Formulaire de recherche Classement thématique Liens Archives Lettre d'info

Des Bulles

Emerveillements, énervements,... carnets cathartiques

En bref

11/06 — « Éco-bonis », emblèmes d’une politique injuste

Comme annoncé l’année dernière, la région wallonne vient donc de lancer le système des « éco-bonis » visant, je cite, à « récompenser les automobilistes qui utilisent des véhicules propres ». Dont coût, 22 millions d’euros par an !

Comme je l’avais déjà dit, outre que la rhétorique de la voiture « propre » est risible, cette mesure est profondément injuste, puisqu’elle consiste à transférer de l’argent du contribuable moyen vers les automobilistes — et donc discrimine les personnes qui n’utilisent pas de voiture, ce qui est un comble pour une mesure présentée comme « environnementale ».

C’est exactement la même logique que pour les abonnements de transports en commun gratuits pour les gens qui abandonnent leur voiture : seuls peuvent en bénéficier ceux qui avaient préalablement une voiture.

Alors que la région wallonne manque d’argent pour tant d’autres choses, alors que, notamment, les moyens manquent sérieusement pour soutenir le développement des alternatives à la voiture (vélo, transports en commun,...), cette mesure est particulièrement indigente. Electoralement, par contre, c’est sans doute bien joué : on imagine que l’automobiliste moyen sera certainement ravi de pouvoir non seulement rouler en bagnole tout en ayant le sentiment de protéger l’environnement mais de pouvoir en plus le faire avec une prime — et donc la caution — des pouvoirs publics...

 

13/01 — André Antoine met Inter-Environnement au tapis

Inter-Environnement Wallonie (IEW), c’est une fédération qui regroupe 150 associations actives dans la défense de l’environnement en Wallonie. Inter-Environnement Wallonie, c’est une expertise irremplaçable sur des questions comme l’aménagement du territoire, la mobilité, l’énergie, la pollution de l’air, de l’eau et des sols, etc. Inter-Environnement Wallonie, c’est, depuis 30 ans, le principal « lobby » — si l’on peut dire — environnemental en Wallonie. Inter-Environnement Wallonie, c’est une vingtaine de salariés qui travaillent avec acharnement pour défendre des enjeux essentiels pour notre avenir face à une horde de promoteurs immobiliers, constructeurs automobiles, industriels pétrochimiques et autres pollueurs invétérés — généralement indifférents à l’environnement mais disposant d’une force de frappe démesurée par rapport à celle des défenseurs des biens communs.

Bref, Inter-Environnement Wallonie, c’est le genre de structure que, à l’heure où les défis environnementaux sont tellement urgents, n’importe quel responsable politique doté d’un brin de sens des responsabilités (vous savez, ce truc qui incite à faire des actions utiles à la collectivité mais dont on ne tire pas nécessairement un bénéfice politique immédiat) devrait avoir à coeur de soutenir. Tel n’est pas le cas du ministre André Antoine qui vient de décider de couper une partie significative des vivres à IEW, ainsi qu’on l’a appris cette semaine.

Il faut dire que le sieur Antoine est familier des petites crapuleries par derrière, du double discours avec un grand sourire et du dégommage d’associations dérangeantes. Le parti « humaniste » — le cdH —, dont est membre M. Antoine, tient généralement un discours très favorable à l’environnement. Sa pratique toutefois diverge de façon étonnante avec ses mots. Les exemples abondent. À commencer par l’implantation forcenée de zonings industriels ou de lotissements immobiliers dans des zones rurales éloignées de tout moyen de transports en commun — à commencer par Perwez, le village dont M. Antoine est bourgmestre —, garanties certaines de « notre » dépendance totale à la bagnole reine |1|.

Notez que Antoine n’en est pas à son coup d’essai en matière d’étêtage d’associations dérangeantes. L’année dernière, il avait ni plus ni moins sucré les subventions du Gracq, obligeant la principale association cycliste francophone à licencier la plus grande partie de son personnel wallon.

