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Laisser la Flandre s’en aller, pour éviter la haine

lundi 11 juin 2007, par François Schreuer

Il y a de nombreux enseignements à tirer des résultats des élections législatives de ce 10 juin. Parmi ceux-ci, le principal — et de loin — est à mon avis la victoire du cartel CD&V-NVA de MM. Yves Leterme et Geert Bourgeois [1] et, ce faisant, le choix qu’a semble-t-il définitivement fait la Flandre de se diriger vers le confédéralisme, lequel peut être considéré, moyennant quelques nuances, comme une prémisse à l’indépendance flamande. Il me semble malsain de persister à nier cette évidence comme semblent vouloir le faire les partis francophones.

En ce qui concerne l’avenir de la Belgique, en effet, il existe à mon avis deux positions cohérentes et seulement deux : le fédéralisme d’union d’une part ; la scission du pays d’autre part, qui pose la question du destin de la partie résiduelle du pays qui est aussi en bonne partie francophone.

La première solution suppose une remise en commun d’un certain nombre de choses. Il s’agit de recréer les conditions d’un vivre-ensemble qui soit autre chose qu’une cohabitation tournant régulièrement, dans le champ politique au moins, à la confrontation. Je suis en particulier convaincu qu’un effort pour la construction d’un espace public commun aux deux principales communautés du pays est nécessaire. Cela passe notamment par la création d’une circonscription électorale fédérale obligeant les principaux leaders politiques du Sud à rendre des comptes aux habitants du Nord et vice-versa. De même, un plan intensif d’apprentissage des langues nationales est nécessaire, pour que chaque habitant de ce pays soit capable de comprendre la langue de l’autre grande communauté et qu’un dialogue soit de ce fait possible ailleurs que dans les seules institutions fédérales. Ce fédéralisme d’union suppose aussi le maintien d’une solidarité entre les personnes organisée au niveau de l’Etat fédéral et non au niveau des entités fédérées ou encore l’organisation de la fiscalité au niveau fédéral (en attendant que cette compétence soit confiée à l’Union européenne) pour éviter la concurrence et le dumping fiscal entre les composantes. C’est, de loin, cette première solution qui a ma préférence — et je pense celle d’une grande majorité de francophones dans ce pays. La valeur ajoutée de la Belgique est en effet considérable, quoiqu’on ne s’en rende pas toujours bien compte. Je pense en particulier que vivre dans un pays culturellement si diversifié que l’est la Belgique est une richesse extrêmement précieuse que nous avons mille fois intérêt à préserver.

La seconde option consiste à acter un séparatisme flamand plus ou moins larvé, devenu le cas échéant majoritaire, et à chercher une voie de sortie pour Bruxelles et pour la Wallonie. Le rattachement à un grand pays voisin devra être envisagé en raison de la taille critique probablement insuffisante du résidu belge dans lequel nous nous retrouverions. C’est la position, cohérente et il faut bien le dire réaliste, du Rassemblement Wallonie-France (RWF) qui propose de rattacher la Wallonie et Bruxelles à la France (j’ajouterais quant à moi qu’il serait bon et utile d’examiner également l’éventualité d’un rattachement à l’Allemagne, dont la culture publique est beaucoup plus proche de la nôtre que ne l’est la culture centralisatrice française).

En tout état de cause, le conféralisme mis aujourd’hui à l’ordre du jour par les vainqueurs des élections en Flandre tout comme le maintien dans un fédéralisme de confrontation tel que nous le vivons aujourd’hui sont de mauvaises solutions, qu’il faudrait autant que possible éviter. Je précise que je considère qu’on sera entré dans le confédéralisme dès lors que les principaux outils de solidarité constituant la sécurité sociale (assurance-chômage, financement des soins de santé, pensions,...) seront séparés. C’est malheureusement ce que les citoyens flamands semblent souhaiter majoritairement. C’est en tout cas la solution que les électeurs ont plébiscitée en votant très majoritairement pour des partis séparatistes ou confédéralistes. L’on saurait difficilement aller contre cette volonté populaire si elle s’exprime aussi nettement à plusieurs reprises.

Bien sûr, les francophones disposent en principe de garanties constitutionnelles suffisantes pour bloquer toute évolution institutionnelle du pays. Il semble cependant que le temps est venu de se demander si cette approche est bien raisonnable. La Flandre n’en finit pas en effet de s’enfoncer dans un vote de droite, de droite extrême et d’extrême-droite dont les scores atteignent des niveaux que très peu d’Etats démocratiques ont dû connaître au cours des dernières décennies. Cette situation est détestable, elle ne fait pas justice à cette Flandre ouverte, créative, solidaire qui continue pourtant à exister dans bien des endroits. Elle ne fait pas non plus honneur à ce territoire qui est l’un des plus prospères du monde — de toute évidence la richesse rend égoïste. Cette montée de la droite, de l’individualisme et même de la haine semble directement liée aux revendications identitaires et nationalistes flamandes. Il faut bien constater que l’on n’y peut plus grand-chose, nous les francophones. La Flandre s’est trouvé un bouc émissaire — les francophones — et ce ne sont pas protestations désespérées de ce dernier qui vont y changer quoi que ce soit.

