Les archives des Bulles

À Ans, « on fête bien ça »

vendredi 13 octobre 2006, par François Schreuer

Tout le monde est désormais au courant, même si c’est loin d’être la première et loin d’être la dernière fois qu’on assiste à ce genre de scènes : Michel Daerden, multi-ministre (PS) et grand vainqueur des élections dans la commune d’Ans — 4150 voix personnelles et 52,76 % pour son parti, quand même —, était complètement ivre dimanche soir. Les vidéos de ses interventions télévisées [1] ont été enregistrées et placées sur le net par quelque internaute facétieux [2] et ont circulé à la vitesse de l’éclair dans les heures qui ont suivi (j’ai personnellement reçu une bonne vingtaine de mails me donnant les url de ces vidéos sur le net). Au point que la simple diffusion via Internet de ces prestations théâtrales d’un genre un peu particulier est devenue un phénomène médiatique en soi.

Dans la mesure où cet épisode n’est que le énième avatar d’une longue série, je dois dire que je me sens assez interpellé par le comportement de divers acteurs dans cette affaire, choqué même par la bienveillance un peu trop générale que cet épisode suscite dans beaucoup d’endroits.

Il y a d’abord les électeurs de ce clown, beaucoup trop nombreux. Je le dis clairement : j’en veux aux 4150 personnes qui ont voté pour lui. Je trouve que ce vote est un comportement irresponsable, dégradant pour nous tous, d’autant plus que le score que Daerden senior a obtenu pourrait lui permettre de prendre la tête de la liste socialiste liégeoise lors des prochaines législatives et de s’imposer ainsi une fois de plus dans le débat public. Michel Daerden, par son cycnisme exacerbé, par l’absence visiblement complète d’un autre objectif à son action que la perpétuation de son pouvoir et du système qu’il a mis en place, par sa totale absence de réflexion de fond (largement compensée par une hypertrophie des zones stratégiques et budgétaires et la capacité à tuer ses adversaires), par ses pratiques médiévales — féodales au sens le plus littéral du terme — d’exercice du pouvoir, etc est une mauvaise chose pour tout le monde. Sa présence à des postes à responsabilité est une mauvaise chose pour la région liégeoise, pour son image, pour son avenir. C’est aussi une mauvaise chose pour le parti socialiste, dont les militants méritent mieux que cette outre aussi sémillante que sinistre comme représentent plénipotentiaire. Si vous voulez vous en convaincre, prenez le temps de discuter avec un militant de gauche du PS à Liège, vous ne serez pas déçu.

Les motifs du vote Daerden, j’avoue volontiers que je les comprends mal. Il y a probablement une part de bêtise, de vraie sale bêtise, qui consiste à trouver l’homme « sympathique », éventuellement « populaire », peut-être précisément en raison de ses excès éthyliques et autres, c’est triste à dire. Il y a aussi, c’est certain, un vote purement clientéliste, utilitariste d’électeurs qui ont renoncé (s’ils y ont jamais pensé) à se préoccuper du bien commun pour se contenter de négocier leur vote contre des prébendes diverses. Il y a encore, probablement, un vote tactique qui repose sur l’argument selon lequel « le fait que Michel Daerden soit ministre apportera beaucoup de subsides à la commune » — argument qu’on entend désormais dans beaucoup d’endroits, utilisé presque sans gêne dans diverses circonstances (par exemple récemment à Schaerbeek) et qui est peut-être le plus scandaleux dans la mesure où il entérine et cautionne un fonctionnement de l’état qui s’assimile finalement à un simple trafic d’influences. Quoi qu’il en soit, je trouve que les citoyens qui donnent leur voix à cet individu galvaudent la démocratie.

Secundo, c’est l’attitude d’une bonne partie des journalistes qui me pose problème dans cette affaire. D’abord celle des journalistes TV qui sont confrontés à l’état d’ébriété avancée du ministre. N’importe quel professionnel sérieux n’aurait même pas entamé l’interview, aurait prié l’individu de revenir quand il serait en état de s’exprimer décemment et aurait informé ses auditeurs de la situation. Ce n’est pas ce qu’ont fait les journalistes de RTC et de la RTBF. Bien au contraire, bien que manifestement un peu gênés, ils ont laissé au personnage toute lattitude de divaguer en direct. Sur la RTBF, le présentateur conclut même l’intervention pathétique du ministre par cette phrase : « On peut compter sur Michel Daerden pour bien fêter ça ! » Le moins qu’on puisse dire est que les journalistes de ces deux chaînes voudraient accréditer l’opinion extrêmement répandue selon laquelle leurs employeurs sont littéralement contrôlés par le PS qu’ils ne s’y prendraient pas autrement.