Ceci pose une fois de plus la question de l’indépendance des associations critiques. Le subventionnement public — fautes de garanties dans la manière dont il est délivré — s’apparente de façon évidente à une laisse dorée — les politiciens l’utilisant sans vergogne pour contrôler cette soi-disant « société civile ». Si les citoyens veulent que des voix libres continuent à s’élever — ce qui est une condition sine qua non de l’existence de processus démocratiques et puis aussi sans doute de la survie de l’humanité face au défi environnemental —, il faut qu’il mettent la main au portefeuille : en versant des cotisations à des associations comme IEW, en achetant des journaux indépendants, en versant des dons pour soutenir. Cette culture de l’indépendance est très faible en Europe — alors qu’elle est beaucoup plus forte aux Etats-Unis, par exemple, pour le pire ou le meilleur. C’est la recette de Greenpeace. Force est de constater que ça a des conséquences très dommageables. Pour un qui s’en prend ouvertement dans la gueule comme IEW aujourd’hui, combien en effet pour s’autocensurer au quotidien ?

|1| Et quand il n’y aura plus de pétrole, vous allez voir qu’il faudra que les pouvoirs publics paient les dégâts pour les naïfs qui se retrouveront perdus en pleins champs.

 

28/10 — Clientélisme à tous les étages

À voir, cette vidéo due à Diederick Legrain sur NamurDirect. Le président du parlement wallon José Happart y explique sa vision de la relation de confiance qu’il convient d’instaurer entre un élu et la population.

Puis, avant de tirer des conclusions trop hâtives sur la vieille garde du PS, jeter un oeil à cette citation de Paul Magnette, nouveau ministre wallon, relevée par Pan. Répondant à la question de savoir s’il défend suffisamment les intérêts de Charleroi, le nouvel et non moins putatif homme fort socialiste de Charleroi (par décret du boulevard), parangon proclamé de la rénovation, déclarer ceci.

« Qu’on me juge sur mes actes. J’ai mis en place, au sein de mon cabinet, une cellule pour défendre les intérêts de Charleroi »

Commentaire de Pan :

Outre que le contribuable sera enchanté d’apprendre que ses deniers destinés à la gestion gouvernementale servent à la promotion électorale d’un ministre, on est estomaqués par tel aveu. Qui a dit « rénovation » ?

Faut-il vraiment épiloguer ?

 

20/08 — Nouvelles incantations pétrolifères pour « redresser la Wallonie »

Truculent article dans l’édition liégeoise du Soir de ce lundi : Philippe Bodeux rend compte d’une table-ronde organisée par le ministre régional wallon Jean-Claude Marcourt en vue de répondre à la douloureuse question suivante : comment l’activité du circuit de Francorchamps peut-elle « irradier sur » (sic) la région ?

Alors que le gouvernement régional a investi des sommes colossales dans ce circuit — au nom précisément d’imaginaires « retombées économiques » dont dépendrait l’avenir de toute une région —, alors qu’une nouvelle course de Formule 1 sera organisée sur le circuit en septembre et que, inévitablement, la question de la pertinence de l’investissement public dans ce gouffre financier va rejaillir au premier plan de l’actualité, on ne saurait blâmer le ministre Marcourt de tenter d’anticiper.

Mais l’organisation de cette table-ronde résonne comme un aveu retentissant de l’inanité de la politique wallonne passée et présente : il est désormais difficilement niable que l’argent public a été investi sans raison et que c’est seulement a posteriori que les pouvoirs publics tentent de justifier leurs dépenses. Comme le souligne Philippe Bodeux, « un exploit supplémentaire doit être accompli : faire en sorte que les 25 millions d’euros investis par la Région — ils s’ajoutent à la longue liste des investissements publics — aient un impact sur le redressement économique de la Wallonie. ».

Faut-il souligner encore une fois combien tout cela est affligeant ?

 

2/08 — Une faille juridique dans le projet CHB ?

Le questionnement avancé en mai dernier par le groupement des riverains du projet d’autoroute Cerexhe-Heuseux/Beaufays (A605) au sujet d’un vice de forme dans la procédure d’attribution du marché public |1| prend de la substance. Le Soir de ce jour publie un articulet |2| reprenant une dépêche Belga qui confirme que le gouvernement régional n’a pas procédé à un appel d’offres pour ce marché qui a été confié à la Sofico. Or, la présence d’une banque privée dans le capital de la Sofico impose cette procédure, comme l’indique l’infatiguable Bernard Wesphael, conseiller régional wallon (Ecolo). Sans doute cela fera-t-il gagner un peu de temps dans le combat contre cette autoroute inutile.

|1| Lire l’article de Pierre Morel dans Le Soir du 16 mai.

|2| Malheureusement indisponible en ligne.

