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	<title>Des Bulles - Enseignement</title>
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<title>D&#233;cret &#171; inscriptions &#187;, pff</title>
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<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
<description>J'ai &#233;t&#233; me ballader cette nuit dans Li&#232;ge, pour aller taper un brin de causette avec les parents de futurs &#233;l&#232;ves du secondaire qui attendaient devant certaines &#233;coles du centre-ville pour y inscrire leur prog&#233;niture. J'y ai rencontr&#233; toutes sortes de gens, et pas seulement des bourgeois. Je dirais (...) 


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&lt;a href="http://bulles.agora.eu.org/themes/enseignement.html" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;
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  <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; me ballader cette nuit dans Li&#232;ge, pour aller taper un brin de causette avec les parents de futurs &#233;l&#232;ves du secondaire qui attendaient devant certaines &#233;coles du centre-ville pour y inscrire leur prog&#233;niture. J'y ai rencontr&#233; toutes sortes de gens, et pas seulement des bourgeois. Je dirais m&#234;me que j'ai surtout rencontr&#233; des gens &#171; normaux &#187;. J'ai discut&#233; avec une aide-soignante, avec plusieurs ouvriers, avec un militaire de carri&#232;re, une cuisini&#232;re,... Aucun d'entre ceux-l&#224; n'avait pu prendre cong&#233; et tous s'appr&#234;taient donc &#224; travailler ce vendredi apr&#232;s une nuit blanche et glaciale (mais pourquoi avoir fix&#233; la date le 30 novembres demandaient-ils, nombreux ?). Aucun d'entre eux ne pensait que le d&#233;cret &#233;tait une bonne chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certaines des &#233;coles devant lesquelles ces gens faisaient la file n'ont pas, les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, connu de saturation pr&#233;coce ni ne sont r&#233;put&#233;es pour refuser des &#233;l&#232;ves sur des crit&#232;res sociaux, ethniques ou autres. Mais devant le ph&#233;nom&#232;ne de p&#233;nurie organis&#233;e, il &#233;tait plus prudent, aux yeux de ces parents, de venir faire la file. Le moins est de le comprendre. Et de comprendre que M&lt;sup&gt;me&lt;/sup&gt; Arena n'entend rien &#224; la &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_des_jeux&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;th&#233;orie des jeux&lt;/a&gt; (parce que provoquer une p&#233;nurie artificielle dans des &#233;coles o&#249; il n'y en avait pas, au motif de rendre l'enseignement plus accessible &#224; tous, c'est quand m&#234;me tr&#232;s fort).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne vais pas r&#233;p&#233;ter &lt;a href=&quot;http://bulles.agora.eu.org/20071022_decret_inscriptions.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;ce que j'ai &#233;crit il y a peu&lt;/a&gt; sur ce d&#233;cret, mais je ne comprends pas que Marie Arena s'ent&#234;te &#224; pr&#233;tendre que son d&#233;cret va &lt;i&gt;&#171; donner &#224; tout le monde les m&#234;mes chances &#187;&lt;/i&gt;. C'est faux, parce que tout le monde n'a pas la possibilit&#233; de faire 24 heures (si ce n'est 48) de file pour inscrire son enfant dans l'&#233;cole la plus pris&#233;e (&#224; tort ou &#224; raison, d'ailleurs). Quid, par exemple, des gens qui travaillaient cette nuit ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&lt;sup&gt;me&lt;/sup&gt; Arena voudrait plomber sa &#171; bonne intention &#187; qu'elle ne s'y prendrait pas autrement. Plut&#244;t que d'organiser un &lt;a href=&quot;http://www.ecoledemocratique.org/article.php3?id_article=388&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;tirage au sort&lt;/a&gt; qui aurait probablement &#233;t&#233; beaucoup plus &#233;quitable, malgr&#233; le travers qu'on peut trouver, aussi, &#224; ce syst&#232;me, elle a fait perdre de nombreuses heures, fort p&#233;nibles de surcro&#238;t, &#224; plein de gens. Pour, au final, obtenir un changement quasiment nul dans la s&#233;gr&#233;gation scolaire (sans parler du beau paquet de voix perdu par le PS dans l'op&#233;ration).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bref, comme l'&#233;crit Nico Hirtt &lt;a href=&quot;http://www.lesoir.be/forum/cartes_blanches/carte-blanche-chaque-enfant-a-2007-11-30-564107.shtml&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;dans Le Soir de ce matin&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;&#171; S'il faut reprocher quelque chose &#224; Marie Arena, ce n'est pas d'avoir voulu r&#233;guler les inscriptions d'&#233;l&#232;ves, mais de l'avoir fait beaucoup trop timidement &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>D&#233;cret &#171; inscriptions &#187;, entre manque d'ambition et apories de la d&#233;mocratisation scolaire</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Schreuer</dc:creator>



		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>

		<description>On a pas mal (re)parl&#233; ces derni&#232;res semaines du d&#233;cret &#171; inscriptions &#187;, ce texte par lequel le gouvernement de la Communaut&#233; fran&#231;aise de Belgique cherche (un peu) &#224; contrer la s&#233;gr&#233;gation scolaire. Le principe est le suivant: les &#233;coles secondaires ne pourront plus inscrire leurs futurs &#233;l&#232;ves du premier degr&#233; qu'&#224; partir du 30 novembre pr&#233;c&#233;dant la rentr&#233;e scolaire. Cette mesure est cens&#233;e mettre tout le monde sur un pied d'&#233;galit&#233;. &lt;br /&gt;Je dois dire que mes sentiments &#224; l'&#233;gard de ce texte sont mitig&#233;s. D'une (...) 


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		&lt;img src=&quot;http://bulles.agora.eu.org/local/cache-vignettes/L256xH350/arton1189-13faf.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='256' height='350' class='spip_logos' style='height:350px;width:256px;' /&gt;
		