Ensuite, le traitement du sujet ces derniers jours par la presse écrite est extrêmement retenu. Alors qu’il y a largement matière à critiquer durement le ministre pour son comportement, le ton est plutôt à la rigolade, insiste sur la popularité de l’homme, glose sur les tribulations de la vidéo sur la plate-forme en ligne (qui vient justement de se faire racheter part Google qui, pour lors, n’est bizaremment plus le grand ennemi de nos journaux-chevaliers-blancs-du-droit-d’auteur).

Tertio et enfin, il y a M. Daerden lui-même. Faut-il vraiment se lancer dans une longue péroraison vu ce qui précède ? Je laisse la conclusion à un ami médecin (dont je tairai le nom vu les responsabilités qu’il exerce) qui m’écrit ceci [3] :

Au vu des éléments cliniques contenus dans la video « Michel D est content » : dysarthrie, propos mégalomaniaques, désinhibition des affects, éthylisme
chronique (antécédents d’autres passages télés) et comme nous sommes des
personnes intéressées puisque de son travail dépend notre bien-être
collectif... Je propose que nous rédigions une demande d’expertise
psychiatrique pour ce monsieur, à demander au procureur du Roi de Liège.

J’ai bien envie de le prendre au mot,...

Notes

[1Je les ai reprises dans un billet précédent : À propos des résultats des communales, en pensant qu’elle se suffisaient à elles-mêmes et ne devaient donc pas être commentées.

[2À moins que ce soit pas un conseiller en communication du ministre, puisqu’il semble que ce genre d’interventions rende son auteur populaire...

[3Et je précise qu’il faut lire tout ceci au premier degré de la façon la plus stricte.

Messages

  • Et si tout ce remue-ménage autour des vidéos de MD ne servaient qu’à camoufler la rage qui anime depuis dimanche la base du PS ansois et des colleurs de Daerden, révulsés lorsqu’ils ont entendu que leur gourou avait signé avec... le MR !
    D’après un article dans les pages Régions/Liège du Soir, ce qui avait mobilisé les équipes à Ans, c’était l’objectif de barrer la route à la montée de Reynders, de faire mieux pour leur baron local que pour les bleus. Meilleure pénétration, meilleure progression, je ne sais pas ce qu’ils visaient, mais ça les motivait. Au point qu’ils auraient collé ce dimanch soir des affiches de fesses avec une rose bleue plantée au milieu et le nom de Michel daeRden avec un M et un R bleus. Cela aurait pu faire de belles images télé et un bon sujet d’article, mais vu l’importance cruciale du top 5 de YouTube, tout ça a été passé sous silence.
    Bien pratique de faire le clown en certaines circonstances !

  • Vous êtes tous mauvaise langue. Son défaut d’élocution vient du fait qu’il est gauchist...gaucher : http://youtube.com/watch?v=-6TBdsx9n6g

    Ah ben alors ça va...

  • En fait, même à jeun, ça fait bien rire les non-liégeois :
    http://youtube.com/watch?v=Zugw_gRqDa4&mode=related&search=

    ça valait la peine d’en faire une Daerden Machine ;-)

  • Des centaines de milliers de personnes à travers la francophonie ont visionné et rigolé de ces images montrant un clown ivre... avec en surtitre permanent et bien visible le nom de LIEGE.

    Voilà qui fait sans doute autant pour la notorité et l’image de notre région que tous les grands prix de Formule Un et toutes les gares Calatrava réunies.

    Il serait intéressant d’avoir l’avis de spécialistes de la communication sur l’impact de ce genre de prestation.

    Définitivement ce dynosaure est un poison pour Liège.

    • Voilà qui fait sans doute autant pour la notorité et l’image de notre région que tous les grands prix de Formule Un et toutes les gares Calatrava réunies.

      Faut pas exagérer non plus. Sans (trop) s’étendre sur ce satané Grand Prix de F1 ni sur la gare des Guillemins, on peut juste signaler que quelques centaines de milliers de téléchargement, ce n’est jamais qu’une fraction de l’audience d’un journal télévisé sur une grande chaîne française, qui se compte en millions.