 

23/07 — « Créer une entreprise »

Bon, un (micro-)post potache aujourd’hui ; c’est les vacances. Quand vous taper la requête « créer une entreprise » dans Google |1| en restreignant la recherche aux pages belges, le premier résultat fourni est cette page-ci, publiée, donc, par la région wallonne. Et il s’agit... d’une page d’erreur 404.

En ces temps de « plan Marshall » (hu hu hu, je ne peux pas m’empêcher de rire chaque fois que j’entends ces mots) et d’unanimisme sirupeux autour des vertus de l’« esprit d’entreprise » érigé en nouvelle idole, cette page d’erreur 404 me fait doucement sourire, je dois bien l’avouer.

|1| Oui, accessoirement, Google, c’est mal, il faudrait que je pense à utiliser un autre moteur de recherche.

 

1er/12 — A propos de la ligne Gosselies-Ottignies

Parmi les nombreuses vicissitudes que connaît aujourd’hui la Wallonie (et au sujet desquelles j’espère trouver le temps d’écrire quelques lignes ces jours-ci), certaines sont plus médiatisées que d’autres. J’ai écrit le mois derniers, avec Bernard Swartenbroekx, un petit texte consacré à l’absurdité de la nouvelle ligne ferroviaire voulue par le gouvernement wallon : Le « plan Marshall » passe-t-il par une ligne Ottignies - Daussoulx - Rhisnes - Gosselies ?. Ce texte n’ayant pas été publié par les journaux auxquels nous l’avons proposé, nous le publions sur le web.

 

Wallonie

mardi 29 janvier 2008

Charleroi, entretien avec Luc Delval et Dominique Cabiaux

J’ai eu l’occasion, le 6 octobre dernier, de réaliser avec Marc Jacquemain un entretien de deux personnalités carolorégiennes : Luc Delval, ancien journaliste et responsable culturel et animateur du site charleroi-democratie.be (lequel site est pour le moment en sommeil) et Dominique Cabiaux, responsable syndical (CSC). Il était question de la situation de la ville de Charleroi. Une version réduite de ce (très) long entretien, accompagnée de deux autres articles sur Charleroi, paraîtra dans le prochain numéro de la revue Politique (février). Il m’a cependant semblé intéressant de vous livrer une version extensive, relativement brute de décoffrage.

FS : Partons peut-être de l’histoire récente. La ville de Charleroi demeure à bien des égards le produit d’une importante fusion de communes...

LD : Oui, Charleroi a été constituée par la fusion de 15 anciennes communes. Ça a été la plus grosse fusion de Wallonie, tant par le nombre de communes que par la population concernée. À l’époque, la critique qui est (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 32 315 signes. Il a suscité une réaction.

lundi 28 janvier 2008

André Antoine, à propos de CHB

Le ministre Antoine était ce matin l’invité de Matin Première, sur les ondes radio de la RTBF. Bien entendu, cela n’a pas manqué de retenir mon attention étant donné que c’est d’André Antoine que relève la signature du permis d’urbanisme de la liaison autoroutière Cerexhe-Heuseux/Beaufays.

Entretien avec le journaliste :

IMG/mp3/20080128_Andre_Antoine_Matin_premiere.mp3

Réponses aux questions des auditeurs (« Questions publiques ») :

IMG/mp3/20080128_Andre_Antoine_Questions_publiques.mp3

Voici la retranscription de ce que, interrogé par le journaliste Benoît Patris, le ministre Antoine a répondu ce matin au sujet de l’autoroute CHB.