Que les choses soient bien claires : je suis pourtant convaincu que la Flandre a beaucoup à perdre dans cette mauvaise histoire. Plus fort encore, il n’est pas du tout certain que le séparatisme ou le confédéralisme fassent réellement partie des préoccupations majeures des citoyens flamands ni même qu’on puisse trouver une majorité en Flandre pour soutenir la scission du pays. Mais il ne suffit pas de d’affirmer ou même de constater ce genre d’éléments pour stopper la machine. Il y a un emballement, de toute évidence, une sorte d’auto-entrainement du processus revendicatif, une surenchère sur la posture de l’extrême-droite aussi. Le jeu politique pousse rarement en effet à la modération, à la pondération ; il privilégie au contraire les grandes gueules et les petites phrases, il s’inscrit très largement dans un temps court qui ne facilité pas les coups d’oeil dans le rétroviseur et a fortiori la réflexivité. À cette pusilanimité des candidats et mandataires répond celle du corps électoral. Le vote est bien souvent un acte très bête, qui répond à des moteurs fort superficiels (pourquoi collerait-on des affiches électorales, sinon ?). C’est le cas en Flandre comme ailleurs. Au final, bien que ce ne soit sans doute pas son intérêt, bien que cette position ne soit défendue que par une minorité dans sa population, la Flandre se dirige à marche forcée vers la destruction de la Belgique.

Est-il possible d’arrêter cette machine ? Cela me semble difficile. Je doute fort qu’il soit possible de repartir de zéro, en proposant aux Flamands une sorte de « pacte » pour remettre à plat le fonctionnement de notre vie commune, relancer la machine, aller de nouveau de l’avant. Non pas que dans l’absolu cette idée me semble absurde ; simplement que le langage dans la politique a été par trop déprécié, abîmé, malmené pour qu’une solution purement langagière de ce type ait une chance de fonctionner. En particulier, la thématique du contrat est à présent totalement galvaudée. Les mots sont importants, ils sont aussi précieux et fragiles, quand on les a abîmés, ils ne peuvent plus servir. Cette importance du langage est d’ailleurs la principale leçon que nous enseigne l’observation de la Belgique et de son histoire. Peut-être devrions-nous envisager de promouvoir un linguiste au poste de « Premier », tant que cette fonction existe. Il nous aiderait peut-être à utiliser de nouveau les mots et les langues d’une façon intelligente, ce que nous ne semblons plus capables de faire.

En fait, la seule manière efficace de mettre fin au processus délétère auquel nous assistons serait d’envoyer le Vlaams Belang au gouvernement : placer Filip Dewinter au 16, le laisser gouverner deux ans, et tout faire pour que cette expérience soit un échec total, lui casser les reins, démontrer son incapacité à améliorer en aucune manière la situation de ses électeurs. Le Belang connaîtrait sans doute alors un destin proche de celui du FPÖ autrichien de Jorg Haider. On peut espérer qu’une série d’illusions se dissiperaient et que les 20 % de flamands qui choisissent la haine se rendraient compte que cela se solutionne rien. Ce scénario hautement risqué n’est cependant pas sérieusement envisageable pour d’évidentes raisons symboliques et pragmatiques.

Je considère par conséquent — et l’échec retentissant du cartel SP.a-Spirit ce dimanche semble hautement significatif à cet égard — qu’il est désormais fort probable que la Belgique soit terminée, si je puis dire. Si je le regrette, si je trouve que ce résultat est d’une bêtise affolante, je préfère affronter lucidement la réalité plutôt que de la nier.

Le seul objectif des francophones doit par conséquent désormais être de négocier les conditions d’une séparation dans des termes qui n’hypothéqueront pas trop gravement leur avenir, en commençant par affirmer une solidarité sans failles en tre Bruxelles et la Wallonie. Autrement dit, il s’agit maintenant de faire payer le plus cher possible aux Flamands le choix qu’ils ont fait — éventuellement malgré eux — de cette haine qui a nom nationalisme. Cela implique dans un premier le refus strict de toute réforme institutionnelle. Désormais, il s’agit de donner le choix à la Flandre entre d’une part la construction d’un nouveau fédéralisme passant par la renationalisation d’une série de compétences et d’autre part la scission du pays, à leurs frais. Toute solution intermédiaire doit être refusée de façon catégorique. Aucun accord ne doit être signé tant que tout ne sera pas bouclé. Selon la formule consacrée, « quand il n’y a pas d’accord sur tout, il n’y a d’accord sur rien. »

Je pense en particulier que les points suivants doivent être considérés comme inconditionnels, « onbespreekbaar », et être coulés dans le bronze du traité de scission.

— L’élargissement de Bruxelles à toutes les communes à facilités et retour de Fourons à la Wallonie, en échange du maintien d’un régime linguistique ouvert sur tout le territoire du nouvel Etat bruxello-wallon qui sera officiellement quadrilingue français-néerlandais-allemand-anglais ;

— Le placement sous un régime de cogestion des principales voies de communication reliant Bruxelles à la Wallonie et situées en territoire flamand (autoroutes et lignes de chemin de fer) ainsi que de l’aéroport de Zaventem ;

— Le partage de la dette publique belge sur base de la capacité contributive des deux entités nouvellement crées ;

— La garantie de l’accès à la mer, ce qui implique notamment l’élimination des goulets d’étranglement sur le canal Albert.

Je répète que tout cela est très bête et très regrettable. Il est malheureusement temps de cesser de gémir et d’organiser l’avenir, en proposant aux Flamands un avenir commun s’ils sont encore prêts à l’envisager, en l’organisant sans eux si tel est le choix qu’exprime le vote de ceux qui sont encore nos concitoyens.

Illustration : Johan Vande Lanotte, président des socialistes flamands, a démissionné ce lundi 11 juin à la suite de la très cuisante défaite connue par son parti. Il était le dernier défenseur de poids du fédéralisme du côté néerlandophone du pays. Je dois avouer que j’espérais, notamment pour cette raison, qu’il serait le prochain premier ministre. Il n’en sera rien et je le regrette. Ce sont désormais Caroline Gennez — dont on ne sait pas grand chose du coté francophone — et Freya Van den Bossche qui ont la main. Est-il déplaisant de remarquer qu’entre Johan et Freya le SP.a risque ne de pas gagner au change ?

