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Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

9/05 — Ordures ménagères et big brother

J’ai été, il y a quelques jours, fourrer mon nez dans une réunion de quartier que tenait le bourgmestre de Seraing, Alain Mathot. J’y allais pour prendre la température en vue d’un article que j’écris sur les enjeux urbanistiques à Seraing mais, de façon générale, j’ai appris pas mal de choses.

Entre autres, comme vous en avez peut-être entendu parler, un important projet est en cours de mise en oeuvre à l’échelle intercommunale concernant la collecte des déchets (lire par exemple l’article de Marc Bechet dans La libre de ce jour). À terme, les systèmes actuels (sacs payants, étiquettes,...) devraient être remplacés par un système de « conteneurs intelligents » (sic) fonctionnant sur le principe suivant : chaque ménage disposerait d’une carte à puce donnantt accès à un conteneur situé à maximum 50 mètres de son domicile.

Là où c’est intéressant, c’est que les poubelles déposées par chaque ménage seront automatiquement pesées et une facture sera dressée en fin d’année en fonction de la production d’ordure, au kilo près. Sur le principe, ça a l’air assez sympa : chacun paiera en fonction de ce qu’il produira (enfin, pas tout à fait, comme le fait remarquer Ecolo, puisque la part forfaitaire est démesurée par rapport à la part variable), ce qui devrait donc inciter tout le monde à produire moins de déchets (ou à aller les balancer dans des dépôts clandestins, mais c’est une autre histoire).

L’effet de bord préoccupant, c’est que les données générées par ce système pourraient être, à en croire le bourgmestre de Seraing, utilisées à d’autres fins que la gestion des déchets. M. Mathot a en effet expliqué le plus sérieusement du monde que « ça permettrait, par exemple, de repérer les domiciliations fictives ». Ne manque qu’un peu d’imagination pour trouver à ce machin d’autres usages du même genre....

 

26/11 — La face cachée des jolis vélos de la JCDecaux

Préparant l’intervention que je ferai jeudi soir au Baradéba d’Etopia, à Bruxelles, au sujet du système Cyclocity, je cherche à étayer mon argumentaire — déjà ébauché dans un précédent article — défendant l’idée |1| selon laquelle les vélos en libre-service de la société JCDecaux (Vélo’V à Lyon, Vélib à Paris, Cyclocity à Bruxelles, etc) auraient pour fonction de placer sous surveillance (géolocalisation, mémorisation des itinéraires, identification des lieux régulièrement fréquentés) une partie de la population à des fins de profilage commercial fin.

À cette fin, je suis notamment en train d’écumer différents documents émanant de ladite JCDecaux, dont celui qui lui tient lieu de rapport annuel 2006 (pdf). À la page 44 de ce document, on trouve cette citation :

Afin d’optimiser son offre produits, le Groupe a mené une politique ambitieuse de développement qui concilie diversité des designs, standardisation maximale de ses composants de base, et rationalisation des coûts de production. Acteur majeur de la communication offerte aux citadins, le Mobilier Urbain bénéficie aujourd’hui des avancées des nouvelles technologies de l’information et de la communication, dans les domaines de l’information visuelle (écrans géants à LCD, TFT pour 2m2 et Cholestériques pour les 8m2), des communications radio (emploi massif des technologies GPRS pour interconnecter les mobiliers sans travaux de voirie, de Bluetooth pour connecter les citoyens aux Mobiliers Urbains), des nano-technologies (micro processeur embarqué du vélo) ou des technologies logicielles de l’environnement Internet et de l’Internet mobile, en vue d’offrir un service toujours plus réactif et personnalisé aux citoyens. Avec un bureau d’études, une Direction des Nouvelles Technologies et une Direction des Arts Graphiques intégrés, JCDecaux dispose de tous les atouts et d’une force de frappe très importante pour répondre rapidement à tous les appels d’offres et concevoir des mobiliers innovants, parfaitement adaptés au cahier des charges de ses clients en France ou dans le reste du monde. [...]

(c’est moi qui souligne)

Il me semble que cette citation est probante. La question est désormais : pourquoi cette question de la vie privée n’est-elle pas abordée par les édiles municipaux qui envisagent d’équiper leur ville de ce système ?

|1| Née de la lecture d’un article d’Annie Kahn : « Avec JCDecaux, l’Inria imagine la publicité sur mesure pour le chaland », in Le Monde, 31 mars 2006.