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On a pas mal (re)parl&#233; ces derni&#232;res semaines du d&#233;cret &#171; inscriptions &#187;, ce texte par lequel le gouvernement de la Communaut&#233; fran&#231;aise de Belgique cherche (un peu) &#224; contrer la s&#233;gr&#233;gation scolaire. Le principe est le suivant : les &#233;coles secondaires ne pourront plus inscrire leurs futurs &#233;l&#232;ves du premier degr&#233; qu'&#224; partir du 30 novembre pr&#233;c&#233;dant la rentr&#233;e scolaire. Cette mesure est cens&#233;e mettre tout le monde sur un pied d'&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je dois dire que mes sentiments &#224; l'&#233;gard de ce texte sont mitig&#233;s. D'une part, je suis reconnaissant &#224; la ministre-pr&#233;sidente de la Communaut&#233; fran&#231;aise, Marie Arena, et &#224; son parti, le PS, d'avoir conscience du probl&#232;me et de tenter quelque chose pour y rem&#233;dier. La s&#233;gr&#233;gation scolaire est un fait incontestable en Communaut&#233; fran&#231;aise. Et c'est un fait particuli&#232;rement odieux en ce qu'il bride l'avenir de milliers d'enfants, mal tomb&#233;s. D'autre part, j'ai d'assez gros doutes sur l'efficacit&#233; de la mesure retenue &#8212; et, en fait, sur la possibilit&#233; de r&#233;soudre le probl&#232;me de mani&#232;re acceptable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'&#233;tais en train d'&#233;laborer tr&#232;s laborieusement mon point de vue sur cette question quand j'ai lu le &lt;a href=&quot;http://www.ecoledemocratique.org/article.php3?id_article=388&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;celui d'Estelle Cantillon, chercheuse &#224; l'ULB&lt;/a&gt;, qui, en quelques lignes, clarifie le d&#233;bat de fa&#231;on fluide et limpide. Plut&#244;t que de r&#233;-&#233;crire la m&#234;me chose en moins bien, je vous y renvoie donc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur l'id&#233;e qu'une date unique suffirait &#224; r&#233;gler le probl&#232;me de l'in&#233;galit&#233; scolaire, la question est rapidement r&#233;gl&#233;e par notre auteure.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;Le principe du &#171; premier arriv&#233;, premier servi &#187; ne met pas compl&#232;tement les enfants sur pied d'&#233;galit&#233;. En effet, supposons que les inscriptions d&#233;butent lundi prochain &#224; 9 heures et se prennent uniquement en personne. Des parents bien organis&#233;s auront vite fait de recruter d'autres membres de leur famille, voire des ext&#233;rieurs, afin de se relayer et faire la file d&#232;s dimanche soir devant leur &#233;cole pr&#233;f&#233;r&#233;e (pr&#233;cisons que c'est un sc&#233;nario r&#233;aliste qui arrive d&#233;j&#224; de nos jours &#224; Bruxelles). Le parent qui &#8212; croyant bien faire &#8212; arriverait &#224; 9 heures pr&#233;cises pourrait d&#232;s lors se voir refuser l'inscription car toutes les places auront &#233;t&#233; prises par les parents qui auront fait le pied de grue pendant la nuit. Equitable ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Estelle Cantillon cite &lt;a href=&quot;http://kuznets.fas.harvard.edu/~aroth/alroth.html#SchoolChoice&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;les travaux de chercheurs &#233;tasuniens&lt;/a&gt; montrant qu'un syst&#232;me beaucoup plus juste est possible.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;conomistes am&#233;ricains ont r&#233;cemment &#233;tudi&#233; ces questions et leur travaux ont conduit les villes de New York et Boston &#224; r&#233;former leurs syst&#232;mes d'inscriptions dans les &#233;coles (1). Les solutions diff&#232;rent en fonction des contraintes institutionnelles mais elles ont toutes trois points essentiels en commun : (a) les &#233;l&#232;ves classent les &#233;coles par ordre de pr&#233;f&#233;rence, (b) ces pr&#233;f&#233;rences sont collect&#233;es de fa&#231;on centralis&#233;e, et (c) une m&#233;thode de calcul affecte les &#233;l&#232;ves aux &#233;coles en fonction de leurs pr&#233;f&#233;rences et de la place disponible, en consid&#233;rant les &#233;l&#232;ves un par un et dans un ordre al&#233;atoire. La centralisation des demandes &#233;vite les doubles inscriptions et accro&#238;t l'efficacit&#233; du syst&#232;me. L'ordre de priorit&#233; al&#233;atoire remplace la priorit&#233; temporelle bas&#233;e sur la capacit&#233; des parents &#224; faire la file pendant toute la nuit &#8212; une activit&#233; peu productive pour la soci&#233;t&#233;. Il garantit v&#233;ritablement le principe selon lequel chaque &#233;l&#232;ve a les m&#234;mes chances. Il permet &#233;galement d'&#233;viter le dilemme de l'&#233;l&#232;ve qui pr&#233;f&#232;re A &#224; B &#224; C. Dans cette solution en effet, il pourra dire qu'il pr&#233;f&#232;re A &#224; B &#224; C et il en sera tenu compte. D&#233;cidemment, la ministre Ar&#233;na pourrait faire mieux.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me ce syst&#232;me &#8212; bien meilleur que celui de Marie Arena, lui-m&#234;me bien meilleur que le syst&#232;me actuel pourtant &#8212; demeure critiquable dans la mesure o&#249; c'est le choix des &#233;l&#232;ves (et donc des parents) qui reste &#224; la base du processus ; de sorte que les parents mal inform&#233;s, d&#233;missionnaires ou impressionn&#233;s par le prestige social d'une &#233;cole &#8212; c'est-&#224;-dire les parents qui ont a priori le plus besoin d'aide &#8212; se priveront de chances de mettre leurs enfants dans une &#171; bonne &#187; &#233;cole.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; ce probl&#232;me, la France a mis en place une &#171; carte scolaire &#187; qui organise grosso modo l'affectation des &#233;l&#232;ves sur une base g&#233;ographique (et dont on se souvient qu'elle a suscit&#233; quelques passes d'armes au sein du PS fran&#231;ais lors de la derni&#232;re &#233;lection pr&#233;sidentielle). C'est une approche plut&#244;t ambitieuse, mais qui pose quand m&#234;me un probl&#232;me de taille : d&#232;s lors qu'une s&#233;gr&#233;gation urbaine &#8212; ou plus g&#233;n&#233;ralement g&#233;ographique &#8212; existe, elle se reproduit dans l'&#233;cole. Au ghetto urbain correspond le ghetto scolaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bref, &#224; mon sens, le seul moyen de r&#233;aliser effectivement la mixit&#233; sociale, c'est un tirage au sort g&#233;n&#233;ralis&#233; des affectations scolaires &#8212; chaque &#233;l&#232;ve se voyant assigner au hasard une &#233;cole se situant pr&#232;s de chez lui &#8212; mais pas n&#233;cessairement dans son quartier, pour &#233;viter la reproduction des ghettos urbains en ghettos scolaires. Ainsi, un &#233;l&#232;ve habitant &#224; Molenbeek sera peut-&#234;tre amen&#233; &#224; aller dans une &#233;cole &#224; Etterbeek et invers&#233;ment. La question qui se posera alors de savoir dans quelle mesure l'&#233;cole doit &#234;tre universelle ou, &#224; l'inverse, dans quelle mesure il est souhaitable de multiplier les types de p&#233;dagogies, les projets d'&#233;coles, pour tenter de correspondre aux modes d'&#234;tre et d'apprendre diff&#233;rents des &#233;l&#232;ves et leur donner &#224; tous une chance de r&#233;ussir leurs &#233;tudes dans le cadre qui leur convient le mieux (ce dont je suis plut&#244;t convaincu, mais je sais que c'est une id&#233;e profond&#233;ment bourgeoise).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, je reste sur ma faim. J'ai l'intuition, en fait, que cette s&#233;gr&#233;gation scolaire dont on parle n'est pas suffisamment caract&#233;ris&#233;e ; qu'il demeure un flou sur l'objet du litige. Essayons de pr&#233;ciser les choses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quel est le probl&#232;me ? Pour sch&#233;matiser, il est double, me semble-t-il. 1. L'enseignement de la communaut&#233; fran&#231;aise est globalement assez mauvais. 