Une traduction néerlandaise de ce texte est disponible sur le blog de Luc Van Braekel, que je remercie au passage.

Notes

[1Les présidents respectifs de ces deux partis étant MM. Jo Vandeurzen et Bart De Wever. Sans parler des nouveaux gains du Vlaams Belang, malgré la perte d’un siège à la chambre, ni de l’apparition — fait unique en Europe — d’un second parti d’extrême-droite au nom de M. Dedecker qui obtient dès sa première participation à une élection cinq députés et un sénateur.

Messages

  • Salut,

    Comme toi, je pense qu’il serait bête de nier l’évidence...(sinon ils vont dépenser toute leurs énergies à chercher un machin à "gouverner" <- auquel seul qques élus comprendront qqch)

    Faut juste pas se faire entuber dans la négociation...Pour ce qui est de Bruxelles, personnellement, je chercherais à la rattacher à la wallonie (contre quoi...ha bah oui, la séparation) ; dans cette hypothèse, on oublie le rattachement à la France (je suis contre)...

    C’est clair qu’il y aura une traversée du désert, mais si on peut simplifier/clarifier le jeu, ça peut être bénéfique à moyen terme.

    Ha oui...et puis, faudra pas oublier de mettre des piques le long de la frontière linguistique pour d’ici une centaine d’année... ;p

    Bonne journée !

    • Je souscris pleinement à ton analyse François. Nous ne pouvons plus accepter de ne plus être gouvernés, c’est aussi simple que cela... La perte de temps et d’énergie autour de l’institutionnel a suffisement duré, il est temps maintenant de revenir à nos moutons et de bosser à la construction d’un avenir plus radieux pour les fils de la Belgiqe d’hier. Se préoccuper des vraies priorités débarrassées de ce poid monstrueux que fait peser l’administratif sur l’exécutif.

      Voir en ligne : http://www.bloggingthenews.info/blo...

    • Pour le ratachement à la France, je crois surtout que c’est la France qui n’est pas intéressée. On parle beaucoup de la dette française en ce moment, mais elle reste inférieure à la dette belge (par habitant, forcément que dans l’absolu la dette française est largement au dessus).

      Leterme veut régionnaliser à outrance, reste à voir la réaction des partenaires sociaux. Syndicats et patronnats sont pour une fois d’accord : régionnaliser l’emploi ou la sécurité sociale serait une grave erreur. Or la concertation sociale reste très importante en Belgique et je doute qu’un gouvernement puisse se permettre de se mettre à dos les partenaires sociaux.

      Admettons maintenant que la Flandre l’emporte et instaure un confédéralisme voir une séparation du pays, qui sera le prochain sur la liste ? Le Limbourg qui est la province la plus pauvre de Flandre ? On pourrait revenir à un système de cité état aussi, comme à la bonne époque de l’antiquité. C’était quand même cool comme système.

      Et l’Europe ? C’est sûr que dans une logique d’union et d’entraide entre nations, un pays gouverné par des nationnalistes purs jus qui laissent tomber leurs voisins économiquement en retard ça va bien passer (surtout auprès des pays de l’est souvent plus pauvre que la Wallonie ou même l’Espagne, Portugal, Irlande et Grèce).

    • Merci pour ce commentaire plein d’à-propos.

      Pour le ratachement à la France, je crois surtout que c’est la France qui n’est pas intéressée.

      Elle le sera. Une petite resucée d’expantionnisme, ça va griser du monde.

      On parle beaucoup de la dette française en ce moment, mais elle reste inférieure à la dette belge (par habitant, forcément que dans l’absolu la dette française est largement au dessus).

      Pas tant que ça, en fait. Et, de toute façon, en valeur absolue, ça ne représente pas grand-chose pour la France. Ce ne sera pas décisif, d’autant plus que le dette française croît alors que la dette belge diminue.

      Je crois que la principale difficulté se trouvera au niveau de Bruxelles, que la France intègrera bien sûr sans la moindre hésitation, mais qui perdra du même coup tout son attrait pour les institutions internationales (mais cette perte du rôle international de Bruxelles sera sans doute de toute façon inévitable si la Belgique est scindée). Je crois qu’on doit clairement intégrer cela : couper la Belgique implique le déménégament à moyen terme des institutions européennes vers l’Est

      À moins, peut-être, de créer un « Brussels DC », mais cette solution n’est pas acceptable à mes yeux.

      Leterme veut régionnaliser à outrance, reste à voir la réaction des partenaires sociaux. Syndicats et patronnats sont pour une fois d’accord : régionnaliser l’emploi ou la sécurité sociale serait une grave erreur. Or la concertation sociale reste très importante en Belgique et je doute qu’un gouvernement puisse se permettre de se mettre à dos les partenaires sociaux.

      Oui, cette remarque est très judicieuse.

      Admettons maintenant que la Flandre l’emporte et instaure un confédéralisme voir une séparation du pays, qui sera le prochain sur la liste ? Le Limbourg qui est la province la plus pauvre de Flandre ? On pourrait revenir à un système de cité état aussi, comme à la bonne époque de l’antiquité. C’était quand même cool comme système.

      Hé, hé. C’est exactement ça. La nationalisme est peut-être le truc l’idée politique la plus con qu’on puisse imaginer.