 

15/11 — Sur la société de surveillance

Comme annoncé dans ces pages, était organisée ce mercredi 14 novembre par le Collectif liégeois contre la vidéo-surveillance une conférence sur le thème de la société de surveillance.

Voici deux enregistrements réalisés à cette occasion, livrés, comme d’habitude, bruts de décoffrages. À mon grand regret et en raison d’un problème technique, je n’ai pu enregistrer la première intervention, celle d’Antoinette Rouvroy, pourtant particulièrement intéressante.

L’intervention de Nathalie Grandjean, philosophe aux FUNDP :

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L’intervention de Julien Pieret, représentant de la Ligue des droits de l’homme |1| :

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Et le débat (la qualité de la bande son est très médiocre, vous êtes prévenus) :

/IMG/mp3/20071114_debat.mp3

Il me semble que dans le débat ont été ouvertes pas mal de pistes de travail, qu’il serait intéressant d’explorer ou d’approfondir. J’y reviendrai éventuellement plus tard.

|1| Laquelle Ligue des Droits de l’Homme organise d’ici peu à Bruxelles une très dense semaine sur le thème du « Quotidien sous contrôle »

 

22/10 — Conférence sur la société de surveillance le 14 novembre

Le Collectif liégeois contre la vidéo-surveillance organise une conférence sur le thème de la société de surveillance le 14 novembre prochain à 19h30 à l’ULg. Plus d’info en ligne (ou cliquez sur l’affiche).

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18/04 — Les « mis sur écoute » contre-attaquent

J’ai assisté hier à la conférence de presse que donnaient les trois militants altermondialistes (dont deux sont des amis) qui ont été mis sur écoute en 2001 par les services de police, avec autorisation d’un juge d’instruction et cela de façon totalement abusive, au moment où ils ont organisé une manifestation pacifique (de surcroît autorisée et n’ayant pas provoqué de débordements) contre le sommet des ministres des finances européens (Ecofin) qui s’est tenu à Liège dans le cadre de la présidence belge de l’UE. Se sont ensuivis pour eux deux procès (deux parce que le ministère public a fait appel de la première décision) qui se sont soldés par un acquittement et la mise en évidence d’une faute dans le chef de l’Etat.

Soutenus notamment par la Ligue des droits de l’homme, la FGTB liégeoise, le CLEA et le CAL Liège, les « mis sur écoute » ont décidé de contre-attaquer et lancent à présent une citation contre l’Etat belge. Ils appellent également à une révison des différentes législations d’exception qui se multiplient ces temps-ci en Belgique qui représentent un grave danger pour la liberté d’expression et d’association, entre autres. Pour ce faire, ils lancent notamment une pétition qu’ils invitent tout un chacun à signer.

On trouvera tous les détails sur le site http://missurecoute.be/, notamment un dossier de presse très fourni, dans lequel sont notamment reproduites une série de pièces du dossier qui montrent à quel point tout cela serait profondément dérisoire si ces pratiques dans le chef de la justice ne portaient pas gravement atteinte à certaines de nos libertés fondamentales.

Voir aussi le reportage consacré à cette conférence de presse par la télévision locale liégeoise RTC. Si vous ne savez pas lire les vidéos au format flash, vous pouvez télécharger ce reportage au format AVI en cliquant sur le lien suivant :

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25/09 — Contre la vidéo-surveillance

Création ces jours-ci d’un (très informel) collectif liégeois contre la vidéo-surveillance, qui organise sa première action publique ce jeudi à Liège pour dénoncer l’installation de caméras de surveillance partout dans la ville. On trouvera quelques infos pratiques et un argumentaire sur la page web du collectif.

 

Surveillance & vie privée

vendredi 31 août 2007

Sur quelques ressemblances entre la SABAM et la STASI

Parmi les rares choses dont j’ai une conviction fermement établie, il y a ceci que je suis persuadé qu’on est toujours plus critique vis-à-vis de ce qui est loin et passé que vis-à-vis de ce qui est proche et contemporain. C’est plus confortable. Pensez à ces militants « droits-de-l’hommistes » bon teints toujours prêts à se mobiliser pour dénoncer les atteintes aux droits fondamentaux en Birmanie ou à Cuba mais résolument aveugles sur la situation des prisons belges ou sur les dérives liberticides des « nos » lois anti-terroristes, pour ne prendre qu’un exemple.