2. Il est tr&#232;s dual. C'est-&#224;-dire que le niveau des &#233;coles est tr&#232;s h&#233;t&#233;rog&#232;ne et que l'origine socio-&#233;conomique d'un &#233;l&#232;ve (en premi&#232;re approximation : le niveau d'&#233;tudes de ses parents) surd&#233;termine ses opportunit&#233;s scolaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le d&#233;cret &#171; inscriptions &#187; postule &#8212; sans doute &#224; raison &#8212; que la mixit&#233; sociale dans l'enseignement est susceptible non seulement d'homog&#233;n&#233;iser la qualit&#233; de l'enseignement mais surtout d'am&#233;liorer le niveau global. Je pense que cette id&#233;e est exacte pour deux raisons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une premi&#232;re est p&#233;dagogique : les &#233;l&#232;ves plus dou&#233;s &#171; tirent vers le haut &#187; ceux qui le sont moins, plus que l'inverse. Bien entendu, l'effet inverse existe aussi, mais dans une moindre mesure de sorte qu'on peut consid&#233;rer que c'est acceptable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une seconde raison, d'ordre plus politique, est que la mixit&#233; sociale oblige les classes dominantes &#224; d&#233;sirer une am&#233;lioration g&#233;n&#233;ralis&#233;e du niveau de l'enseignement. Il semble difficilement contestable, en effet, qu'aujourd'hui, les classes dominantes tirent objectivement avantage de la situation (et de l&#224;, il n'y a pas loin &#224; une d&#233;fense, plus ou moins assum&#233;e, d'un privil&#232;ge), puisque cette situation, en r&#233;duisant par exemple les chances des classes populaires d'acc&#233;der &#224; l'universit&#233;, aide les h&#233;ritiers des dominants &#224; conserver leurs privil&#232;ges. Rien de nouveau sous le soleil, Bourdieu est d&#233;j&#224; pass&#233; par l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, demeure &#224; mon sens une ambigu&#239;t&#233; sur l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; dont on parle. Que signifie exactement le terme &#171; mixit&#233; sociale &#187; ? On semble en effet, implicitement, confondre trois choses dans ce d&#233;bat : 1. le capital &#233;conomique des parents, 2. le capital intellectuel, social et symbolique des parents et 3. l'intelligence de l'enfant. Certes, il arrive que certaines familles cumulent les privil&#232;ges &#8212; ou les faiblesses &#8212; dans ces trois secteurs du jeu, ce n'est cependant pas le cas de toutes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le d&#233;bat qui a lieu autour du d&#233;cret Arena et de l'&#233;cole en g&#233;n&#233;ral, il me semble qu'on postule un peu trop rapidement l'interd&#233;pendance forte de ces trois questions. Il est ainsi implicite dans la discussion qu'une &#233;cole de riches est une &#233;cole de bon niveau, par principe. Ou que r&#233;aliser la mixit&#233; sociale revient &#224; r&#233;aliser la mixit&#233; des intelligences. De telles consid&#233;rations m&#233;ritent d'&#234;tre examin&#233;es de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certes, beaucoup d'&#233;l&#233;ments laissent penser que la richesse &#233;conomique est li&#233;e &#224; la d&#233;tention d'un haut capital intellectuel, qui est lui-m&#234;me li&#233; dans une certaine mesure &#224; l'intelligence observ&#233;e des enfants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car si l'on peut sans doute penser, comme le dit par exemple Jacques Ranci&#232;re, qu'il y a une &#233;galit&#233; des intelligences &#224; la naissance, on sait qu'un enfant dont on a &#233;veill&#233; les facult&#233;s cognitives d&#232;s ses premi&#232;res ann&#233;es, en lui parlant, en lui mettant tr&#232;s t&#244;t des livres dans les mains, etc, va d&#233;velopper ses capacit&#233;s, notamment langagi&#232;res, bien plus loin en moyenne qu'un enfant qui aura pass&#233; sa prime enfance devant une t&#233;l&#233;vision ; qu'un enfant qui aura b&#233;n&#233;fici&#233; de l'amour de son entourage sera affectivement bien plus &#233;panoui qu'un enfant qui aura subi les cris voire les coups. Et ainsi de suite. Peut-&#234;tre que tout est d&#233;j&#224; jou&#233; &#224; 6 ans, quand les enfants arrivent &#224; l'&#233;cole primaire. Certains enfants ma&#238;trisent un vocabulaire deux fois plus nombreux que d'autres, savent peut-&#234;tre d&#233;j&#224; lire, vont exploiter ces avantages qui leur donneront, sauf accroc, une avance d&#233;cisive pour toute la suite de leur parcours scolaire. &#192; la limite, tout est donc d&#233;j&#224; jou&#233; &#224; ce moment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Secundo, on sait que la mani&#232;re dont les &#233;ducateurs projettent, de fa&#231;on positive ou n&#233;gative, sur un enfant, a des effets imm&#233;diats sur les r&#233;sultats de l'enfant (j'ai oubli&#233; le nom qu'on donne &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne en psychologie de l'&#233;ducation, si un lecteur peut m'aider,...). Un enfant en qui l'on croit va obtenir de meilleurs r&#233;sultats qu'un enfant en qui on ne croit pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On sait aussi, ne serait-ce que par l'exp&#233;rience, qu'obtenir de bons points, dans le syst&#232;me disciplinaire qu'est l'&#233;cole, tient d'abord &#224; des comportements en ad&#233;quation avec ce qu'attend l'institution bien plus qu'&#224; des aptitudes intellectuelles &#171; brutes &#187;. Or, l'acquisition de ces &#171; aptitudes &#187; comportementales est fortement li&#233;e au milieu social.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'autres &#233;l&#233;ments, plus mat&#233;riels, assureront ensuite la promotion des &#233;lus. Des cours de rattrapage &#233;viteront aux enfants des nantis de se faire d&#233;crocher le cas &#233;ch&#233;ant. Dans la comp&#233;tition entres &#233;coles pour l'engagement des meilleurs enseignants, on imagine ais&#233;ment que les &#233;coles &#171; de riches &#187; sont mieux arm&#233;es (cadre de travail plus agr&#233;able, &#233;l&#232;ves plus disciplin&#233;s,...). De sorte que les in&#233;galit&#233;s se renforcent, les meilleurs enseignants &#233;tant mis au service des &#233;l&#232;ves les plus privil&#233;gi&#233;s (cet argument n&#233;glige cependant, &#224; tort, la d&#233;ontologie de nombreux enseignants).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour autant, la th&#232;se d'une ad&#233;quation entre intelligence des enfants et richesse des parents (par l'interm&#233;diaire du capital intellectuel &#233;lev&#233; des parents) est plus que discutable &#224; mon avis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout d'abord, beaucoup d'intellectuels &#8212; en tout cas d'intellectuels critiques &#8212; sont devenus pr&#233;caires &#8212; sous la contrainte de la loi &#233;conomique mais aussi par choix, par exemple &#233;cologique, d'une vie humainement plus riche que la vie dans le march&#233; qui avilit &#8212; tandis que les riches actifs dans la sph&#232;re de production sont de plus en plus lobotomis&#233;s et ali&#233;n&#233;s par un syst&#232;me fonci&#232;rement abrutissant (bon, peut-&#234;tre qu'il y a une forte charge axiomatique, dans ces consid&#233;rations), ce qui ne manque pas d'avoir de l'influence sur leurs enfants ; de sorte que le capital &#233;conomique a tendance &#224; co&#239;ncider de fa&#231;on moins syst&#233;matique avec le capital intellectuel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par ailleurs, beaucoup de personnes issues des classes populaires &#8212; notamment