Les archives des Bulles

À propos des résultats des communales

lundi 9 octobre 2006, par François Schreuer

L’essentiel des résultats électoraux [1] des communales et provinciales de ce dimanche 8 octobre sont désormais connus. Ils sont, dans leurs contrastes, riches d’enseignements, me semble-t-il. Commentaire de quelques éléments saillants.

Tendances générales

Personnalisation. La première chose à souligner, à mon avis, est que, en Wallonie [2], la tendance à la personnalisation du scrutin sort clairement renforcée de la réforme électorale (wallonne) selon laquelle l’élection du bourgmestre se décide mécaniquement selon les voix de préférence des uns et des autres [3], ce qui oblige les partis, quand bien même ils ne le voudraient pas, à concentrer encore plus d’énergies et à donner plus de visibilité à leur tête de liste. Cet effet explique sans doute en bonne partie les scores très élevés que réalisent par exemple Willy Demeyer et Didier Reynders à Liège. L’un et l’autre campaient en effet la posture du « candidat au mayorat » (quoique, pour le second, ce fut de manière purement virtuelle). Cette personnalisation des enjeux politiques est à mon avis une assez mauvaise chose — et c’était d’ailleurs l’avis de plusieurs candidats, notamment socialistes, que j’ai croisés pendant la campagne —, dans la mesure où elle éloigne le débat des enjeux de fond et est véritablement délétère pour les minorités et des contre-pouvoirs à l’intérieur des partis.

Polarisation. Conséquence de cette personnalisation des enjeux, la tendance de long terme à la polarisation du jeu politique est un second constat qu’on peut faire 24 heures après ces élections communales : dans de très nombreux endroits, les listes moyennes perdent au profit des grosses. C’est là aussi une assez mauvaise chose dans la mesure où la démocratie interne est largement virtuelle à l’intérieur des deux gros partis qui profitent de cette polarisation. Car une polarisation du jeu politique n’est pas nécessairement une mauvaise chose si elle contribue à la clarification des enjeux électoraux en identifiant une gauche et une droite et si elle ne bride pas la diversité des expressions à l’intérieur de ces pôles. On est cependant loin de cette situation : dans de très nombreux cas, les deux gros partis, loin de s’opposer, ont plutôt tendance à chercher à faire des majorités ensemble, ce qui brouille la lecture des enjeux sur un axe gauche-droite. Mais surtout, on est loin du fonctionnement des partis à l’américaine, beaucoup plus légers et moins contraignants qu’en Europe, on est loin aussi du multipartisme polarisé à la française, on est loin encore de l’existence effective d’un droit de tendance à l’intérieur de ces partis : la situation qui prévaut voit chacun de ces gros partis ne laisser globalement percer qu’une voix, exister qu’une seule tendance qui est la tendance majoritaire. Conséquence : là aussi, affaiblissement des contre-pouvoirs, centralisation des décisions dans quelques mains, affaiblissement de la collégialité, destruction des mécanismes susceptibles d’amener de nouvelles idées (et du sang frais pas trop larbinisé) dans le jeu politique.

Prime aux sortants. Troisième constat générique : les électeurs sont souvent plutôt conservateurs, ne changent pas facilement leurs habitudes, restent fidèles quoi qu’il arrive (et on a vu qu’il peut arriver beaucoup de choses durant une législature) à ceux qui ont su conquérir leur confiance. C’est sans doute, dans des villes comme Charleroi, Huy ou Ans le signe de la persistance du clientélisme, dont les bénéficiaires n’ont finalement pas grand-chose à faire de l’éthique politique, même s’ils y perdent à long terme. C’est peut-être aussi le signe d’un manque de mémoire des électeurs, qui se souviennent au mieux des six mois précédant la campagne, voire des six semaines de la campagne elle-même.

Duels internes. Quatrièmement, un élément frappant est que les listes qui présentaient un conflit ou une rivalité interne bien identifiée dans le public ont plutôt profité de cette division qu’ils n’en ont fait les frais. On peut penser que les électeurs, désireux d’arbitrer ce conflit, ont porté leur voix sur l’un ou l’autre des opposants alors que, sans cette opposition, ils auraient pu voter pour un autre parti. Il en va ainsi de la liste socialiste namuroise qui, bien que largement discréditée par les affaires de corruption, parvient à sauver les meubles, sans doute au moins en partie grâce au duel opposant en son sein Anselme à Close pour le mayorat. À Liège, de même, on peut penser que le conflit entre les deux hommes forts de la région — Demeyer à Liège-ville et Daerden à Ans — a incité certains électeurs à soutenir leurs mayeurs respectifs en portant sur le PS une voix qui, sans cela, aurait pu se porter sur d’autres listes.

Résultats

Anvers. La défaite du Blok/Belang à Anvers est un énorme soulagement, même si ce n’est qu’une toute première étape qui vient d’être franchie par les partisans de la démocratie. Je crois qu’on peut parler de défaite dans le chef du Blok/Belang pour cinq raisons. 1. Tout d’abord, il recule par rapport à ses résultats des dernières régionales (un demi-pourcent) ; c’est peu de choses, mais c’est une rupture claire par rapport à toutes les précédentes élections depuis 15 ou 20 ans qui le voyaient progresser à chaque fois : peut-être le belang a-t-il atteint quelque chose comme un plafond qu’il aura beaucoup de difficultés à percer. 2. En outre, le Belang perd son titre de premier parti et M. Dewinter ne détient plus celui du candidat le plus plébiscité. C’est autant de grain à moudre en moins pour eux. 3. Ensuite, il ne faut pas oublier que le Belang s’était cette fois-ci allié à un partenaire relativement important en la personne de Hugo Coveliers — et de son petit parti Vlot — lequel faisait encore partie il y a peu de la droite flamande « respectable » et pesait dans le VLD, le parti du premier ministre ; ce transfuge aurait dû apporter plusieurs points au Belang, qui, fort de cet apport, visait ouvertement le mayorat jusqu’il y a peu. Il n’en a rien été. 4. Autre motif qui donne de l’espoir à Anvers : une majorité est possible sans avoir besoin d’unir les quatre partis démocratiques. Une alliance entre le SP.A et le CD&V devrait suffire, éventuellement complétée des deux élus de Groen !. Autrement dit, il devrait y avoir une opposition démocratique à Anvers qui, si elle fait correctement son travail, devrait couper pas mal d’herbe sous le pied du Belang. 5. Enfin, cette élection était clairement identifiée comme le kairos, le bon moment, par les leaders fascistes. C’était un peu « cette fois-ci ou jamais » : après 20 ans d’opposition et en l’absence d’une victoire annoncée, il n’est pas sûr que le Belang anversois puisse garantir sa cohésion qui reposait certainement en partie sur la dynamique de victoire dans laquelle il se trouvait. Si les démocrates agissent intelligemment, en harcelant les dirigeants néo-nazis, en cessant d’exonérer les électeurs du Belang de leur responsabilité, en martelant que le Belang a perdu et ne passera jamais et en permettant aux moins tapés parmi les Blokkers de trouver une porte de sortie honorable, il est bien possible que, la prochaine fois, ce soit à un recul sévère de l’extrême-droite qu’on puisse assister.