BP — Alors parlons du Co2 justement parce qu’il y a effectivement l’industrie mais il y a aussi toutes les émissions liées aux logements, aux transports, on parle de cette fameuse liaison Cerexhe-Heuseux-Beaufays, certains disent, mais qu’est-ce que ça a comme sens d’investir encore dans le réseau routier alors que justement, l’avenir, ce n’est (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 9 187 signes. Il a suscité six réactions.

jeudi 10 janvier 2008

Charles Janssens donne une chance au débat

Le bourgmestre de Soumagne (photo), Charles Janssens signait dans Le Soir de mercredi une « carte blanche » en faveur de la liaison autoroutière « Cerexhe-Heuseux / Beaufays » (CHB), qu’il est — ainsi que le savent les lecteurs de ces pages — question de construire à l’Est de Liège. Le fait est intéressant car M. Janssens passe généralement pour être l’un des proches soutiens du ministre de l’équipement, M. Daerden dont on peut supposer qu’il ressent à présent la nécessité de défendre activement le projet CHB (menacé de toutes parts, et notamment, il y a quelques jours, par un rapport de la cour de Compte portant sur la gestion calamiteuse du réseau routier wallon, ainsi que le souligne Pierre Castelain).

Quoi qu’il en soit, lire — enfin — un défenseur de « CHB » s’exprimer autrement que par quelques slogans sybillins — ainsi qu’on a malheureusement eu tendance à s’y habituer ces dernières années — est indéniablement une avancée. Nous aurions tort de mépriser cette ouverture au débat. Et la première chose à (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 7 624 signes. Il a suscité seize réactions.

vendredi 23 novembre 2007

Les pauvres arguments du ministre Daerden

Face à la fronde qui conteste la construction prévue par la Région wallonne de l’autoroute Cerexhe-Heuseux/Beaufays, à l’Est de Liège, M. Daerden, l’un des principaux promoteurs du projet, sort de sa réserve et donne, dans Le Soir de ce jour, quelques arguments (ci-contre) qu’il n’est pas inutile de commenter rapidement.

1. CHB est financée dans le cadre de la Sofico.

Qu’est-ce à dire ? Tout simplement que la région wallonne, incapable de financer elle-même ses infrastructures, doit recourir à un montage financier pour y parvenir. Il n’en reste pas moins que c’est avec l’argent public que sera remboursée la Société wallonne de financement complémentaire des infrastructures (Sofico). De quoi il découle deux conclusions : 1. les moyens wallons étant (très) réduits, il convient de les utiliser à bon escient. 2. L’argent public étant en jeu, il est légitime de tenir un débat public sur son affectation. En arguant de complexités techniques non pertinentes, M. Daerden cherche à éviter le débat de fond.

2. CHB (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 3 500 signes. Il a suscité deux réactions.

vendredi 19 octobre 2007

L’injuste « prime à la voiture propre » du gouvernement wallon

Avec l’inculture politique et fiscale qui gangrène les milieux du pouvoir, on voit de plus en plus régulièrement paraître des mesures, notamment fiscales, qui portent atteinte à des principes fondamentaux, comme l’égalité de chacun devant la loi.

On en a déjà vu un exemple éclatant avec cette mesure prise par les différentes régions du pays proposant d’échanger une plaque minéralogique contre une abonnement gratuit aux transports en commun : comme je l’avais souligné à l’époque, cette mesure ne touche que les détenteurs d’(au moins) une voiture, ce qui est injuste dans la mesure où le financement vient des impôts de tous les citoyens. Ceux qui sont trop pauvres ou trop respectueux de l’environnement pour posséder une voiture dont se débarasser peuvent continuer à payer le bus. Par conséquent, entre deux personnes se trouvant dans la même situation de revenu — payant donc les mêmes impôts — et ne disposant pas d’une voiture, l’une peut recevoir un abonnement gratuit aux TEC et l’autre pas, la prime allant à (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 6 685 signes. Il a suscité six réactions.

samedi 29 septembre 2007

« Pour certain Ministre Régional, ce n’est pas encore suffisant »

Jean-Pierre Collignon, signataire de la pétition pour le tram et chroniqueur à la RTBF, entre autres qualités, me signale très aimablement ce billet passé ce matin dans sa « Chronique de l’Indispensable Monsieur Jean-Pierre, chroniqueur mondain » dans l’émission « Première séance », sur la Première chaîne radio de la RTBF.

À lire et à écouter, avant de se retrouver ce lundi à 18h devant l’hôtel de ville de Liège.

