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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

9/07 — Quand le ministre des télécommunications soutient la vente liée

Le ministre des télécommunications, M. Van Quickenborne (VLD), n’a pas manqué l’occasion de faire parler de lui, à quelques jours de la sortie en Europe de l’« iPhone ». Ce téléphone portable mis au point par la compagnie Apple fait en effet l’objet d’une campagne de promotion de toute première ampleur, essentiellement grâce à la complaisance rédactionnelle de la plupart des médias qui ont chanté ses louanges sur tous les tons ; au point d’ailleurs de quasiment dispenser la société californienne de recourir à la publicité pour promouvoir son nouveau gadget.

Quoi qu’il en soit, ledit gadget sera vendu à des prix très variables selon les pays. En Belgique, le prix sera plus élevé que dans d’autres pays. L’explication du ministre ? « Le consommateur est victime d’une législation qui ne permet pas assez de concurrence. Voyez l’iPhone aux Pays-Bas : il coûtera tout juste un euro car il sera lié à une formule d’abonnement de vingt-quatre mois. » Et de préconisez l’abolition de la loi belge interdisant la vente liée : « Dès la rentrée de septembre, je vais proposer au gouvernement de revoir la législation actuelle sur les pratiques commerciales. Nous ne pouvons continuer à vivre sous la coupe d’une loi protectionniste et corporatiste. »

Faut-il le préciser, cette position est un parfait contre-sens : l’interdiction de la vente liée est une mesure favorable au consommateur, incitant à la transparence des prix, et favorisant la concurrence sur tous les segments du marché |1|. L’exemple parfait est celui de la vente liée des ordinateurs et des systèmes d’exploitation, abondamment pratiquée et dont la légalité fait débat : c’est elle qui a permis la création du monopole d’un éditeur de logiciels sur les systèmes d’exploitation, augmentant drastiquement le coût |2| et réduisant la qualité du service |3|. Curieusement, nous vivons dans un monde où un ministre peut affirmer l’inverse (au passage, on comprends un peu mieux pourquoi il est tellement difficile de faire avancer le dossier de la vente liée des ordinateurs et des systèmes d’exploitation) sans passer pour le dangereux rigolo qu’il est.

L’explication du prix de l’iPhone en Belgique est pourtant limpide : étant semble-t-il doute la seule société à vendre l’iPhone non simlocké (c’est-à-dire utilisable sur tous les réseaux sans manipulation complexe et virtuellement interdite), la société Mobistar — qui dispose de l’exclusivité sur la vente de l’engin en Belgique — vise tout simplement une clientèle internationale désireuse d’acheter un iPhone tout en conservant un opérateur qui ne dispose pas d’accord privilégié avec Apple. Une clientèle pour laquelle le prix prohibitif de l’engin n’est sans doute pas un frein à l’achat.

|1| Cela se vérifie d’ailleurs dans les faits, comme le calcule Trends Tendances : "Petit exercice avec l’offre d’Orange (maison mère de Mobistar) en France. Celle-ci propose le smartphone d’Apple à 149 euros pour la version 8 Gb. L’abonnement obligatoire coûte au minimum 49 euros pour deux ans. Cela donne un total minimal de 1.325 euros. Le même calcul donne 1.245 euros chez Mobistar, soit 525 euros pour l’iPhone 3G et 720 euros (30 euros x 24 mois) d’abonnement."

|2| Les systèmes d’exploitation sont vendus beaucoup trop cher, comme le prouve l’énorme marge bénéficiaire que Microsoft réalise sur ce marché.

|3| Windows étant de loin le pire des systèmes d’exploitation disponibles.

 

8/06 — Combien coûte un baril de pétrole ?

Le pétrole bondit de records en records, apprend-on : 139 dollars le baril, vendredi, nouveau record battu ! La barrière psychologique des 100 dollars, franchie au début de cette année, n’est déjà plus qu’un lointain souvenir. Et la litanie n’en finit pas.