Flandre. La situation anversoise, bien qu’elle ait été la plus préoccupante jusqu’à présent, ne reflète toutefois pas la dynamique générale sur laquelle le Belang s’appuie toujours dans une bonne partie du reste de la Flandre. Tout reste donc à faire de ce côté. Pour autant, et jusqu’à preuve du contraire, le cordon sanitaire tient toujours, ce qui constitue de la part de nos concitoyens flamands une très grande leçon de démocratie. J’ignore si, dans des conditions similaires, le monde politique wallon saurait se tenir à la même rigueur démocratique, même quand c’est un poste de bourgmestre qui est par exemple en jeu. Je dois dire qu’il y a des jours où j’en doute.

Extrême-droite wallone. Malgré quelques percées préoccupantes (notamment à Mons) et la confirmation d’une implantation dans le bassin carolo, on peut dire que l’extrême-droite a été contenue en Wallonie. On est loin du dimanche noir qu’on pouvait redouter (et auquel je m’attendais personnellement). Il y a malgré tout un élu fasciste à Liège, un autre à Dison et encore un à Verviers. Il faudra tout faire pour que cela ne se reproduise pas. Les divisions congénitales de l’extrême-droite sont sans doute pour beaucoup dans cet échec relatif. Il y aussi, j’ai l’impression, le fait que la société est en train de développer certains anticorps. Il me semble en particulier que prendre à la gorge l’extrême-droite est une bonne solution. Loin de la mansuétude dont a pu bénéficier le Vlaams Blok dans certaines sphères flamandes, il faut attaquer directement, viser la jugulaire, combiner la sensibilisation sur le terrain, les attaques juridiques, les attaques ayant des conséquences financières. Une campagne comme celle de La Cible me semble dans cette optique avoir marqué des points.

Les corrompus limitent la casse. Tant à Charleroi qu’à Namur, les corrompus s’en sortent très très bien, avec une sanction électorale des plus légères. De quoi se poser un certain nombre de questions... Car il n’y a pas seulement Charleroi ou Namur, où les socialistes ont été clairement impliqués dans des scandales de corruption (au point que Laurette Onkelinx se félicitait ouvertement qu’ils perdent quelques plumes sur la RTBF ce matin). Il y a aussi des cas moins évidents, comme celui de Huy, où la bourgmestre Anne-Marie Lizin s’est plusieurs fois illustrée, notamment par un acte d’ingérence dans une affaire judiciaire, mais surtout en s’asseyant sur le résultat d’une consultation populaire (concernant un parc public) dont le résultat ne lui agréait pas et plus généralement par des pratiques démocratiques assez douteuses. Elle perd quelques points mais cela de devrait guère avoir de conséquences. À Malmédy, par contre, le bourgmestre libéral Robert Denis pourrait bien se faire éjecter et ses pratiques autocratiques avec lui, ce dont tout le monde se félicitera. À Saint-Nicolas, par contre, malgré sa mise en cause dans un scandale liés au logement social, le bourgmestre Patrick Avril s’en sort plus que bien en confortant encore sa majorité absolue. D’autres cas — qui ne sont pas illégaux mais relèvent cependant d’une appropriation oligarchique du pouvoir — ne sont pas sanctionnés par les électeurs. Je pense en particulier au népotisme qui se généralise de façon inquiétante : les « fils de » et les « filles de » éprouvent très peu de difficultés à se faire élire. C’est le cas d’Alain Mathot qui est bourgmestre à Seraing ou de Frédéric Daerden à Herstal. Exception : Christophe Collignon se ramasse à Amay. Et puis, cerise sur le gâteau, il y a le cas de Michel Daerden, véritable honte pour toute une région, à propos duquel on se contentera de reprendre [4] deux interventions qu’il a faites à la télévison hier soir :

Recul écologiste. Le parti Ecolo — qui affichait le slogan fort éthéré (sur des affiches qui ne l’étaient pas moins) « Les idées, c’est contagieux » — se casse clairement les dents. Malgré des listes souvent crédibles, des programmes généralement plus fouillés que ceux de leurs adversaires ou de bonnes prestations en débat, les écologistes reculent presque partout par rapport aux élections de 2000, revenant souvent à leur étiage normal, lequel ne leur donne cependant pas toujours de sièges et rarement une influence significative. Je ne sais pas exactement comment il faut expliquer cette stagnation d’Ecolo, cette incapacité à percer. À première vue, je vois trois types d’explications possible. 1. J’ai personnellement tendance à penser que la raison principale de cette difficulté est qu’Ecolo incarne de moins en moins le parti à la gauche du PS que beaucoup de monde souhaite, pour privilégier le plus souvent un profil plus lisse, qui se veut plus gestionnaire (sans vraiment y parvenir, sauf exceptions), un profil souvent assez proche de celui du CDH. Il y a aussi, dans ma perception des choses, une claire tendance d’Ecolo à jouer la carte « bobo » (cool, branché, urbain,...), celle des universitaires trentenaires sensibilisés à l’écologie, ce qui est sans doute efficace dans le public visé, mais ne porte guère ses fruits à un niveau général, à l’un ou l’autre cas près (les bons résultats d’Ecolo à Ixelles ou à Louvain-la-Neuve pourraient en partie s’expliquer par cette carte « bobo »). Ce faisant, Ecolo renonce souvent à s’adresser aux classes populaires. Et les élus d’Ecolo qui suivent une autre stratégie (je pense en particulier à Bernard Westphael) ne sont guère aidés par leur parti. 2. Une autre explication insiste sur la haine que les trois autres partis vouent à Ecolo, intrus dans leur chasse gardée ; une sorte de réflexe primal des mandataires des trois partis traditionnels qui les incite à massacrer Ecolo aussi souvent que possible. Je crois que cette explication est en partie valable pour expliquer l’échec de la participation d’Ecolo aux majorités de l’après-1999. Je suis toutefois plus dubitatif sur l’impact que cet effet aurait pu avoir sur ces élections communales et provinciales. 3. Enfin, un troisième type d’explication met en avant les méthodes utilisées par les écologistes, qui n’auraient simplement pas la pratique de la campagne qu’ont leur adversaires. Depuis l’affichage massif jusqu’au serrage de paluches en passant par les pratiques réticulaires (sms en chaîne, mail,...), je crois qu’il y a là quelque chose à chercher. Indépendamment même des restrictions éthiques que s’impose Ecolo (peu de mise en avant des individus), il me semble qu’il y a quelque chose comme une technique que les verts n’ont pas. Par exemple, en me baladant en ville durant la campagne, j’ai assez souvent croisé des candidats des autres partis politiques, mais une seule fois des candidats verts, qui faisaient campagne à vingt. De même, l’impression que donne un candidat socialiste en campagne est celle d’un stakhanoviste acharné, ultra-organisé, ne perdant pas de temps, rôdé sur une série d’arguments, pas nécessairement extrêmement développés mais bien huilés. Le candidat Ecolo dégage plus une impression de dilettante, ce qui est assez sympathique, mais sans doute beaucoup moins efficace.

Méthode Javaux. Il y a cependant des exceptions, comme le cas amaytois, qui méritera qu’on s’y attarde. J’ignore tout des raisons pour lesquelles Ecolo y a réalisé la percée tout à fait significative — et pour tout dire historique — qu’on y a observé même si j’ai l’impression qu’il y a de fortes raisons conjoncturelles qui ont joué. Alors que la tendance pour les verts est globalement à la baisse, le parti vert enregistre à Amay un score qui avoisine les 45 %. La personnalité extrêmement sympathique et même gouailleuse de Jean-Michel Javaux y est sans doute pour quelque chose, mais ne saurait tout expliquer. À suivre, donc.

