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	<title>Des Bulles - Mouvement social</title>
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<title>Soutien aux gr&#233;vistes de la SNCB</title>
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<dc:subject>Transports &amp; mobilit&#233;</dc:subject>
<dc:subject>Mouvement social</dc:subject>
<description>Parce que les in&#233;galit&#233;s n'ont plus &#233;t&#233; aussi importantes depuis des dizaines d'ann&#233;es (aux Etat-Unis, on vient de battre le record de 1929, c'est tout dire), que la part de la richesse -- pourtant enti&#232;rement produite par le travail -- allou&#233;e au travail est en passe de devenir moins importante que (...) 


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&lt;a href="http://bulles.agora.eu.org/themes/transports_mobilite.html" rel="tag"&gt;Transports &amp; mobilit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://bulles.agora.eu.org/themes/mouvement_social.html" rel="tag"&gt;Mouvement social&lt;/a&gt;
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  <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parce que les in&#233;galit&#233;s n'ont plus &#233;t&#233; aussi importantes depuis des dizaines d'ann&#233;es (aux Etat-Unis, &lt;a href=&quot;http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2008/04/29/les-etats-unis-battent-un-record-d%E2%80%99inegalites-vieux-de-80-ans/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;on vient de battre le record de 1929&lt;/a&gt;, c'est tout dire), que la part de la richesse &#8212; pourtant enti&#232;rement produite par le travail &#8212; allou&#233;e au travail est en passe de devenir moins importante que celle attribu&#233;e aux revenus du capital.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parce que je revendique haut et fort la libert&#233;, que je d&#233;nie pour cette raison au r&#233;gime politique droitis&#233; dans lequel nous vivons le droit de se proclamer &#171; lib&#233;ral &#187; alors qu'il est capitaliste et ne sert que la seule libert&#233; des actionnaires. Parce que la premi&#232;re libert&#233; dans le domaine du travail est celle de ne pas travailler. Parce que le droit de gr&#232;ve est un des derniers remparts qui nous prot&#232;gent du fascisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parce que le capitalisme s'est immisc&#233; dans les t&#234;tes (lire l'excellent &lt;a href=&quot;http://www.editions-zones.fr/spip.php?page=lyberplayer&amp;id_article=59&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;R&#234;ves de droite&lt;/a&gt;, de Mona Chollet), que le patronat parle dans (presque tous) les journaux, que les &#233;conomistes ne sont pour la plupart que des alli&#233;s de classe lobotomis&#233;s des poss&#233;dants (lire par exemple &lt;a href=&quot;http://www.lalibre.be/index.php?view=article&amp;art_id=422035&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;cette interview&lt;/a&gt;) et que toute cette propagande consume ce qui reste de nos droits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parce que la figure m&#233;diatique de l'&#171; otage de la gr&#232;ve &#187; commence s&#233;rieusement &#224; me brouter. Et que les salari&#233;s pressuris&#233;s feraient mieux de rejoindre le mouvement de lutte pour les salaires (et tant qu'&#224; faire de le g&#233;n&#233;raliser &#224; l'&#233;chelle du continent) plut&#244;t que de pleurnicher pour le compte des patrons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parce que lesdits patrons &#8212; alors que trois quarts de la population rame s&#233;rieusement pour se loger, pour se chauffer voire bient&#244;t pour se nourrir &#8212; continuent &#224; s'en mettre plein derii&#232;re la cravate sans la moindre d&#233;cence (le patron de la SNCB, Marc Descheemaeker, tout en exigeant de la part de ses employ&#233;s de la &#171; mod&#233;ration salariale &#187;, vient de se faire octroyer &lt;a href=&quot;http://www.trends.be/fr/economie/entreprises/12-1634-45408/augmentation-du-salaire-du-patron-de-la-sncb--les-syndicats-apprecieront.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;une petite augmentation de 30.000 par an&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parce que les revenus du capital b&#233;n&#233;ficient d'une fiscalit&#233; outrageusement avantageuse. Et que les partis politiques en place ne bougent pas le petit doigt pour changer cette situation inique. Parce que &lt;a href=&quot;http://blog.mondediplo.net/2008-04-23-Quatre-principes-et-neuf-propositions-pour-en&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;l'Europe a la taille critique&lt;/a&gt; pour mener une politique &#233;conomique &#233;galitaire. Parce que l'inertie et le laisser-faire nourrissent &lt;a href=&quot;http://mouvements.be/themes/finance_mondialisee.