  • Ayant vu la prestation des duettistes "en direct" sur RTC, j’ai été affligé et mal à l’aise devant un pareil spectacle, comme si je souffrais de voir souillée la conception que je veux conserver de la Politique et du mandat public, bref, de la démocratie.
    L’homme et son problème de boisson donnaient une vision pathétique. Mais on ne pouvait qu’être horrifiés par les propos "dynastiques" et mégalomaniaques. Je me suis demandé jusqu’à quel point le "clone" herstalien était oui ou non dérangé par ce qu’il s’est passé sur le plateau et le comportement de son père.
    La diffusion sur le web de ce "grand moment" (?) de télévision ne doit rien aux colleurs cocus de Ans, mais à des gens qui souhaitent une large prise de conscience de certaines dérives et ne redoutent pas le débat public. Pas besoin de quitter Ans ou de rêver d’un attentat… Avec de tels dérapages, MD "creuse" son avenir…

    Je voudrais revenir sur quelques points…
    Je pense effectivement que les résultats à Ans sont le fruit du clientèlisme, doublé d’un discours simpliste et hypocrite sur le "mal bleu" et la nécessité de maintenir une "ceinture rouge" au nord de la ville.
    Globalement, le PS ne boit pas le bouillon. Il est même parvenu à consolider des positions (déjà des places fortes). Il donne l’impression de pouvoir résoudre ses problèmes en interne (moi, je trouve Elio Di Rupo amusant et peu crédible quand il hurle qu’il ne veut plus de parvenus). Sur fond de chômage endémique et de dégradation de l’environnement industriel et urbain, les électeurs PS n’ont plus que ce seul espoir. Pour beaucoup, sans cette planche de salut d’y croire encore malgré tout, il n’est plus de solution et ils voteront plus volontiers pour le FN que pour Reynders ! Désolant, mais ainsi.

    Enfin, je ne partage pas les remarques sur les journalistes "à la solde du PS" ou qui manqueraient de professionnalisme. La venue en plateau est un voeu partagé à la fois par les médias et le personnel politique. Si RTC ou la RTBF avaient refusé le droit à l’expression des Daerden, ils auraient fait acte de censure et se seraient attirés les foudres des politiques comme des patrons de chaines. Par ailleurs, ils ne sont pas responsables en lieu et place des personnages publics, par ailleurs adultes et aguerris… Et les circonstances de l’interview font, au même titre que ce qui se dit, partie intégrante du message et de la communication. Daerden savait ce qu’il disait ou ne disait pas (il n’a jamais daigné répondre à question posée 3 fois au sujet de la coalition à Chaudfontaine). De plus, il s’agit d’un direct. Si l’interview avait été enregistrée, la question de sa diffusion in extenso aurait pu se poser. En situation de direct, on ne peut "anticiper ce qui risque de se dire". La mission de la presse est de faire savoir, pas de faire de la rétention.

    Certes, internet va vite et est hors de contrôle. La rumeur et la calomnie peuvent y trouver une amplification dommageable.. Il faudra donc plus que jamais éduquer aux médias et former les consommateurs d’images à une plus grande analyse critique. Mais internet est aussi un garant de démocratie (tant que Google ne se met pas au service des états)… La séquence RTC a été mise sur Youtube puis a disparu durant 2 jours avant de revenir en force… Je serai curieux de connaître les raisons de ce retrait.

    Au-delà, ce scrutin aura vu germer de nombreux sujets de réflexion sur le jeu politique (je n’aime pas l’expression) : on y aura posé la question des accords préalables (secrets ou publics : Isabelle Durant), du respect du souhait des électeurs (Anne Humblet) -les femmes moraliseraient-elles notre vie politique ?-, on aura vu les affairistes et cyniques (Anselme)se faire déboulonner quand même dans un feuilleton à la hongroise… On aura vu un "fils de" (une fois n’est pas coutume) se faire laminer dans le fief de papa par un écolo pragmatique... Bref, on aura enfoncé quelques coins dans l’état PS, préalable nécessaire à toute possibilité de repenser l’action politique et d’y réintéresser les citoyens. Certes, il ne faut pas crier victoire, mais ces quelques signes peuvent être perçus comme (un peu) encourageants…