dans certains milieux issus de l'immigration &#8212; croient encore en l'&#233;mancipation par l'&#233;cole. Et assurent en cons&#233;quence &#224; leur prog&#233;niture un environnement au moins aussi favorable &#224; l'excellence intellectuelle que celui que peuvent trouver les enfants des riches ali&#233;n&#233;s de la classe dominante capitaliste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bref, il me semble qu'il faut consid&#233;rer l'hypoth&#232;se qu'il y a diff&#233;rentes sortes d'&#233;litisme. Et par cons&#233;quent, d&#233;ployer un arsenal &#233;valuatif susceptible de faire le tri. Imaginons donc quatre id&#233;aux-types d'&#233;coles, en fonction des cat&#233;gories que nous venons de construire et voyons ce qu'il se passe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1. L'&#233;cole de bourges. Premier type, recrute sur base de la fortune et de la reconnaissance socio-&#233;conomique des parents. Moyen de s&#233;lection : tout ce qui co&#251;te cher, standing, humiliations diverses inflig&#233;es par les &#233;l&#232;ves eux-m&#234;mes aux prolos &#233;gar&#233;s. Objectivement, ce mod&#232;le n'a pas beaucoup d'int&#233;r&#234;t pour ses utilisateurs (niveau pas n&#233;cessairement excellent, mauvaise pr&#233;paration &#224; la soci&#233;t&#233; multi-culturelle, au struggle for life), si ce n'est en tant que marqueur d'appartenance sociale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2. L'&#233;cole de gauche. Ecole recrutant parmi les enfants de la classe moyenne progressiste et, bient&#244;t, dans les enfants des pr&#233;caires surqualifi&#233;s (bon, il faudra voir ce qu'il va advenir de la g&#233;n&#233;ration des intellos pr&#233;caires, s'ils vont rester durablement pauvres ou s'ils vont trouver un moyen de se r&#233;ins&#233;rer dans la classe moyenne). Bas&#233;e sur les valeurs d'ouverture et de tol&#233;rance, elle est a priori ouverte &#224; tout le monde. Sans doute le mod&#232;le le plus mixte, &#224; tous points de vue, et le plus satisfaisant sur le plan des r&#233;sultats.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3. L'&#233;cole s&#233;lective. Ecole qui se base uniquement sur les capacit&#233;s intellectuelles des &#233;l&#232;ves, &#233;litisme classique, mais surtout (au niveau de justification du mod&#232;le) id&#233;e d'&#233;litisme &#171; r&#233;publicain &#187; (aller chercher &#171; dans le peuple &#187; les &#171; perles &#187; qui seront demain les cadres de la nation et assureront une &#233;galit&#233; symbolique dans l'occupation des hautes charges de l'&#201;tat). Recrutement sur bulletin, &#171; &#233;cr&#232;mage &#187; rapide, d&#232;s le premier cycle, des &#233;l&#232;ves trop lents ou inadapt&#233;s. Cette &#233;cole est probablement (quoique ce n'est pas certain) la plus propice aux surdou&#233;s. Elle constitue en outre le r&#234;ve (cruel pour leurs enfants qui n'assureront pas) des dominants parce qu'elle donne les meilleurs chances pour la suite, et aussi parce qu'elle s&#233;lectionne rapidement et donc justifie symboliquement le privil&#232;ge de classe. Elle constitue &#233;galement une r&#233;elle opportunit&#233; d'ascension sociale rapide pour les surdou&#233;s issus de la classe des domin&#233;s. Une telle &#233;cole se veut en effet tr&#232;s ouverte aux enfants dou&#233;s issus des classes moyennes et populaires, qu'elle accueille correctement et incite &#233;ventuellement &#224; pers&#233;v&#233;rer par une politique de discrimination positive plus ou moins volontaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;4. L'&#233;cole poubelle. Accueille les &#233;l&#232;ves qui ont &#233;t&#233; &#233;ject&#233;s des autres &#233;coles. Marqu&#233;e par l'absence de projet. Le mod&#232;le &#224; &#233;liminer,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bon, ces id&#233;aux-types ne valent pas grand chose (parfois j'ai vraiment honte d'&#233;crire tant de b&#234;tises en ayant si peu lu la litt&#233;rature du domaine dont je parle, aujourd'hui la sociologie de l'&#233;ducation), mais ils permettent de voir qu'en fait de s&#233;gr&#233;gation scolaire, les choses sont plus complexes qu'un simple bin&#244;me. Il y a trois questions &#224; se poser : 1. &#192; quel(s) mod&#232;le(s) s'attaque-t-on ? 2. Comment est-ce possible ? 3. Quelles sont les limites &#224; ne pas franchir ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mod&#232;le 1 semble tr&#232;s peu sympathique, fixons-nous l'objectif de l'&#233;liminer. Ce devrait &#234;tre techniquement possible avec des mesures telles que celles qui sont pr&#233;conis&#233;es plus haut (contr&#244;le des inscriptions). Le mod&#232;le 2 a l'air plus &#233;galitaire, il est d'ores et d&#233;j&#224; plus ouvert &#224; la diversit&#233; de la soci&#233;t&#233; (le contr&#244;le des inscriptions ne le g&#234;nera donc pas) et n'&#233;limine pas ses &#233;l&#232;ves pour un oui, pour un non : demandons-lui seulement un effort pour int&#233;grer un peu plus d'&#233;l&#232;ves issus des classes populaires (par exemple en am&#233;liorant les transports scolaires, en diffusant mieux les informations sur les &#233;coles disponibles pour inciter les &#233;l&#232;ves des couches populaires &#224; venir s'inscrire dans ces &#233;tablissements). Quant au mod&#232;le 3, son &#233;limination ne me semble pas relever de l'&#233;vidence, aussi bien sur le plan normatif que sur le plan de la faisabilit&#233;. Sur le plan normatif, je ne suis pas certain que l'&#233;litisme r&#233;publicain doive &#234;tre totalement rejet&#233; pour la raison qu'il constitue, s'il c'est bien cela qui se passe, un ascenseur social dont il y reste peu d'&#233;quivalents par ailleurs dans la soci&#233;t&#233;. Certes, cet ascenseur social est individuel et non collectif, &#233;litaire et non populaire &#8212; mais il contribue malgr&#233; tout &#224; renforcer la coh&#233;sion sociale dans son ensemble. Sur le plan de la faisabilit&#233;, l&#224; aussi, l'arraisonnement d'une telle &#233;cole me semble tenir de l'abordage en r&#232;gle, dans la mesure o&#249; les r&#232;gles formelles (r&#233;glementation des inscriptions et m&#234;me financement discriminant selon l'origine sociale des parents) n'ont gu&#232;re d'impact sur une telle &#233;cole et dans la mesure o&#249; les m&#233;canismes de s&#233;lection y sont inscrits au plus profond du fonctionnement et des croyances du personnel d'une telle &#233;cole. Dans un contexte de morosit&#233; scolaire, il n'est pas certain que r&#233;duire de force les &#238;lots d'excellence soit la meilleure id&#233;e qu'on puisse avoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bref, au-del&#224; de ce d&#233;bat sur les mesures susceptibles d'accro&#238;tre la mixit&#233; sociale, je crains que l'on ne perde quelque peu de vue l'objectif global d'am&#233;liorer la qualit&#233; de l'enseignement dans son ensemble (ce qui est d'ailleurs indispensable pour faire passer sans trop de heurts des mesures &#233;galitaires). Certes, il y a ce &#171; contrat pour l'&#233;cole &#187; dans lequel s'inscrit d'ailleurs le d&#233;cret &#171; inscriptions &#187;. Globalement, je n'ai pourtant pas le sentiment que les probl&#232;mes r&#233;els soient pos&#233;s (statut social en chute libre, depuis 20 ans, des enseignants, m&#233;thodes d'&#233;valuation, etc). Mais c'est l&#224; une autre histoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		
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		<title>M&#233;ditations d'un soir de rentr&#233;e des classes</title>
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		<dc:date>2007-09-04T00:03:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Schreuer</dc:creator>