      Et l’Europe ? C’est sûr que dans une logique d’union et d’entraide entre nations, un pays gouverné par des nationnalistes purs jus qui laissent tomber leurs voisins économiquement en retard ça va bien passer (surtout auprès des pays de l’est souvent plus pauvre que la Wallonie ou même l’Espagne, Portugal, Irlande et Grèce).

      De fait. Sans parler des états unitaires qui craquent de partout (France, Espagne) et qui ne veulent pas donner des idées aux indépendantistes catalans, bretons, basques ou corses.

      François

  • Une région Wallonie-Bruxelles autonome, c’est jouable.

    Avec Reynders on pourrait même devenir un paradis fiscal comme le petit Luxembourg... (2ème degré !quoique...)

    Mais le rattachement à la France de Sarkozy, CA JAMAIS !!

    Chantal

  • J’adhère globalement à ton texte. Dans la logique qui me semble y prévaloir, je trouve cependant que ton préalable "inclusion des communes à facilité" serait léger, léger. Les facilités sont un héritage déjà ancien et les flamands n’en veulent plus, ils n’en n’ont jamais voulu, ce qui nous a amené à les considérer comme un but en soi. Ce n’est pas le cas. Le but est et était que la vie des gens soit possible dans leur langue sur le plan légal, dans une perspective de fédéralisme d’union. La concession flamande des facilités correspondait à la concession francophone de la limitation arbitraire de Bruxelles à son (sous)-statut de Villeke-Région bilingue. Les questions de richesse, de développement économique, de capacité contributive n’ont pas été prises en compte.

    Si on parle scission, ceci n’a donc plus la moindre valeur. Ce ne sont pas les communes à facilité qui doivent être dans la balance mais bien l’arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvoorde. Ce n’est pas pour rien que les flamingants en ont fait leur cheval de bataille : cet arrondissement est un des deux derniers chevaux de Troie francophones dans le projet flamand d’autonomie. Une fois les communes périphériques entièrement rattachées au Collège électoral flamand, il ne resterait plus que les 19 Communes de Bruxelles où la suprématie du flamand serait réduite. D’où le souci de Leterme d’en faire un district européen : tant qu’à y être minoritatires, que ce ne soit pas sous la coupe de francophones revanchards. Le mobile est limpide.

    Au fait, dans un scénario de scission, ce seraient même les trois Brabant qu’il faudrait réunir sous une bannière régionale unique. De Aalst à Wavre en van Leuven tot Nivelles : une région. La gestion des infrastructures et des flux divers serait ainsi raisonnablement dans les mains de ceux qui vivent dans cette région. Et elle aurait ainsi une "frontière" avec la Wallonie qui ne ressemblerait pas à un canal de Suez ou un Swaziland... Cette dernière option aurait d’ailleurs l’avantage de montrer aux régionalistes de tout poil qu’à vouloir gérer "petit" ils pourraient perdre beaucoup, économiquement parlant. Mais je m’égare et ce scénario ne me passionne guère. Je laisserai aux gens du FDF le soin d’élaborer les positions pointues nécessaires :-)

    Ce qui me semble passéiste, c’est ta vision du rattachement à la France. La fin de la Belgique ne serait-elle pas plutôt l’occasion d’enfin planter la graine de la Fédération Démocratique Européenne ? Soyons créatifs, que diable :-) Enfin l’Europe des Régions et Départements/Provinces, hors du cadre national(iste), sur la base du modèle construit avec les flamands, avec une sécurité sociale maintenue mais financée intelligemment et dans le respect des capacités contributives de chacun... Cette FDE aurait la capacité fiscale et le devoir de redistribution. Surtout, elle serait ouverte à toute région qui souhaiterait y adhérer, limitrophe ou non. Elle aurait des institutions ouvertes sur base d’une constitution qui en serait une : des règles de base qui définissent et garantissent un fonctionnement démocratique ET des modalités d’adhésion qui permettent que les candidats ne soient pas soumis aux actuels arbitrages de boutiquiers. Imaginons ! Rien que l’idée d’un gouvernement de Fédération démocratiquement élu justifierait qu’on se passionne pour cette piste, non ? Et tout qui adhèrerait à cette Constitution pourrait s’établir librement sur le territoire. Et tout qui naîtrait sur ce territoire devrait adhérer à cette Constitution ou serait expulsé vers la Flandre :-) Un droit du travail unique. Des syndicats fédéraux... Que sais-je...

    Tout ça, c’est du rêve : la Belgique est à droite et l’ère qui s’ouvre est celle du chacun pour soi... Mais si au moins on essayait de proposer quelque chose de différent à nos concitoyens ?

    Voir en ligne : LapSuske

    • Il y a deux "états" dans le monde dont la capitale n’est pas sur leur territoire : Israël et la Flandre et dans les deux cas cela symbolise et crée des conflits.

      La solution raisonnable est la même dans les deux cas : échanger des territoires contre la reconnaissanc, c’est-à- dire Evacuer les territoires occupés palestiniens et jerusalem ; laisser les communes à facilités choisir leur état, d’une part et de l’autre reconnaître une pleine et complète indépendance à la Flandre et une reconnaissance d’Israël dans ses frontières de 1948.

      Mais les solutions raisonnables sont-elles possibles face aux nationalismes outranciers flamands et israéliens ? That is the question.

    • Salut Suske,

      Sur la scission en trois, nous ne serons pas d’accord. La solidarité entre la Wallonie et Bruxelles me semble essentielle. Le régionalisme bruxellois tel qu’il s’exprime par exemple dans l’appel « Nous existons » rompt cette solidarité, ce que je ne peux accepter pour des raisons que j’ai détaillées récemment (je serais d’ailleurs heureux de savoir ce que tu en penses).