L’abstention. Le nombre d’électeurs qui choisissent de ne pas se prononcer, en ne se rendant pas aux urnes, ou en votant blanc ou nul est tout à fait considérable (même s’il semble tendanciellement en baisse). Le taux d’abstention dépasse parfois 20 % dans les grandes villes. Les médias ont la mauvaise habitude de ne pas comptabiliser ces abstentions dans les chiffres qu’ils donnent, ce qui fait qu’on prête trop peu attention à ce phénomène. Il rappelle cependant à quel point est parfois relatif le soutien dont bénéficient les majorités en place, surtout quand on sait que le système électoral Impériali en vigueur privilégie assez nettement les grosses listes. Si une élection est marquée par un taux d’abstention de 20 % et que se dégage une majorité absolue en sièges obtenue avec 40 % des voix, cela signifie que la majorité communale aura recueilli l’assentiment de moins du tiers des citoyens en âge de voter. Il ne faudrait jamais perdre de vue ce genre de considérations.

Majorités

Schaerbeek. Celle des 589 communes de Belgique où la polémique est la plus forte aujourd’hui (et il est probable que cette polémique laissera de profondes traces) est manifestement celle de Schaerbeek, en région bruxelloise, où Ecolo, initialement partisan d’un « Olivier » a finalement choisi, malgré le fait que cet Olivier était (très légèrement) majoritaire (24 sièges sur 47), de s’allier au bourgmestre FDF sortant pour constituer une majorité, au grand dam de la socialiste Laurette Onkelinx qui briguait le mayorat et l’aurait décroché si Ecolo lui était resté fidèle. Il y a plusieurs choses à dire à ce sujet. Tout d’abord, il y a les graves questions qu’on se posait au sujet de la liste socialiste, à commencer par le parachutage de Laurette Onkelinx. Si cette pratique est courante en France (où la classe politique vit de toute façon dans sa grande majorité à Paris), elle ne l’est heureusement pas encore en Belgique et les réticences étaient nombreuses face aux prétentions mayorales assez subites d’une sérésienne construisant une maison à Lasne. Cela me semble justifié : il est à mon avis assez normal que les électeurs exigent d’une personne qui veut devenir bourgmestre d’une commune qu’elle réside depuis quelques années dans cette commune. Il y a ensuite que la liste d’Onkelinx comptait quelques personnalités franchement problématiques, notamment un ancien échevin nolsiste et un ancien dirigeant de l’organisation d’extrême-droite turque des loups gris. Enfin, il y a que Laurette Onkelinx elle-même s’est illustrée récemment et en toute impunité en outrageant gravement les droits fondamentaux d’un citoyen belge, Bahar Kimyongür, sans parler de la très grande retenue affichée par ladite Laurette Onkelinx sur la question du génocide des Arméniens (et merci au passage à Mehmet Koksal qui nous permet de connaître toutes ces informations). Pour toutes ces raisons, les cris d’orfraie du PS devant le refus d’Ecolo de rentrer dans une majorité « de gauche » prêtent à rire plus qu’à autre chose, surtout quand on sait que cette majorité « progressiste » dirigée par Laurette Onkelinx aurait tenu à un siège qui était justement celui du fasciste turc élu sur la liste socialiste. Bref, la position d’Ecolo, qui a finalement choisi de former une majorité avec le bourgmestre sortant, me semble de bon sens. Elle serait parfaitement défendable si ne venait se glisser un élément supplémentaire dans l’affaire : le fait, assez peu banal, qu’Isabelle Durant, secrétaire fédérale d’Ecolo, parti qui prône avec beaucoup d’insistance la pratique de l’éthique en politique, se soit départie, sans même en parler avec ses ex-futurs-partenaires, d’un accord qu’elle avait signé avec le PS et le CDH visant à constituer une majorité. Certes, comme on vient de le voir, les conditions n’étaient pas idéales. Certes, comme le dit Isabelle Durant, il est suicidaire de s’engager dans une majorité avec une majorité aussi courte,... mais alors pourquoi Ecolo a-t-il signé cet accord ? Pourquoi Mme Durant n’a-t-elle pas précisé dans cet accord qu’il ne serait valable que si la majorité visée pouvait compter sur 25 ou 26 sièges ? Pourquoi Ecolo n’a-t-il pas exigé le retrait des deux personnalités de droite extrême et d’extrême-droite de la liste de Mme Onkelinx avant de signer cet accord ?

Conflits au sein d’Ecolo. Ce revirement subit de la part de Mme Durant est d’autant plus problématique qu’il a entraîné de lourdes représailles de la part du PS, lequel a purement, simplement et très rapidement éjecté Ecolo des majorités communales à Bruxelles, Ixelles et Molenbeek, trois communes (importantes) dont Ecolo faisait déjà partie des majorités et dans lesquelles l’avis général tendait plutôt à considérer que les mandataires écologistes avaient fait du bon travail [5]. Je ne crois pas que cette réaction de la part du PS soit très intelligente. Je ne crois pas non plus qu’elle soit très cohérente puisqu’il s’agit ni plus ni moins que de clamer d’une part son attachement à une majorité « progressiste » (là où le mayorat d’Onkelinx en dépend) tout en cassant dans trois autres communes la possibilité de majorités « progressistes » similaires [6] ! La règle est de facto moins chantournée et a nom Vae victis !. Les perdants ont toujours torts ; la persistance de leurs pouvoirs exige des mâles dominants qu’ils fassent savoir qu’ils le sont toujours. Soit. Indépendamment de ce qu’on peut penser de l’attitude du PS bruxellois, on doit encore dire que la façon parfaitement précipitée dont Isabelle Durant a signé cet accord de majorité avec Bernard Clerfayt est assez surprenante de la part d’une présidente de parti. Elle eût temporisé quelques jours avant de procéder qu’il est probable que des accords de majorité auraient déjà été signés à Bruxelles-ville ou à Ixelles ! Cette précipitation provoque aujourd’hui de très sérieux remous à l’intérieur de la régionale bruxelloise d’Ecolo.

PS liégeois. Pour terminer, un mot sur ma chère ville de Liège où PS et MR se renforcent tandis qu’Ecolo et CDH perdent respectivement 2 et 3 sièges. L’échec prévu du MR, qui restera dans l’opposition, est une très bonne chose pour Liège, même si le score de Didier Reynders est franchement trop important à mon goût. La reconduction de la majorité semble logique. Je dois dire que j’aurais préféré une alliance entre le PS et Ecolo (arithmétiquement possible), parce qu’Ecolo me semble amener plus d’idées nouvelles que le CDH essouflé de Firket. Mais bon, vu qu’Ecolo perd aussi, que les relations semblent bonnes entre les responsables socialistes et humanistes, que l’ancien échevin des finances William Ancion (CDH) a fait du bon boulot dans l’assainissement des finances communales liégeoises,... il n’y a rien de très surprenant à la reconduction de cette alliance. Reste à dire un mot de Willy Demeyer qui, silencieusement et sans effets d’annonces, effectue, avec 19 000 voix, le meilleur score personnel de la partie francophone du pays, loin devant les barons socialistes hennuyers, loin devant les meilleurs scores bruxellois. C’est un fait assez significatif, à mon avis, surtout quand on sait que Willy Demeyer n’a jamais été ministre et n’a été que très brièvement parlementaire et ne dispose donc pas, comme d’autres (à commencer par son concurrent Didier Reynders), d’une visibilité médiatique aux échelons régional ou fédéral. Curieusement, j’ai presque envie de dire que la « rénovation » du PS se passe là où on ne l’attendait pas. Le PS de Liège-ville — au contraire du PS daerdenien de la ceinture rouge qui repose toujours sur le clientélisme, au contraire de celui de la plupart des villes du sillon Sambre-et-Meuse qui sont prises dans les affaires — semble évoluer. La liste liégeoise comptait quelques candidats d’ouverture intéressants et plusieurs personnalités socialistes liégeoises sont des gens valables et crédibles (je pense notamment à Claude Emonts, Pierre Stassart ou Luc Toussaint). Ce PS-là mérite qu’on lui accorde du crédit.