Mais au fait, rien ne vous étonne dans ces chiffres qui s’amoncellent ? Moi si : on ne parle jamais qu’en dollars. L’explication est simple, me direz-vous : le pétrole est coté en dollars. Autrement dit, là où le pétrole se vend et s’achète — principalement au New York Mercantile Exchange (NYMEX) et à l’IntercontinentalExchange (ICE) de Londres —, la monnaie de référence est le dollar. De sorte que les traders, ces héros qui, tels Héracklès, manipulent chaque jour des kilotonnes de marchandises diverses plus ou moins titrisées, ont vachement besoin de savoir combien de dollars coûte un baril de pétrole brut |1|.

N’empêche, je continue à me demander pourquoi la seule valeur qu’on nous rabache à longueur de temps pour illustrer la hausse du cours, c’est la cote en dollars. Est-ce que c’est vraiment ce chiffre qui est le plus utile à l’auditeur lambda d’une radio de la zone euro ? Parce que, bien souvent, en même temps que le pétrole, monte aussi l’euro (ce fut d’ailleurs le cas vendredi) — autrement dit, c’est surtout le dollar qui baisse — de sorte qu’il serait plus pertinent de faire de temps en temps une règle de trois et de donner également l’évolution du cours du pétrole... en euros. Probablement serait-ce tout de suite moins effrayant...

Pourquoi ? Les radios pensent-elles que la majorité de leurs auditeurs sont des traders ? J’ai comme un doute...

Illustration : nettoyage d’une pollution au pétrole suite à une fuite dans la raffinerie TOTAL de Donges (embouchure de la Loire) le 17 mars dernier).

|1| Soit dit en passant, il en existe de nombreuses variétés dont les prix fluctuent eux-aussi.

 

10/04 — Pierre Larrouturou

Après un passionant débat hier soir à Charleroi, Pierre Larrouturou était aujourd’hui invité par la RTBF. Il s’agit d’une voix particulièrement précieuse dans la gauche européenne aujourd’hui, dont j’apprécie éminemment la perception lucide des réalités sociales et économiques |1| couplée à la proposition de réelles pistes de sorties de la folie furieuse dans laquelle nous vivons. Voici l’enregistrement de son intervention de tout à l’heure.

/IMG/mp3/20080410_RTBF_Pierre_Larrouturou.mp3

|1| Avec néanmoins une réserve sur l’utilisation un peu trop peu distanciée qu’il fait du concept de croissance.

 

28/11 — La part du travail continue de baisser

La part des revenus du travail dans la richesse nationale est une donnée économique essentielle, absolument fondamentale. Ce chiffre constitue en particulier un bon indicateur du caractère plus ou moins inégalitaire d’une société. De ce fait, il reflète à mon avis assez fidèlement l’état du rapport de forces entre la gauche et la droite (bon, je vous préviens, c’est pas super réjouissant).

Sachez, chers lecteurs, que la part des revenus du travail dans la richesse européenne n’a jamais été aussi faible qu’aujourd’hui. C’est du moins ce que signale le rapport annuel sur l’emploi en Europe (disponible uniquement en anglais) de la Commission européenne, dont l’édition 2007 vient d’être publiée.

On y apprend que la part du revenu du travail dans la richesse globale est passée de 70% du PIB en 1975 à 58% en 2006 (pour l’Europe des 15). En ce qui concerne la Belgique, même tendance, un tout petit peu moins marquée : on est passé de 67% en 1981 à à 60% en 2006. En cause, selon le rapport : les politiques de modération des revenus, le chômage où la croissance des revenus financiers, mais aussi le remplacement croissant des travailleurs les moins qualifiés par des machines.

Et le reste ? demanderez-vous à bon droit. Qu’en fait-on du reste de la richesse nationale ? Le reste, tout simplement, ce sont les revenus du capital sous ses diverses formes (loyers, dividendes, plus-values, rentes diverses,...). Autrement dit, en caricaturant à peine, un travailleur européen qui bosse 38 heures semaines (oui, je sais, dans certains pays, c’est vachement plus) passe en moyenne 16h par semaine à trimer pour le seul portefeuille des actionnaires et autres rentiers. C’est ce qu’on appelle le capitalisme.