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;la bulle de la finance mondiale&lt;/a&gt; dont les d&#233;g&#226;ts sont, l&#224; encore, pour la gueule du peuple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parce que c'est l'int&#233;r&#234;t de tous qu'il reste dans cette soci&#233;t&#233; un contre-pouvoir syndical susceptible de barrer la route aux actionnaires qui se croient tout permis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour toutes ces raisons, &lt;strong&gt;je soutiens &lt;a href=&quot;http://lesoir.be/actualite/economie/paralysie-totale-du-rail-ce-2008-05-19-599196.shtml&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;la gr&#232;ve des cheminots&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (et je pr&#233;cise pour les in&#233;vitables aigris qui passeraient par l&#224; que je devais aller &#224; Bruxelles demain et que je suis s&#233;rieusement emb&#234;t&#233; de ne pas pouvoir y aller).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Droit de gr&#232;ve contre service minimum, quelques &#233;l&#233;ments pour une autod&#233;fense</title>
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		<dc:date>2007-10-26T23:43:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Schreuer</dc:creator>



		<dc:subject>En vue</dc:subject>
		<dc:subject>Transports &amp; mobilit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Service public</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement social</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>Apr&#232;s la France, o&#249; le service minimum, apr&#232;s avoir rythm&#233; la pr&#233;-campagne et la campagne pr&#233;sidentielles, est devenu l'une des mesures phare des d&#233;buts tonitruants du sarkozysme au pouvoir, le d&#233;bat arrive maintenant en Belgique: entre autres mesures r&#233;pressives, l'hypoth&#233;tique coalition &#171;Orange bleue&#187; envisage de mettre en place un service minimum dans les transports en commun. Concr&#232;tement, il s'agit donc de limiter le droit de gr&#232;ve pour garantir que rouleront, en toutes circonstances, un certain (...) 


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&lt;a href="http://bulles.agora.eu.org/themes/service_public.html" rel="tag"&gt;Service public&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://bulles.agora.eu.org/themes/mouvement_social.html" rel="tag"&gt;Mouvement social&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://bulles.agora.eu.org/themes/travail.html" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

		</description>


 
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		&lt;img src=&quot;http://bulles.agora.eu.org/local/cache-vignettes/L293xH350/arton1200-b4b4f.png&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='293' height='350' class='spip_logos' style='height:350px;width:293px;' /&gt;
		
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s la France, o&#249; le service minimum, apr&#232;s avoir rythm&#233; la pr&#233;-campagne et la campagne pr&#233;sidentielles, est devenu l'une des mesures phare des d&#233;buts tonitruants du sarkozysme au pouvoir, le d&#233;bat arrive maintenant en Belgique : entre autres mesures r&#233;pressives, l'hypoth&#233;tique coalition &#171; Orange bleue &#187; envisage de mettre en place un service minimum dans les transports en commun. Concr&#232;tement, il s'agit donc de limiter le droit de gr&#232;ve pour garantir que rouleront, en toutes circonstances, un certain pourcentage des v&#233;hicules de transports en commun.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette question, j'y r&#233;fl&#233;chis depuis fort longtemps ; je ne compte plus les tentatives avort&#233;es de textes sur ce sujet. &#192; chaque fois, il y a eu difficult&#233; &#224; faire prise, incapacit&#233; &#224; d&#233;passer les lieux communs dans l'analyse, impossibilit&#233; &#224; s'assurer des marques fiables pour assumer une position d&#233;pourvue de trop d'ambiguit&#233;s. J'avoue les pires atermoiements sur cette question, presque les nuits blanches d'incertitude. Car ce sujet est difficile, en ce qu'il est l'exemple parfait d'un &lt;i&gt;conflit horizontal&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire d'un conflit entre