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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

23/05 — Pour des maisons de services publics

Paraît ce jour dans La libre Belgique un texte que je cosigne avec le groupe Le pouvoir nous veut triste dans lequel nous développons l’idée, déjà ébauchée dans ces pages, de maisons de services publics.

 

17/03 — Débat sur la poste

J’ai participé ce soir à l’émission « Point Barres », animée par Benoît Derue sur la télévision locale namuroise Canal C, émission dont l’édition du jour était consacrée à un débat sur la libéralisation du secteur postal, avec notamment Paul Furlan, président de l’UVCW et de Bernard Delvaux, membre de la direction de La Poste. Vous pouvez dès à présent voir ce débat en ligne (très fort, Canal C, de poster son contenu sur le net le soir même du tournage).

 

25/10 — La Poste, ou le « service public » comme fer de lance de la précarisation de l’emploi

Suite à la libéralisation totale du marché postal décidée au niveau européen |1|, La Poste a décidé d’« actualiser » son plan stratégique. D’après une dépêche Belga de ce jour, la mesure phare consistera dans le remplacement de 6000 facteurs par 12 000 emplois précaires.

La direction de La Poste a présenté aux syndicats, jeudi en commission paritaire, une actualisation de son plan stratégique pour les années 2008-2009. Point principal de cette nouvelle mouture : l’apparition de « livreurs de courrier » qui seront chargés de distribuer un certain type de courrier pendant les heures creuses de la journée.

« La Poste entend remplacer 6 000 facteurs équivalents temps plein par 12 000 de ces livreurs qui ne travailleront que quelques heures par jour ou par semaine », a expliqué André Blaise (CSC).

Selon le représentant du syndicat chrétien, la direction entend ainsi « encourager » le travail à temps partiel parmi son personnel de plus de 50 ans. « Il faut savoir que l’âge moyen des travailleurs de La Poste atteint 45 ans et que les objectifs qu’ils doivent remplir sont déjà “limites” en termes de flexibilité et de productivité. Si l’entreprise continue à les presser, la corde va craquer », a-t-il averti.

.../...

« Un facteur commence actuellement sa carrière avec un salaire de 1.000 euros net. Gagner encore moins, ce sera vraiment un salaire de misère », a ainsi réagi la CGSP. Les représentants des travailleurs craignent également qu’un nombre insuffisant de travailleurs optent pour ce système. « Que fera-t-on alors ? On ne peut tout de même pas forcer les gens à travailler à temps partiel ! », a encore indiqué le syndicat socialiste.

Dans un communiqué, Johnny Thijs, CEO de La Poste, commente ces nouvelles mesures de précarisation de son personnel avec le flegme qui sied à quelqu’un qui gagne 900 000 euros par an.

« L’ouverture au changement dont nous avons fait preuve ces quatre dernières années doit se poursuivre. Il s’agit d’adaptations progressives, que nous entendons évidemment appliquer en concertation avec les syndicats, sans recourir à des licenciements secs. Ce scénario part toutefois du principe que La Poste pourra affronter ses concurrents sur le marché libéralisé à armes égales. Il serait inconcevable que la concurrence puisse se tourner uniquement vers les secteurs rentables du marché et utiliser à cette fin de la main-d’œuvre bon marché, et que dans le même temps La Poste soit obligée de desservir chaque jour la totalité des boîtes aux lettres sur l’ensemble de notre territoire. Nous attendons des pouvoirs publics qu’ils mettent en place les garanties nécessaires sur le plan des services et des conditions de travail afin d’éviter toute discrimination concurrentielle ».

Soit dit en passant, je participerai à un débat sur le sujet à La Louvière le 8 novembre prochain. S’il y a des lecteurs de ce blog qui viennent de ce coin-là, je serai heureux de les rencontrer à cette occasion.

|1| À ce sujet, lire par exemple l’article que j’ai publié dans le Journal du Mardi avec Pierre Eyben.