Il y a bien des choses à dire sur cette évolution très dommageable des choses (au point que la Commission elle-même s’inquiète pudiquement de ses conséquences préjudiciables à la « cohésion sociale »), dont on se contentera pour l’instant de prendre note.

Et puis, quand même, un petit jeu : essayez de dénicher dans un journal tirant à plus de 50.000 exemplaires un article un peu substantiel qui donne cette information et explique clairement ce qu’elle signifie (à mon avis, ce chiffre mériterait de faire la une de tous les quotidiens). Pour ma part, j’ai cherché sur le net, j’ai pas trouvé (il y avait une brève de 10 lignes dans le supplément économique du Soir de ce mardi). Cela dit, le machin ayant été publié lundi, on peut attendre quelques jours avant de tirer des conclusions.

 

19/09 — Débat sur la « décroissance »

J’étais ce soir invité par ATTAC Liège à donner mon point de vue, en compagnie de Julien Dohet, sur la question de la décroissance. Un débat suivait.

Voici à toutes fins utiles l’enregistrement des deux interventions.

Celle de Julien Dohet :

/IMG/mp3/20070919_julien_dohet.mp3

Et la mienne :

/IMG/mp3/20070919_francois_schreuer.mp3

L’enregistrement du débat n’est quant à lui pas suffisamment audible pour être repris ici.

 

19/09 — Changement d’ère ?

L’euro n’en finit pas de franchir de nouveaux « records » apprend-on ; n’étant plus très loin de la barre des 1,4 dollars pour un euro. Dans le même temps, on apprend que le pétrole bondit lui aussi de sommet en sommet, la barre des 80 dollars le baril étant désormais franchie.

Certains commentateurs parmi ceux que j’ai lu ou entendu dernièrement se demandent même si ces deux éléments (hausse du pétrole et euro fort) ne sont pas quasiment les derniers clous plantés dans le cercueil de l’économie européenne. C’est assez paradoxal de dire cela dans la mesure où les deux phénomènes se compensent : l’euro fort permet de ne pas trop ressentir en Europe cette hausse des prix pétroliers.

Il est étonnant que rares soient ceux — du moins parmi ceux que j’ai entendu — qui pointent le fait que ce qui se passe actuellement est sans doute beaucoup plus une baisse sévère du dollar — plombé par les répercutions de la crise des subprime, mais aussi, sur le long terme, par les déficits colossaux que traînent les USA — qu’une hausse de l’euro. Ce qui se passe actuellement, c’est que les USA paient quinze ans d’une croissance largement factice, alimentée par des capitaux étrangers et beaucoup trop dépendante de facteurs qu’ils ne maîtrisent plus.

Faut-il toujours faire croire au peuple (européen, ce coup-ci) que tout va mal pour lui faire avaler la potion amère des « remèdes » néo-libéraux ? Faut-il que nous suivions la voie suicidaire prise par les USA alors que nous nous portons globalement mieux qu’eux malgré un PIB par tête largement inférieur ?

Ou est-il simplement temps à présent de coter le pétrole en euros et plus en dollars ?

 

7/08 — À propos de la privatisation de La Poste

Entre autres choses, on trouvera dans la rubrique « débats » du journal du mardi |1| qui paraît ce jour un article que je signe avec Pierre Eyben à propos de la privatisation de la poste et de la « libéralisation » européenne du secteur. Beaucoup de choses restent à dire sur la question, mais cet article permettra sans doute à ceux qui se sont peu intéressés à l’affaire d’avoir un aperçu de la situation.

J’en profite pour vous suggérer d’acheter ce sympathique canard, qui ne coûte que deux euros pour une cinquantaine de pages dans lesquelles on trouve souvent de bons papiers. La liberté de la presse n’existe pas sans un financement par les lecteurs — et c’est particulièrement valable dans le cas du JDM.

|1| Dont le site web semble fort regrettablement être tombé en rade.