Notes

[1Voir aussi les résultats des communes bruxelloises et flamandes.

[2Pour la première fois en effet, cette élection n’était plus organisée par le ministère fédéral de l’intérieur selon des règles communes à toutes les communes du pays, mais par les régions selon des règles qui varient désormais selon l’endroit du pays où l’on se trouve. On me permettra de penser que cette évolution est plutôt regrettable, ne serait-ce que pour la lisibilité par les citoyens d’un jeu électoral déjà fort complexe.

[3Lire le billet Démocratie locale ? (mars 2005).

[4Oui, en flash, c’est mal, je sais ; d’ailleurs je ne sais pas les lire sur mon propre ordinateur (Linux sur un Mac), mais pour les avoir vues sur un autre, ça en vaut la peine !

[6Sans parler du fait qu’il est fondamentalement douteux qu’une majorité dépendant d’un loup gris à Schaerbeek aurait été plus « progressiste » que celle qui lie désormais Ecolo au bourgmestre FDF.

Messages

  • Bonjour François,

    Je partage plusieurs éléments de ton analyse. J’ajouterais cependant ces quelques remarques et nuances. Réflexion faite, il me semble qu’il y a tout de même matière à aller au delà de la première impression de déception sur le mode du "tout ca pour ca" à la lecture des résultats des dernières élections communales et provinciales.

    Sur la montée en puissance de la polarisation, c’est sans conteste vrai dans des grandes villes présentant des enjeux nationaux comme Liège, Charleroi ou Scharbeek où on a pu assisté à l’instrumentalisation de la désignation automatique du bourgmestre par les têtes de listes du PS ou du MR qui ont inventé la posture du "candidat bourgmestre", à force de communiqué officiels et d’annonces tonitruantes, à la limite du pathétique.

    Mais le phénomène me semble loin d’être aussi généralisé. Ca n’est d’abord pas vrai du tout en Flandre où le paysage politique parait durablement morcelé avec d’importants mouvements de voix d’une élection à l’autre entre les différents partis. Et dans la partie francohone du pays, la remontée du cdH invalide en bonne partie ton analyse.

    C’est en effet, me semble-t-il un des enseignements du scrutin. Joëlle Milquet a définitivement réussi à replacer son parti au centre du jeu, c’est le cas de le dire. Alors que tout le monde promettait une lente agonie aux démocrates chrétiens sur base de la disparition de la traduction politique du "pillier catho",et se demandait qui allait récupérer cet électorat, promettant déjà à l’époque une probable polarisation gauche-droite avec Ecolo jouant les électrons libres, force est de constater que ce n’est pas le cas aujorud’hui.

    Le cdH fait objectivement une percée dans plusieurs communes bruxelloises alors qu’il n’y existait quasiment plus à l’échelon de la région en 1999. Et, pour la première fois depuis longtemps, il enregistre des progrès, et non une simple stabilisation, d’une élection sur l’autre dans la plupart des communes et des provinces, probablement accompagnée d’un rajeunissement de son électorat. Ce n’est certes pas le raz de marée dont parle Joêlle Milquet. Mais c’est quand même appréciable. Et je pense que cela va avoir de sérieuses conséquences sur le positionnement des autres partis, en particulier Ecolo, tout en invalidant à court et moyen terme le risuqe d’une bipolarisation pure et simple du paysage politique francophone.

    Ca explique peut-être d’ailleurs en partie la réaction outrée des socialistes aux alliances MR-Ecolo à Scharbeek, dans la province du Brabant wallon, et peut-être demain à Amay et à Huy, car cela peut préfigurer un paysage qui fragilise structurellement la poisition ultra-dominante du PS.

    J’y vois plusieurs raisons :

    - Malgré tout, il ressort de cette élection qu’aucun bastion socialiste n’est désormais imprenable, même dans l’ancien sllon industriel allant du Borinage à Liège. Certes, malgré, ou en raison de, la mauvaise qualité générale de la gestion des villes PS, le niveau de népotisme et d’incompétence de nombre de ses mandataires (si ca n’est pas une généralité, ca n’est pas le fait d’une minorité de "parvenus" comme a réussi à le faire croire, je ne sais comment, les stratèges en com du Bd de l’Empereur !), et le manque de perspectives pour une part croissante de la population, le PS fait un score plus qu’honorable en ne lâchant que 2 ou 3 % à l’échelon régional. Malgré tout plusieurs bastions tombent, petits et grands : Beloeil, Dour, La Louvière, Fontaine l’éveque, Pont-à-Celles, Huy, Amay et bien sûr Charleroi (où le PS passe tout de même de 63 à 38 % en trois élections). Et de nombreuses majorités absolues ne tiennent plus qu’à un fil. A tout le moins, la monopolisation du pouvoir par le PS ne semble plus aujourd’hui un horizon indépassable.

    - Le salut ne viendra pas d’une rénovation interne. La sanction électorale est beacoup trop lente et graduelle pour impulser des changements tandis que les bonnes vielles méthodes : clientélisme, matraquage électoral, dénigrement de l’adversaire et méthode Coué face à l’adversité continuent à payer à court terme pour les mandataires en place, quand ne vient y suppléer un zeste de communautarisme opportuniste et de mauvais aloi (Il n’y a malheureusement pas qu’à Scharbeek que l’intégration des minorités est pervertie en une récupération éhontée d’un vote "ethnique" difficilement compatible avec les standards minimaux que tout parti démocrratique, a fortiori "de gauche" devrait respecter). Les cas affligeants de Binche et d’Ans sont les plus parfaites illustrations que les bonnes vielles technique marchent toujours et que la rénovation ne paie pas pour ceux qui sont en place. Charleroi est encore un bel exemple : les trois membres de la section étiquetté "rénovateurs" ne sont élus que par la toute petite porte. Et la seule qui ait réellement rué dans les brancarts, Ingrid Colicis, est la dernière élue de la liste PS. Encore un peu et elle parvenait à amener sur la liste PS des votes sans même pouvoir défendre une ligne un tant soit peu critique (et marquée à gauche en l’occurence) au sein du conseil communal. Je suis sûr que cela a été noté.