 

7/08 — À propos de la privatisation de La Poste

Entre autres choses, on trouvera dans la rubrique « débats » du journal du mardi |1| qui paraît ce jour un article que je signe avec Pierre Eyben à propos de la privatisation de la poste et de la « libéralisation » européenne du secteur. Beaucoup de choses restent à dire sur la question, mais cet article permettra sans doute à ceux qui se sont peu intéressés à l’affaire d’avoir un aperçu de la situation.

J’en profite pour vous suggérer d’acheter ce sympathique canard, qui ne coûte que deux euros pour une cinquantaine de pages dans lesquelles on trouve souvent de bons papiers. La liberté de la presse n’existe pas sans un financement par les lecteurs — et c’est particulièrement valable dans le cas du JDM.

|1| Dont le site web semble fort regrettablement être tombé en rade.

 

10/05 — La preuve que les services publics peuvent collaborer entre eux

On dit souvent — à raison — qu’il est nécessaire que les services publics collaborent mieux entre eux. Et on cite souvent les transports en commun, qui dépendant, selon qu’ils sont ou non ferroviaires, du fédéral ou des régions, sont de ce fait ou pour d’autres raisons régulièrement un nid de problèmes pour leurs usagers (qui dépendent quant à eux à la fois du fédéral et des régions).

Il peut cependant parfois en aller autrement. La publicité |1| dont je joins la photo en est un bel exemple : la SNCB est à la conception, les TEC à la diffusion, unis... pour pour la propagation du sexisme et de la beaufitude la plus grasse |2|.

J’ajoute qu’ayant — douloureusement — passé il y a peu le cap des 26 ans (ouille, ça me fait mal rien qu’à l’écrire), et ayant par conséquent été contraint de passer du Go Pass |3| au Rail Pass (69 EUR pour dix trajets), j’ai une raison de plus de trouver la pub de la SNCB vraiment saumâtre. Car, je le dis, je l’affirme, je le crie — plus convaincu, comme vous le savez, que jamais que les transports en commun doivent être gratuits —, l’idée que le train de coûte pas cher est rigoureusement inexacte.

|1| Cette campagne date déjà de quelques semaines, à présent, mais je ne pouvais pour autant pas éviter de signaler cet exemple hallucinant de ce que peut donner la rationnalité publicitaire.

|2| Les utilisateurs d’un synthétiseur vocal noteront que la publicité, apposée sur un bus, porte ce slogan : « Prenez le train et une copine plus dépensière »

|3| Lequel, quoique plus abordable, n’en est pas pour autant accessible à tout le monde, loin s’en faut. Son prix a d’ailleurs augmenté, comme le reste des tarifs SNCB, au-delà de prix de la vie ces dernières années. Je retrouve d’ailleurs la trace d’un papier que j’avais pondu il y a plus de six ans sur le sujet : le lecteur m’accordera au moins d’avoir de la suite dans les idées :)

 

5/05 — Conférence sur les services publics

J’ai assisté cette après-midi à une conférence organisée par ATTAC qui réunissait des représentants des quatre principaux partis politiques démocratiques francophones |1| — Christine Defraigne (MR), Willy Demeyer (PS), Philippe Henry (ECOLO) et Michel de Lamotte (CDH) — autour de la question de l’avenir des services publics.

Il y a beaucoup de choses à dire, ce que je ferai éventuellement si je trouve un moment ; en attendant, voici déjà un enregistrement (de qualité médiocre mais suffisante pour entendre ce qui se dit) de cette longue conférence :

Ogg - 83.4 Mo

|1| Mais aucun représentant des partis de la gauche radicale, comme le faisait remarquer Pierre Eyben sur son blog.

 

Service public

dimanche 17 février 2008

Gratuité des transports publics, ça bouge un peu

La bonne idée de la semaine écoulée, une fois n’est pas coutume, vient du PS. « [...] la confection d’un budget, écrit Elio Di Rupo sur son blog, c’est aussi l’occasion d’être volontariste dans les domaines de société. Une mesure qui combinerait, selon moi, diminution du coût de la vie, mobilité harmonieuse et volontarisme environnemental serait de rendre les transports en communs, et notamment, le trafic national passagers de la SNCB entièrement gratuit. » Il précise sa pensée dans une interview au journal Métro : « il faut tendre vers la gratuité tout simplement parce qu’on ne pourra pas résoudre les problèmes climatiques et d’encombrements de nos routes sans passer par là », ajoutant encore que « dans les cinq à dix années qui viennent, il faudra entamer une réflexion plus fondamentale sur le chemin de fer et les transports en commun. » (via Belga)

Faut-il le dire, je suis à 100% d’accord.