 

Economie

dimanche 1er juin 2008

À propos du pouvoir d’achat

Une étude de Philippe Defeyt, publiée la semaine dernière, a fait grand bruit (cf. par exemple Le Soir, La Libre, RTL). L’économiste de l’IDD (par ailleurs élu Ecolo et président du CPAS de Namur) y démontre que le prix réel d’une série de biens — exprimé en heures de travail — a plutôt baissé sur une période longue, contrairement à l’opinion qui est dans l’air du temps. Ainsi l’achat d’un kg de beurre demandait 1h02 de travail en 1983. Il n’en fallait plus que 34 minutes au début de cette année (mais à l’inverse, un kg de cabillaud coûté aujourd’hui 1h50 contre 1h32 en 1983).

Avant toute chose, voici ladite étude, qu’on lira de préférence avant de la critiquer :

Cette étude a en effet suscité des réactions assez courroucées notamment du côté du PS et du Crioc. La députée socialiste Karine Lalieux estime notamment que « L’étude ne tient pas compte de l’évolution des besoins de la société » mais aussi et surtout que l’étude ne fait « pas référence à l’évolution de la distribution des revenus depuis 25 ans, alors que (...) [lire la suite]

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vendredi 15 février 2008

Soufflets pour l’éolien ?

Les critiques se sont multipliées, dernièrement, à l’encontre de l’énergie éolienne, désormais ouvertement vilipendée par des associations organisées à cette seule fin. Jusqu’à l’éminent Hervé Kempf y est allé, ce jeudi, d’une saillie attérante dans Le Monde après que Martine Betti-Cusso ait fait de même dans un kilométrique et alarmiste papier dans Le Figaro Magazine. Ceci m’incite à dire deux mots de la question.

Actons tout d’abord avec Kempf que, bien évidemment, la première chose à faire lorsqu’on parle d’énergie, c’est de se préoccuper de la réduction de la consommation. Le principal gisement d’énergie se trouve, ainsi que l’explique l’association Negawatt, dans notre propre — et excessive — consommation d’énergie. Il devrait y avoir consensus sur ce point. Reste que, cela acquis, même dans une société post-carbone et post-nucléaire où l’on ne consommera plus d’énergies fossiles, nous aurons toujours besoin d’énergie. L’éolien et les autres formes d’énergie renouvelable seront alors indispensables.

Si jusqu’il y (...) [lire la suite]

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vendredi 11 janvier 2008

Quelle réponse à l’augmentation des prix de l’énergie ?

Je reçois pas mal de courriels ces jours-ci m’invitant à signer des pétitions cherchant à « lutter » contre l’augmentation du prix de l’énergie. Il y est principalement question de demander des subventions à la consommation, sous diverses formes (primes diverses, réductions de la fiscalité, etc). Je peux comprendre. Mais je ne veux pas signer. Pour une raison très simple qu’il serait bon que tout le monde comprenne : ces mesures — très coûteuses pour les pouvoirs publics au demeurant — ne sont qu’emplâtre sur jambe de bois. Pire : elles constituent des subventions indirectes aux multinationales pétrolières et — en incitant à la consommation (et donc en renforçant la demande) — elles aggravent in fine la situation.

La question théorique sous-jacente est celle du caractère plus ou moins incontournable du marché comme forme d’arbitrage de l’allocation des ressources. Pour ma part, si je refuse de considérer le marché comme naturel ou irremplaçable, je ne pense pas non plus que l’économie soit nécessairement (...) [lire la suite]

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lundi 19 novembre 2007

« La pression fiscale belge parmi les plus fortes »

Comme beaucoup trop régulièrement, on peut lire aujourd’hui sur certains sites de presse belge des échos serviles d’un document intitulé « Paying taxes 2008 », réalisé par la Banque mondiale en collaboration avec le cabinet d’audit PriceWaterhouseCoopers. On ne s’appesantira pas outre mesure sur l’opportunité douteuse de choisir un partenaire comme PriceWaterhouseCoopers dans le chef d’une banque mondiale qui ne convainc de toute façon plus personne lorsqu’elle se prétend soucieuse du bien commun.

