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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

27/11 — Bottins téléphoniques, gabegie écologique

S’il y a bien un objet que les technologies de l’information rendent ringard, c’est celui-là : perpétuellement en retard, lourd, encombrant, le bottin téléphonique n’a plus guère d’utilité que pour les gens qui ne disposent pas de connexion à l’Internet. Et pourtant, bon an mal an, les bottins (pages blanches et « pages d’or ») continue à être distribué à plusieurs millions d’exemplaires par la société publicitaire anversoise Truvo (ex-Promédia) qui a semble-t-il trouvé là une activité particulièrement juteuse.

Comme il se doit, en gestionnaire avisée, la société Truvo communique d’ailleurs régulièrement sur le caractère indispensable de son activité, ainsi qu’on a pu en trouver certains échos dans la presse ces derniers jours.

Un lecteur, Pierre Becquart, attire mon attention sur les conséquences écologique de cette pratique qui perdure et il me semble utile de relayer ici sa missive.

[...] On peut lire sur le site de Truvo que ses pages d’or sont éditées à 4.500.000 exemplaires. On peut supposer qu’il en aille grosso modo de même pour les pages blanches. Le poids unitaire d’un des volumes excède largement le kilo et peut même atteindre 1,5 kg. En prenant un poids moyen de 1,25 kg par volume (blanc et d’or) on obtient une masse totale indicative de 11.250 tonnes de papier par an ! Soit 320 camions de 35 tonnes.

Ces tonnes d’un papier blanchi ou coloré, puis chargé d’encre d’imprimerie représentent une charge écologique intolérable au regard de la valeur ajoutée qu’elles représentent encore pour le citoyen aujourd’hui. Probablement des supports papiers devront encore subsister quelques années pour donner l’accès à cette information aux citoyens non connectés à internet. Mais il faut impérativement que les instances responsables (qui ?) prennent des actions en vue de limiter la distribution des briques papier à ceux qui en ont vraiment besoin et qui en formulent explicitement la demande et pas aux autres.

Laisser l’initiative à l’éditeur Truvo à cet égard est illusoire. D’une part il est contraint d’honorer ses (juteuses) obligations contractuelles à l’égard des opérateurs (pages blanches) et d’autre part il a besoin d’annoncer un tirage important à ses annonceurs potentiels (pages d’or). Il ne faut donc rien attendre de ce côté. Mais il est urgent que les acteurs tels que associations de consommateurs, presse et partis politiques s’intéressent à ce problème [...].

Voilà qui pourrait en tout cas donner du grain à moudre à une éventuelle nouvelle journée de déversement, après celle qui avait été organisée l’année dernière.

 

26/11 — La face cachée des jolis vélos de la JCDecaux

Préparant l’intervention que je ferai jeudi soir au Baradéba d’Etopia, à Bruxelles, au sujet du système Cyclocity, je cherche à étayer mon argumentaire — déjà ébauché dans un précédent article — défendant l’idée |1| selon laquelle les vélos en libre-service de la société JCDecaux (Vélo’V à Lyon, Vélib à Paris, Cyclocity à Bruxelles, etc) auraient pour fonction de placer sous surveillance (géolocalisation, mémorisation des itinéraires, identification des lieux régulièrement fréquentés) une partie de la population à des fins de profilage commercial fin.

À cette fin, je suis notamment en train d’écumer différents documents émanant de ladite JCDecaux, dont celui qui lui tient lieu de rapport annuel 2006 (pdf). À la page 44 de ce document, on trouve cette citation :