IMG/mp3/20070929_jean-pierre_collignon.mp3

Après l’informateur, le médiateur, le formateur et l’explorateur et bientôt, pourquoi pas le pacificateur, le réanimateur voire, pour finir, le fossoyeur, la farce n’en finit pas et, contrairement à ce qu’affirment certains journaleux qui prennent leurs vessies pour des lanternes, l’heure n’est pas au doute ou à la panique mais bien plutôt à la rigolade, pour ce qui me concerne, en tout cas. D’ailleurs et en outre, je ne perçois nulle-part la moindre impatience ni tourments d’aucune sorte dans le chef d’une population qui vaque à ses petites (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 4 418 signes. Il a suscité deux réactions.

dimanche 16 septembre 2007

À Francorchamps, le vent tourne

Ce dimanche — difficile d’y échapper — aura donc lieu le grand prix de Belgique de Formule 1. Si l’aspect « sportif » de la chose me laisse, je dois bien le dire, de marbre, je porte par contre l’intérêt le plus vif aux diverses tractations politiques, spéculations économiques et autres jeux de pouvoir qui entourent cet événement — même si ce que j’en perçois n’est de toute évidence que la partie émergée d’un iceberg de fameuse dimension. Et, malgré le relatif unanimisme politique et médiatique qui entoure l’objet, il me semble avec plaisir déceler les signes assez nets d’un revirement en sa défaveur au sein de la population. Pour juger de l’évolution de la situation, que l’on se rappelle, il y a trois ou quatre ans, les campagnes de presse haineuses qui avaient pris pour cible les rares personnes qui s’opposaient à ce qu’on fasse n’importe quoi pour « avoir la F1 ». Aux premiers rangs des insoumis d’alors, le parti écologiste francophone — le seul à ne pas avoir cédé à l’hystérie — s’en était pris plein (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 14 716 signes. Il a suscité 42 réactions.

samedi 25 août 2007

À propos d’une orange bleue, brèves remarques sur les événements en cours

L’assoupissement estival et l’impérieuse obligation que j’ai de me préoccuper de choses moins terrestres que la politique politicienne belge le dispute au vif sentiment que les événements auxquels on assiste actuellement ont — chose rare dans le maeström fade de l’actualité — quelque chose de significatif. Je suis même convaincu que de nombreux historiens seront amenés à s’intéresser d’assez près au déroulement des négociations par lesquelles tente laborieusement de se mettre en place un gouvernement dit « orange bleue ». Et comme il est probable que, parmi ces historiens, nous ne serons pas les derniers à cogiter, tentant de comprendre ce qui nous sera arrivé, il est sans doute utile de commencer dès à présent le travail, en commençant par tenter d’élever un peu le débat.

La crise belge nous pose avec beaucoup d’insistance certaines questions importantes, nous impose d’y donner des réponses, lesquelles ne seront pas sans très profondes conséquences sur l’avenir des habitants de ce pays, mais aussi beaucoup (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 20 151 signes. Il a suscité dix-sept réactions.

vendredi 1er juin 2007

Avenir du Gracq : courrier au ministre Antoine

J’ai reçu ce matin un message du Gracq, le groupement de réflexion et d’action des cyclistes au quotidien, asbl dont je suis membre, qui disait ceci :

Si vous vous sentez concernés par les politiques de mobilité en général et les mesures en faveur du vélo en particulier, sachez que le GRACQ – Les Cyclistes Quotidiens asbl vit des heures difficiles : laissé depuis le début de l’année dans l’incertitude sur la reconduction de ses subsides wallons, le GRACQ s’est vu dans l’obligation de notifier leur préavis à trois de ses permanents.

En envoyant le texte ci-dessous aux différents candidats du cdH, le parti du ministre wallon des Transports, vous manifesterez votre inquiétude au sujet de la survie de l’association francophone de défense des intérêts des cyclistes et votre souci d’une politique publique respectueuse du travail associatif.

Suivait une liste de contacts ainsi qu’une lettre-type à leur adresser.