On s’interrogera par contre sur la portée idéologique de cette soi-disant étude sur la « pression fiscale », dont le message central est simple et même simpliste : « la fiscalité, c’est le mal ». Le vocabulaire utilisé ne laisse aucun doute à ce sujet. On nous apprend par exemple que « la Belgique occupe une peu enviable 154e position, derrière l’ensemble des pays européens à l’exception de la France et de l’Italie. » De manière générale, la fiscalité est systématiquement présentée comme nuisible et les paradis (...) [lire la suite]

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lundi 23 juillet 2007

Pour des maisons des services publics

Ou tout ce qu’il aurait été possible de faire si l’on avait pas bêtement privatisé le secteur public. Ou encore ce qu’il serait possible de faire si on décidait de nationaliser à nouveau certains secteurs de l’économie,...

Face à l’éclatement des pouvoirs publics avec lesquels le citoyen est amené à interagir et vis-à-vis desquels il a de toute évidence du mal à se retrouver, un effort d’accessibilité s’impose. Face au démantèlement des services publics, devenus — au fil des « consolidations stratégiques » et des privatisations — des entreprises publiques, des entreprises publiques autonomes et finalement des entreprises tout court, soucieuses de profit et de rien d’autre, il est nécessaire de reconstruire des fonctions collectives efficaces au service du citoyen. Face à la logique capitaliste qui prévaut au niveau européen, le secteur public serait bien inspiré de montrer qu’il a quelques beaux atouts à faire jouer. Face à la complexité de plus en plus grande des tâches auxquelles nous sommes confrontés dans la (...) [lire la suite]

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jeudi 22 mars 2007

Pourquoi la gratuité des transports en commun n’est souhaitable et viable que généralisée

Le collectif « Libre parcours », réunissant à Liège diverses associations autour des deux principaux syndicats, lance une pétition demandant l’instauration de la gratuité aux personnes se situant « en dessous d’un certain seuil de revenus (venant du chômage, du CPAS, d’emplois mal payés etc.) ». Je dois dire que cette initiative me laisse quelque peu hésitant. Si d’une part, l’urgence sociale me paraît majeure, la précarisation des vies galopante et par conséquent toute mesure susceptible de sécuriser socialement les personnes bonne à prendre, je suis convaincu que la gratuité n’a de sens et de chance d’opérer les mutations sociales qu’on peut attendre d’elle que si elle est généralisée, si elle constitue une partie ou une prémisse d’une forme socialisée de revenu garanti, ainsi que le plaidait le Collectif sans ticket dans la revue Multitudes il y a quelques années.

J’ai néanmoins décidé de signer cette pétition, au nom du besoin impératif que constitue la mobilité pour chacun, besoin dont on doit (...) [lire la suite]

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mardi 5 décembre 2006

Jeux de dupes autour de VW Forest

J’ai beaucoup de difficultés à comprendre ce qui se passe dans l’affaire de « VW Forest », je dois bien le dire. J’ai écrit, très rapidement, un premier texte, assez long, que je me résous à publier ici (en l’antidatant à date d’écriture) malgré les gros problèmes qu’il me pose. À défaut d’approfondir les jugements sur l’état du monde et les grands programmes pour l’avenir que je m’étais hasardé à ébaucher dans ce premier texte, choses nécessaires sans doute, il est toujours possible et fréquemment plus instructif de se contenter de poser quelques questions périphériques sur les incohérences apparentes de cet événement.