Afin d’optimiser son offre produits, le Groupe a mené une politique ambitieuse de développement qui concilie diversité des designs, standardisation maximale de ses composants de base, et rationalisation des coûts de production. Acteur majeur de la communication offerte aux citadins, le Mobilier Urbain bénéficie aujourd’hui des avancées des nouvelles technologies de l’information et de la communication, dans les domaines de l’information visuelle (écrans géants à LCD, TFT pour 2m2 et Cholestériques pour les 8m2), des communications radio (emploi massif des technologies GPRS pour interconnecter les mobiliers sans travaux de voirie, de Bluetooth pour connecter les citoyens aux Mobiliers Urbains), des nano-technologies (micro processeur embarqué du vélo) ou des technologies logicielles de l’environnement Internet et de l’Internet mobile, en vue d’offrir un service toujours plus réactif et personnalisé aux citoyens. Avec un bureau d’études, une Direction des Nouvelles Technologies et une Direction des Arts Graphiques intégrés, JCDecaux dispose de tous les atouts et d’une force de frappe très importante pour répondre rapidement à tous les appels d’offres et concevoir des mobiliers innovants, parfaitement adaptés au cahier des charges de ses clients en France ou dans le reste du monde. [...]

(c’est moi qui souligne)

Il me semble que cette citation est probante. La question est désormais : pourquoi cette question de la vie privée n’est-elle pas abordée par les édiles municipaux qui envisagent d’équiper leur ville de ce système ?

|1| Née de la lecture d’un article d’Annie Kahn : « Avec JCDecaux, l’Inria imagine la publicité sur mesure pour le chaland », in Le Monde, 31 mars 2006.

 

21/10 — « Parasols chauffants »

Alors que, à l’approche de l’hiver, pas mal d’entre nous ont quelques inquiétudes — voire de sérieuses alarmes — pour leur facture énergétique que l’augmentation des prix de l’énergie risque de faire sérieusement grimper ; alors que nous savons l’impérieuse nécéssité de faire des économies d’énergie |1|, le journal Le Monde nous apprend — faisant au passage la promotion "rédactionnelle" desdites breloques (non sans en citer les marques et les prix), pratique hautement contestable sur le plan de la déontologie journalistique — que la mode est désormais au chauffage d’extérieur, ustensile indispensable s’il en est pour profiter de sa terrasse en teck 365 jours par an.

La loi d’interdiction de fumer dans les restaurants et les cafés, qui doit entrer en vigueur en janvier 2008, risque de faire exploser le marché des chauffages extérieurs. C’est là, sur les terrasses des rues, qu’ils ont vu le jour puis se sont multipliés. C’est aujourd’hui sur les balcons et les jardins des particuliers qu’ils font une belle percée. [...] Les fabricants ne s’y trompent pas et multiplient l’offre : parasols chauffants à suspendre, à poser au sol ou sur une table, qui fonctionnent au gaz ou à l’électricité ; braseros qui marchent au bois. Des formes traditionnelles aux styles rustique ou contemporain : le chauffage d’extérieur permet de profiter de l’espace privé en toutes saisons. Dans ce contexte, où les Français considèrent leur balcon ou leur jardin comme une pièce supplémentaire qu’ils aménagent avec le même soin que la maison, le parasol chauffant ne doit pas se contenter d’être fonctionnel.

Est-il vraiment besoin de commenter longuement cette promotion du gaspillage d’énergie trendy ? Comme l’écrit un commentateur sur le site du journal, "J’espère que ce n’est pas trop encombrant et que cela tiendra dans mon hummer."

|1| Et qu’il est possible, comme le montre par exemple l’association Négawatt, de réduire notre consommation de l’ordre de la moitié ou des deux tiers.

 

19/10 — À Verviers, la propagande de ForumInvest

La société ForumInvest est bien connue pour être un requin sans foi ni loi saccageant les unes après les autres les villes de Wallonie et d’Europe en y construisant force centres commerciaux inutiles et mal conçus, détruisant le commerce local ; généralement avec l’appui de pouvoirs locaux diversement intéressés ou soumis au chantage à la localisation (« si vous ne nous accueillez pas, on ira dans la commune voisine et vous perdrez tout »). Ce n’est pas moi qui le dit, mais l’hebdomadaire Le Vif qui a dépeint il y a quelques mois un portrait au vitriol de cette société d’origine hollandaise.