      Dès lors, il n’y a pas de raison que la partie flamande du Brabant flamand ne fasse pas partie de la Flandre. Restent les 100.000 francophones de Flandre et la survie financière de Bruxelles dans un scénario de scission. L’intégration des communes à facilité dans la RB me semble un compromis satisfaisant à cet égard (idéalement, il serait préférable d’aller un peu au-delà). En cas de scission, ce devra être « onbespreekbaar ». Si par contre, on choisit de recréer un fédéralisme d’union, qu’on garantir l’avenir de tous, qu’on finance correctement Bruxelles, je suis personnellement disposé à avoir une position beaucoup plus conciliante.

      Tout cela est absurde, triste à pleurer, bien sûr. Comment les Belges ne comprennent-ils pas que leurs mélanges leur sont bien plus profitables que des divisions qui seront toujours imparfaites et génératrices de souffrances parfaitement évitables. L’histoire de l’humanité est ainsi faite : ça commence toujours à déconner quand on décide de mettre des frontières ici ou là.

      Enfin, sur l’Europe des régions, je ne suis pas super chaud — même si ouvert aux idées — pour une raison très simple : à tout pouvoir il faut des contre-pouvoirs. Si on éclate l’Europe en une centaine d’entités fédérées, le pouvoir central deviendra mécaniquement ingérable. Il faut des structures intermédiaires. Sur l’élargissement sans fin, je ne suis pas d’accord non plus. Je trouve que l’élargissement à l’Est a miné, peut-être définitivement, la possibilité de construire une Europe sociale. Ne compliquons pas encore les choses.

      Mais proposons, oui, proposons quelque chose de différent.

    • Si on éclate l’Europe en une centaine d’entités fédérées, le pouvoir central deviendra mécaniquement ingérable

      Sauf, si la communication au sein de ces entités fédérée est plus efficace...?

      Je propose, hein, j’ai du mal à penser à autre chose... :p

      @Suske : l’imagination au pouvoir ! :)

    • Hello,

      Sur le "pas de division en 3", je ne dirais pas qu’on n’est pas d’accord : mon idée est simplement que partir de composantes plus réduites rassemblées par la solidarité est OK. A priori, je voyais plutôt une sorte de "provincialisation" en parlant de "régionalisation". Et une structure "faitière" qui s’occupe de fiscalité, droits sociaux et redistribution. Un modèle ancien belge, quoi.

      Les structures intermédiaires seraient-elles nécessaires ? C’est à voir : il y a là une bonne place à prendre aussi pour des fédérations syndicales, d’employeurs, environnementales et sociétales, par exemple. Un niveau de concertation un somme. Et puis des coopérations entre "provinces" ?

      Pour le reste et en bref, je précise que je ne pensais pas tant à un élargissement sans fin (je trouve aussi que 27 c’est trop, trop vite en tout cas). Non, je voulais dire "ouverture" des frontières aux gens qui le veulent : une sorte d’inversion du "On ne peut pas accueillir toute la misère du monde".

      En définitive, le fondement de la crainte francophone du séparatisme, n’est-ce pas l’idée qu’on ne peut supporter le dumping social et fiscal ? Ce débat me semble bel et bien basé sur des questions idéologiques et non communautaires, stricto sensu. La communauté française-WB de Belgique a une sorte d’image "conservatrice" en matière sociale qui fâcherait bien les 3/4 de l’Europe, pas seulement la Flandre. Cela doit être pour ça que j’aime bien ce pays :-)

      Pour conclure, je n’ai aucun amour pour les scénarios "fin de Belgique" et je ne suis pas convaincu qu’elle est si proche que ça cette fin... Je prédirais bien que l’avancée régionaliste ne se passera pas forcément cette fois-ci : CDV-VLD-MR-CDH vont prendre pour tout le pays les mesures (libérales) préconisées en Flandre . Le demande de régionalisation sera donc moins forte... Cfr la "disparition" de l’exigence de régionalisation des soins de santé. Pour le reste, les compromis à la belge fonctionneront encore bien une fois ou deux, amha.

      J’irai lire ton billet sur le manifeste bruxellois.

  • (j’écris depuis Paris)

    Je ne savais pas que les choses en étaient là. Je savais bien que les deux belgiques ne s’appréciaient guère, mais pas au poitn d’envisager sérieusement la scission...

    Pour ce qui est du rattachement à la France, la France l’accepterait probablement à une écrasante majorité, surtout si c’est la Flandre qui en est à l’origine. A la récupération d’un bout du premier Empire s’ajouterait le beau rôle du grand frère accueillant : voilà qui flatterait notre orgueil.

    De plus, la dette française aura bien enflé d’ici là vu ce qui se prépare ici, et la Belgique est plus riche que la France question PIB/habitant...

    Par contre, je crains que la Wallonie ne perde beaucoup dans l’affaire, à moins d’une réforme institutionnelle majeure de la France. Ici l’etat central est tout, et le régime est si verrouillé que 45% de voix donnent une assemblée quasiment monochrome. La Wallonie risque fort d’être avalée et complètement inféodée, comme l’ont été historiquement tous les territoires du pays.

    La décentralisation n’est bien souvent ici qu’un prétexte au désengagement de l’etat vis à vis de l’intervention sociale. Le fédéralisme n’est défendu que par un ou deux groupuscules et le régionalisme considéré comme folklore et héritage archaïque.