  • Je ne crois pas que montrer une telle épave le soir des élections alors que Demeyer ou Reynders (et beaucoup d’autres) tiennent des propos cohérents et réfléchis soit réellement un service qu’on rend à Daerden.
    Les journalistes ont montré Daerden dans toute sa splendeur et la diffusion massive de tout ça sur internet donne une image telle de la Wallonie que l’électorat de cette éponge ne peut que se poser des questions. Accessoirement, Di Rupo doit vraiment être hors de lui en ce moment. Peut-être que cette vidéo sera le chant du signe de Daerden. De toute façon, il ne reste plus que ça. Tout le monde à Liège savait déjà que c’est un alcoolique, son fils est passé à Herstal après son parachutage quelques mois avant les élections (pour situer ils ont refait à la va-vite une voix de circulation d’un boulevard à 4 voies qui doit être refait depuis 20 ans pour bien montrer que Frédéric fait bouger les choses quelques semaines après son arrivée) sans que personne ne dise rien et les accusations concernant son bureau de réviseur d’entreprise qui a pour principaux clients les intercommunales et sociétés de logements sociaux n’ont rien donné. Pourtant, il continue à améliorer ses scores électoraux.

    Il me semble que les journalistes ont fait leur boulot en le montrant tel qu’il est vraiment. Et si après ça la majorité des Wallons estime qu’il doit être réélu, alors la Wallonie n’a que le sort qu’elle mérite et tant pis pour la minorité lucide.

    • Je ne crois pas que montrer une telle épave le soir des élections alors que Demeyer ou Reynders (et beaucoup d’autres) tiennent des propos cohérents et réfléchis soit réellement un service qu’on rend à Daerden [...] l’électorat de cette éponge ne peut que se poser des questions [...] la Wallonie n’a que le sort qu’elle mérite et tant pis pour la minorité lucide.

      Je ne crois pas que son électorat se pose tant de questions que ça : il a déjà eu un nombre conséquent d’occasions de se les poser, sans que ça ait eu le moindre effet visible jusqu’à présent. Il semble malheureusement que ce genre d’exhibitions, aussi lamentable soient-elles, rend le personnage sympathique auprès de pas mal de monde, probablement plus que ceux qui trouvent son comportement scandaleux. Un certain nombre de personnes que j’ai croisées ces derniers jours trouvaient l’affaire Daerden « drôle » et pas « scandaleuse ». Et, au minimum, cette affaire contribue fortement à renforcer sa notoriété, qui est le premier critère qui permet d’accéder et de rester au pouvoir (la pire des choses, pour une personne publique, étant comme chacun sait l’indifférence).

      Alors oui, soit, la Wallonie — dans la mesure où elle comprend des centaines de milliers de citoyens qui votent pour Daerden, Happart, Van Cauwenberghe, Van Gompel et autres dinausaures médiocrates du genre (ainsi que pour leurs rejetons) — n’a que ce qu’elle mérite, mais je trouve un peu court de s’arrêter sur cette conclusion.

      Quant aux journalistes qui l’ont laissé s’exprimer puis qui ont écrit pas mal d’articles sur lui, je comprends l’argument consistant à dire que le rôle des journalistes est de rendre compte des faits de la manière la plus fidèle possible et de laisser les citoyens penser ce qu’ils veulent ; et je partage l’idéal sous-tendu par cet argument. Mais, entre autres raisons de ne pas endosser cet idéal autrement que dans une fonction régulatrice, il me semble que cette position néglige une dimension pragmatique essentielle dans l’analyse des médias, c’est que le choix des sujets détermine déjà pas mal de choses, notamment l’existence médiatique de tel ou tel personnage. Si les médias français avaient pris l’habitude de réagir par une saine indifférence aux aboiements de Sarkozy plutôt que de centrer une bonne moitié de la couverture de l’actualité médiatique sur lui, on n’en serait pas là aujourd’hui. Toutes proportions gardées, Daerden représente un phénomène similaire, une dérive de l’actualité politique en spectacle. Daerden a créé l’événement, et le propre d’un événement, sur le plan médiatique, c’est qu’il éclipse d’autres faits, c’est qu’il se prête mal à une analyse.

      Les pires erreurs des médias sont à mon avis celles qu’on ne voit pas : tous les sujets qui auraient pu/dû être couverts et qui ne l’ont pas été parce que les colonnes et le temps d’antenne était occupé par les pitreries lamentables de M. Daerden.

    • Mieux vaut un alcoolique à un hypocrite.
      On a peut être pas vu une personne très fringante le soir d’une élèction un peu trop "mouillée" mais, je préfère ça que de voir une Laurette sanguinaire et vengeresse, tout sourire aux levres.
      Entre la pochtronnerie et l’hypocrisie, je choisi la première.