    - Face aux majorités absolues PS en Wallonie, les cartels de l’opposition démocratique paient tandis qu’aller au combat en ordre dispersé ne suffit pas. Pour faire pièce à la monopolisation, la bi-polarisation est déjà un progrès surtout quand elle se fait sur la base d’une plate-frome commune négociée entre partis et défendue comme telle devant la population. C’est ce qui a permis à l’opposition démocratique de mettre fin au règne d’un potentat local à Fontaine l’évêque qui y sévirait plus que probablement toujours autrement. Bien que le MR, se soit mis dans la position d’arbitre, c’est aussi probablement ce qui a généré une dynamique positive à Huy et à Amay capable de casser simultanément les majorités absolues d’Anne Marie Lizin et de Collignon Junior. C’est ce qui aurait plus que probablement permis de renvoyer le PS dans l’opposition à Charleroi si les partis d’opposition avaient eu le courage de s’unir vu la gravité de la situation plutôt que de jouer leur carte propre. je ne doute pas que le PS va très vite intégré cette donnée nouvelle et j’ose espérer que les autres partis le remarqueront également, pour la prochaine fois.

    La conjonction de la remontée du cdH et de la résistance du PS amène effectivement à se poser des questions sur l’avenir d’Ecolo.

    - Malgré les "affaires", Ecolo ne parvient manifestement plus à capitaliser sur le discours, et dans une relativement large mesure, la pratique qui ont longtemps sa marque distinctive et continue dans l’ensemble à animer ses membres : faire de la politique autrement. Comme si 1999 avait été un exutoire à l’occasion duquel Ecolo avait tiré la cartouche d’un fusil à coup unique. Certes Ecolo se relève par rapport à 2003 et 2004 mais aurait du mieux faire pour imposer ses priorités de manière crédible dans un contexte qui lui était pourtant a priori favorable (seul parti réellement dans l’opposition, attention sur l’éthique en politique, montée des prix del’énergie...). C’est inquiétant dans la mesure où le rempart contre l’extrême-droite paraît construit sur du sable.

    - Plus grave pour le parti vert, son ancrage à Bruxelles paraît plus fragile qu’il ne le semblait. Il n’y a guère qu’à Ixelles et dans une moindre mesure à Scharbeek qu’il résiste. De même en Wallonie, et à l’exception du surprenant cas d’Amay, c’est dans les comunes où il était déjà bien implanté qu’il est mesure de dépasser la barre des 15% comme à Ottignies, Gembloux ou Namur. Pour se donner une marge de progression, il me parait donc essentiel qu’Ecolo établisse quelques bastions électoraux relativement stables et y force l’entrée dans des majorités où il est en mesure de peser sur les choses en dehors des périodes, hyptothétiques, de participation aux majorités régionales et fédérales. Il est à cet égard vraiment regrettable qu’Ecolo n’ait pu forcer son entrée dans la majorité à Namur ou à enlever le maiorat d’Ixelles pour en faire des laboratoires crédibles de politiques alternatives sans apparaître comme le partenaire d’une seule mandature q’on jette quand il n’est plus indispensable.

    - Ecolo ne parvient pas à percer,et encore moins à s’enraciner dans les milieux "populaires". Les scores d’Ecolo dans le Hainaut et dans la ceinture rouge de Liège, mais aussi dans le Luxembourg plafonne dans le meilleur des cas à 10%. Ecolo ne peut choisir une ligne plus clairement à gauche, et offrir une alternative au FN, que s’il est en mesure de recruter des cadres et des militants capables de s’imposer dans ces milieux là.

    - La montée du PS dans l’électorat cosmopolite bruxelois et la remontée du cdH en Wallonie et à Bruxelles semble condamner Ecolo à un cruel jeu de vases communicants. Si l’on accepte que l’électorat Ecolo provenait de deux grands milieux sociologiques : la gauche laïque, libertaire, engagée et déçue du PS et la démocratie chrétienne sécularisée, progressiste et empreinte de valeurs "personalistes", il semble qu’Ecolo n’ait vraiment fidélisé aucun de ses deux publics. Les uns retournant au PS (surtout à Bruxelles où le PS avait beacoup perdu en 2000) ou au cdH (dans nombre de communes wallones, et à première vue, nombre de gains cdH semblent être la contrepartie des pertes de 2000 qui avaient largement profité à Ecolo). Les autres passant même probablement de l’un à l’autre via un transition Ecolo. Cette situation mets Ecolo devant un dilemme idéologique et stratégique.

    Soit s’afficher plus clairement à gauche et jouer l’aiguillon du PS. Cela risque cependant fort de le mettre de facto à la merci de ce dernier qui a démontré à maintes reprises dans quel esprit désintéressé il ferait usage de la "convergence des gauches" et se condamnanerait probablement à un étiage de l’ordre de celui auquel il se trouve à moins de percer dans l’électorat populaire.

    Soit se rapprocher du cdH pour former un bloc se présentant en cartel lorsque cela est nécessaire pour trouble le business as usual du PS et du MR, au moins là où la prétention à la modernisation du cdH est crédible (probabelement pas dans la plupart des communes au sud de la Meuse où une alternative clairement marquée à gauche n’a pas forcément plus d’avenir). Cela risque cependant fort de le mettre en porte à faux avec nombre des ses militants. Je reste cependant persuadé qu’électoralement et malgré les différences de cutures de parti, cdH et Ecolo se trouvent largement sur le même terrain, ce qui les empêche et de gagner simulaténment et d’engranger des victoires marquantes face aux deux mastodontes que sotn PS et MR.

    Dans ce contexte, il est- encore possible de jouer sur les deux tableaux : refuser le label "de gauche" au PS, et le revendiquer comme le sien tout en se rapprochant du cdH et en envisageant sérieusement des collaborations avec le MR là où le PS est omnipotent:c’est la solution anticonservatrice. Les premiers essais de ces communales semblent à cet égard prometteurs. Mais en même temps ne pas fermer la porte à des oliviers là où le PS présente un pédigrée crédible de rénovation afin de pouvoir faire contre-poids à la droite : c’est la solution anti-libérale. La première étape, si elle est menée à bien devrait par ailleurs favoriser la rénovation effective du PS. Elle devrait surtout parvenir à faire porter le poids de leurs ambiguités idéologiques au PS et au cdH en différentiant publiquement l’engagement militant d’Ecolo et sa stratégie d’alliance (plutôt que de subir celle des autres comme ca a été le cas jusqu’ici).

    En tous les cas, ce petit jeu de poltique-fiction me fait dire que la bipolarisation du paysage belge francophone n’est pas pour demmain, tant que cdH et Ecolo sont en mesure de jouer les trouble-fête. Ou si polarisation il y a, elle me semble potentiellement à géométrie variable.

    Bernard Swartenbroekx

  • Je n’ai pas le temps pour le moment de proposer une réaction très fouillée, mais il me semble qu’il est vraiment impératif d’insister sur quelques points à propos de ce qui s’est passé à Schaerbeek :

    1) L’accord préélectoral a été signé, si je ne me trompe, mi-2005. Soit avant le parachutage d’Onkelinx, ce qui change fondamentalement la donne. Rappelons que c’est cette même Onkelinx qui a tout fait pour casser Durant lorsqu’elles étaient toutes deux ministres au gouvernement fédéral. La majorité schaerbeekoise aurait-elle pu fonctionner correctement avec une telle inimité deux de ses figures proues ? Je ne le pense pas.

    2) On parle beaucoup du candidat "loup gris" sur la liste PS. Il faut rappeler haut et fort que cette organisation d’extrême droite, c’est pas de la rigolade. En Turquie, ce sont ces gens-là qui assassinent des militants de gauche en pleine rue. Voir le Parti socialiste draguer une telle organisation pour percer à Schaerbeek a quelque chose de gerbant.