Le constat le plus difficile à poser, c’est celui du deux poids deux mesures, qui devrait pourtant sauter aux yeux. Il est terriblement difficile à poser, ce constat, parce que la moindre des choses qu’on puisse faire vis-à-vis de travailleurs qui perdent leur emploi est d’exprimer une solidarité, d’autant plus indispensable que les systèmes de protection sociale sont en recul et que la perte d’un (...) [lire la suite]

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vendredi 24 novembre 2006

Quelques notes à chaud à propos de VW Forest

La menace grondait, elle s’est avérée : un nouveau désastre social commence en Belgique et plonge dans l’hébétude les dix mille — et plus — travailleurs menacés. Il les place devant la menace du chômage qui — bien plus qu’une sécurité face au risque économique ou un droit fondamental — est devenu un véritable purgatoire ainsi qu’une indignité, conformément aux injonctions des théoriciens de l’état social actif et c’est d’abord cela qui constitue le « drame » qu’on commente aujourd’hui.

Tandis qu’à la bourse de Francfort, l’action VW est annoncée en forte hausse, les pouvoirs publics s’apprêtent à ramasser les plâtres. Au-delà de l’émotion légitime et de la colère qui saisit chacun de nous devant ce constat scandaleux, il est important de se poser quelques questions sur les raisons qui ont permis à la situation présente d’arriver et sur la manière dont il convient d’éviter qu’elle se reproduise ; non sans démasquer au passage quelques tartuffes.

Pourquoi licencier ? Ce n’est pas du côté du nationalisme supposé des (...) [lire la suite]

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dimanche 17 septembre 2006

L’UPTR et le libéralisme

Un des critères les plus parlants pour faire la différence entre les deux concepts que sont le libéralisme et le capitalisme — distinction extrêmement importante à mon avis, et trop souvent négligée voire carrément niée dans les milieux alter — c’est de constater que le capitalisme ne se conforme aux règles du libéralisme que quand ça l’arrange — c’est-à-dire finalement assez peu souvent — et que le libéralisme ne lui sert la plupart du temps que de couverture idéologique, de paravent intellectuel, utilisé pourtant de façon très peu crédible si l’on prend la peine de s’y attarder un instant.

Car le libéralisme a beau avoir beaucoup de défauts, il n’est pas totalement dépourvu de mécanismes régulateurs : basiquement, le prix sur le marché est sensé modifier les comportements des acteurs (rationnels, les acteurs), de façon à opérer une réallocation permanente des ressources en fonction des conditions de la production. C’est ce type d’arguments que les « vrais » libéraux utilisent pour expliquer que l’écologie « (...) [lire la suite]

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samedi 20 mai 2006

Actualité de la résistance au système publicitaire

« La pub, elle fait partie de notre monde, on n’est pas là non plus pour la critiquer »

Lionelle Francart, journaliste à la RTBF

Quelques infos relevées sur la toile et ailleurs.

Naïveté pubarde. La première chaîne radio de la RTBF a consacré à la publicité l’édition de son émission « Quand les Jeunes s’en mêlent » diffusée cette après-midi. Le panel des intervenants était — comme d’habitude, il faut bien le dire, quand les grands médias traitent de la question — totalement déséquilibré puisqu’une quinzaine d’intervenants étaient ouvertement (voire outrancièrement) favorables à la publicité contre une seule intervenante défendant le point de vue du mouvement antipub et un intervenant se situant dans une position plus médiatrice.

L’émission vaut néanmoins la peine d’être écoutée tant la naïveté des jeunes pubards — étudiants en publicité à Saint-Luc à Liège — et des autres intervenants invités à l’émission est frappante. Ils sont, pêle-mêle, persuadés de l’utilité de la publicité qui serait « informative », « (...) [lire la suite]

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vendredi 7 avril 2006

L’aberrant marché du nom de domaine

Il était annoncé de longue date — on en parlait déjà en 2000 — et a un peu traîné, puis on l’a très largement entendu — qu’il vienne du privé ou des institutions européennes, le matraquage publicitaire a été intensif — maintenant, ça y est : depuis aujourd’hui, le TLD (top level domain) .eu est ouvert au grand public et n’importe quel résident de l’Union européenne, personne physique ou personne morale, peut sans contrainte « acheter » un domaine sous ce TLD.