Fort concerné par la question et par ailleurs plutôt remonté contre la politique de mobilité (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 9 094 signes. Il a suscité deux réactions.

vendredi 20 avril 2007

La politique wallonne de mobilité, ou le choix délibéré de l’impasse

Le gouvernement régional wallon vient de prendre un train de décisions concernant la mobilité. Le moins qu’on puisse dire est ça ne vole pas très haut. En fait, c’est même carrément effrayant de voir à quel point les gouvernants de ce pays — au premier rang desquels se trouve en l’occurrence le catastrophique Michel Daerden — peuvent s’engager — nous engager — par leurs choix dans une impasse dont nous mettrons du temps à sortir.

Très rapide tour d’horizon.

1. Réseau routier. Commençons par le plus conséquent et le plus scandaleux qui est l’obstination du gouvernement et en particulier de son ministre des transports à poursuivre sa politique du tout-à-la-voiture, qui se matérialise par la construction forcenée d’autoroutes. Il s’agit pourtant d’un véritable non-sens écologique autant que stratégique — on aura l’air malin avec nos autoroutes quand l’ère du pétrole sera terminée —, social — il n’y a pas plus injuste, plus défavorable aux pauvres, qu’un développement axé sur la bagnole — ou urbanistique — vous avez (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 5 792 signes. Il a suscité seize réactions.

dimanche 5 novembre 2006

Sur les solutions au mal wallon proposées par Paul-Henry Gendebien

Dans un article paru dans La libre Belgique il y a quelques jours et mâlement intitulé « Cela suffit ! », Paul-Henry Gendebien fait le constat de la situation dramatique de la démocratie en Wallonie et formule quelques propositions pour remédier à cet état de fait ; il propose de « passer aux actes pour la sauver », ce qui se fera « radicalement », écrit-il, en appelant à une « nuit du 4 août au Parlement wallon », cette référence historique renvoyant au vote, dans la nuit du 3 au 4 août 1789, de l’abolition des privilèges par l’Assemblée nationale française à peine créée.

Si l’on peut le suivre dans le motif de son courroux — et si par ailleurs le personnage est un brasseur d’idées tout à fait passionnant (et accessoirement sympathique) —, je dois dire que je me suis trouvé en désaccord sur presque toutes les solutions qu’il propose, dans la plupart desquelles je vois des solutions contraires à la direction qu’il me semble que nous devons emprunter, en particulier au niveau de la réduction du pouvoir des (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 11 419 signes. Il a suscité 0 réaction.

mercredi 26 juillet 2006

Abonnement TEC contre plaque minéralogique ? Non merci

Parmi les errements qui tiennent le plus souvent lieu, en Belgique, de politiques de mobilité, il en est un qui me surprend particulièrement, qui m’étonne, pour tout dire, qui me stupéfie et me laisse pantois. Il s’agit de cette mesure curieuse qu’ont prise les gouvernements régionaux flamands (d’abord) et wallons (ensuite) — lesquels seront d’ici peu imités par le gouvernement bruxellois — visant à allouer un abonnement gratuit aux transports en commun (respectivement aux sociétés De Lijn, TEC et STIB) à toute personne qui renonce à l’usage de sa voiture. Bien sûr, à première vue, ça a l’air sympathique, ça dénote d’un soucis de protéger l’environnement (ou de fluidifier le traffic, c’est selon le point de vue), ça fait mesure incitative sympa et pas mesure coercitive emmerdante, enfin bref, ça a presque quelques airs d’une idée intelligente.

Il ne faut cependant pas chercher bien loin pour s’apercevoir de l’injustice profonde de la mesure, comme de l’inconséquence de ses promoteurs, sans parler du fait (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 4 277 signes. Il a suscité cinq réactions.

vendredi 10 février 2006

Refusons la liaison autoroutière Cerexhe-Heuseux/Beaufays

J’en avais déjà parlé en 2004, mais les choses ne se sont malheureusement pas arrangées depuis : le ministre Daerden a du souffle et de la suite dans les idées quand il s’agit d’épandre béton et bitume sur la terre de Wallonie. Et les proclamées forces « vives » liégeoises lui emboîtent manifestement le pas avec un allant qui reflète à mon avis assez bien la haute tenue des débats qui se déroulent dans les différents cénacles où elles se réunissent (et, par conséquent, le haut niveau de confiance qu’on peut leur accorder).