      De plus, entre la facade et le fond de commerce, il y a une différence à faire ; la fait-on ici ?

      Philoux de Bruxelles

    • Justement, il faut faire la distinction entre la façade et le fond de commerce ! Le fond de commerce de Daerden, c’est le révisorat de sociétés et il ne faut pas être à la pointe de l’information pour savoir qu’il y a une confusion complète entre les intérêts privés du clan Daerden (le révisorat, qui a en charge la supervision des comptes d’un max d’institutions wallonnes publiques et parapubliques) et les intérêts publics qu’il défend soi-disant. Durant la campagne de Daerden à Ans, qui a payé les pots (cassés) offerts et le bal du bourgmestre ? Daerden ? La commune ? Ou les entrepreneurs qui travaillent pour la Région wallonne et qui sont ravis de rendre ce "petit service" à celui qui contresigne toutes les dépenses régionales (en tant que Ministre du budget) ? Ce n’est pourtant pas plus "son" argent qui finance ces travaux que le nôtre, simples citoyens.
      Enfin, et surtout, c’est pas parce qu’on affiche une tête de benêt à la place d’une tête d’hypocrite qu’on est meilleur dans l’arrière-boutique. Oui, la tête de Laurette me crispe et celle d’Elio me donne des aigreurs d’estomac, mais la bonhommie de Daerden me paraît aussi grave car elle dissimule elle aussi un vrai détournement du pouvoir public à des fins d’enrichissement privé et de soif de pouvoir. Voyez d’ailleurs avec qul bonheur Daerden annonce à tous les électeurs de gauche qu’il vient de signer un accord avec le MR pour entuber tout le monde. La politique, au sens noble du terme, ce type s’en contrefout comme de sa première Cara Pils ; ce qu’il aime, lui, c’est simplement le pouvoir. Le pouvoir de se foutre de votre gueule à la télé et de gagner encore en popularité.
      Daerden, c’est un danger. Un vrai.
      Comme les autres et leurs sourires de façade.

  • Un autre truc qui m’a surpris, c’est la débauche de sondages. Or, ce sont des sondages téléphoniques peu fiables, réalisés auprès de petits échantillons (500-800 personnes) dont on ignore la représentativité. Ces sondages sont de plus assortis d’une marge d’erreur de … 5 % !

    Quel est l’intérêt ?
    Cela n’a aucun sens…

    Les sociologues disent que leur publication n’ont pas d’incidence sur les votes… On voudrait les croire. Mais vu l’importance d’un électorat flottant volontiers grégaire, on ferait mieux d’en douter.

    A mon sens, ils ont largement contribué à bipolariser le combat des chefs à Liège (ainsi que les médias), avec pour conséquences, l’estompage des enjeux politiques réels et l’affaiblissement du CDH (car qu’ont-ils fait de particulier pour déforcer la majorité ?)

  • je me suis posé la même question que François concernant l’attitude des journalistes de rtc et de la rtbf, mais aussi à propos des propos de daerden repris dans la DH et nullement soumis à un examen plus poussé selon lesquels son élocution lente et pâteuse serait liée à son statut de gaucher contrarié.
    Toujours dans le cadre de l’observation des médias, Le Soir n’est-il pas lourd à force de citer à toutes occasions les vidéos sur youtube ?
    de même, je serais porté à croire que le traitement de texte du Soir modifie systématiquement michel daerden en le roi d’ans et guy coeme en le petit prince. N’est-il pas tellement savoureux d’être impertinent dans la marge plutôt que de développer un journalisme d’enquête et de dénonciation des "bonheurs" des baronnies

    • C’est vrai que c’est pas normal cette presse quotidienne qui manque de recul, alors nous serions en droit d’exiger une thèse de doctorat sur chaque sujet.
      Il faudrait peut-être songer à aller voir du côté des hebdomadaires pour avoir du recul, ce n’est pas très compliqué à comprendre.
      Citer la DH pour dire que le journalisme d’investigation est mort, c’est comme de soupçonner la presse d’être au service des socialistes purs et durs après avoir lu La Wallonie. Un peu de sérieux que diable.

      Accessoirement, le boulot de la presse au sens large est, idéalement, de présenter des faits dans leur contexte, pas d’émettre un avis.

      Critiquer est louable, il faudrait quand même veiller à ne pas sombrer dans le poujadisme.

