinationales pharmaceutiques. Son domicile sera cambriolé, la jeune femme, avec laquelle il commence à travailler, semble harcelée par les barbouzes de la société pharmaceutique sur laquelle se portent les soupçons de notre duo de choc. Le bûcheron, qui monte un peu trop dans les tours, va tuer l’un d’eux et assommer l’autre, puis cambrioler les locaux de la boîte (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 7 675 signes. Il a suscité deux réactions.

vendredi 13 juin 2008

10 propositions pour relancer l’Europe

Comme on pouvait s’y attendre, les Irlandais se sont opposés au traité de Lisbonne. J’en suis ravi, positivement ravi. On glosera sur les bonnes et les mauvaises raisons qui ont conduit à ce vote. Reste que le coup de force du traité de Lisbonne est un échec. Reste que la rupture entre le peuple européen et la clique eurocrate est consommée, reconsommée et rereconsommée. Bien sûr, les ouiouistes, les eurocrates et les divers europriviligiés ne vont pas manquer de vouer aux gémonies ce peuple qui ne vote pas comme il faut et les porteurs du non de gauche vont encore être accusés de conduire l’équipage dans le mur.

Ce déni de réalité devient exaspérant, à force, vraiment irritant.

Avant toute chose, je pense qu’on peut raisonnablement suggérer la démission collective des porteurs du traité constitutionnel et de son ersatz le traité de Lisbonne. Que tous ces gens si suffisants aient la modestie de faire un pas de côté, de réfléchir un instant sur le sens qu’ils donnent au mot « démocratie » — omniprésent dans (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 7 013 signes. Il a suscité 47 réactions.

vendredi 6 juin 2008

CCC : quel traitement journalistique ?

Quatre personnes ont été placées sous mandat d’arrêt, la nuit passée « dans le cadre d’une enquête sur des faits de terrorisme ». Il leur serait reproché, selon le parquet fédéral, d’avoir pris part aux activités du « Partito Comunista Politico-Militare » italien, considéré comme une organisation terroriste.

Une d’entre elle est un ancien membre des « Cellules communistes combattantes » (CCC), lesquelles se sont rendues tristement célèbres en professant des idées déplaisantes et en perpétrant une vingtaine d’attentats en Belgique dans les années ’80. Leurs membres ont ensuite passé une bonne partie des deux décennies suivantes en prison. Parmi ces personnes se trouve également une jeune journaliste de la RTBF.

Je ne suis bien sûr pas en mesure d’apporter la moindre appréciation sur le fond du dossier, mais c’est précisément pour cette raison que je m’étonne du traitement journalistique fort peu prudent à mon sens qu’il est fait de cette affaire depuis 24 heures :

— On sait que le parquet fédéral, qui semble à (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 6 238 signes. Il a suscité 25 réactions.

dimanche 1er juin 2008

À propos du pouvoir d’achat

Une étude de Philippe Defeyt, publiée la semaine dernière, a fait grand bruit (cf. par exemple Le Soir, La Libre, RTL). L’économiste de l’IDD (par ailleurs élu Ecolo et président du CPAS de Namur) y démontre que le prix réel d’une série de biens — exprimé en heures de travail — a plutôt baissé sur une période longue, contrairement à l’opinion qui est dans l’air du temps. Ainsi l’achat d’un kg de beurre demandait 1h02 de travail en 1983. Il n’en fallait plus que 34 minutes au début de cette année (mais à l’inverse, un kg de cabillaud coûté aujourd’hui 1h50 contre 1h32 en 1983).

Avant toute chose, voici ladite étude, qu’on lira de préférence avant de la critiquer :

Cette étude a en effet suscité des réactions assez courroucées notamment du côté du PS et du Crioc. La députée socialiste Karine Lalieux estime notamment que « L’étude ne tient pas compte de l’évolution des besoins de la société » mais aussi et surtout que l’étude ne fait « pas référence à l’évolution de la distribution des revenus depuis 25 ans, alors que (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 5 882 signes. Il a suscité huit réactions.
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