Résumons rapidement : la Belgique a un nombre de kilomètres d’autoroutes par habitant déjà largement supérieur à la moyenne européenne, son réseau est « complet » (au sens où les autoroutes s’articulent pour former un maillage cohérent), l’entretien de ce réseau est déjà extrêmement coûteux. Parallèlement, les investissements dans les transports en commun en général et dans le rail en particulier sont médiocres depuis des lustres. Ils ont conduit durant les dernières décennies à un ressac (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 4 893 signes. Il a suscité onze réactions.

lundi 1er août 2005

Liège et la Wallonie

Ainsi, la Région wallonne — après avoir décidé en 2002 de nommer Mons capitale culturelle de la Wallonie — soutient désormais la candidature de cette ville de au titre de « Capitale européenne de la culture » pour l’année 2015 ; ce qu’elle a refusé de faire — là est tout le problème — pour la ville de Liège.

Au-delà de la démonstration de force de l’omnipotent président du PS et bourgmestre de Mons Elio Di Rupo, au-delà des conséquences réelles (il n’est pas du tout certain que Mons atteindra son objectif), le fait est d’abord hautement révélateur, à mon avis, de la situation dans laquelle se trouve la ville de Liège vis-à-vis du reste de la Wallonie. Ceci est d’autant plus vrai — et la décision du gouvernement wallon d’autant plus étonnante — que les richesses culturelles respectives des deux villes sont sans commune mesure, n’en déplaise aux Montois. Il ne s’agit ici pas de dénigrer la jolie ville de Mons — que ceux de mes amis qui viennent de Mons ou du Borinage ne me vouent pas aux gémonies pour (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 9 821 signes. Il a suscité huit réactions.

mercredi 23 mars 2005

Démocratie locale ?

Toudjoum ! Il y avait plein de choses à améliorer dans le fonctionnement de la politique communale. Et la réforme qui se profile s’apprête à aller largement dans le sens opposé à ce qui aurait été souhaitable.

De quoi est-il question ? Entre autres choses, il s’agit principalement de ne plus faire élire le bourgmestre par le conseil communal comme c’était le cas jusqu’ici mais de le désigner en fonction de ses voix de préférence (ce que les libéraux, notamment, réclament à grands cris depuis quelques années). Le système d’élection directe étant quand même extrêmement problématique (ne serait-ce dans l’éventualité ou un bourgmestre se retrouve obligé de gouverner avec une majorité au conseil communal ne le suivant pas), le principe a été quelque peu amendé à la manière de chez nous (celle de ce prétendu « bon sens » qui t’écrit du décret amalgamant brics et brocs, pragmatique). Bref, ça donne ceci :

Le maïorat reviendra à la liste majoritaire ou à la liste la plus importante de celles qui composent la majorité ; (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 4 905 signes. Il a suscité cinq réactions.

mercredi 11 juin 2003

Francorchamps

Ils n’ont rien d’autre à faire. Messieurs Kubla et consort n’ont rien d’autre à faire de leur temps. Voilà la seule conclusion auquel peut parvenir une personne sensée devant la monomaniaque passion dont ces gens se sont pris. Pour la énième fois donc, « l’épineux dossier » de l’organisation en Belgique d’un grand prix de formule 1 revient coloniser les gros titres des journaux (« La Dernière Heure » ayant une délectation toute particulière pour le sujet).

Ce n’est pas comme si c’était très important, non. Ce « dossier » est à peu près insignifiant au regard des autres enjeux économiques qui participent du « redressement économique », tant exalté, de la Wallonie mais qui ne semblent pourtant pas intéresser outre mesure notre ministre... wallon... de l’économie. Un simple exemple : la fermeture annoncée de la ligne à chaud de la sidérurgie liégeoise, avec la suppression annoncée d’une dizaine de milliers d’emplois, malgré la mobilisation massive des ouvriers et de la population, a jusqu’ici très probablement fait (...) [lire la suite]

Ce billet est long de 9 054 signes. Il a suscité treize réactions.
retour au sommet de la page
francois.schreuer.org/ | ce blog utilise spip | hébergé par alterezo | xhtml 1.0 | à propos de ce site | admin

Contrat Creative Commons