domin&#233;s, signe de la double victoire tactique et id&#233;ologique de la droite qui applique la devise de tous les dominants : &lt;i&gt;diviser pour r&#233;gner&lt;/i&gt;. Pr&#233;cisons. Une victoire id&#233;ologique : la droite r&#233;ussit d&#233;sormais &#224; faire penser une partie significative des pauvres comme s'ils &#233;taient riches. Et fait par cons&#233;quent oublier que, dans toute soci&#233;t&#233;, la condition du plus grand nombre est d'abord le r&#233;sultat d'un &#233;quilibre global entre d&#233;tenteurs du capital et travailleurs. Une victoire tactique ensuite : &#234;tre parvenu &#224; traduire cette r&#233;gression des esprits en une situation exploitable politiquement, en un dispositif op&#233;ratoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour y voir clair, commen&#231;ons par &#233;num&#233;rer les arguments couramment &#233;nonc&#233;s en faveur d'un service minimum. Et par reconna&#238;tre que certains de ces arguments sont bons et percutants. Sch&#233;matiquement, cet argumentaire se r&#233;sume en trois points (m&#234;me si ces trois points ne contiennent pas le v&#233;ritable motif qui est celui de la domination de classe, laquelle s'exerce mais ne se dit gu&#232;re qu'en des occasions tr&#232;s soigneusement choisies).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. L'impact &#233;cologique d&#233;plorable.&lt;/strong&gt; Oui, les gr&#232;ves des transports en commun ont un impact &#233;cologique consid&#233;rable, principalement par l'incitation terrible qu'elles constituent &#224; l'achat d'une voiture. Th&#233;oriquement, c'est discutable (le nombre de jours de gr&#232;ves est franchement r&#233;duit et les gr&#232;ves constituent peut-&#234;tre dans certains l'alibi n&#233;cessaire &#224; justifier l'achat d'un moteur thermique souhait&#233; par ailleurs). Factuellement, ce ne l'est pas, ne serait-ce qu'en raison de la dramatisation du ph&#233;nom&#232;ne des gr&#232;ves par les m&#233;dias, qui, servant g&#233;n&#233;ralement fid&#232;lement (quoique souvent inconsciemment, je pense) la main qui les nourrit, font syst&#233;matiquement un traitement biais&#233; de la situation, mettant en avant les difficult&#233;s des usagers &quot;pris en otages&quot; (expression consacr&#233;e au point d'&#234;tre suspecte) bien plus que les tenants et aboutissants du conflit lui-m&#234;me, rendant par cons&#233;quent opaques des situations que tout un chacun aurait pourtant int&#233;r&#234;t &#224; comprendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Le risque d'une d&#233;rive corporatiste.&lt;/strong&gt; Le pouvoir de nuisance de la gr&#232;ve &#233;tant tr&#232;s in&#233;galement r&#233;parti entre les travailleurs (selon que vous serez conducteur de locomotive ou technicien de surface,...), on peut craindre que les travailleurs se trouvant &#224; cet &#233;gard en situation de force n'abusent de leur pouvoir, en privil&#233;giant leur int&#233;r&#234;t au d&#233;triment de l'int&#233;r&#234;t collectif. Il est assez clair que cette d&#233;rive corporatiste a parfois lieu ; elle constitue le pire service qu'il soit possible de rendre au syndicalisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. L'instauration d'un monopole sur un secteur &#233;conomique par la puissance publique entra&#238;ne, dans le chef de cette derni&#232;re, des obligations particuli&#232;res &#224; l'&#233;gard des usagers.&lt;/strong&gt; Sous des apparences d'intangibilit&#233;, cet argument, bien que non n&#233;gligeable &#8212; et je lui reconnait intrins&#232;quement une force r&#233;elle &#8212;, pr&#234;te le flanc &#224; la critique sous deux modalit&#233;s. D'abord, rien n'indique que si le secteur des transports &#233;tait privatis&#233;, un syndicat ne parviendrait pas &#224; s'assurer du soutien des travailleurs de l'ensemble du secteur (vu la situation actuelle, on peut m&#234;me consid&#233;rer pareille hypoth&#232;se comme tr&#232;s plausible), restaurant de la sorte le pouvoir de pression suppos&#233; perdu par la privatisation &#8212; laquelle ne constitue donc en aucune mani&#232;re une &quot;solution&quot; au probl&#232;me. Deuxi&#232;mement, on sait que le secteur des transports rel&#232;ve &#224; bien des &#233;gards du monopole naturel, de sorte que privatiser les transports publics reviendrait &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; &#224; les remplacer un monopole public par un monopole priv&#233;, ce qui est la pire chose qui puisse arriver pour ses utilisateurs comme le