À Verviers, il est sérieusement question de construire un centre commercial particulièrement contestable |1|, qui recouvrira la Vesdre et détruira une bonne partie du centre-ville verviétois. Ce projet est soutenu par le bourgmestre en place, Claude Desama (PS) et le désaccord sur cette question a fait sauter la précédente majorité communale, qui réunissait le PS et le CDH. Ce dernier parti, trop réticent à laisser faire n’importe quoi, s’est vu renvoyé dans l’opposition au profit du MR, moins sourcilleux et de toute façon prêt à tout avaler pour rentrer dans la majorité (un peu comme dans les négociations fédérales actuelles).

À la mesure du caractère contestable de ce projet (destruction de la rivière, remplacement du commerce local par des chaînes multinationales, privatisation de l’espace public) est la propagande actuellement déployée par les promoteurs de ForumInvest. Ils en sont maintenant à publier très régulièrement dans les pages de certains quotidiens (Le Jour, Le Soir, La Meuse, peut-être d’autres), un énorme encart publicitaire, dont voici une copie (cliquez pour agrandir).

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Passons sur la manipulation de l’information, sur les graphismes très créatifs et "artistiquement" distanciés de la réalité du projet (qui ne sont d’ailleurs pas sans rappeler ceux de Wilhelm & Co à Louvain-la-Neuve dont il avait été question ici) ; passons sur la communication très biaisée qui profile le promoteur comme défenseur de la rivière alors qu’il s’apprête à la saccager et à laisser un chancre ingérable dans 20 ou 30 ans.

Et posons simplement une question : à quoi sert cette publicité ? Il y a deux possibilités. 1. Influencer l’opinion et/ou les décideurs politiques ; dans ce cas, on ne peut que s’étonner de la disproportion de moyens qui empêche de fait tout débat, les contestataires étant ensevelis sous la communication du promoteur. 2. Acheter la presse ; on peut supposer qu’en payant ces publicités, le promoteur cherche à influencer les journaux et à modérer la plume des journalistes qui pourraient se montrer critiques à son égard. J’ai trop de considération pour ces derniers pour imaginer qu’ils puissent se laisser acheter de cette manière. Je suppose que, par contre, les gestionnaires financiers du journal risquent d’être plus sensibles à des tels arguments. Toute la question est de savoir dans quelle mesure l’indépendance des rédactions est garantie dans les diverses publications concernées.

Dans tous les cas, cette propagande souligne le caractère déloyal du promoteur, qui ne laisse pas la possibilité au débat public d’avoir lieu. Par là-même, elle souligne aussi le caractère très discutable du projet, qui, s’il était bon, n’aurait certainement pas besoin de cette offensive marketing pour être approuvé. CQFD.

|1| Voir le site des opposants au projet, très bien documenté, notamment en ce qui concerne la propagande menée par les autorités communales et le promoteur pour soutenir ce projet.

 

10/05 — La preuve que les services publics peuvent collaborer entre eux

On dit souvent — à raison — qu’il est nécessaire que les services publics collaborent mieux entre eux. Et on cite souvent les transports en commun, qui dépendant, selon qu’ils sont ou non ferroviaires, du fédéral ou des régions, sont de ce fait ou pour d’autres raisons régulièrement un nid de problèmes pour leurs usagers (qui dépendent quant à eux à la fois du fédéral et des régions).

Il peut cependant parfois en aller autrement. La publicité |1| dont je joins la photo en est un bel exemple : la SNCB est à la conception, les TEC à la diffusion, unis... pour pour la propagation du sexisme et de la beaufitude la plus grasse |2|.

J’ajoute qu’ayant — douloureusement — passé il y a peu le cap des 26 ans (ouille, ça me fait mal rien qu’à l’écrire), et ayant par conséquent été contraint de passer du Go Pass |3| au Rail Pass (69 EUR pour dix trajets), j’ai une raison de plus de trouver la pub de la SNCB vraiment saumâtre. Car, je le dis, je l’affirme, je le crie — plus convaincu, comme vous le savez, que jamais que les transports en commun doivent être gratuits —, l’idée que le train de coûte pas cher est rigoureusement inexacte.

|1| Cette campagne date déjà de quelques semaines, à présent, mais je ne pouvais pour autant pas éviter de signaler cet exemple hallucinant de ce que peut donner la rationnalité publicitaire.