    Voir en ligne : fredbird.org

  • Ik wil toch een interne logische fout aanwijzen tussen de tekst en de titel. Gesteld dat er ’haat’ is (waar ik niet geheel van overtuigd ben) en je wil die eerlijk vermijden, dan is de houding die je de Franstaligen voorschrijft (namelijk een totale obstructiepolitiek) niet de beste manier. Ik denk dus dat een eerlijkere titel was geweest : "Laisser la Flandre s’en aller, en profitant de la haine"

    • I denk ook dat er geen haat is (behalve misschien voor de VB ?)...En ik kan begrijpen dat jullie zoeken voor meer doeltreffendheid...En zo moeten we doen...

      Excuseer mijn slechte nederlands maar er is ook en taal probleem, de attractie va Frankrijk en van de Engelse imperium zijn te sterk...

    • Je vous rassure que ma connaisance de la langue Française n’est pas vraiment top non plus. Alors je peux apprecier l’effort que cela prends.

      En deuxieme lecture du texte original je ne suis pas non plus d’accord avec l’utilisation du mot egoisme. Sachant qu’au jourd’hui la Flandre finance l’etat Belge (et continue a le faire) l’egoisme n’est pas le terme just à utiliser.

      Par example la Flandre exige les moyens d’agir sur l’emploi elle meme parce qu’elle sait que rien faire, en vue d’une globalisation instoppable, est suicidaire. Mais au meme temps qu’on sent cette urgence d’agir on n’as pas confiance que la politique francophone est prêt a le faire. Malgre les gros mots d’Elio Di Rupo et autres d’une renaissance de la Wallonie, les faits sur le terrain sont incontournables :

      Il y a >15% de chomage en Bruxelle (francophone), a Charleroi, La Louviere, etc... au meme temps qu’il y a des Polonais (en non seulement ’en noir’) et meme des Francais qui viennent travailler dans les societes en Flandre qui on un manque enorme de main d’ouvre. Et cela malgre des barrieres linguistique et geographiques bien plus importantes.

      C’est un constat permanante des dernieres années. D’accord : la lourde industrie est partie et cela a fait plus de mal au Sud. Mais quand meme : ca fait maintenant 20-30 ans au moins et rien n’as bouger encore. Pire, les choses qui ont bougé, ont bougé dans le sens negatif.

      Face a cette statetisme dans le Sud, la Flandre ne voit qu’un seul moyen pour continuer a defendre la position competitive Belge(!) : agir seul.

  • Tiens, zou het niet kunnen dat die Vlaamse "haat" iets te maken heeft met het respect dat de Francofonen voor haar grondgebied opbrengen ?

    Hint : het zijn diegenen die voor meer "Lebensraum" ijveren die de neonazis zijn.

    • Is dat een toespeling op de aanvraag voor een verbreding van het Brussels Gewest ? Het was niet duidelijk. Zo ja, zou ik over dit onderwerp twee punten verduidelijken :

      1. Het Brussels Gewest is, op instutioneel en cultureel niveau, een tweetalig gewest, en niet het grondeigendom van de nederlandstaligen of de franstaligen. Het doel (van een verbreding van het Brussels Gewest) is natuurlijk niet het Vlaamse grondbebied "binnen te dringen" of te verminderen, maar wel de situatie van alle Brusselaars te verbeteren, in het bijzonder op de vlakken van financieel zelfbestuur, het oplossen van de problemen van de gemeenten met taalfaciliteiten en van de vertegenwoordiging van de Vlamingen in Brussels (als François heeft uitgelegt hier )

      2. Bovendien kwam deze aanvraag alleen maar als reactie op de Vlaamse eis van splitsing van BHV... In het algemeen vinden de franstaligen dat deze institutionele eisen geen huidige prioriteit zijn.

      Hartelijke groeten,

      Pierre

    • Ik zie geen "vlaamse haat" in de tekst. In de title gaat het over "haat te vermijden". Wees gerust, geen enkel gewest of gemeenschap heeft het monopolie van "haat" noch van respect :-)

      Ne soyez donc pas si susceptible et/ou aggressif.

    • ’Het doel is natuurlijk niet het Vlaamse grondgebied binnen te dringen.’ Misschien niet, maar het effect in de praktijk is hetzelfde. Allicht is dat van geen belang. We zijn de kloof tussen rhetoriek en praktijk gewoon.
      ’Het doel is de situatie van de Brusselaars te verbeteren.’ Heel mooi, en daarvoor moet het territorium van een andere culturele entiteit dan maar in beslag genomen worden. Typisch Brussels : de rest van het land is er om Brussel tot nut te strekken.

    • Vervolg op canevapanon.

      1.Het Brussels Hoofdstedelijk Gewest situeert zich heel duidelijk ten Noorden van de Taalgrens, haar grondgebied werd door een bijzondere meerderheidswet onttrokken van het grondgebied dat nu de Provincie Vlaams Brabant heet. Vlaams Brabant behoort tot het Vlaams Gewest. Het grondgebied behoort niet alleen historisch maar impliciet door zijn ligging ten Noorden van de taalgrens & onttrekking van de provincie Vlaams Brabant tot het Vlaams Gewest.

      2. De uitbreiding van het BHG was geen aanvraag maar een eis, een zeer oude eis inmiddels die springlevend is geworden door het probleem BHV. De Franstaligen denken misschien dat deze institutionele eisen geen prioriteit zijn, dan zullen ze er wellicht ook niet van wakker liggen dat er reeds een oplossing vereist was voor BHV binnen de vorige legislatuur. Betekent dat de volgende verkiezingen in BHV en wellicht ook die afgelopen verkiezingen van 10 Juni de facto ongrondwettelijk zijn. Als dat voor de Franstaligen geen institutionele prioriteit is kunnen we zeker niet meer ’samenleven’...of eerder naast elkaar leven in hetzelfde institutionele cordon.