d&#233;montre la th&#233;orie &#233;conomique. Par cons&#233;quent, les obligations particuli&#232;res (bien r&#233;elles et il y aurait lieu de dire beaucoup de choses &#224; ce sujet tant les usagers des services publics sont parfois mal trait&#233;s) auxquelles est tenu un pouvoir public qui s'arroge un monopole sur un secteur &#233;conomique ne sauraient concerner le droit de gr&#232;ve. Ces deux d&#233;bats sont ind&#233;pendants dans la mesure o&#249; aucun prestataire n'est en mesure de fournir une garantie de service absolue tout en respectant les libert&#233;s fondamentales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; donc pour l'argumentaire favorable au service minimum &#8212; argumentaire qui n'emporte pas la conviction non seulement en raison de ses propres faiblesses internes, comme on vient de le montrer, mais aussi et surtout parce que l'argumentaire inverse est plus cons&#233;quent et repose sur des principes moins contestables encore que les pr&#233;c&#233;dents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus pr&#233;cis&#233;ment, cinq raisons me semblent trancher la question. Certes, ceux qui sont peu familiers &#224; l'analyse marxiste (que je ne pratique que par intermittence mais qui me semble s'imposer dans ce cas-ci) auront sans doute des difficult&#233;s &#224; me suivre. Je les invite toutefois &#224; tenter l'exp&#233;rience. C'est toute la difficult&#233; du pr&#233;sent d&#233;bat pour le contexte contemporain trop marqu&#233; par la d&#233;faite de la gauche : il &#233;chappe &#224; beaucoup de monde, y compris parmi ceux qui se r&#233;clament &#171; de gauche &#187;, que la relation salariale est et reste fondamentalement une violence, constat qui d&#233;termine l'essentiel de la r&#233;flexion qui suit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Le droit de gr&#232;ve rel&#232;ve des libert&#233;s fondamentales.&lt;/strong&gt; On peut argumenter &#224; diff&#233;rents niveaux, le droit de gr&#232;ve est dans tous les cas hi&#233;rarchiquement sup&#233;rieur au droit suppos&#233; des utilisateurs des transports en commun &#224; se d&#233;placer. C'est vrai sur un plan juridique o&#249; le droit de gr&#232;ve est reconnu dans bon nombre de textes fondamentaux du droit, contrairement &#224; son vis-&#224;-vis de circonstance. C'est surtout vrai sur un plan anthropologique : le droit de cesser son labeur diff&#233;rencie le travailleur de l'esclave. Les exceptions &#224; ce principe doivent &#234;tre justifi&#233;es au nom d'un principe sup&#233;rieur. C'est par exemple le cas de la sauvegarde de la vie humaine, de sorte qu'un service minimum est pleinement justifi&#233;, par exemple, dans les services de sant&#233; o&#249; la vie humaine est en jeu ; chose que personne ne conteste, il est utile de le souligner.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Si l'objectif du gouvernement est v&#233;ritablement que les trains arrivent &#224; l'heure, il a de la marge pour am&#233;liorer la situation.&lt;/strong&gt; Il est important en effet de savoir &#8212; et de constater que des constats pratiques peuvent parfois ringardiser certaines positions th&#233;oriques &#8212; que l'essentiel des nuisances subies par les usagers des transports en commun ne sont pas le fait des gr&#232;ves. D&#232;s lors, si le gouvernement am&#233;liorait la qualit&#233; du service &#8212; en investissant dans les transports en commun, voire en rouvrant des lignes &#8212;, le gain pour les usagers serait sup&#233;rieur &#224; ce qu'ils perdent lors des (rares) gr&#232;ves qui ont lieu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; ce propos, parlant de la situation fran&#231;aise (je n'ai pas de chiffres pour la Belgique, mais je pr&#233;sume qu'ils ne doivent pas &#234;tre fonci&#232;rement diff&#233;rents), Jean-Luc M&#233;lenchon &lt;a href=&quot;http://www.jean-luc-melenchon.fr/article/blogview/231/1/1/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;donne&lt;/a&gt; l'utile pr&#233;cision suivante.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves de transports ces derni&#232;res ann&#233;es ont repr&#233;sent&#233; trois pour cent des dysfonctionnements en r&#233;gion parisienne. Trois pour cent de l'immense trafic trains, m&#233;tro, RER. Pas davantage. Et le reste ? C'est quand m&#234;me le reste le gros morceau non ? C'est l&#224; qu'il y a le plus de marge de confort &#224; gagner, en toute logique. Qu'est ce que ce reste de 97 % de dysfonctionnement ? Des incidents li&#233;s &#224; la v&#233;tust&#233; du mat&#233;riel, &#224; sa surcharge, aux saisons, au signal d'alarme intempestifs, et... aux suicides.