|2| Les utilisateurs d’un synthétiseur vocal noteront que la publicité, apposée sur un bus, porte ce slogan : « Prenez le train et une copine plus dépensière »

|3| Lequel, quoique plus abordable, n’en est pas pour autant accessible à tout le monde, loin s’en faut. Son prix a d’ailleurs augmenté, comme le reste des tarifs SNCB, au-delà de prix de la vie ces dernières années. Je retrouve d’ailleurs la trace d’un papier que j’avais pondu il y a plus de six ans sur le sujet : le lecteur m’accordera au moins d’avoir de la suite dans les idées :)

 

2/05 — Plus de publicité à la RTBF ?

Paraît aujourd’hui dans La libre Belgique, un appel, initié par Bernard Hennebert, dont je suis co-signataire au nom du groupe antipub liégeois des Démonteurs de pub, en compagnie de 99 personnes. Cet appel conteste la politique de la direction de la RTBF, qui souhaite pouvoir dépasser le seuil de 25% de revenus issus de la publicité. Plus d’info sur le site Consoloisirs. Pour mieux comprendre les enjeux, écouter l’intervention de Bernard Hennebert sur le sujet lors d’une conférence récemment organisée à Liège.

 

20/11 — Le commerce équitable et la pub

J’écris un peu partout ces temps-ci,... mais assez peu ici. Je signale un article que je viens d’écrire sur la campagne de pub menée par Oxfam depuis quelques jours sur le blog des démonteurs de pub.

 

15/11 — Un blog de critique de la publicité

Ça fait un bout de temps que le projet est en projet. Là, ça y est, on le lance publiquement : le blog blog.demonteursdepub.be/, initiative du très dynamique groupe antipub liégeois |1| est accessible en ligne et démarre très fort avec un référencement sur rezo.net/.

L’idée est de créer un lieu d’écriture collective — plutôt centré sur Liège mais sans la moindre exclusive par rapport à tout qui pourrait nous rejoindre —, sur la question de la publicité : démontage des messages de la publicité, explicitation de la manière souvent très perverse |2| dont ils tentent de nous instrumentaliser mais aussi de la manière dont il est possible de résister à cette manufacture du consentement simplement en prenant conscience de ses mécanismes, mise en lumière des systèmes de collusion et d’autocensure que la publicité met en place, relevé en vrac d’information utiles à la contestation de la publicité, reportages sur des actions antipub réalisées par les groupes clandestins, nombreux à Liège,...

Bref, un nouveau point de contact.

|1| Désomais totalement autonomisé et déconnecté de RAP : triste affaire, j’en parlerai peut-être dans un prochain billet quand la crise — qui dure depuis cinq mois — sera définitivement passée.

|2| Tiens, il faudrait envisager une approche psychanalytique de la publicité, ça devrait être assez intéressant.

 

24/01 — Pétition contre la supression de la « règle des cinq minutes » à la RTBF

Un mot pour signaler le lancement, par les amis du RAP (Résistance à l’Agression Publicitaire), d’une pétition s’opposant à la publicité pour les enfants sur les antennes télévisées du service public. Ca paraît évident, et pourtant,... ça ne l’est pas.

 

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mercredi 7 novembre 2007

La belgitude jusqu’à la nausée

Parfois, on écrit des conneries, trop vite, trop peu réfléchi, trop méchant. Ce texte en est un exemple. Plutôt que de le retirer comme si de rien n’était, je préfère le laisser en ligne et renvoyer les lecteurs vers ceci. Que cela me serve de leçon.

Elle s’appelle Marie-Claire Houard. Elle est la brillante auteure de la pétition (la plus con) de l’année. Signée, excusez du peu, par plus de 100 000 personnes. Forte de ce premier succès, Marie-Claire Houard a lancé une campagne de publicité dans tout le pays sur le thème « I want you for Belgium » (ainsi que je vous le dis) tandis que la pétition sera envoyée par la poste dans tous les foyers du pays. Dont coût total 658 000 euros tant qu’à présent, financés on ne sait trop comment — mais on aimerait beaucoup le savoir. Le Pan signale le soutien du CDF ; CDF dont on apprend au passage qu’il existe encore mais dont on sait que, même gavé des (beaux) restes de la bourgeoisie catholique, il aurait du mal à financer seul une somme pareille.