Autrement dit : nous pêchons souvent par un excès de confiance et de bienveillance à l’égard de nos propres institutions.

Ainsi en va-t-il de la SABAM, dont il a été question récemment dans ces pages, au sujet de procès qu’elle gagné contre Scarlet et au sujet des veillée scoutes (mais combien d’autres exemple nous aurions pu prendre !). D’emblée, vous me direz que la Sabam n’est point une institution mais une société privée et que les deux choses (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 9 980 signes. Il a suscité cinq réactions.

samedi 14 juillet 2007

L’absurde croisade de la Sabam contre le peer-to-peer

Une fois de plus, la justice belge s’est montrée en ce début du mois de juillet disciple particulièrement zélée de la lutte contre le piratage, cette grande cause internationale dont chacun sait l’extrême importance et surtout la préséance sur certains droits fondamentaux comme le droit à la vie privée ou la liberté d’expression.

Après avoir accordé à la société CopyPresse une victoire à la Pyrrhus contre Google et fait prévaloir une lecture particulièrement restrictive du droit de citation, c’est maintenant aux échanges peer-to-peer que s’attaque la justice belge, saisie par la Société Belge des Auteurs, Compositeurs et Editeurs (SABAM) dans une affaire l’opposant depuis 2004 au fournisseur d’accès à Internet (FAI) Tiscali (aujourd’hui devenu Scarlet).

Fort logiquement, la Sabam, forte de sa victoire judiciaire, exige désormais des autres FAI — à commencer par Belgacom qui a reçu ce vendredi une lettre recommandée pour cette raison, selon Le Soir, lequel en profite pour faire utilement le point sur la (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 9 134 signes. Il a suscité douze réactions.

samedi 16 juin 2007

Où Oscar Tarmago est confronté à l’abominable Veriship

— Monsieur... ?

— Euh... Tarmago, Oscar Tarmago.

— C’est à quel sujet ?

— Vous m’avez convoqué. Il est question dans la lettre d’une « implantation »...

— Ah oui, bien sûr. Asseyez-vous, je vous prie. Attendez un instant.

— ...

— Vous êtes bien le matricule GK197555 ?

— C’est bien cela.

— Je vois. Vous êtes donc sans emploi depuis exactement 17 mois, 22 jours et 21 heures.

— Quelque chose comme ça, oui.

— Votre ADN n’indique pourtant aucune prédisposition congénitale.

— Je vous demande pardon ?

— Oui, c’est récent, nous avons croisé nos bases de données avec celles d’Interpol, ce qui nous permet de mieux vous connaître, c’est plus simple pour tout le monde. Ça nous fait gagner beaucoup de temps. Et, un instant,... voilà,... ça vous amusera sans doute de savoir que cette empreinte ADN a été prise par relevé de salive le 10 août 2006 à la gendarmerie d’Albi à la suite de votre participation à l’arrachage d’un champ de maïs trangénique.

— Ça fait cinq ans, quand même, vous êtes sûr que c’est encore valable ? (...) [lire la suite]

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dimanche 6 mai 2007

De l’irresponsabilité généralisée face à la torture en Belgique

Dans le cadre de son assemblée générale annuelle qui se tenait aujourd’hui à Liège, la Ligue des Droits de l’Homme organisait un débat politique sur le thème de la société de surveillance, avec la participation de représentants des quatres principaux partis politiques francophones, Mme Muriel Gerkens pour Ecolo et MM. Thierry Giet, Daniel Bacquelaine et Benoît Drèze, respectivement pour le PS, le MR et le CDH, tous quatre députés fédéraux et candidats à leur reconduction dans ce mandat lors des très prochaines élections législatives.

Comme je commence à en prendre l’habitude, j’ai enregistré ce débat, enregistrement qui me semble être un document intéressant sur divers points. Ne disposant pas (encore) d’un matériel permettant d’enregistrer ce genre de rencontre dans de bonne conditions, la bande sonore que je vous propose est de une fois de plus de qualité médiocre. Elle permettra cependant aux plus motivés d’écouter in extenso cette conférence de presque trois heures :

Ecouter : (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 6 586 signes. Il a suscité cinq réactions.

lundi 9 avril 2007

Deux bons films

Il paraît que je serais trop sévère quand je parle de cinéma dans les pages de ce carnet. Ça ne me semble pas tout à fait exact mais peu importe.