  • Le ministre, dont les vidéos au soir des élections s’arrachent sur la toile, s’est confié à la télévision.

    Le ministre du Budget de la Région wallonne et de la Communauté française, Michel Daerden (PS), rêvait d’être chanteur, a-t-il confié dimanche sur le plateau de Mise au point (RTBF).

    Les interventions du socialiste liégeois après les élections communales ont fait fureur sur internet et ont même donné lieu à un "mix" sur un air de reggae. Le ministre était en verve et paraissait avoir bien arrosé sa victoire ainsi que celle de son fils.

    "Pas plus que d’habitude", a répondu M. Daerden à la question de savoir s’il avait bu dimanche soir. Et d’ajouter : "Depuis une vingtaine d’années, périodiquement, les gens imaginent que je suis saoul. Mais sous des dehors bon enfant, un débit un peu lent, des gestes un peu gauches, croyez-moi : la réflexion est toujours là".

    Le ministre s’est défendu d’être ivre la plupart du temps. Selon lui, si c’était le cas, il aurait difficilement pu mener la carrière bien remplie qui est la sienne : réviseur d’entreprise, parlementaire, ministre, bourgmestre, etc.

    M. Daerden reconnaît que son style sort de l’ordinaire mais une bonne partie des traits qui le rendent uniques, en particulier son élocution, viennent, affirme-t-il, de ses premières années d’école où ses maîtres le contraignirent à écrire du côté droit alors qu’il était gaucher.

    "Je suis un être atypique et controversé", a-t-il concédé, rappelant le titre d’un article que lui consacra le quotidien "Le Jour". "Daerden, c’est un peu le Gainsbourg de la politique. C’est vrai, j’aurais pu être un artiste. Je rêvais d’être chanteur mais je m’y retrouvais mieux dans les chiffres", a-t-il avoué.

    Source

  • Avant d’en venir à Michel Daerden, je voudrais revenir sur les élections à Binche. Marie-Rose Trézegnies, parce qu’il ne faut pas hésiter à citer son nom tant son comportement m’a écoeuré, a "viré de bord" quelques jours après les élections, en passant de la liste Union au MR, ses anciennes amours. Ce faisant, elle offre la majorité à la liste PS-MR ; à Binche, en effet la majorité se joue à un conseiller. Plus fort, lorsque j’ai entendu cela sur La Première, le journaliste faisait clairement sous-entendre qu’elle a subi des pressions de son employeur. Il m’est difficile d’imaginer des raisons "valables", entendez responsables, critiques, citoyennes, démocratiques, ..., à ce revirement. Je n’y vois que magouilles pourries, celui-ci lui offrant plus que celui-là. Qu’a donc à faire ce genre de personne en politique ?

    Ce qui me désole d’autant plus avec l’affaire Trézegnies, c’est qu’on en parle à peine. Parce que, pardonnez ma vulgarité, mais en matière d’enculage de l’électeur, je ne donnerai à Daerden que la médaille d’argent, la plus haute distinction revenant à cette pitoyable représentante du peuple. Voilà pour le lien entre eux deux.

    En ce qui concerne Daerden, je partage en tous points l’avis de François et de beaucoup de commentaires. Plus, je me demande si nos convergences d’opinion ne viennent pas de notre appartenance commune à la vie liégeoise. Là plus qu’ailleurs, on y entend parler de Daerden. Et bien entendu, nous avons une image de lui non seulement poivrot mais surtout du modèle plus-que-parfait d’homme politique clientéliste. Ce qui fait que lorsque l’on voit cet homme que l’on n’apprécie déjà pas pour ses actes faire preuve d’autant d’irrespect de son interlocuteur et de ses électeurs (cf l’"ouverture"), on n’en ressent que plus de dégout.

    Nulle part dans les commentaires entendus ci et là dans les médias on ne fait état de la "manière Daerden", et de la mauvaise opinion d’une bonne partie de la population de la région liégeoise à l’encontre de Daerden.

    Les parents d’une collègue ont voté Daerden. Pourquoi ? "Ben, on n’est pas si mal ici". Tout est dit. Tout. La politique n’intéresse pas ce couple, et après cette pertinente réflexion, ils refusent tout simplement de continuer à en parler. Ca les ennuie ; ils ont fait leur choix, après cela, plus la peine de vouloir ceci ou cela. Je laisse le soin au lecteur d’en tirer les refléxions.