Les (...) [lire la suite]

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lundi 15 octobre 2007

Un peu de lecture

Alors que la liberté de la presse se fait de plus en plus rare, particulièrement dans le paysage médiatique français, voici deux publications qui font heureusement exception à la grisaille ambiante.

Un dossier du Canard enchaîné, tout d’abord, sur les nouvelles formes de censure. C’est assez franco-français (on parle beaucoup de Sarkozy et de ses amis les milliardaires et patrons de presse du CAC 40), mais c’est très éclairant sur les mécanismes à l’oeuvre. Conformément à son habitude, le Canard ne se contente pas de supputer et de spéculer théoriquement sur ce dont il parle ; il aligne les faits. Et les faits sont accablants.

La démonstration de l’impact dramatique de la publicité sur l’indépendance éditoriale de la presse est notamment éclatante.

Secundo, l’Atlas environnement du Monde diplomatique est un recueil de cartes commentées dans lequel on trouvera non seulement un état des lieux très bien documenté et richement illustré de la situation écologique de la planète mais aussi un passage en revue (...) [lire la suite]

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samedi 11 novembre 2006

« La publicité fait partie de la vie »

Ça dit : « Annonceur : le papa. Cible : le reste de la plage. Le message : “Je suis le meilleur papa du monde”. Stratégie : Construire le plus beau château de sable. » D’où vient cette prose lamentable ? D’une campagne de pub pour la pub (qui en a visiblement bien besoin).

Oui, vous avez bien lu, le « Conseil de la publicité » fait de la publicité pour promouvoir le concept de la publicité — dont on dirait qu’ils finissent par se rendre compte qu’il insupporte une bonne partie de la population —, publicité qui serait légitime au motif que « tout le monde en fait ». Pour prouver cette assertion absurde, rien d’un tel qu’un exemple avec une photo. D’où l’appel à ce papa et à sa fille en train de construire un château de sable sur la plage.

Il me semble qu’on saurait difficillement mieux résumer que par cette campagne obscène tout ce qu’il y a d’essentiellement avilissant dans le système publicitaire. Si le papa fait un château de sable ; plus encore si le papa est papa — parce que son enfant lui-même est (...) [lire la suite]

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mercredi 8 novembre 2006

La publicité « se doit de provoquer »

Rien de très original à constater que les médias financés par la publicités sont souvent extrêmement modérés — voire franchement larbins — lorsqu’ils la critiquent. Rien que de très normal, bien sûr : on ne mort pas la main qui vous nourrit.

Les exemples des mille précautions que prennent en général les journalistes qui s’aventurent sur le terrain de la critique de la publicité — ils faut dire qu’ils marchent sur des oeufs — sont cependant en général assez édifiants. En voici un, trouvé dans Le Soir d’aujourd’hui, sous la plume de Martine Dubuisson, envoyée spéciale à Toronto, accompagnant dans un déplacement officiel au Canada un membre de la famille royale belge, lequel s’est retrouvé devant une publicité qui tournait en dérision le drapeau belge. Le caractère éventuellement lui-même dérisoire — chacun entretient avec les symboles nationalistes la relation qu’il veut — de cette anecdote n’empêche de tirer quelques leçons sur la manière dont le discours journalistique peut trouver un agencement avec la question (...) [lire la suite]

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dimanche 9 juillet 2006

Renaissance

J’ai vu hier soir Renaissance, film d’animation français de Christian Volckman actuellement à l’affiche. À ne pas manquer, selon moi, même s’il est marqué de quelques défauts, heureusement largement compensés par ses qualités, dont le graphisme — qui se contente presque d’un bout à l’autre d’une écriture tranchée de noir et de blanc, sans la moindre nuance de gris — est loin d’être la moindre.