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que la question de la faisabilit&#233; technique d'un hypoth&#233;tique &quot;service minimum&quot; est v&#233;ritablement au coeur du probl&#232;me (c'est ce qu'&#224; d&#233;montr&#233; la CGSP lors de la gr&#232;ve d'une heure qui a eu lieu ce vendredi : une heure d'arr&#234;t du trafic suffit &#224; d&#233;sorganiser le r&#233;seau pour toute la journ&#233;e). Suivons encore un instant Jean-Luc M&#233;lenchon qui parle, toujours, de la situation fran&#231;aise et du programme de l'UMP (ne disposant pas des objectifs de l'Orange bleue, on sp&#233;culera sur les similitudes possibles).&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;Le programme de l'UMP parle d'un service minimum de trois heures le matin et trois heures le soir. Cela veut dire six heures de travail pour les r&#233;quisitionn&#233;s. La journ&#233;e de travail est de huit heures. Le service minimum est donc &#233;gal au trois quart du service ordinaire.... Et ensuite ? Le conducteur de la rame ou du train laisse-t-il son v&#233;hicule &#224; quai &#224; l'endroit o&#249; il est parvenu au bout de trois heures de service ? Vue de l'esprit : le service suivant serait tout simplement un pur chaos. Dans le contr&#244;le a&#233;rien l'id&#233;e d'une tour de contr&#244;le qui fonctionne &#224; temps partiel est tout simplement interdit par le syst&#232;me international. Je reviens vers les quais. Que se passe-t-il pendant les trois heures de service minimum ? Compte -t-on que les voyageurs de toute la journ&#233;e vont rabattre leurs d&#233;placements sur les heures praticables ? Combien de monde cela fait-il ? Ne cherchez pas, la r&#233;ponse est toujours absurde. Car ce sera trop de toutes fa&#231;on. En effet il est impossible de faire rouler davantage de train aux heures concern&#233;es. Si on le pouvait on le ferait d&#233;j&#224; tout le reste du temps pour &#233;cluser le flux des heures de pointe. Le nombre de trains restera donc le m&#234;me. &#171; Les gens se serreront &#187; affirment ceux qui ne prennent pas le train le matin et ne savent donc pas &#224; quel point on se serre d&#233;j&#224; ! Mais de toutes fa&#231;on la r&#233;plique ne tient pas : dix pour cent de fr&#233;quentation suppl&#233;mentaire aux heures de pointe bloqueraient physiquement le syst&#232;me qui est d&#233;j&#224; souvent &#224; la limite de tension.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Bref, tout ancien pr&#233;sident de la SNCB qu'il soit, il y a fort &#224; parier &#8212; quand on l'entend r&#233;clamer un service minimum &#8212; que M. Reynders ne conna&#238;t pas grand-chose &#224; l'exploitation d'un r&#233;seau ferroviaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Tout conflit social a un caract&#232;re extra-juridique.&lt;/strong&gt; D&#232;s lors qu'on entre dans le rapport de force, le droit est &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; partiellement d&#233;pass&#233;. Autrement dit : la n&#233;gociation prend le pas sur le droit &#233;crit, pour la simple raison qu'un conflit social de grande ampleur aboutit g&#233;n&#233;ralement... &#224; une red&#233;finition du droit. Le droit de gr&#232;ve est donc fondamentalement une subversion de l'ordre &#233;tabli ; une subversion admise par le droit lui-m&#234;me pourtant. C'est un processus n&#233;cessaire dans une d&#233;mocratie qui se veut sociale, c'est l'une des rares proc&#233;dures d'intervention directe du collectif dans l'institu&#233;. Par cons&#233;quent, pr&#233;tendre encadrer le droit de gr&#232;ve par un arsenal juridique trop contraignant est &#224; la fois vain et nuisible. Vain parce que d&#232;s lors qu'il y a conflit, la r&#232;glementation sera de toute fa&#231;on d&#233;pass&#233;e, peut-&#234;tre plus rarement, mais plus violemment &#8212; et parce que toute n&#233;gociation inclura toujours un volet consacr&#233; au retour &#224; la normale, donc &#224; la neutralisation desdites dispositions. Nuisible parce que la r&#233;pression apr&#232;s un conflit social n'est pas de nature &#224; favoriser une issue n&#233;goci&#233;e, donc rapide. Nuisible aussi parce que la criminalisation de l'action collective &#224; quoi on revient in fine contrevient aux libert&#233;s fondamentales (libert&#233; d'expression, libert&#233; d'association, droit de gr&#232;ve et retour au point 1 de cet argumentaire).