      Mijn excuses dat ik enkel in het Nederlands post, normaal heb ik de beleefdheid mijn best in het Frans te doen maar ik heb er spijtig genoeg geen tijd voor wegens examens.

    • L’élargissement de la Région Bruxelloise n’est pas une proposition constructive. Elle cadre il me semble avant tout dans une vision du PS et du MR d’une Communauté Française de Belgique plus grande et plus forte au détriment de la Communauté Flamande. Elle cadre d’abord dans un élargissement d’une Région Bruxelloise - de plus en plus francophone et de moins en moins bilingue FR/NL - au détriment de la Région Flamande. Elle cadre dans l’idée de construire une grande région Wallo-Brux francophone. Et il semble que la construction BHV et les facilités linguistiques cadre dans ce jeux là : une colonisation linguistique du Brabant Flamand et une politique annexionniste en faveur de la Communauté Française de Belgique. Tout ça pendant que Bruxelles, officiellement capitale bilingue de la Belgique, se francophonise au galop et votera bientôt à 99% francophone.

      Voir en ligne : Nouveau ! =>Vlaams-Socialistische Beweging

  • Il s’agit là d’une analyse on ne peut plus pertinente que l’on peut tirer de ce scrutin fédéral.
    Quant à moi, je ne serais pas aussi pessimiste et surtout moins catégorique : si les Wallons font preuve d’inventivité, d’audace et se sentent prêts à consentir quelques sacrifices — je pense tout particulièrement à privilégier le Néerlandais plutôt que l’Anglais comme première langue étrangère — il n’est pas dit que l’issue sera inéluctablement le « splitsing »...

  • Bonjour,

    j’aime bien la politique fiction.
    Allonzy.

    Oui la Belgique est morte. Par provocation, je date ça symboliquement du démantèlement de Belgique SA après le fameux raid de Carlo De Benedetti à la fin des années ’80.
    Et la Belgique ressemble aujourd’hui à Mr Valdemar (E. A. Poe) juste avant son fatal réveil.

    Mais ton exercice ne tient pas la route si tu ne l’inscris pas dans des développements plausibles.

    1/ la Flandre ne lâchera JAMAIS Bruxelles, même contre l’indépendance. La raison en économiquement évidente. Elle en est tellement consciente, que ses investissements immobiliers dans Bxl ont connu un accroissement considérable ces très récentes dernières années.

    2/ le problème n’est pas de savoir si la France (ou l’Allemagne) acceptera des nouveaux bretons, basques ou corses à son nord-est, mais de se rendre compte que JAMAIS la population n’acceptera cela comme issue d’une solution séparatiste. Tu m’excuseras, mais c’est une idée — je dis cela avec à peine d’humour — qui ne peut effleurer l’esprit que d’un Liégeois. Tu connais mal les Bruxellois et encore moins les Wallons.

    Car une négociation de cette ampleur ne peut se faire de façon technocratique : il suppose un mandat fort du peuple aux forces en présence autour de la table.

    La dette n’est pas un problème. Voir du côté des études du Plan, je crois, sur la structure de la dette ... et surtout ... sur qui est le créancier :-)

    Il n’y a pas d’incompatibilité de principe entre l’autonomie d’un micro-état et sa taille.

    Et donc il y a un vrai noeud.

    Pour le dénouer, il faut manifestement repasser par une case de reconnaissance de l’autre, si méconnu aujourd’hui. Cela ne passe PAS par une bilinguisation à marche forcée (entreprise coloniale d’aculturation historiquement avérée et documentée).

    Si l’on commençait par une presse francophone qui rende compte de ce qui se passe en Flandre de la même manière, en lui accordant autant de place, sur le même ton, que ce qu’elle fait à l’égard du monde Fr. (et vice-versa)

    Si l’on favorisait des échanges scolaires entre Fr et Nl, avec un vrai programme Erasmus intraB.

    Et si la CFWB donnait à diriger quelques institutions culturelles en W à des flamands et vice-versa.

    Rien que cela peut produire des effets assez (d)étonnants.

    Sur le bilinguisme d’ailleurs, je trouve (le sommet est atteint avec le Manifesto) que le fantasme linguistique est à son comble. Notamment en ce qui concerne Bxl.

    Et on survalorise cette question. Pour des raisons politiques qui sont le fait exactement de ceux dont on dénonce le nationalisme régional larvé (enfin, c’est déjà plus une larve, à ce stade).

    Allez, sur ce thème je pose une question : Pourquoi, quand on dit qu’il y a 30% d’étrangers à bruxelles (26 si l’on voulait être exact), TOUJOURS pour conclure : quand on dit qu’il n’y a que 10 ou 15% de Nl à bruxelles, cela ne veut pas dire qu’il y a 85 ou 90% de francophones, on oublie de dire que plus d’un tiers des étrangers sont des français (francophones de naissance) ou des marocains (le Maroc, pays bilingue arabe-français - où le français est aussi une langue vernaculaire, usuelle
    « La situation sociolinguistique du Maroc est complexe. Plusieurs langues de statut inégal (berbère, arabe, français, espagnol, anglais) s’y concurrencent et s’y interpénètrent. Mais la langue française continue de jouer un rôle de communication important dans ce contexte plurilingue. Une première partie de l’ouvrage, qui retrace l’historique de l’implantation de la langue au Maroc et analyse les principales caractéristiques fonctionnelles de sa situation actuelle, permet d’éclairer l’inventaire de ses particularités lexicales, qui constitue le trait le plus saillant de ce français endogène en émergence ». (présentation de l’éditeur) auteurs : Fouzia Benzakour, Driss Gaadi et Ambroise Queffélec

    Et donc ce n’est pas forcer le trait que d’assimiler les Marocains en Belgique à des francophones.