La grande réussite du film tient d’abord dans l’univers futuriste, splendide à défaut sans doute d’être parfaitement crédible, qu’il parvient à poser, celui d’une ville de Paris transposée en 2054 où surnagent curieusement, seules reconnaissables, les attractions à touristes que sont la butte Montmartre, la tour Eiffel ou Notre-Dame de Paris, lieux où se déroulent plusieurs scènes importantes. Il y a aussi les voies-sur-berges pompidoliennes bizaremment demeurées qui surplombent une Seine désormais enfoncée dans le sol de quelques dizaines de mètres, comme un canyon au milieu de la ville.

Quelques superbes (et trop rares) plans (...) [lire la suite]

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samedi 20 mai 2006

Actualité de la résistance au système publicitaire

« La pub, elle fait partie de notre monde, on n’est pas là non plus pour la critiquer »

Lionelle Francart, journaliste à la RTBF

Quelques infos relevées sur la toile et ailleurs.

Naïveté pubarde. La première chaîne radio de la RTBF a consacré à la publicité l’édition de son émission « Quand les Jeunes s’en mêlent » diffusée cette après-midi. Le panel des intervenants était — comme d’habitude, il faut bien le dire, quand les grands médias traitent de la question — totalement déséquilibré puisqu’une quinzaine d’intervenants étaient ouvertement (voire outrancièrement) favorables à la publicité contre une seule intervenante défendant le point de vue du mouvement antipub et un intervenant se situant dans une position plus médiatrice.

L’émission vaut néanmoins la peine d’être écoutée tant la naïveté des jeunes pubards — étudiants en publicité à Saint-Luc à Liège — et des autres intervenants invités à l’émission est frappante. Ils sont, pêle-mêle, persuadés de l’utilité de la publicité qui serait « informative », « (...) [lire la suite]

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mardi 29 novembre 2005

Une illustration de la féroce capacité de nuisance de la bêtise publicitaire

Il y a de nombreuses raisons de lutter contre la publicité. Parmi celles-ci, la nuisance écologique qu’elle représente est, me semble-t-il, très loin d’être la moindre. Récit d’une expérience vécue ce jour, exemple petit mais néanmoins frappant.

À peine sorti du train, ce matin, à la gare de Bruxelles-Central, je tombe sur une forte escouade d’une vingtaine de promo-boys et (surtout) promo-girls. Cette bande de joyeux mercenaires — prostitués du sourire, on peut dire ? — tente, comme on s’en doute, de refiler aux passants (en général du genre navetteurs abrutis par des horaires de dingue, pas le genre à perdre du temps à polémiquer) leurs prospectus en quadrichromie vantant la camelote d’une grande marque de prêt-à-porter (« H&M » pour ne pas la citer).

Bref, jusque là, rien de bien original, c’est vrai, même si tout ce papier sera évidemment tapé dans la première poubelle par l’immense majorité des gens.

Là où ça devient assez surprenant, c’est que le dépliant est emballé dans un sachet plastique. (...) [lire la suite]

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mercredi 23 février 2005

Dialogue

Il y a quelques jours, mon téléphone portable sonne. Je décroche et la voix, marquée d’un fort accent flamand, entame :

— Bonjour Monsieur Sschchreuuer, c’est Mobistar, je ne vous dérange pas ?

— Si

— ...

— ... (?)

— Je vous appelle parce que nous avons constaté que vous avez un téléphone portable doté d’un écran couleur

— Effectivement, mais je viens de vous dire que

— Et nous avons constaté que vous n’avez pas activé [ici le brave gars avec son accent flamand me parle d’un système qui permet de recevoir des sms avec des images et ce genre de choses]

— Ah bon ?

— Et donc, je vous propose d’activer cette option. C’est complètement gratuit

— Non, je vous remercie, ça ne m’intéresse pas

— Mais c’est complètement gratuit

— J’ai bien compris. Mais ça ne m’intéresse pas

— Mais c’est complètement gratuit

— Je viens de vous dire que

— Excusez-moi Monsieur, excusez-moi de vous avoir dérangé. Au revoir, Bonne soirée

Là, l’homme raccroche, manifestement troublé par ce dialogue un peu bizarre. J’admets ne pas (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 5 251 signes. Il a suscité trois réactions.
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