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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

7/11 — Le cordon sanitaire est tombé

Les députés flamands, majoritaires au Parlement, ont donc voté cette après-midi la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV) en commission de la Chambre. Cette commission est présidée par le député Pieter De Crem, membre du même parti qu’Yves Leterme, l’(ex- ?)futur premier ministre. Dix des onze députés néerlandophones (CD&V/N-VA, Open VLD, SP.A-Spirit et Vlaams Belang) ont voté pour ; l’élue Groen Tinne Van der Straeten |1| (voir son blog) s’est abstenue. Les 6 députés francophones ont quitté la séance dès le début du vote.

J’ignore les conclusions qu’il convient de tirer de ce vote sur le plan institutionnel (sans parler de l’état de la désormais très improbable Orange bleue). Par contre, une chose est d’ores et déjà certaine : le cordon sanitaire est tombé — et pas n’importe où, puisque c’est sous les plafonds dorés du palais ironiquement nommé « de la nation » qu’a eu lieu cette forfaiture. Pour obtenir ce vote, en effet, une alliance des fascistes et des soi-disant démocrates du Nord du pays a dû être réunie.

Ca donne une idée de la gravité de la situation.

Merci aux Verts qui font demeurer l’un des seuls lieux de dialogue Nord-Sud dans ce pays.

Pour suivre : BHV, surtout garder la tête froide

|1| Dont on imagine le courage qu’il lu a fallu et les persiflages qui ont couru et vont courir sur son dos.

 

20/10 — Wooncode

Le Sénat renonce (à l’unanimité) à se prononcer sur le Wooncode, le code flamand du logement, dont une disposition controversée stipule que le candidat à un logement social s’engage à apprendre le néerlandais. Au moment où le code avait été adopté, j’étais assez nettement contre cette obligation linguistique qui m’apparaissait comme un renoncement scandaleux des partis démocratiques devant la pression du Blok/Belang.

Je dois dire que j’ai changé d’avis et qu’à tout bien considérer je trouve finalement cette obligation acceptable : la société multiculturelle ne doit pas être une société dont les membres ne se comprennent pas et je trouve légitime de la part des pouvoirs publics de promouvoir une langue commune, non seulement comme vecteur de communication et de citoyenneté, mais aussi comme moyen de promotion sociale ; car il ne s’agit pas d’exiger des candidats une pratique effective du néérlandais, mais seulement un engagement à suivre des cours qui sont pris en charge par les pouvoirs publics. Je trouve par conséquent qu’il est judicieux de la part du sénat de ne pas en remettre une couche sur cette histoire.

 

Flandre

mercredi 7 novembre 2007

BHV, surtout garder la tête froide

L’issue redoutée a donc eu lieu ; les députés flamands ont voté cette après-midi la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvoorde (BHV) en Commission de l’Intérieur de la Chambre. Et beaucoup de commentateurs d’enchainer sur la « crise de régime » dans laquelle nous entrons. Beaucoup de cris. Beaucoup de fumée.

Avant toute chose, j’aimerais suggérer aux francophones — et notamment aux citoyens qu’on peut entendre réagir de façon très impulsive — de prendre garde à ne pas agir comme ces équipes de foot qui, après avoir pris un but, perdent soudain tous leurs moyens, se désorganisent et finissent le match avec trois ou quatre buts en plus.

Car si ce vote de la scission de BHV est une défaite — grave peut-être pour sa portée symbolique et la manière dont les choses se sont déroulées —, ce n’est pas un drame. L’élément le plus préoccupant, à mon avis, ce n’est pas la substance du vote lui-même, c’est le fait que le cordon sanitaire ait été rompu à cette occasion ; c’est la collusion du monde (...) [lire la suite]

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vendredi 31 août 2007

... et De Wever a de très sales fréquentations

Après Yves Leterme hier, un mot sur son comparse de cartel Bart De Wever, au sujet duquel on peut lire ceci dans Pan :

Et certains oseront encore dire que le président de la N-VA est extrémiste… Une photo fait fureur en Flandre depuis quelque temps, où l’on distingue Bart De Wever contemplant amoureusement… Jean-Marie Le Pen ! Le cliché aurait été pris en 1998 à Anvers, lors d’un rassemblement de nationalistes, sous la houlette du plus célèbre borgne de France, qui rêvait d’une grande coalition de ses homologues européens. Les mamours ne s’arrêtent pas là : De Wever et Le Pen se sont aussi vus à l’enterrement du fondateur historique du Vlaams Blok, Karel Dillen, en mai dernier. Pour rappel, Bart négocie actuellement un gouvernement « fédéral »…

Pour rappel, le cartel CD&V-NVA est incontournable pour la formation d’un gouvernement.

Mais dans quel traquenard sommes-nous fourrés (...)

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vendredi 31 août 2007

Leterme est un abruti...