		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>

		<description>Voici revenue, comme chaque ann&#233;e, la rentr&#233;e des classes. &#192; chaque fois, c'est la m&#234;me chose: d&#233;bats enflamm&#233;s entre p&#233;dagogues certifi&#233;s, ministres en charge et autres id&#233;ologues de service, reportages attendrissants sur les petits bouts que tout le monde s'extasie, semble-t-il, de voir brutalement pr&#233;cipit&#233;s dans le grand cirque de la vie sociale, r&#233;miniscences intimes, en &#233;cho et en &#233;clairs, de quelques traumatismes enfouis, mollement r&#233;veill&#233;s par toute cette agitation, nostalgie du temps qui passe, (...) 


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voici revenue, comme chaque ann&#233;e, la rentr&#233;e des classes. &#192; chaque fois, c'est la m&#234;me chose : d&#233;bats enflamm&#233;s entre p&#233;dagogues certifi&#233;s, ministres en charge et autres id&#233;ologues de service, reportages attendrissants sur les petits bouts que tout le monde s'extasie, semble-t-il, de voir brutalement pr&#233;cipit&#233;s dans le grand cirque de la vie sociale, r&#233;miniscences intimes, en &#233;cho et en &#233;clairs, de quelques traumatismes enfouis, mollement r&#233;veill&#233;s par toute cette agitation, nostalgie du temps qui passe, scand&#233; par ce m&#233;tronome, impitoyable comme tous les autres ; mais aussi surprenant constat d'une rassurante circularit&#233; dans le cours des choses terrestres. Malgr&#233; les nuages qui ne cessent de s'alourdir sur nos t&#234;tes, il y a une sorte de constance anthropologique dans la marche du monde et c'est apaisant. C'est tout cela que nous rappelle la rentr&#233;e des classes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour ma part, c'est chaque ann&#233;e l'occasion de replonger dans la perplexit&#233; un peu am&#232;re dans laquelle me laisse l'ind&#233;cision qui est la mienne face aux abysses philosophiques qui s'ouvrent d&#232;s lors qu'on r&#233;fl&#233;chit sur l'&#233;cole. Alpha et omega, microcosme, l'&#233;cole ne laisse pas de concentrer une bonne part de ce qui fait la vie sociale, d'incarner sans r&#233;pit les principales controverses &#233;thiques qui se posent ou s'imposent partout, mais l&#224; plus qu'ailleurs. Et en particulier celui-ci qui oppose l'autonomie &#224; l'&#233;galit&#233; ; la radicale autod&#233;termination qui devrait &#234;tre celle de chacun d'entre nous et l'absolu besoin de solidarit&#233;. Que ce soient des enfants qui occupent les premiers r&#244;les rend les choses encore plus sensibles, mais surtout encore plus d&#233;cisives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais formulons le probl&#232;me de fa&#231;on plus concr&#232;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si j'avais des enfants, je pense que mon id&#233;al de vie spontan&#233; int&#233;grerait profond&#233;ment la n&#233;cessit&#233; de leur donner une &#233;ducation conforme &#224; ce que je crois &#234;tre la dignit&#233; d'un &#234;tre humain. J'aurais, disons-le tout net, les pires difficult&#233;s &#224; tol&#233;rer qu'il leur soit fait obligation d'aller, d&#232;s six ans, s'asseoir sur un banc de bois plusieurs heures par jour, le regard tourn&#233; vers un tableau noir, pour y entendre des ma&#238;tres aussi insuffisants que suffisants &#8212; et de plus abondamment &#171; neutralis&#233;s &#187; au cours d'une formation &lt;i&gt;ad hoc&lt;/i&gt; agr&#233;&#233;e par la Communaut&#233; fran&#231;aise de Belgique &#8212; leur d&#233;biter une doxa politiquement correcte conforme &#224; je ne sais quel &#171; d&#233;cret missions &#187;. J'aurais en outre la hantise du verdict cruel que rend l'&#233;cole &#224; l'encontre d'enfants qui ne lui ont pourtant rien fait &#8212; m&#234;me si appartenant heureusement &#224; ce qu'on peut appeler la classe culturelle sup&#233;rieure et ayant donc en abondance connaissances de et dans l'institution scolaire, j'aurais bien &#233;videmment pris toutes les dispositions susceptibles de leur &#233;viter ce traumatisme inf&#226;me. Pour fuir tout cela, la culture &#233;tant mon seul rempart, ma biblioth&#232;que mon seul bien, je m'en irais donc habiter quelque campagne auvergnate ou africaine, y trouver un village n&#233;o-hippie, o&#249; les enfants passeraient le plus clair de leur temps &#224; vivre dans la nature et &#224; y apprendre les choses de la vie, les rudiments de leur &#233;ducation leur &#233;tant donn&#233;s par la communaut&#233; et selon des principes conformes &#224; l'id&#233;e que je me fais de la vie, de la justice et du monde. Peu d'heures par jour, aussi peu qu'il en faut &#224; des enfants &#224; qui l'on a pas ferm&#233; l'esprit et avec aussi peu d'autorit&#233; que possible, il leur serait autant enseign&#233; &#224; lire, &#224; compter et &#224; &#233;crire qu'&#224; aimer, &#224; faire usage de leur libre arbitre, &#224; conna&#238;tre les vanit&#233;s du monde, au rang desquelles le mythe de l'&#171; &#233;ducation &#233;galitaire &#187; figurerait en bonne place.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qu'adviendrait-il de tout cela ? Bien s&#251;r, j'aurais la conviction de leur ouvrir plus de possibles en voyageant avec eux qu'en les confrontant chaque matin maussade, avant de prendre le m&#233;tro de la d&#233;cr&#233;pitude consum&#233;riste, &#224; la hi&#233;ratique mappemonde qui tr&#244;ne dans chaque classe de l'enseignement public, la&#239;que et obligatoire, maudit soit-il. Mais l'omniscience que suppose cette ambition prom&#233;th&#233;enne de l'autonomie dress&#233;e face &#224; l'implacable loi humaine ne serait pas compl&#232;te sans appliquer &#224; elle-m&#234;me un doute salutaire qui la rendrait modeste. Ne sachant pas tout, je devrais me reconna&#238;tre un &#233;ducateur faillible. D'ailleurs, entre-temps, un conflit aurait &#233;clat&#233; au sein de ma communaut&#233; n&#233;o-hippie sur tel point de doctrine et il m'appara&#238;trait dans un d&#233;chirant &#233;clair d'humilit&#233; que j'ai commis plus de d&#233;g&#226;ts qu'autre chose. Qui sait, cela pourrait arriver. Et m&#234;me si &#231;a n'arrivait pas, il serait &#233;l&#233;mentaire de ma part de conc&#233;der que cela, ou autre chose, aurait pu arriver.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Devant ce d&#233;sastre, je serais amen&#233; &#224; op&#233;rer un examen de conscience, &#224; voir les in&#233;galit&#233;s effrayantes qui font que l'enfant d'un riche, avant m&#234;me d'avoir commenc&#233; son existence, a pris des lieues d'avance sur celui d'un pauvre, par la simple loi de l'argent qui domine tout. Et j'en serais comme il se doit scandalis&#233;. Et je constaterais qu'il y a des &#233;coles &#233;litistes, accueillant des enfants dont les parents disposent de tous les atouts &#8212; culturels, mat&#233;riels, politiques &#8212; pour leur permettre de mener &#224; bien le &lt;i&gt;cursum honorum&lt;/i&gt; du fils de famille tandis que dans d'autres, des professeurs de combat, hussards de la r&#233;publique, se d&#233;m&#232;nent pour soulever le couvercle d'indiff&#233;rence et de d&#233;terminisme qui s'est abbatu sur l'horizon de tant de m&#244;mes dont les parents n'avaient pas, eux, le harnachement social suffisant pour leur ouvrir des portes. Face &#224; cette immense injustice, je me battrais pour le socialisme, pour &#233;touffer comme autant de nids de vip&#232;res les lieux o&#249; se reproduit l'oligarchie qui r&#232;gne. Et ce serait l'&#233;cole pour tous, la&#239;que, gratuite, publique, obligatoire et ainsi de suite ; ce serait la carte scolaire, le tirage au sort des affectations, ce serait l'obligation scolaire, cette infamie plus t&#244;t d&#233;cri&#233;e, ce serait l'an&#233;antissement de l'&#233;cole priv&#233;e, de l'&#233;cole confessionnelle qui n'est que le refuge d'insupportables bourgeois trop s&#251;rs de leurs privil&#232;ges. Ce serait la grandeur v&#233;n&#233;rable du Service Public, honorable producteur de la nouvelle soci&#233;t&#233; &#233;galitaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L&#224; encore, cependant, il me faudrait bien &#224; un moment op&#233;rer un semblant d'autocritique et constater que ce qui &#233;mancipe est aussi ce qui ali&#232;ne ; que, trop s&#251;r de ma foi pour ainsi dire scientifique en l'&#233;mancipation de tous, consentie ou contrainte, j'aurais promu une v&#233;ritable pens&#233;e unique, un appareil id&#233;ologique d'Etat, une dictature dans les t&#234;tes. Il se trouverait &#224; n'en pas douter quelqu'un dans mon entourage pour me rappeler perfidement que &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Ferry&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Jules Ferry&lt;/a&gt; &#8212; le respect&#233; fondateur de l'&#233;cole publique en France &#8212; &#233;tait membre, en 1871, de l'abject gouvernement de Thiers, qui assassina la Commune de Paris. La relecture &#8212; moins na&#239;ve que la premi&#232;re, sans doute &#8212; du &lt;i&gt;Brave New World&lt;/i&gt; d'Aldous Huxley m'ach&#232;verait car, sans doute, si j'ai quelque disposition &#224; la lucidit&#233;, je verrais qu'il y a peu de diff&#233;rence entre l'Angsoc honni et mon programme lib&#233;rateur. Peut-&#234;tre, alors, que je me ferais n&#233;o-hippie et que je me convertirais au relativisme universel ou &#224; quelque &#233;cole mystique dans laquelle j'ach&#232;verais de dissoudre le peu qu'il me resterait de cerveau utilisable. &#192; moins qu'une nouvelle existence me permette de reprendre dans un sens ou l'autre le cycle infernal de ces p&#233;r&#233;grinations id&#233;ologiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fort heureusement pour la qualit&#233; de mes insomnies, je n'ai pas d'enfant et suis donc d&#233;li&#233; de toute application pratique trop imm&#233;diate de ces consid&#233;rations radicales. Me restent des doutes, le sentiment que la nuance s'impose et &#8212; en doutiez-vous ? &#8212; un certain d&#233;sappointement devant la mani&#232;re souvent born&#233;e dont la plupart des &#171; acteurs &#187;, ainsi qu'on dit, aiment &#224; d&#233;cr&#233;ter sur l'&#233;cole de grandes v&#233;rit&#233;s. Je m'irrite d'entendre Marie Arena expliquer qu'elle ambitionne de rendre l'&#233;cole obligatoire d&#232;s 4 ou 5 ans ; je ressens la violence subie par les enfants qui seront les victimes de cette mesure autoritaire. Je m'irrite tout autant d'entendre les parlementaires lib&#233;raux, v&#233;ritables agents de la classe dominante, se faire les objecteurs tortueux et hypocrites de toutes les mesures &#233;galitaires prises par leurs adversaires socialistes. Je ressens la haine de classe du d&#233;s&#233;h&#233;rit&#233; le jour o&#249; il prend conscience que la soci&#233;t&#233; est toute enti&#232;re organis&#233;e pour le faire aboutir &#224; la place qu'il occupe et pas &#224; une autre. Je m'irrite en plus d'entendre, &#231;a va sans dire, les p&#233;dagogues en chambre ass&#233;ner leurs v&#233;rit&#233;s pontifiantes et insultantes mais heureusement la plupart du temps insignifiantes au point que je parviens &#224; oublier l'essentiel de ce qu'ils disent tr&#232;s peu de temps apr&#232;s l'avoir lu ou entendu. Je lis et je relis Ivan Illich, qui me semble avoir dit tant de choses justes sur l'&#233;cole. Je n'oublie pas que &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Claude_Mich%C3%A9a&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Jean-Claude Mich&#233;a&lt;/a&gt; a expliqu&#233; que l'enseignement est un art et non une science, que cela suppose la diversit&#233; des approches p&#233;dagogiques, un rapport prudent &#224; la v&#233;rit&#233;. Plus que tout, je sais que la pire des choses qui puisse arriver est la marchandisation de l'&#233;cole, la prise de pouvoir du capitalisme sur l'&#233;cole. Je sais que la lutte contre cette abomination passe par un combat commun entre les libertaires et les socialistes. Je pense que la naissance d'un &#234;tre humain libre rel&#232;ve &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; d'une sorte de myst&#232;re &#8212; un peu comme l'&#233;mergence du langage chez l'enfant &#8212;, myst&#232;re qu'il convient d'abord et avant tout de respecter, que ce sont les syst&#232;mes rigides et imparfaits qui doivent s'adapter aux difficult&#233;s de l'enfant beaucoup plus que l'enfant se couler dans un moule qui le blesse, que la fragilit&#233; humaine doit &#234;tre au coeur de la r&#233;flexion sur l'&#233;ducation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous me direz que mes t&#226;tonnements ne font pas l'ombre d'une politique. Sans doute aurez-vous raison.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://photosdetina.blogspirit.com/archive/2006/10/17/reflet.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Source de la photo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Numerus Clausus, la loi du corporatisme m&#233;dical</title>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Schreuer</dc:creator>