Quoi qu’il en soit, j’aimerais dire tout le bien que je pense de deux films que j’ai vu récemment et qui ont en commun une thématique qui est celle de la surveillance. Dans l’un comme dans l’autre, toutefois, le propos politique n’est que secondaire, constitue en quelque sorte la trame de ces films qui sont d’abord des oeuvres de fictions dramatiques convaincantes, comme chacun pourra s’en convaincre en allant les voir. C’est cependant cette trame qui m’intéresse ici, car il s’agit dans les deux cas d’une réflexion sur l’idée de contrôle, sur les dégâts que peut représenter une société de surveillance, sur les limites de cette transparence dont trop de naïfs font, au point que ça en devient souvent dangereux, un critère d’évaluation central des vertus d’un système politique. À l’inverse, c’est la vertu de l’intime, de l’épaisseur du monde social, qui est prônée. (...) [lire la suite]

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lundi 20 novembre 2006

Vidéo-surveillance, traçabilité et comportements « anormaux »

L’info me vient de Benoît Dupont, professeur à l’université de Montréal, qui écrit ceci sur son blog :

IBM mettra sur le marché dans les prochains mois des solutions de sécurité dites « intégrées » qui combinent des systèmes de vidéosurveillance et de contrôle d’accès à des logiciels « intelligents » d’analyse des données. Ces logiciels s’appuient sur des algorithmes pour détecter des comportements suspects ou anormaux, comme des véhicules stationnés dans des zones interdites aux alentours des aéroports, des individus circulant à contresens dans les couloirs d’accès aux transports en commun ou ne s’arrêtant pas aux caisses enregistreuses d’un magasin après avoir pris un produit dans un rayon. Les algorithmes utilisés permettent de lancer des alertes dès qu’un comportement anormal est détecté, ou de mener des recherches sur des individus ou des véhicules spécifiques parmi des milliers ou des millions d’heures d’enregistrement avec une efficacité bien supérieure à celle d’opérateurs humains. Cette tendance à (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 3 901 signes. Il a suscité quatre réactions.

dimanche 5 novembre 2006

Société de surveillance & changement climatique

Deux rapports venus de Grande-Bretagne font pour le moment beaucoup parler d’eux.

Le premier, commandé par Her Majesty’s département du trésor, est une monumentale brique de 700 pages qui tente de chiffrer économiquement l’impact du réchauffement climatique ; très justement critiqué par Adam Kasher sur Le Monde citoyen, non seulement en raison des résultats mêmes du rapport, dûs à une démarche trop peu holistique, mais aussi et surtout en raison du fait qu’« il y a une véritable défaite philosophique à se résoudre à voir la dimension économique constituer un meilleur argument que la dimension humaine. Mais au vu de l’enjeu, on se dira que la fin justifie les motifs ». Il n’en est pas moins une formidable mine d’informations à laquelle il vaut la peine de jeter un oeil, d’autant plus qu’elle est disponible en ligne (en).

Un résumé d’une vingtaine de pages, toujours en anglais, est également disponible :

Stern report, summary (en)

Le second, commandé par l’ICO (l’organe officiel britannique destiné à la (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 5 389 signes. Il a suscité deux réactions.

vendredi 2 décembre 2005

À grandes enjambées vers une société de surveillance

Chaque jour, ça déconne un peu plus ! Nous vivons dans une société où le fichage des citoyens et plus généralement leur contrôle biopolitique sont devenus légitimes, au nom de diverses menaces contre lesquelles ils sont censés nous protéger. Ça évolue tellement vite qu’il devient de plus en plus difficile de suivre tout ce qui se passe. On peut tenter de prendre la mesure du phénomène, de tracer sa progression. Hier j’ai parlé du droit fondamental et menacé que constitue l’utilisation de logiciels libres. Aujourd’hui, je vais juste lister quelques éléments de l’actualité, qui devraient non seulement nous interpeller mais aussi et surtout nous faire réagir.

Carte d’identité électronique. La carte d’identité électronique belge a déjà fait beaucoup parler d’elle pour de nombreuses et très valables inquiétudes qu’il est trop long de détailler ici. L’édition d’aujourd’hui de La libre Belgique nous apprend que « la présidence britannique de l’UE veut imposer le fichage biométrique sur les cartes d’identité (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 3 967 signes. Il a suscité 0 réaction.
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