Oui, la gratuité des transports en commun est une mesure de bon sens dans le contexte actuel, susceptible de contribuer (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 5 536 signes. Il a suscité 34 réactions.

lundi 19 novembre 2007

« La pression fiscale belge parmi les plus fortes »

Comme beaucoup trop régulièrement, on peut lire aujourd’hui sur certains sites de presse belge des échos serviles d’un document intitulé « Paying taxes 2008 », réalisé par la Banque mondiale en collaboration avec le cabinet d’audit PriceWaterhouseCoopers. On ne s’appesantira pas outre mesure sur l’opportunité douteuse de choisir un partenaire comme PriceWaterhouseCoopers dans le chef d’une banque mondiale qui ne convainc de toute façon plus personne lorsqu’elle se prétend soucieuse du bien commun.

On s’interrogera par contre sur la portée idéologique de cette soi-disant étude sur la « pression fiscale », dont le message central est simple et même simpliste : « la fiscalité, c’est le mal ». Le vocabulaire utilisé ne laisse aucun doute à ce sujet. On nous apprend par exemple que « la Belgique occupe une peu enviable 154e position, derrière l’ensemble des pays européens à l’exception de la France et de l’Italie. » De manière générale, la fiscalité est systématiquement présentée comme nuisible et les paradis (...) [lire la suite]

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samedi 27 octobre 2007

Droit de grève contre service minimum, quelques éléments pour une autodéfense

Après la France, où le service minimum, après avoir rythmé la pré-campagne et la campagne présidentielles, est devenu l’une des mesures phare des débuts tonitruants du sarkozysme au pouvoir, le débat arrive maintenant en Belgique : entre autres mesures répressives, l’hypothétique coalition « Orange bleue » envisage de mettre en place un service minimum dans les transports en commun. Concrètement, il s’agit donc de limiter le droit de grève pour garantir que rouleront, en toutes circonstances, un certain pourcentage des véhicules de transports en commun.

Cette question, j’y réfléchis depuis fort longtemps ; je ne compte plus les tentatives avortées de textes sur ce sujet. À chaque fois, il y a eu difficulté à faire prise, incapacité à dépasser les lieux communs dans l’analyse, impossibilité à s’assurer des marques fiables pour assumer une position dépourvue de trop d’ambiguités. J’avoue les pires atermoiements sur cette question, presque les nuits blanches d’incertitude. Car ce sujet est difficile, en ce qu’il (...) [lire la suite]

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lundi 23 juillet 2007

Pour des maisons des services publics

Ou tout ce qu’il aurait été possible de faire si l’on avait pas bêtement privatisé le secteur public. Ou encore ce qu’il serait possible de faire si on décidait de nationaliser à nouveau certains secteurs de l’économie,...

Face à l’éclatement des pouvoirs publics avec lesquels le citoyen est amené à interagir et vis-à-vis desquels il a de toute évidence du mal à se retrouver, un effort d’accessibilité s’impose. Face au démantèlement des services publics, devenus — au fil des « consolidations stratégiques » et des privatisations — des entreprises publiques, des entreprises publiques autonomes et finalement des entreprises tout court, soucieuses de profit et de rien d’autre, il est nécessaire de reconstruire des fonctions collectives efficaces au service du citoyen. Face à la logique capitaliste qui prévaut au niveau européen, le secteur public serait bien inspiré de montrer qu’il a quelques beaux atouts à faire jouer. Face à la complexité de plus en plus grande des tâches auxquelles nous sommes confrontés dans la (...) [lire la suite]