		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>

		<description>Il en va de m&#234;me chaque ann&#233;e, souvent au d&#233;but de l'automne, l'ubuesque affaire du numerus clausus en m&#233;decine rejaillit path&#233;tiquement dans l'actualit&#233;. Cette ann&#233;e, on fait tr&#232;s fort, puisque c'est d&#232;s la premi&#232;re session que environ 80 &#233;tudiants (77 semble-t-il) se voient interdits de poursuivre leurs &#233;tudes de m&#233;decine malgr&#233; une r&#233;ussite, en premi&#232;re session, en premi&#232;re candidature (&#224; moins qu'on ne dise &#171;BAC&#187;, maintenant). &lt;br /&gt;Je dois dire que je ne peux r&#233;primer un haut-le-coeur id&#233;ologique en voyant le (...) 


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&lt;a href="http://bulles.agora.eu.org/themes/enseignement.html" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;

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		&lt;img src=&quot;http://bulles.agora.eu.org/local/cache-vignettes/L350xH232/arton1147-94ab6.png&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='350' height='232' class='spip_logos' style='height:232px;width:350px;' /&gt;
		
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il en va de m&#234;me chaque ann&#233;e, souvent au d&#233;but de l'automne, l'ubuesque affaire du &lt;i&gt;numerus clausus&lt;/i&gt; en m&#233;decine rejaillit path&#233;tiquement dans l'actualit&#233;. Cette ann&#233;e, on fait tr&#232;s fort, puisque c'est d&#232;s la premi&#232;re session que &lt;a href=&quot;http://www.rtbf.be/info/belgique/ARTICLE_103841&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;environ 80 &#233;tudiants&lt;/a&gt; (77 semble-t-il) se voient interdits de poursuivre leurs &#233;tudes de m&#233;decine malgr&#233; une r&#233;ussite, en premi&#232;re session, en premi&#232;re candidature (&#224; moins qu'on ne dise &#171; BAC &#187;, maintenant).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je dois dire que je ne peux r&#233;primer un haut-le-coeur id&#233;ologique en voyant le temps depuis lequel ce &lt;i&gt;numerus clausus&lt;/i&gt; pourrit la vie de tout le monde sans que la classe politique soit capable d'apporter des r&#233;ponses satisfaisantes au probl&#232;me. M&#234;me si je ne suis plus ce dossier avec r&#233;gularit&#233;, le &lt;i&gt;numerus clausus&lt;/i&gt; continue de retenir mon attention ; c'est que c'est une des premi&#232;res questions sur lesquelles je me suis battu politiquement, lorsque j'&#233;tais militant &#224; la FEF, &#224; partir de 1999 : j'ai pas mal travaill&#233; sur le sujet, pas mal &#233;crit (&lt;a href=&quot;http://francois.schreuer.org/articles/20000900_numerus_clausus.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://francois.schreuer.org/articles/20001005_lematin_numerus_clausus.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&quot;http://bulles.agora.eu.org/20050517_numerus_clausus.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;, entre autres). Et je reste surpris de voir &#224; quel point les choses peuvent stagner.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est que tout plaide contre ce &lt;i&gt;numerus clausus&lt;/i&gt;, syst&#232;me absurde qui ne se contente pas de faire des ravages dans les rangs &#233;tudiants et de &lt;a href=&quot;http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&amp;subid=90&amp;art_id=357628&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;pourrir l'ambiance&lt;/a&gt; dans les amphis de m&#233;decine. Malgr&#233; une &lt;a href=&quot;http://www.rtbf.be/info/belgique/ARTICLE_033464&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;augmentation annonc&#233;e des quotas&lt;/a&gt;, une situation de p&#233;nurie s&#233;vit, de plus en plus grave, &lt;a href=&quot;http://www.lalibre.be/article.phtml?id=12&amp;subid=124&amp;art_id=354196&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;dans les h&#244;pitaux&lt;/a&gt;, dans les &lt;a href=&quot;http://vienne.wallonie.be/site/1Interpellations.asp?DocID=520&amp;v1ID=&amp;RevID=&amp;namePage=&amp;pageParent=&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;r&#233;gions rurales&lt;/a&gt; et dans certains quartiers des grandes villes. Plus grave encore, en faisant porter tout l'effort (&#224; supposer qu'il ait &#233;t&#233; n&#233;cessaire) sur la seule cohorte des praticiens entrants, le numerus clausus d&#233;s&#233;quilibre s&#233;rieusement la d&#233;mographie du corps des m&#233;decins, ce qui annonce pas mal de probl&#232;mes dans le futur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bref, la situation est devenue ind&#233;fendable. Pourquoi cela perdure-t-il ? &#192; qui la faute ? On all&#232;gue la responsabilit&#233; flamande. &lt;a href=&quot;http://www.lesoir.be/actualite/belgique/77-etudiants-laureats-recales-2007-07-03-538164.shtml&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Fr&#233;d&#233;ric Soumois &#233;crit, dans Le Soir&lt;/a&gt;, que&lt;i&gt;&#171; tant que la Flandre jugera que la seule mani&#232;re de juguler une pr&#233;tendue &#171; surconsommation &#187; des soins de sant&#233; par les francophones est d'&#233;trangler l'offre m&#233;dicale, la chance est t&#233;nue de voir la situation &#233;voluer. &#187;&lt;/i&gt; Sur la m&#234;me longueur d'onde, le ministre de la sant&#233; sortant, Rudy Demotte (PS), &lt;a href=&quot;http://lesoir.be/actualite/belgique/numerus-clausus-un-probleme-2007-07-04-538345.shtml&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;fait quant &#224; lui la d&#233;claration suivante &#224; l'agenca Belga&lt;/a&gt; : &lt;i&gt;&#171; C'est clairement un probl&#232;me communautaire. J'ai pu au cours des 4 ann&#233;es &#233;coul&#233;es donner de l'air au syst&#232;me mais cela a &#233;t&#233; difficile et j'ai &#233;t&#233; tout seul face &#224; un SP.A et &#224; un VLD tr&#232;s favorables au numerus clausus. Le MR s'est tu dans toutes les langues. Seul le PS s'est battu. &#187;&lt;/i&gt; On est heureux d'entendre que Rudy Demotte se d&#233;couvre opposant du nus clus &#8212; c'est loin d'avoir toujours &#233;t&#233; le cas. Il n'est cependant sans doute pas inexact de dire que, dans le cadre des d&#233;bats f&#233;d&#233;raux, ce sont les Flamands qui se sont montr&#233;s les plus grands d&#233;fenseurs de cette mesure aberrante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'explication est cependant un peu courte et la vraie raison est &#224; mon avis moins &#224; chercher dans les arcanes du jeu communautaire que dans le corporatisme m&#233;dical forc&#233;n&#233; qui s&#233;vit ici comme &lt;a href=&quot;http://www.rue89.com/2007/06/06/a-la-fac-de-medecine-de-lille-l-avenir-se-joue-a-la-calculatrice&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;ailleurs&lt;/a&gt; et a non seulement encore de beaux jours devant lui &#8212; qui en doutait ? &#8212; mais conserve surtout une influence certaine dans les milieux politiques. Certains m&#233;decins manqueraient de patients pour vivre ou &#171; garder la main &#187; ? On l'affirme du c&#244;t&#233; des lobbies m&#233;dicaux, mais cela ne concerne qu'une tr&#232;s petite minorit&#233; de m&#233;decins. Ce qui est s&#251;r, par contre, c'est que les horaires (notamment les gardes) des m&#233;decins sont largement sup&#233;rieur au temps de travail moyen, que certains m&#233;decins ont des revenus particuli&#232;rement &#233;lev&#233;s. Une r&#233;duction du temps de travail, une reconnaissance des gardes comme temps de travail, un meilleur partage du travail ne seraient-elles pas des mesures plus indiqu&#233;es pour r&#233;dondre aux probl&#232;mes qui se posent (&lt;a href=&quot;http://www.ecolo.be/index.php?class=info&amp;page=dossiers/2006_medecine_generale&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;un plan complet a d'ailleurs &#233;t&#233; mis sur pied par la FEF et Ecolo&lt;/a&gt;) ? Cela ne fait aucun doute, mais cela indispose les m&#233;decins en place qui, avec le numerus clausus, organisent une p&#233;nurie qui n'a pas lieu d'&#234;tre et augmentent de ce fait m&#233;caniquement leurs revenus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour g&#233;n&#233;raliser le probl&#232;me, on m&#233;ditera sur la question suivante : qu'est-ce qui peut bien constituer la coh&#233;rence d'un march&#233; largement lib&#233;ralis&#233; &#8212; comme l'est le secteur de la m&#233;decine en Belgique &#8212; dont cependant l'acc&#232;s reste conditionn&#233; &#224; des quotas extr&#234;mement restrictifs ? Ne devrait-on pas, si l'on conditionne strictement l'acc&#232;s au march&#233;, r&#233;glementer plus avant le march&#233; lui-m&#234;me, notamment en limitant le temps de travail des praticiens et le prix qu'on les autorise &#224; faire payer ? Ou, &#224; l'inverse, si l'on souhaite conserver la m&#233;decine lib&#233;rale, faciliter l'acc&#232;s &#224; la profession pour permettre que de nouveaux entrants sur le march&#233; m&#233;dical puissent, par le jeu de la concurrence, tirer les prix &#224; la baisse ? &#192; rester dans cette situation d'entre deux, on fait juste le jeu du corporatisme m&#233;dical, qui n'a pourtant pas besoin, loin s'en faut, de ce coup de pouce de plus pour bien se porter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : triathlon de Paris, Suresnes, juin 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>France : menace de s&#233;lection des &#233;tudiants entre les deux premiers cycles de l'enseignement sup&#233;rieur</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Schreuer</dc:creator>



		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Politique fran&#231;aise</dc:subject>

		<description>Dans le tumulte de la campagne &#233;lectorale, l'information risque bien de passer inaper&#231;ue; elle est pourtant importante, et pas seulement pour les &#233;tudiants fran&#231;ais, dont le principal syndicat, l'UNEF, n'a pas manqu&#233; de r&#233;agir: le gouvernement fran&#231;ais envisage de permettre la s&#233;lection des &#233;tudiants entre les deux premiers cycles universitaires; autrement dit, le fait de disposer d'un dipl&#244;me de premier cycle -- d&#233;sormais connu sous le vocable de bachelor, partout en Europe, sauf en France, o&#249; l'on (...) 


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&lt;a href="http://bulles.agora.eu.org/themes/enseignement.html" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://bulles.agora.eu.org/themes/europe.html" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://bulles.agora.eu.org/themes/politique_francaise.html" rel="tag"&gt;Politique fran&#231;aise&lt;/a&gt;

		</description>


 
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		&lt;img src=&quot;http://bulles.agora.eu.org/local/cache-vignettes/L285xH211/arton1108.png&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='285' height='211' class='spip_logos' style='height:211px;width:285px;' /&gt;
		