Après une longue période de sunrise, pendant laquelle différents organismes publics et autres détenteurs de marques ont pu, dans un ordre déterminé obtenir le domaine à leur nom avant que la foule se précipite, ça se passe désormais selon la règle du « premier arrivé, premier servi », la seule à même de provoquer un engouement généralisé, en éliminant quasiment toute contrainte administrative.

Tout ça semble intéresser les foules puisque ce soir, la barre du million de domaine — qui n’était annoncée ce matin encore que pour la fin de l’année — a été (...) [lire la suite]

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samedi 11 février 2006

Arcelor vs. Mittal. Plaidoyer pour une position cynique

Les entreprises capitalistes sont ce qu’elles sont : des structures dont le premier rôle est de permettre aux détenteurs de capital de s’approprier encore plus de ressources au détriment de la société en général et des salariés en particulier ; bref des organismes prédateurs dont il convient de se méfier. Sont-elles pour autant inutiles dans la société ? Sans doute pas, puisqu’elle permettent dans certains cas d’effectuer certaines tâches utiles de façon relativement efficace. Simplement, quand on traite avec une entreprise capitaliste, il ne faut jamais perdre de vue ce à quoi on a affaire. Ceci est d’autant plus vrai que l’entreprise est grande car ses décideurs ne trouvent alors plus de raison de s’encombrer des préventions et des relations sociales qui peuvent faire de certains petits entrepreneurs des gens attentifs aux personnes et au milieu qui les entourent. Tant Mittal Steel qu’Arcelor — les deux plus grandes entreprises sidérurgiques du monde dont la première tente actuellement de prendre le (...) [lire la suite]

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mardi 29 novembre 2005

Une illustration de la féroce capacité de nuisance de la bêtise publicitaire

Il y a de nombreuses raisons de lutter contre la publicité. Parmi celles-ci, la nuisance écologique qu’elle représente est, me semble-t-il, très loin d’être la moindre. Récit d’une expérience vécue ce jour, exemple petit mais néanmoins frappant.

À peine sorti du train, ce matin, à la gare de Bruxelles-Central, je tombe sur une forte escouade d’une vingtaine de promo-boys et (surtout) promo-girls. Cette bande de joyeux mercenaires — prostitués du sourire, on peut dire ? — tente, comme on s’en doute, de refiler aux passants (en général du genre navetteurs abrutis par des horaires de dingue, pas le genre à perdre du temps à polémiquer) leurs prospectus en quadrichromie vantant la camelote d’une grande marque de prêt-à-porter (« H&M » pour ne pas la citer).

Bref, jusque là, rien de bien original, c’est vrai, même si tout ce papier sera évidemment tapé dans la première poubelle par l’immense majorité des gens.

Là où ça devient assez surprenant, c’est que le dépliant est emballé dans un sachet plastique. (...) [lire la suite]

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vendredi 4 novembre 2005

Du concept de « déficit » en milieu ferroviaire

Assez régulièrement, les sociétés de chemin de fer publient des chiffres dans lesquels elles affirment que telle ou telle ligne n’est « pas rentable » ou encore expliquent que de tout leur réseau, seules quelques lignes importantes sont « rentables ». Ces deux alternatives signifient que les recettes perçues pour les voyageurs se déplaçant sur les lignes en question sont respectivement inférieures ou supérieures aux coûts d’exploitation (auxquels s’ajoutent souvent l’amortissement des investissements qui ont été nécessaires pour les construire ou les rénover). Les journaux relaient le plus souvent cette terminologie sans beaucoup la mettre en question. Conçue de cette façon, la notion de « rentabilité » est cependant suspecte et mérite d’être approfondie.

Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que l’organisation d’un réseau de transports en commun ne peut se comprendre et se penser uniquement de façon atomique, en disséquant le réseau en morceaux et en jaugeant de l’intérêt chacun de d’entre eux (...) [lire la suite]

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samedi 13 août 2005

64, 65, 66, 67 dollars

J’ai pas lu l’article mais le titre suffisait : d’après la Une du Soir de ce (vendredi) matin, le Hummer débarque en Europe. Le Hummer, c’est ce fameux véhicule tout-terrain de l’armée américaine, quelque part entre le camion et le 4x4, adapté « pour le civil », qui pèse allègrement ses trois ou quatre tonnes, symbolise, paraît-il, un certain mode de vie américain et, surtout, consomme autant que cinq ou six voitures normales. Et donc, certains de nos concitoyens européens, trouvant sans doute trop gringalets ou trop peu polluants les modèles de voitures jusqu’ici disponibles, s’apprêtent à déferler sur les routes à bord de ces engins.

Fin de soirée, j’allume la télé pour voir un résumé des mondiaux d’athlétisme — que je ne trouve pas — et je tombe sur un reportage de la série Horizon de la BBC (diffusé sur France 2) qui, en partant du phénomène empiriquement constaté ces dernières années d’une diminution de l’ensoleillement terrestre au cours du dernier demi-siècle, faisait le point sur les prévisions (...) [lire la suite]

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lundi 6 décembre 2004

L’acier explose

Pas grand chose à dire si ce n’est mentionner l’info. Les journaux annoncent depuis quelque jours les chiffres impressionants que l’industrie de l’acier est en train de réaliser pour le moment. Il est notamment question de hausses de tarifs de 20 % à 50 %.

Pendant ce temps, le groupe Arcelor, un des principaux bénéficiaires de la situation actuelle, s’apprête à fermer, à partir de juin prochain, les sites liégeois du « chaud » avec comme conséquence plusieurs milliers de suppressions d’emplois, un drame social monstrueux pour toute la région liégeoise.

Bien sûr, tout ça est très complexe (lisez l’article cité plus haut). N’empêche que si j’étais un ouvrier de Cockerill, je crois que je l’aurais vraiment, mais alors là vraiment mauvaise.

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lundi 22 novembre 2004

Dette irakienne : on ne prête qu’aux riches

On va donc annuler la dette irakienne. Enfin, en partie seulement, même si c’est quand même à un montant avoisinant les 33 milliards de dollars auquel il est question que le « Club de Paris » renonce. Même avec un dollar rachitique, ce n’est pas négligeable.

A priori, c’est plutôt une bonne chose que l’Occident — bouffi de fric qu’il est — transfère une partie de sa richesse vers le Sud. Pourtant, en ce qui me concerne et dans cette occurence particulière, je trouve cela assez irritant, voire franchement problématique. Pour deux raisons.

D’abord, il s’agit manifestement d’un transfert qui, loin de bénéficier uniquement au peuple irakien (dont il est souvent question mais dont il n’existe pas, jusqu’à nouvel ordre, de représentants légitimes) fait surtout les affaires de la puissance étatsunienne. Car, quand bien même on négligerait les contrats plantureux (voire carrément léonins) conclus par le nouveau pouvoir au nom de l’« Irak libéré » avec des entreprises dont la plupart sont américaines (Halliburton (...) [lire la suite]

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mardi 30 mars 2004

La grande bouffonnerie de l’UMTS continue

On en avait beaucoup entendu parler il y a quelques années quand les « opérateurs de téléphonie mobile » constatèrent que le nombre de leurs clients pourrait difficilement continuer à croître une fois que toute la population serait équipée de leurs téléphones. Par conséquent, s’il voulaient préserver une croissance à deux chiffres et le fantasme de la « nouvelle économie », il leur fallait faire preuve d’imagination. Sans que ce dernier objectif ait été particulièrement rencontré, il fut donc question de nouveautés technologiques, et notamment de transporter des données sur les réseaux sans fil. Depuis son téléphone portable, on pourrait bientôt naviguer sur Internet, envoyer des courriers électroniques, télécharger de la musique, et ce genre de choses. Il y eu donc le WAP, le GPRS et une bonne raison de continuer à faire payer très cher les téléphones portables. Si l’on en parla tant, à cette époque, c’est que la nouvelle économie, justement, n’était pas, mais alors pas du tout un fantasme.

On en a ensuite (...) [lire la suite]

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