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mardi 19 juin 2007

« Libéralisation » de la Poste

Ce qui devait être sera : la commission concernée du parlement européen vient de trouver un accord sur la « libéralisation » totale des services postaux, qui devrait désormais entrer en vigueur en 2011. On notera que cette position a été soutenue par 38 voix (contre 6), celles, bien entendu de la droite — libéraux-démocrates (où siège notamment le MR) et Parti populaire européen (où siège notamment le CDH) —, mais également celles du Parti socialiste européen. Seuls les Verts et les Communistes ont voté contre. Pour illustrer le niveau d’ambition sociale du groupe social-démocrate, on retiendra que, selon Le Monde, le « socialiste » (sic) flamand Saïd El Khadraoui ne craint pas de se déclarer « heureux d’avoir limité les dégâts », en obtenant que cette échéance intervienne deux ans plus tard que ne le souhaitait la Commission. Comment peut-on atteindre à pareille déchéance ?

Pas le temps de longuement épiloguer sur cette chute attendue. Simplement dire que je ressens tout cela comme une violence insoutenable. (...) [lire la suite]

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mardi 3 octobre 2006

Quelques idées pour Liège dans les six ans qui viennent,...

Alors que les élections communales approchent à grands pas, je continue, comme d’habitude dans ce genre de circonstances, à me sentir quelque peu désemparé face à la réponsabilité que j’aurai très bientôt de voter pour tels ou tels candidats. Je reçois un abondant courrier des uns et des autres (parfois même les mêmes courriers en plusieurs exemplaires) mais, à l’une ou l’autre exception près, je suis déçu par la brieveté et le caractère attendu de ce que j’y lis. Je vois des milliers d’affiches collées partout, mais je ne comprends pas ce que les gens qui placent ces affiches veulent me dire car en général, on n’y trouve qu’un nom, une photo et parfois un bref slogan. J’aimerais plutôt recevoir de chaque parti un programme de 20, 50 ou 100 pages, dense, construit, avec des projections budgétaires des propositions qu’ils font, la précision du dégré de liberté qu’ils comptent laisser à leurs élus et une explication de ce qui fonde leur engagement. En lieu et place de cela, des slogans, encore des slogans et au (...) [lire la suite]

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vendredi 4 novembre 2005

Du concept de « déficit » en milieu ferroviaire

Assez régulièrement, les sociétés de chemin de fer publient des chiffres dans lesquels elles affirment que telle ou telle ligne n’est « pas rentable » ou encore expliquent que de tout leur réseau, seules quelques lignes importantes sont « rentables ». Ces deux alternatives signifient que les recettes perçues pour les voyageurs se déplaçant sur les lignes en question sont respectivement inférieures ou supérieures aux coûts d’exploitation (auxquels s’ajoutent souvent l’amortissement des investissements qui ont été nécessaires pour les construire ou les rénover). Les journaux relaient le plus souvent cette terminologie sans beaucoup la mettre en question. Conçue de cette façon, la notion de « rentabilité » est cependant suspecte et mérite d’être approfondie.

Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que l’organisation d’un réseau de transports en commun ne peut se comprendre et se penser uniquement de façon atomique, en disséquant le réseau en morceaux et en jaugeant de l’intérêt chacun de d’entre eux (...) [lire la suite]

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jeudi 30 septembre 2004

Y’a encore de l’espoir, même au New Labour

C’est, me semble-t-il, une info capitale, que relevait hier l’Humanité :

Le congrès du Parti travailliste a voté en faveur de la renationalisation des chemins de fer britanniques, au grand dam de Tony Blair et de ses ministres. Le résultat du vote a été annoncé hier, peu avant que le premier ministre prononce son discours pour tenter de resserrer les rangs de son parti en vue des législatives. C’est par 64 % des voix (la plupart venant des syndicats affiliés au Parti) que le congrès a adopté la motion, véritable acte de défiance à l’égard du gouvernement.

Oui, vous lisez bien, pour la première fois depuis des siècles (enfin, depuis longtemps, au moins), un parti social-démocrate européen remet à son ordre du jour le concept de nationalisation. Ce n’est pas rien quand même car, me semble-t-il, depuis le "tournant de la rigueur" des socialistes français en 1983, ce genre d’idées qui fâchent n’étaient plus trop à l’ordre du jour. Alors, bien sûr, les britanniques étaient allés plus loin que partout (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 1 572 signes. Il a suscité 0 réaction.
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