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le tumulte de la campagne &#233;lectorale, l'information risque bien de passer inaper&#231;ue ; elle est pourtant importante, et pas seulement pour les &#233;tudiants fran&#231;ais, dont le principal syndicat, l'UNEF, n'a pas manqu&#233; de &lt;a href=&quot;http://unef.asso.fr/delia-CMS/index/article_id-2030/topic_id-129/selection-a-l-entree-du-master.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;r&#233;agir&lt;/a&gt; |&lt;a href=&quot;http://bulles.agora.eu.org/#nb1&quot; name=&quot;nh1&quot; id=&quot;nh1&quot; class=&quot;spip_note&quot; rel=&quot;footnote&quot; title='|1| De m&#234;me que Sud Etudiant.' &gt;1&lt;/a&gt;| : le gouvernement fran&#231;ais envisage de permettre la s&#233;lection des &#233;tudiants entre les deux premiers cycles universitaires ; autrement dit, le fait de disposer d'un dipl&#244;me de premier cycle &#8212; d&#233;sormais connu sous le vocable de &lt;i&gt;bachelor&lt;/i&gt;, partout en Europe, sauf en France, o&#249; l'on parle de &lt;i&gt;licence&lt;/i&gt; &#8212; ne garantirait plus syst&#233;matiquement l'acc&#232;s au second cycle (lire &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-897159@51-894576,0.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;l'article de Luc C&#233;delle dans Le Monde&lt;/a&gt; &#224; para&#238;tre dans l'&#233;dition dat&#233;e de demain).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce projet r&#233;gressif du gouvernement fran&#231;ais &#8212; qui intervient, comme souvent pour ce genre de sales coups, dans un contexte peu favorable &#224; un d&#233;bat d&#233;mocratique sur la question &#8212; s'inscrit dans la droite ligne des grandes tendances europ&#233;ennes en mati&#232;re d'&lt;i&gt;employabilit&#233;&lt;/i&gt; et, plus largement, de gestion du &lt;i&gt;capital humain&lt;/i&gt;, lesquelles sont explicitement d&#233;taill&#233;es dans la &#171; strat&#233;gie de Lisbonne &#187;, entre autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis frapp&#233; de voir combien sont en train de se justifier les inqui&#233;tudes et les oppositions que nous exprimions, dans le mouvement &#233;tudiant, &#224; l'&#233;poque o&#249; &#171; Bologne &#187; a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; &#224; la va-vite et ex&#233;cut&#233; dans la pire des pr&#233;cipitations |&lt;a href=&quot;http://bulles.agora.eu.org/#nb2&quot; name=&quot;nh2&quot; id=&quot;nh2&quot; class=&quot;spip_note&quot; rel=&quot;footnote&quot; title='|2| Pour l&amp;#39;observation de laquelle j&amp;#39;&#233;tais aux premi&#232;res loges puisque j&amp;#39;ai (...)' &gt;2&lt;/a&gt;|. Comme j'ai eu l'occasion de l'indiquer &lt;a href=&quot;http://francois.schreuer.org/articles/20041000_bologne.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;dans un article paru en 2004&lt;/a&gt;, c'est &#224; mon avis moins un plan d&#233;lib&#233;r&#233;ment destructeur qui est en cause dans ce fameux processus de Bologne qu'un d&#233;mant&#232;telement inconsid&#233;r&#233; de certaines protections dans un contexte tr&#232;s d&#233;favorable et qu'un processus terriblement d&#233;centralis&#233; de destruction des droits sociaux ; dont la droite fran&#231;aise &#8212; qui n'a d&#233;sormais plus rien du caract&#232;re ronronnant qu'elle pouvait avoir au temps du chiraquisme &#8212; se montre ici l'une des plus d&#233;cid&#233;es promotrices.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, deux des principales craintes qu'exprimaient les &#233;tudiants au moment de la mise en oeuvre du processus sont en train de confirmer leur pertinence |&lt;a href=&quot;http://bulles.agora.eu.org/#nb3&quot; name=&quot;nh3&quot; id=&quot;nh3&quot; class=&quot;spip_note&quot; rel=&quot;footnote&quot; title='|3| Et, comme d&amp;#39;habitude dans ce genre de cas, ceux qui tenaient ce discours (...)' &gt;3&lt;/a&gt;|. D'une part, on assiste &#224; la mutation acc&#233;l&#233;r&#233;e de l'enseignement sup&#233;rieur vers un syst&#232;me &#171; professionalisant &#187; &#8212; les cursus d'&#233;tudes destin&#233;es au plus grand nombre ont d&#233;sormais le but central et incontournable de satisfaire les besoins du march&#233;. Les objectifs d'&#233;manciptation sociale, culturelle et d&#233;mocratique ou de formation &#224; la recheche scientifique, entre autres choses, ne concernent plus qu'une &#233;lite &#8212; intellectuelle (selon les crit&#232;res acad&#233;miques) et surtout financi&#232;re &#8212; tandis que la masse des &#233;tudiants se voit cantonn&#233;e &#224; des &#233;tudes dont le contenu est tr&#232;s largement instrumentalis&#233;. Le raccourcissement des &#233;tudes &#224; trois ans s'inscrit dans cette logique : c'est la dur&#233;e n&#233;cessaire pour former des techniciens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'autre part, la dualisation entre &#233;tablissements d'enseignement sup&#233;rieur est tr&#232;s clairement au programme. Selon Le Monde, &lt;i&gt;&#171; La Conf&#233;rence des pr&#233;sidents d'universit&#233; (CPU) pr&#233;cise, de son c&#244;t&#233;, que, conform&#233;ment &#224; &#8220;ce qui a toujours &#233;t&#233; sa position&#8221;, les textes adopt&#233;s n'instaurent pas une &#8220;obligation&#8221; mais ne font que &#8220;rendre possible&#8221; un filtrage d&#232;s le master 1, la d&#233;cision appartenant aux universit&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;. Sans commentaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quant &#224; la Communaut&#233; fran&#231;aise, si elle n'est bien entendu pas directement concern&#233;e, elle ferait pourtant bien de s'inqui&#233;ter d&#232;s &#224; pr&#233;sent puisqu'une mesure de contingentement de l'acc&#232;s au second cycle en France aurait m&#233;caniquement pour effet d'amener des milliers d'&#233;tudiants fran&#231;ais &#224; s'inscrire en Belgique, ce dont le syst&#232;me de Bologne leur donne en principe leur droit. Ici comme ailleurs, la mise en concurrence des syst&#232;mes sociaux qui est l'essence de &#171; Bologne &#187; aura pour effet la destruction des syst&#232;mes les plus solidaires, comme je l'&#233;crivais &lt;a href=&quot;http://francois.schreuer.org/articles/20060902_decret_non-residents.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;dans Le Soir&lt;/a&gt; il y a quelques mois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;|&lt;a href=&quot;http://bulles.agora.eu.org/#nh1&quot; name=&quot;nb1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1&quot; rev=&quot;footnote&quot;&gt;1&lt;/a&gt;| De m&#234;me que &lt;a href=&quot;http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=11006&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Sud Etudiant&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;|&lt;a href=&quot;http://bulles.agora.eu.org/#nh2&quot; name=&quot;nb2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2&quot; rev=&quot;footnote&quot;&gt;2&lt;/a&gt;| Pour l'observation de laquelle j'&#233;tais aux premi&#232;res loges puisque j'ai commenc&#233; &#224; militer &#224; la FEF quelques semaines apr&#232;s l'adoption de la d&#233;claration de Bologne, en juin 1999, et que j'ai poursuivi mon engagement &#233;tudiant jusqu'&#224; l'adoption du (tr&#232;s mauvais) d&#233;cret de la Communaut&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;|&lt;a href=&quot;http://bulles.agora.eu.org/#nh3&quot; name=&quot;nb3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3&quot; rev=&quot;footnote&quot;&gt;3&lt;/a&gt;| Et, comme d'habitude dans ce genre de cas, ceux qui tenaient ce discours risquent fort de passer sans transition du statut de &lt;i&gt;&#171; parano&#239;aques &#187;&lt;/i&gt; &#224; celui d'&lt;i&gt;&#171; utopistes &#187;&lt;/i&gt;. Hier, exprimer ces craintes &#233;tait r&#233;guli&#232;rement consid&#233;r&#233; comme un proc&#232;s d'intention &#224; l'&#233;gard du pouvoir et des gouvernants qui n'allaient &#171; bien entendu &#187; jamais c&#233;der &#224; de pareilles mesures &#171; antisociales &#187; ; demain, s'y opposer sera probablement consid&#233;r&#233; comme un &#171; manque de r&#233;alisme &#187;. Ainsi va la propagande douce dans laquelle nous baignons.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<title>&#192; propos du d&#233;cret &#171; non-r&#233;sidents &#187;</title>
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<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
<description>Le d&#233;cret de la ministre de l'enseignement sup&#233;rieur de de la Communaut&#233; fran&#231;aise visant &#224; limiter le nombre (extr&#234;mement massif, il faut bien le dire, puisqu'on d&#233;passait 80~% dans certaines fili&#232;res) d'&#233;tudiants non-r&#233;sidents dans notre enseignement sup&#233;rieut fait beaucoup parler de lui. Ne faisant pas (...) 