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. L'absence de crit&#232;re net justifiant l'instauration d'un service minimum laisse augurer de l'extension de ce principe &#224; d'autres secteurs&lt;/strong&gt;, autrement dit une abolition de fait du droit de gr&#232;ve. C'est &#233;videmment une perspective inacceptable et les tenants du service minimum &#8212; qui sont aussi souvent ceux qui prennent la posture (postiche) de d&#233;fenseurs les plus d&#233;cid&#233;s des libert&#233;s &#8212; devraient commencer par expliquer en quoi les transports en commun ont quelque chose de tellement particulier pour que l'instauration d'un service minimum dans ce secteur ne sera pas suivi de mesures similaires dans le reste de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. Le contexte &#233;tant ce qu'il est,...&lt;/strong&gt; celui d'un recul dramatique des droits sociaux partout en Europe &#8212; celui aussi d'une captation par les d&#233;tenteurs du capital de la richesse produite &#224; un niveau rarement atteint dans l'histoire &#8212;, la sagesse impose de ne pas en rajouter et de ne pas retirer aux travailleurs les armes qui leurs restent pour se d&#233;fendre. &#192; cet &#233;gard, sur un plan strat&#233;gique, accepter de mettre en place un service minimum repr&#233;sente une caution &#224; l'id&#233;e que les domin&#233;s ont effectivement &#224; se battre entre eux &#8212; ce qui serait le comble de l'indignit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bref, l'id&#233;e du service minimum rel&#232;ve en derni&#232;re analyse de la vis&#233;e r&#233;actionnaire de la droite &#8212; contre les propres principes lib&#233;raux qu'elle affirme d&#233;fendre mais qui ne l'ont jamais beaucoup embarrass&#233;e &#8212; de l'imposition du travail forc&#233;. Je con&#231;ois que cette &#233;vidence soit lente &#224; s'imposer chez qui subit quotidiennement la propagande patronale pseudo-lib&#233;rale. C'est pourtant celle qui me semble irr&#233;futable si l'on veut bien prendre la mesure des violences qui sont en jeu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne faut pas oublier que la gr&#232;ve se fait aux frais des travailleurs, que ce sont eux qui, les premiers, assument le co&#251;t d'un conflit social dans lequel ils ont pourtant, plus souvent qu'&#224; leur tour, le r&#244;le de la victime. Pr&#233;sumer, comme on l'entend parfois, que la gr&#232;ve est aux ouvriers ce que la r&#233;cr&#233;ation est aux &#233;coliers, que &lt;i&gt;&#171; la FGTB a mis tout Cockerill en gr&#232;ve parce que le caf&#233; &#233;tait trop froid &#187;&lt;/i&gt; rel&#232;ve purement et simplement du m&#233;pris de classe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Soit dit en passant, il n'est pas superf&#233;tatoire de noter que les syndicats doivent imp&#233;rativement apprendre &#224; mieux communiquer. Ils ont sur ce plan une marge de progression plus que cons&#233;quente qu'ils feraient bien d'exploiter et qui, dans bien des cas, leur &#233;viterait de se faire b&#234;tement pi&#233;ger au petit jeu de la communication politique dans lequel d'autres qu'eux excellent. Il suffit de jeter un oeil sur &lt;a href=&quot;http://www.fgtb.be/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;le site web de la FGTB&lt;/a&gt; pour s'en convaincre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La conclusion se doit cependant d'&#234;tre nuanc&#233;e. Parce que l'arme de la gr&#232;ve est dangereuse, &#224; double tranchant aussi &#8212; il suffit de constater l'unanimit&#233; doucereuse qui r&#232;gne dans les forums sur le net contre les gr&#233;vistes de ce vendredi pour s'en convaincre. Il me semble aussi et surtout &#8212; et j'en terminerai sur ce point &#8212; que la gr&#232;ve des transports ne se justifie que dans une strat&#233;gie syndicale globale, comme arme au service d'une cause importante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;En compl&#233;ment &#224; ce texte, je vous recommande la vision de cette vid&#233;o de Jean-Luc M&#233;lenchon :&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;video-externe&quot;&gt;&lt;object width=&quot;425&quot; height=&quot;335&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/2xuhVhve3IpzDi9sc&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowfullscreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/2xuhVhve3IpzDi9sc&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;335&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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