    3) Tant qu’à parler de démocratie, on peut s’interroger. Est-ce vraiment démocratique de regrouper tout le monde (PS, CDH, Ecolo, Groen, SP.a) pour rejeter la liste gagnante dans l’opposition. On le fait à Anvers pour contrer l’extrême doite, mais sinon, ce n’est vraiment as souhaitable. Le grand vainqueur du scrutin, ce n’est pas Onkelinx, mais Clerfayt. De plus, tout le monde s’accorde qu’il a réalisé du bon boulot durant les six années précédentes.

    4) Le PS reproche à Ecolo de s’allier avec la droite. Alors là, Di Rupo et Onkelinx ne manquent vraiment pas de toupet. Parce que ce sont eux qui ont précisément orchestré le virage libéral du PS. Parce que ce sont eux, et pas Ecolo, qui sont alliés au MR à pratiquement tous les échelons de pouvoir. Parce que, quand on fait construire une villa à Lasnes tout en menant campagne à Schaerbeek, on n’a pas de leçon de gauchisme à donner.

    • Yop,

      1) L’accord préélectoral a été signé, si je ne me trompe, mi-2005. Soit avant le parachutage d’Onkelinx, ce qui change fondamentalement la donne.

      Sur ce point, il semble que tu te trompes. D’après David Coppi dans Le Soir d’aujourd’hui, l’accord a été signé (le 28 septembre 2005) par Laurette Onkelinx, Isabelle Durant et Denis Grimberghs (avec les cosignatures au titre de « garants » de Philippe Moureaux, Henri Simons et Joëlle Milquet). Donc Durant savait avec qui elle s’engageait.

      Autre élément à noter au sujet de cet accord, il semble qu’il était secret : dans La Libre, Sébastien Lambotte rapporte, sans les contredire, les propos d’une militante écologiste selon laquelle « durant toute la campagne, nous ne savions pas qu’il existait un préaccord avec les socialistes ».

      Pour le reste, je suis assez d’accord.

      Franz

  • Bonjour,

    je suis assez d’accord avec ton analyse et avec la nuance apportée par Bernard. J’aimerais apporter également une (légère) nuance ainsi qu’un bref commentaire.

    La personnalisation du scrutin que tu attribue au mécanisme d’élection directe du bourgmestre est à mon avis un phénomène bien plus ancien, que l’organisation de la répartition des pouvoirs et des postes d’influence au sein des partis (baronies), le système de liste électorale et l’effet dévolutif de la case de tête ont largement nourri. Cela dit, il est sans doute vrai que ce dernier gadget électoral renforce la tendance.

    Un autre point qu’il me semble utile d’ajouter (et qui n’apparaît vraiment qu’aujourd’hui, quelques jours après le scrutin) est le poids du local (ou du sub-régional dans le cas de Bruxelles) dans la détermination des alliances au niveau des communes. La diversité des situations - combinaisons PS-MR dans de nombreuses communes, déracinement des oliviers dans plusieurs communes bruxelloise, tripartites PS-MR-CDH - laisse à penser que le pragmatisme des édiles locales prend complètement le pas (ou du moins surdétermine largement) sur les stratégies d’alliance régionales et fédérales de leurs partis respectifs. Cela me laisse d’autant plus songeur que ces alliances (des coalitions, pour être plus exact) ne sont pas toujours guidées par la nécessité arithmétique. Rien d’automatique là-dedans, à quelques exceptions près. Le seul point qui semble faire consensus est l’éviction quasi systématique d’Ecolo de l’échiquier (à quelques exceptions près en région bruxelloise). Là-dessus, je rejoins l’analyse de François.

    Dans la même veine, l’"ouverture" du PS au MR dans plusieurs communes (pas seulement à Ans) pose également question, au regard du respect du choix de l’électeur, qu’il vote de manière négative (voter pour un parti à l’exclusion des autres) ou positive (voter pour un parti pour en exclure un autre ou plusieurs autres). Je remarque que ces "ouvertures" sont généralement réalisées dans des communes dirigées par des bien nommés "empêchés". Cela pourrait dès lors se concevoir comme un aménagement (en Inde, on dirait "accomodement") du partenaire fédéral, ou comme une compensation de l’éviction des libéraux du régional. Aucun acte n’est jamais gratuit en politique, et ce ne sont pas les divagations éthyliques de notre bouilleur de cru polyalcoolique ansois qui me convaincront du contraire.

    Bien à vous,

    Gilles Verniers

  • Salut,

    Je partage plusieurs de tes analyses (personnalisation, abstention, extrême-droite,...)

    Deux commentaires toutefois :

    - "prime aux sortants" et "phénomène Javaux" : Je crois vraiment qu’il faut joindre un élément essentiel à ton analyse, la médiatisation. Dans les communes, les équipes en place utilisent à plein régime les moyens de communication à leur disposition (télévisions locales, journaux et sites officiels de la commune, activités co-organisées par la commune,...). Demeyer était de tous les matches de basket, de toutes les compétitions sportives, il était aux festivals, aux fêtes,... le tout joyeusement médiatisé. Un autre exemple marquant : J’ai reçu dans ma boite une semaine avant les élections une lettre personnalisée de Jean-Gery Godeaux m’annonçant que grâce à son action ma rue avait été ré-asphaltée et m’invitant à voter pour lui. C’est clairement une utilisation à des fins électoralistes personnelles du mandat que l’électeur lui a confié ! Quant à Javaux, il était sur tous les plateaux télé ces derniers mois. Les gens achètent ce qu’ils voient à la télé. Pour le vote, c’est manifestement sensiblement la même chose.

    - "le renouveau du PS liégeois" : On a sans doute le plaisir de voir que Mevis (empêtré dans une histoire de propos racistes mais soutenu « mollement » par Demeyer), Bleret (le plus surcolleur des surcolleurs) ou la "jeune et juste" Tison (qui vous propose de lui sonner si vous avez un problème de boulot) ne sont pas passés mais je ne suis pas certain que l’arrivée de Marcourt ou Happart soit un signe de renouveau réjouissant. Quant à Demeyer, on peut lui reconnaitre un certain sens pratique « de gauche » mais il reste un des plus cumulards (12 mandats rémunérés plus une grosse dizaine de non rémunérés) ce qui est pour moi rédhibitoire et antinomique d’un quelconque renouveau politique crédible. Et puis surtout cette équipe du renouveau c’est toujours celle du palais de justice place Saint-Lambert, du "nettoyage" des miséreux de l’hyper-centre, d’un fonctionnement interpellant du CPAS, des caméras de surveillance, ...

    Pour celles et ceux que cela tenterait, j’ai publié un petit texte critique sur les alliances violettes et turquoises sur mon blog.

    • Les gens achètent ce qu’ils voient à la télé. Pour le vote, c’est manifestement sensiblement la même chose.

      Pas d’accord. L’existence médiatique est une condition nécessaire à un succès électoral mais ce n’est pas suffisant. Ce n’est pas le tout de passer à la télé, il faut encore y dire quelque chose, faire passer un message. Exemples parmi d’autres : Balladur s’est vautré aux présidentielles françaises de ’95 alors qu’il avait TF1 et Le Monde derrière lui ; idem pour le oui au TCE ; et Ségolène... (à suivre).