Alors que la vox mediatis s’emballait aujourd’hui avec autant d’empressement que de stupidité autour de quelques étudiants flamands zé flaminguants ayant décidé gaillardement de proclamer l’indépendance de la Flandre, alors qu’une pétition authentiquement pathétique partage le pinacle des manchettes avec les précédents — ne se passe-t-il donc plus rien qu’on en soit réduit à ça ? —, voici, pour complaire à la médiocrité des temps et au thème général de la journée écoulée, un post totalement dépourvu d’arguments ! Si fait. Pas la peine d’applaudir, je sais d’ores et déjà que cet infime pet que je produis à la surface du monde aura un retentissement bien plus important que les trois quarts des papiers (longs et généralement remplis d’arguments, eux) qui encombrent les pages de ces carnets. Si, si, c’est comme ça que ça va.

Mais, trêve de flagornerie, le lecteur est déjà bien trop bien servi comme ça, venons-en au fait !

Vous aussi, vous ne comprenez pas le comportement erratique et velléitaire d’Yves Leterme (...) [lire la suite]

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samedi 25 août 2007

À propos d’une orange bleue, brèves remarques sur les événements en cours

L’assoupissement estival et l’impérieuse obligation que j’ai de me préoccuper de choses moins terrestres que la politique politicienne belge le dispute au vif sentiment que les événements auxquels on assiste actuellement ont — chose rare dans le maeström fade de l’actualité — quelque chose de significatif. Je suis même convaincu que de nombreux historiens seront amenés à s’intéresser d’assez près au déroulement des négociations par lesquelles tente laborieusement de se mettre en place un gouvernement dit « orange bleue ». Et comme il est probable que, parmi ces historiens, nous ne serons pas les derniers à cogiter, tentant de comprendre ce qui nous sera arrivé, il est sans doute utile de commencer dès à présent le travail, en commençant par tenter d’élever un peu le débat.

La crise belge nous pose avec beaucoup d’insistance certaines questions importantes, nous impose d’y donner des réponses, lesquelles ne seront pas sans très profondes conséquences sur l’avenir des habitants de ce pays, mais aussi beaucoup (...) [lire la suite]

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lundi 11 juin 2007

Laisser la Flandre s’en aller, pour éviter la haine

Il y a de nombreux enseignements à tirer des résultats des élections législatives de ce 10 juin. Parmi ceux-ci, le principal — et de loin — est à mon avis la victoire du cartel CD&V-NVA de MM. Yves Leterme et Geert Bourgeois et, ce faisant, le choix qu’a semble-t-il définitivement fait la Flandre de se diriger vers le confédéralisme, lequel peut être considéré, moyennant quelques nuances, comme une prémisse à l’indépendance flamande. Il me semble malsain de persister à nier cette évidence comme semblent vouloir le faire les partis francophones.

En ce qui concerne l’avenir de la Belgique, en effet, il existe à mon avis deux positions cohérentes et seulement deux : le fédéralisme d’union d’une part ; la scission du pays d’autre part, qui pose la question du destin de la partie résiduelle du pays qui est aussi en bonne partie francophone.

La première solution suppose une remise en commun d’un certain nombre de choses. Il s’agit de recréer les conditions d’un vivre-ensemble qui soit autre chose qu’une (...) [lire la suite]

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vendredi 15 décembre 2006

J’ai décidé d’apprendre le néerlandais

Quelques petites remarques suite à l’affaire du hoax de la RTBF qui n’en finit pas d’agoniser : quatre choses à faire sans tarder et puis aussi une bonne résolution.

1. Si les réactions à chaud étaient critiquables mais somme toute compréhensibles, la véritable salve roulante qui a courru les ondes toute la journée a crevé pas mal de plafonds sur le thème du scandale inadmissible que constituerait, aux yeux des porte-parole autorisés, la petite pantalonnade des sociétaires du boulevard Reyers. Il convient dès lors de se demander sérieusement pourquoi les réactions politiques sont à ce point démesurées, pourquoi a pu avoir lieu cette éruption de bien-pensance putassière ; pourquoi cet étalage de connerie revendiquée de la part de ces gens qui font pourtant profession — sans beaucoup de succès il faut bien le dire pour la plupart d’entre eux — d’avoir l’air sérieux. Je ne vais pas reprendre ici le détail des interventions plus pénibles les unes que les autres qu’on a pu entendre aujourd’hui ; leur détail (...) [lire la suite]

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mercredi 13 décembre 2006

Enseignements d’un hoax médiatique ou de la preuve que la RTBF peut avoir de l’audace

Commençons par résumer ce dont il est question pour ceux — que j’espère nombreux — qui ne vivraient pas les yeux rivés sur les trépidations de l’actualité médiatique sachent ce dont il est question. La RTBF — qui peut parfois aussi avoir de bonnes idées et même, c’est presque inattendu, un brin de folie audacieuse — a brusquement interrompu ses programmes aujourd’hui en début de soirée pour annoncer que la Flandre faisait sésession, que le conseil régional flamand (dit abusivement parlement) venait de déclarer l’indépendance du plat-pays, laissant gros jean comme devant des francophones ahuris et un roi émigrant à l’étranger. S’est ensuivie une « émission spéciale » qui ne ressemblait pas vraiment à une émission spéciale dans laquelle se sont enchaînés des décrochages « en direct » devant quelques bâtiments officiels et des reportages fort opportunément préparés.