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&lt;a href="http://bulles.agora.eu.org/themes/enseignement.html" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;
</description>

  <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;cret de &lt;a href=&quot;http://bulles.agora.eu.org/20040807_simonet.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;la ministre de l'enseignement sup&#233;rieur&lt;/a&gt; de de la Communaut&#233; fran&#231;aise visant &#224; limiter le nombre (extr&#234;mement massif, il faut bien le dire, puisqu'on d&#233;passait 80 % dans certaines fili&#232;res) d'&#233;tudiants non-r&#233;sidents dans notre enseignement sup&#233;rieut fait &lt;a href=&quot;http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2006/09/01/article_la_frustration_des_etudiantsnon_residents.shtml&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;beaucoup parler de lui&lt;/a&gt;. Ne faisant pas exception, je me suis fendu d'une &#171; carte blanche &#187;, selon la terminologie en usage, qui, une fois n'est pas coutume, a &#233;t&#233; publi&#233;e dans le journal &lt;a href=&quot;http://www.lesoir.be/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Le Soir&lt;/a&gt; de ce jour, sous le titre &lt;a href=&quot;http://francois.schreuer.org/articles/20060902_decret_non-residents.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Il faut endiguer le dumping scolaire&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Le &#171; probl&#232;me &#187; des &#233;tudiants fran&#231;ais en Belgique ou comment mal poser une question</title>
		<link>http://bulles.agora.eu.org/20060329_etudiants_francais_en_belgique.html</link>
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		<dc:date>2006-03-29T10:57:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Schreuer</dc:creator>



		<dc:subject>Politique belge</dc:subject>
		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>

		<description>Stigmatiser un ennemi impuissant est une grave erreur pour tout mouvement social. Cela revient quasiment &#224; se donner la garantie qu'aucune solution aux probl&#232;mes que l'on vit ne pourra &#234;tre trouv&#233;e et donc &#224; se condamner &#224; la d&#233;ception des petits matins gris des lendemains de d&#233;faite. C'est pourtant ce que fait avec beaucoup d'&#233;nergie le mouvement qui secoue actuellement les hautes &#233;coles concern&#233;es par le d&#233;cret de la ministre Simonet sur la pr&#233;sence d'&#233;tudiants &#171;non-r&#233;sidents&#187; dans notre enseignement (...) 


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&lt;a href="http://bulles.agora.eu.org/themes/enseignement.html" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://bulles.agora.eu.org/themes/europe.html" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;

		</description>


 
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		&lt;img src=&quot;http://bulles.agora.eu.org/local/cache-vignettes/L300xH300/arton1033.png&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='300' height='300' class='spip_logos' style='height:300px;width:300px;' /&gt;
		
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Stigmatiser un ennemi impuissant est une grave erreur pour tout mouvement social. Cela revient quasiment &#224; se donner la garantie qu'aucune solution aux probl&#232;mes que l'on vit ne pourra &#234;tre trouv&#233;e et donc &#224; se condamner &#224; la d&#233;ception des petits matins gris des lendemains de d&#233;faite. C'est pourtant ce que fait avec beaucoup d'&#233;nergie le mouvement qui secoue actuellement les hautes &#233;coles concern&#233;es par le d&#233;cret de la ministre Simonet sur la pr&#233;sence d'&#233;tudiants &#171; non-r&#233;sidents &#187; dans notre enseignement sup&#233;rieur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au-del&#224; des pol&#233;miques sans doute justifi&#233;es sur les modalit&#233;s et le calendrier d'application du d&#233;cret, lesquelles ne sont pas le sujet du pr&#233;sent raisonnement, l'exigence de &#171; libert&#233; d'acc&#232;s &#187; formul&#233;e actuellement par les gens qui ont pris la parole est illusoire mais est surtout contre-productive pour la libert&#233; d'acc&#232;s elle-m&#234;me. Car c'est un trou sans fond qu'on ouvre ici, qui le deviendra encore plus quand le nombre de programmes de cours enti&#232;rement anglophones aura augment&#233; comme on peut s'y attendre. Certes, on ne doit pas n&#233;gliger l'apport (financier, mais pas uniquement) de ces &#233;tudiants qui choisissent de venir &#233;tudier en Belgique. Chacun d'entre eux n'en repr&#233;sente pas moins un co&#251;t net appr&#233;ciable pour la collectivit&#233;. R&#233;clamer &#224; une institution d&#233;sargent&#233;e comme l'est la Communaut&#233; fran&#231;aise de Belgique, non habilit&#233;e &#224; lever l'imp&#244;t de surcro&#238;t, des moyens qu'elle est incapable de donner, n'a gu&#232;re de sens, si ce n'est celui d'octroyer de facto un nihil obstat aux v&#233;ritables responsables de la situation, notamment la politique de libert&#233; d'acc&#232;s extr&#234;mement restrictive pratiqu&#233;e par la R&#233;publique fran&#231;aise. Soit dit en passant, on doit souligner que, contrairement &#224; ce qu'affirment de mauvais proc&#232;s d'intention &#233;tal&#233;s dans la presse, aucune &#233;conomie n'est faite avec ce d&#233;cret puisque &#8212; pour le pire en g&#233;n&#233;ral sauf aujourd'hui &#8212; l'enseignement sup&#233;rieur est financ&#233; sur le principe de l'enveloppe ferm&#233;e. Il n'emp&#234;che : est-il juste que le contribuable wallon et bruxellois, dont les moyens sont pourtant plus rares qu'ailleurs en Europe occidentale et hautement n&#233;cessaires pour d'autres finalit&#233;s, finance les &#233;tudes de cohortes d'&#233;tudiants de France ou d'ailleurs ? Cela me semble douteux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s lors qu'on admet ceci, on doit reconna&#238;tre que le gouvernement avait deux possibilit&#233;s d'action : instaurer un syst&#232;me restrictif comme presque partout ailleurs ou tenter de prot&#233;ger le syst&#232;me de libert&#233; d'acc&#232;s existant. Il a heureusement choisi la seconde option.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La solution retenue &#8212; le crit&#232;re de la r&#233;sidence pour d&#233;terminer la priorit&#233; d'acc&#232;s &#224; l'enseignement dans les fili&#232;res concern&#233;es &#8212; d&#233;note en outre d'une approche progressiste, bien loin de logiques plus x&#233;nophobes qu'on aurait pu voir &#224; la place. Le r&#233;sident, c'est celui qui paie ses imp&#244;ts, c'est celui qui fait partie de la soci&#233;t&#233;. Il semble que c'est l&#224; une condition naturelle pour b&#233;n&#233;ficier des services publics et autres syst&#232;mes de redistribution. L'immigr&#233; qui s'est install&#233; en Belgique pour y construire (un morceau de) sa vie est un r&#233;sident. La sportive de haut niveau qui s'exile dans un paradis fiscal pour cesser de payer des imp&#244;ts n'est pas une r&#233;sidente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme d&#233;rivatif &#224; la question de fond soulev&#233;e ici, on &#233;voque de ci de l&#224; l'hypoth&#232;se des fonds de compensation &#8212; l'id&#233;e que la France pourrait d&#233;dommager la Communaut&#233; fran&#231;aise pour le co&#251;t de la formation de ses ressortissants. C'est &#224; mon sens une illusion relative, m&#234;me si je l'ai longtemps d&#233;fendue comme un moindre mal : elle postule cette id&#233;e aberrante que la France qui met en place une politique de restriction d'acc&#232;s passablement douloureuse accepterait d'importer des services qu'elle pourrait produire elle-m&#234;me et de renoncer en m&#234;me temps, du moins en partie, &#224; l'efficacit&#233; de son syst&#232;me de ma&#238;trise des co&#251;ts (aussi peu justifi&#233; soit-il) d&#232;s lors qu'un &#233;tudiant refus&#233; en France pourrait venir s'inscrire librement en Belgique,... aux frais de la France.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin on ne videra pas le d&#233;bat qui nous occupe sans aborder la question europ&#233;enne. Car, au plus profond, est ici en cause une conception de la construction europ&#233;enne et de ses produits d&#233;riv&#233;s (tel le processus de Bologne) dans laquelle on a explicitement renonc&#233; &#224; harmoniser les syst&#232;mes sociaux tout en lib&#233;ralisant les &#233;changes. Cette approche, privil&#233;giant la concurrence entre &#233;tats, que l'on peut strictement qualifier d'ultra-lib&#233;rale, domine ouvertement le processus d'unification politique du continent depuis au moins une vingtaine d'ann&#233;es et l'&lt;a href=&quot;http://www.monde-diplomatique.fr/cahier/europe/acteunique-intro&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Acte Unique&lt;/a&gt; de 1986. Forc&#233;ment, cette politique m&#232;ne &#224; la fragilisation, voire &#224; l'an&#233;antissement des syst&#232;mes sociaux les plus g&#233;n&#233;reux. Ne pas harmoniser, c'est m&#233;caniquement ouvrir la voie au dumping social et donc &#224; l'harmonisation par le bas ; autrement dit, menacer les plus fragiles d'entre les citoyens. C'est le seul vrai probl&#232;me auquel il convient de s'attaquer dans cette affaire. C'est l&#224; que se trouve la responsabilit&#233;, incroyablement plus &#233;crasante, de nos repr&#233;sentants politiques et c'est sur ce point qu'il faut les obliger &#224; agir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; leurs coll&#232;gues rest&#233;s au pays m&#232;nent un salutaire et n&#233;cessaire mouvement de protestation dans lequel s'exprime le refus du syst&#232;me &#233;conomique de la pr&#233;carit&#233; qui s'institue aujourd'hui et plus g&#233;n&#233;ralement du mod&#232;le de soci&#233;t&#233; tellement pauvre qu'on pr&#233;tend nous imposer, les &#233;tudiants fran&#231;ais (et les autres) s'opposant au d&#233;cret Simonet seraient bien inspir&#233;s de s'arr&#234;ter un moment pour r&#233;fl&#233;chir au message qu'ils souhaitent porter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://francois.schreuer.org/articles/20060902_decret_non-residents.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Une version quelque peu modifi&#233;e de ce texte&lt;/a&gt; a &#233;t&#233; publi&#233;e comme &#171; carte blanche &#187; dans le journal &lt;a href=&quot;http://www.lesoir.be/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Le Soir&lt;/a&gt; du 2 septembre 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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