    • Honnêtement, je ne trouve pas le score de Willy Demeyer très significatif. C’est juste une question d’échelle par rapport à la taille de la commune. Et il n’est pas si loin devant les têtes de liste du PS et du MR à Charleroi. Jacques Van Gompel réalise près de 18 000 voix de préférences, sans pour autant se distinguer par son charisme ou l’impulsion donnée au renouveau du PS. Et Olivier Chastel fait 17 000 voix de préférences, en ayant il est vrai profité de l’attention médiatique.

      A mon avis, le fait que les travers du PS soient plus mesurés à Liège qu’ailleurs en Wallonie proviennent avant tout du fait qu’il est en coalition depuis beacoup plus longtemps et a de facto du davantage partager le pouvoir. Et la plus grande diversité de la liste n’est à mon avis pas sans lien avec le fait que Liège soit une ville universitaire et de hautes écoles. Ca modifie sans doute le bassin potentiel de recrutement de candidats. Surtout, il doit y avoir un part de l’électorat plus sensible à des candidats mettant en avant une certaine cohérence programmatique et idéologique, un peu comme à Bruxelles où le PS a délibérément joué, et avec succès, cette carte là. C’est tant mieux pour Liège mais ca ne corrobore la thèse du renouveau qu’à partir du moment où il faut choisir entre les deux tendances, et pas simplement les juxtaposer lorsque c’est rentable électoralement. Je continue à avoir mes doutes à cet égard. On demandera dans six anx aux candidats valables quelle influence ils ont eu sur les décisions...

      Par ailleurs, le renversement d’alliance à Namur, où le PS de Bernard Anselme vient d’être rejeté dans l’opposition par une coalition cdH - ECOLO - MR, ainsi que les remous suscités à Huy par la décision du MR de permettre au PS d’Anne-Marie Lizin de se maintenir au pouvoir, viennent de donner une certaine crédibilité à l’analyse que je présentais dans mon post précédent. A mon avis, Elio Di Rupo doit commencer à avoir des sueurs froides pour les prochaines élections, et peut-être à regretter sa réaction excessive face à l’alliance Ecolo-FDF à Schaerbeek. A cet égard, je pense que la principale erreur d’Isabelle Durant, outre le fait de s’être laissé embrigader dans la signature d’un accord secret et de signer l’accord de majorité avec le bourgmestre Bernard Clerfayt dans une apparente précipitation, est surtout de ne pas avoir respecter les formes dans ses relations avec le cdH de Denis Grimberghs. C’était se faire des ennemeis inutilement alors qu’ils risquent fort d’être alliés objectifs dans d’autres circonstances.

    • Oueps.

      Disons que c’est une condition necessaire et (heureusement) seulement presque suffisante. Pour le TCE en France, on a pu entendre les partisans du NON. (Ici NADA sinon les 4 grands partis). Pour Balladur, l’aspect "sur le terrain" (dont je parlais pour Demeyer) l’a clairement penalise par rapport a Chirac.

      Pierre

      PS : A propos des elections, je suis tombe sur une autre info excellente dans Le Soir. Voir ici

  • Allez, un petit commentaire sur l’alliance PS - MR -cdH à Charleroi (pour qu’on ne parle pas que de Liège sur ce forum). Tout d’abord, j’avoue que le scénario m’a surpris. Non pas tant l’éviction d’ECOLO, ca avait été clairement annoncé par Jacques Van Gompel lui-même avant les élections, dans la mesure où le PS demeurait incontournable, il n’accepterait pas (là non plus) ECOLO dans sa majorité (ce qui, soit dit en passant n’avait pas entrainé de menaces de représailles...). Mais bien l’association à la fois des libéraux et des humanistes alors que la campagne semblait annoncer que les deux partis se disputaient la faveur d’être associés au PS.

    Je voudrais commencer par une note positive. Le PS ne sera plus tout puissant non seulement à la commune mais dans toute les organes paracommunaux. De plus, les échevinats obtenus par l’opposition sont relativement stratégiques : les affaires économiques et l’emploi pour Olivier Chastel (MR), la propreté et l’environnement pour Philippe Sonnet (MR), le budget, les finances et l’expansion universitaire pour Jean-Jacques Viseur (cdH). Ce sont indéniablement des élus à qui on ne peut reprocher de ne pas s’être investis dans leurs mandats. Jean-Jacques Viseur est probablement l’édile le plus compétent en matière de finances à Charleroi, au moins depuis ... Jean-Claude Van Cauwenberghe, la garnatie d’intégrité et de désintéressement en plus. Salutaire...

    Il se dit d’ailleurs que Jacque Van Gompel aurait le plus grand mal à rassembler une équipe de mandataires PS qui puissent faire le poids face à eux, a fortiori s’il doit respecter l’ordre des votes de préférences... D’un autre côté, cela lui donne peut-être une motivation à bien chercher et à y réfléchir à deux fois avant de nommer Alison De Clercq échevine. Pour la petite histoire, cette demoiselle, fille d’un certain Jean-Pierre De Clercq, ancien député permanent, et jeune députée fédérale de son état (oui, oui c’est lié) a été notoirement absente à la Chambre depuis son entrée en fonction sauf pour présenter une proposition de loi sur le ... traitement des peaux de bête, en pleine campagne électorale (oui elle a utilisé l’argument, aisni que les moyens mis à sa disposition en tant que députée pour le faire savoir largement), de surcroit sponsorisée par Brigitte Bardot, dont les affinités pour le Front National français sont notoires.

    En ce qui concerne l’échevinat de l’expansion universitaire, on notera l’ironie d’un intitulé qui doit être unique en Belgique. Voir un échevinat de l’expansion universitaire dans la seule grande ville wallone qui n’a pas d’implantation universitaire majeure (malgré les quelques centres qui y ont été implantés ces dernières années par l’ULB, les facultés montoises et l’UCL) est pour le mois piquant. Voir ce poste occupé par le président du Conseil d’administration de l’UCL alors que les édiles socialistes carolos avaient refusé catégoriquement d’envisager, comme il en avait été question à l’époque, l’implantation de l’UCL à Charleroi lors de la recherche d’un site alternatif à Leuven au début des années 70 l’est davantage encore... Je trouve par ailleurs les propositions du cdH en matière d’enseignement intéressantes en identifiant clairement la sous-qualification et le faible nombre de diplômés carolos pour toutes les tranches d’âge comme un problème majeur et en proposant, entre autres, de faire de Charleroi un centre de formation permanente et continuée

    En ce qui concerne les deux échevinats attribués aux libéraux, le PS a cependant gardé la présidence des deux principales intercommunales actives dans leurs domaines respectifs, l’IGRETEC responsable du développement économique et l’ICDI, bien connue pour sa mission de récolte et traitement des immondices... Comme noté ce matin, jacque Van Gompel s’est ainsi empressé de reprendre la présidence de l’intercommunlae dont il avait démissionné avec grand fracas il y a un mois au nom des ... règles de la nouvelle gouvernance dont il s’était fait le champion contraint et forcé. Bon d’accord, en allant lire le livre blanc signé par les quatre partis démocratiques pendant la campagne, des exceptions sont effectivement prévues et on peut discuter de l’utilité de certains cumuls pour l’efficacité de la politique communale. Mais pour la cohérence, on repassera. Ca ressemble surtout à un savant équilibrage de pouvoirs et contre-pouvoirs... Soit.