Le tout était gros comme une maison, accumulait de façon parfaitement invraisemblable des énormités plus visibles les unes que les autres, depuis la (...) [lire la suite]

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lundi 9 octobre 2006

À propos des résultats des communales

L’essentiel des résultats électoraux des communales et provinciales de ce dimanche 8 octobre sont désormais connus. Ils sont, dans leurs contrastes, riches d’enseignements, me semble-t-il. Commentaire de quelques éléments saillants.

Tendances générales

Personnalisation. La première chose à souligner, à mon avis, est que, en Wallonie, la tendance à la personnalisation du scrutin sort clairement renforcée de la réforme électorale (wallonne) selon laquelle l’élection du bourgmestre se décide mécaniquement selon les voix de préférence des uns et des autres, ce qui oblige les partis, quand bien même ils ne le voudraient pas, à concentrer encore plus d’énergies et à donner plus de visibilité à leur tête de liste. Cet effet explique sans doute en bonne partie les scores très élevés que réalisent par exemple Willy Demeyer et Didier Reynders à Liège. L’un et l’autre campaient en effet la posture du « candidat au mayorat » (quoique, pour le second, ce fut de manière purement virtuelle). Cette personnalisation (...) [lire la suite]

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lundi 18 septembre 2006

L’avenir de la région liégeoise passe par la Flandre

Être wallon me donne de plus en plus souvent l’impression de vivre dans un pays du Tiers-Monde. À tout le moins, la région wallonne est à mes yeux le lieu d’une inertie, d’une reproduction continuelle du même, d’une espèce de médiocrité ambiante qui sont véritablement épuisantes. Et les gesticulations de plus en plus démesurées — le stupidement nommé « plan Marschall » en tête — ne font qu’accentuer ce sentiment. J’ai tout simplement l’impression que la Wallonie produit, par rapport aux entités qui la composent, une valeur ajoutée négative. Le Brabant Wallon ne rêve que de Bruxelles et donne souvent l’impression de mépriser ouvertement les sudistes. Le sud de la province du Luxembourg devient tout doucement un hinterland du Grand-Duché. Le Hainaut marine dans son jus, dirigé à la n’importe comment par des politiciens encore plus incompétents et corrompus que dans le reste du pays, ce qui ne l’empêche pas, notamment en raison de son poids démographique, de dominer politiquement la Wallonie. Quant à Liège, capitale (...) [lire la suite]

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jeudi 17 novembre 2005

Des avions qui tournent en rond

Je ne sais si c’est quelque faiblesse inhérente à la condition humaine qu’il faut incriminer ; ou peut-être le modèle politique extraordinairement complexe qui est celui de la Belgique ; ou encore une certaine culture du compromis qui, poussée à bout, empêche toute décision un peu radicale d’être prise. Quoi qu’il en soit, à force de garder le nez dans le guidon et de gérer à la petite semaine des problèmes qui demanderaient un peu d’ampleur de vue, nos décideurs politiques ont (trop) souvent l’art de se mettre (et de nous mettre par la même occasion) dans des situations impossibles, voire complètement ubuesques.

C’est très particulièrement le cas aujourd’hui de l’aéroport « national » belge qui n’en finit pas d’occuper les manchettes de journaux de son actualité absurde. Ça fait quelques années que ça dure, en fait ; cet aéroport donne d’abominables maux de crâne à beaucoup de monde dans ce pays, non seulement à ses riverains (ça, on s’en doute) mais aussi aux responsables politiques chargés de sa gestion ainsi (...) [lire la suite]

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samedi 15 janvier 2005

Elargissement de Bruxelles en échange de « BHV » ? Oui

Deuxième bonne nouvelle de la semaine en politique belge (après l’avancée sur le financement des partis racistes). Il semblerait que les quatre partis francophones démocratiques représentés au parlement soient vaguement décidés à ce que la prochaine négociation institutionnelle ne se termine pas, pour une fois, par l’habituel enculage en règle qui avait clos (momentanément) les précédentes sessions de négociation. Enfin, c’est ce qu’ils disent en tout cas. Mais comme ils le disent ensemble — Joëlle Milquet, Elio Di Rupo, Didier Reynders et même les Ecolos — et qu’ils ont vaguement l’air déterminés, on peut peut-être se persuader qu’ils resteront fermes sur leurs positions.

Il faut dire en sus que, cette fois-ci, « on n’est pas demandeurs ». Car, tu dois savoir, Ô mon lecteur, si tu ne connais pas les lieux, qu’ici, en Belgique fédérale, le déterminant universel dont dépend l’issue d’une négociation n’est autre que le fait qu’on soit ou non « demandeurs » ; ou plus exactement, c’est là ce que professent (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 12 158 signes. Il a suscité 32 réactions.
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