    Malgré cela, je m’interroge sur les conditions sommes toutes extrêmement avantageuses que le PS a obtenues : 6 échevins, le maiorat et la présidence du CPAS, soit 8 mandats sur 11, le maiorat comptant normalement pour deux, en plus de la présidence des deux intercommunales nommées ci-dessus. Arithmétiquement, la répartition aurait davantage du ressembler à deux mandats cdH, 4 mandats MR et 6 mandats PS (ou 5 en ce compris le maiorat). Je ne voudrais honnêtement pas être dans la position de Jean-Jacques Viseur, seul membre cdH du Conseil échevinal, chargé du rôle souvent ingrat des finances, soutenu par une majorité où son parti n’est pas arithmétiquement nécessaire...

    Plus généralement, une des raisons invoquées à l’élargissement de la majorité est de pouvoir mieux défendre Charleroi vis-à-vis des autres pouvoirs (cela semble êre un problème structurel des grandes villes dans les systèmes de représentation parlementaire, à moins d’avoir un bourgmestre président du principal parti au pouvoir). On peut discuter de l’instrumentalisation qui est ainsi faite des appareils de partis pour influencer des décisions de différents niveaux de pouvoir en fonction d’intérêts locaux. Mais, si on accepte la dose de "réalisme" que le jeu politique induit, cela sonne tout de même comme un sacré aveu d’échec du PS carolo et de son (véritable) patron, Jean-Claude Van Cauwenberghe (qui de son propre dire est le concepteur de la nouvelle majorité). Il n’était, si je ne m’abuse, du moins jusqu’il y a peu, pas démuni de tout relais aux autres niveaux de pouvoir, à la région wallone notamment...

    Je me désole seulement qu’un des principaux projets que les trois partis se sont entendus à défendre soit la construction d’une nouvelle sortie autoroutière vers le sud de Charleroi, l’E 420. Outre que c’est à mon avis une erreur environnementale énorme, c’est aussi une erreur stratégique pour le développement d’une ville que de permettre de ... la contourner sans s’y arrêter ou de rendre plus attrayant encore l’exode des classes moyennes vers les banlieues vertes. Il serait surtout beacoup plus prioritaire de faire pression sur la SNCB pour améliorer la desserte ferroviaire du bassin sambrien, ce qui est loin d’être le cas, en commençant par une meilleure exploitation du réseau existant notemment vers le sud de Charleroi et le nord de la France, et une amélioration prioritaire des infrastructures vers Namur et Bruxelles. C’est bien de se défendre mais encore faut-il le faire à bon escient.

    Je termine sur le score du Front national qui avec près de 10 %, est le quatrième parti de Charleroi et obtient quatre élus. Lors de la dernière mandature, il n’y avait qu’un seul élu FN sur les trois sièges obtenus, qui siégeait toujours... Comme quoi, le jeu électoral ne récopense pas toujours le travail accompli. Il n’y a vraiment pas de quoi être tranquille pour autant et malgré le fait qu’on s’attendait à pire. D’abord, la tête de liste du FN, Patrick Cocriamont, militant néo-nazi notoire, réalise tout de même un beau score en voix de préférences. Si on ajoute les voix obtenue par les dissidences d’extrême droite, c’est tout de même plus de 12 % de la population qui a voté pour un parti brun (et empêché la constitution d’une majorité alternative en absence d’union de l’opposition). De surcroit, le fait que les enjeux locaux ont apparemment motivé un nombre plus important d’électeurs à se déplacer que lors des précédentes élections (quoiqu’important, le taux d’abstention est significativement plus faible qu’il y a 6 ans) masque une augmentation plus que proportionnelle du nombre absolu de suffrages pour l’extrême droite. Et dans six ans, il risque fort d’aparaître comme le seul parti d’opposition aux yeux d’une grande partie de la population, ce qui est certes injuste vis-à-vis d’ECOLO.

    Dans ce contexte, je ne saurais souligner assez le caractère scandaleux de l’attitude des élus socialistes pendant la campagne, Jean-Claude Van Cauwenberghe en tête, qui ont volontairement adopté une attitude poujadiste vis-à-vis des médias (pourtant dans l’ensemble, et à l’exception de la Libre Belgique, relativement complaisants), du pouvoir judiciaire (tiens, à propos, deux nouveaux fonctionnaires communaux ont été inculpés ou incarcérés et Jacques Van Gompel, qui ne savait évidemment rien, a tout de même été entendu pendant deux heures à titre de ... témoin) et des autres partis, les associant dans le même bain d’incompétence et de laissez-aller alors que, si on peut à bon droit leur reprocher leur manque de pugnacité, ils étaient cependant systématiquement privés des principaux leviers de pouvoir, ou même des principaux canaux d’information.

    Apparemment, cela a permis de limiter les dégats pour le PS, de même que le mattraquage éhonté d’affiches pendant les dernières semaines qui ont précédé le scrutin. Et le FN n’en a pas trop profité. J’espère que Charleroi ira mieux dans six ans de sorte que la note ne soit pas plus salée encore lors des prochaines élections, non pour le PS mais pour la démocratie. Et que les Carolos auront retoouvé des raisons d’espérer.

  • 1. Les accords pré-électoraux entre partis ou listes (signés, non-signés, annoncés ou cachés) sont inadmissibles, anti-démocratiques. Quelques soient les partis, ces pré-accords sont une véritable gifle aux citoyens-électeurs.
    Les arrangements pré-électoraux minent notre démocratie.

    2. Après les élections, il appartient prioritairement à la liste qui a recueilli le meilleur score d’entamer éventuellement des négociations pour la formation de coalitions (et ceci sans ce soucier d’un quelconque point 1.).
    Se faisant, le choix des citoyens-électeurs est ainsi respecté.
    Le marchandage d’alliances, cela vient après la connaissance des résultats des votes, et pas avant.

    • Salut Manu,

      1. Les accords pré-électoraux entre partis ou listes (signés, non-signés, annoncés ou cachés) sont inadmissibles, anti-démocratiques. Quelques soient les partis, ces pré-accords sont une véritable gifle aux citoyens-électeurs. Les arrangements pré-électoraux minent notre démocratie.

      Si les accords électoraux sont publics, je ne vois pas où est le problème : chaque électeur est libre de voter comme il l’entend en étant informé des priorités de chacune des listes qui se présentent. Si l’on accepte pas ça, alors on doit exiger des listes qui ont des affinités qu’elles forment un cartel (une seule liste), ce qui est bien plus délétère pour le pluralisme et la diversité des idées qu’un accord électoral. Dans le cas du cartel, les possibilités pour l’électeur de nuancer son vote sont en effet bien plus réduites.

      2. Après les élections, il appartient prioritairement à la liste qui a recueilli le meilleur score d’entamer éventuellement des négociations pour la formation de coalitions

      Pas d’accord non plus : tout le monde négocie comme il veut avec qui il veut et seule une majorité est légitime pour faire quoi que ce soit (déjà que le système démocratique est incroyablement pauvre et fruste comme ça, merci de ne pas donner en plus le pouvoir à une minorité). Sinon, tu donnes une prime aux gros partis et donc un incitant à la fusion des petits partis en gros, et par conséquent tu vises à la polarisation du champ politique, qui est une très mauvaise chose. Et puis, selon ton argument, il aurait fallu il y a six ans concéder à M. Dewinter, tout néonazi qu’il fut, un rôle de formateur de la majorité anversoise.

      François