    Soit français + marocains = 38% des étrangers (non-belges) à Bruxelles.

    Et je ne parle pas des ressortissants de tous les pays se revendiquant de la francophonie (soit 55 nations quand même).

    On surestime (du point de vue économique et du point de vue culturel) la question du bilinguisme.

    Enfin, il faut quand même bien admettre que nous (francophones) ne réfléchirions pas tout à fait de la même manière à la question si Bruxelles et la Wallonie se portait économiquement et socialement un peu mieux.

    On en revient à la question politique : celle du rapport de force (forme brute du dissensus).
    Nous n’avons actuellement qu’une arme : le non à la Flandre.
    Je ne vois pas aujourd’hui de solution institutionnelle lourde viable et négociable, tant que Bxl et la Wallonie n’iront pas socio-économiquement mieux.

    Ceci dit, même dans ce cas, la question bruxelloise est un vrai vrai vrai noeud.

    a+

  • Défavorisé au départ par beaucoup d’a priori, le rattachement a l’Allemagne n’est peut être pas une mauvaise idée. Si un quelconque rattachement est nécessaire. Après tout la Slovaquie se débrouille pas mal sans la Tchéquie.

    • D’accord Jiske ce n’est pas facile de s’exprimer dans la langue maternelle majoritaire en europe. J’ai commencé à l’étudier cette année sans beaucoup d’espoir vu mon age... Avec 30 ans de recul je regrette que l’on m’ait fait choisir le neerlandais 3éme langue dont je n’ai jamais eu besoin plutôt que l’allemand. Bien sur tout le monde se débrouille en anglais mais je trouve dommage de ne voir l’allemagne qu’a travers la caricature qu’en font souvent les français. J’ai été par exemple très surpris de l’accueil chaleureux, l’esprit d’entraide a Cologne, par rapport a la froideur que me décrivent certains amis émigrés dans le sud de la France.

  • Cher monsieur, Vous oubliez certaines choses capitales. Surtout de tenir la Senne ouverte, les Flamands pourraient une fois la boucler et par ce fait noyer les Bruxellois.

  • De grote meerwaarde van Belgie is in zijn culturele verrijking ? Dat is toch complete nonsens. We lezen elkaars kranten niet, kennen elkaars artiesten en bekende (Vlamingen|Walen) niet en hebben door de band genomen helemaal geen contact meer. Sla een willekeurige krant open en tel het aantal kolommen dat besteed wordt aan nieuws van de andere gemeenschap.

    En wat je strategie betreft, ik denk dat die heel gemakkelijk in je gezicht kan opblazen. Stel dat er na 6 maand nog geen regering is en dat dit de economische belangen van Vlaanderen schaadt. Dan zou ik er zwaar op aandringen dat het Vlaams Parlement vergadert, deze toestand vaststelt en de onafhankelijkheid van Vlaanderen uitroept en zichzelf grondwetgevend verklaart.

    Wat Brussel betreft, ik denk dat je de emotionele waarde van Brussel voor de Vlamingen zwaar overschat. Voor de Vlaming die niet in Brussel woont is het een oord vol vreemdelingen, werklozen en criminaliteit dat men liever kwijt dan rijk is. De vorige generatie romantische flaminganten hing heel sterk aan Brussel als symbool. De huidige generatie is nog wel bereid Brussel bij Vlaanderen te laten aansluiten maar alleen op onze voorwaarden.

  • Pourquoi parler de rattacher un résidu de Belgique à la France ou à l’Allemagne ? La taille du résidu pourrait aussi intéresser nos voisins Luxembourgeois ...

    Quant à négocier serré et au prix fort, oui, bien sûr. Pourquoi brader ?

    • Dans la LLB du 19.08.07

      Bruxelles, la Wallonie et la Communauté germanophone, devenant une région à part entière, pourraient proposer au GD de Luxembourg de créer un état fédéral à quatre composantes.


      Laurent Lintermans, administrateur au Conseil de l’Europe ; membre du conseil d’administration de l’Union francophone des Belges de l’étranger

      Lire la suite

  • Pourquoi tu dit que le parti de Dedecker est un nouveau parti de extrème-droit. Je pense que c’est vraiment incroyable de croire. Le parti Dedecker n’est pas raciste comme le VB et n’a pas des programmes anti-migrant.

  • Bien que ça ne m’amuse pas du tout, et que, oui, j’aime encore la Belgique, je dois bien reconnaître qu’envisager la scission du pays n’est plus quelque chose de complètement déraisonnable. Malheureusement !

    Mais si la Flandre décidait de faire sécession, pourquoi cela signifierait-il la fin de la Belgique ? Les "provinces du Nord" veulent l’indépendance ? Tant mieux pour elles. Mais cela ne nous oblige pas forcément à enterrer la Belgique. L’ossature du pays (certes sérieusement amputé) pourrait rester identique : un drapeau noir-jaune-rouge, un roi, multilinguisme, concertation sociale, etc.

    Bien entendu, ça pourrait être l’occasion de s’interroger sur un réaménagement des structures institutionnelles : veut-on un Etat fédéral ? unitaire ? plus de pouvoirs aux provinces ?
    On pourrait aussi envisager de remplacer le roi des Belges par un président.

    Une autre donnée fondamentale, c’est que la Belgique ne devrait pas se profiler comme un Etat francophone. Au contraire, elle resterait un pays multilingue, avec le même statut pour le français, le néerlandais et l’allemand. Car n’oublions pas les Bruxellois néerlandophones et les Wallons germanophones !
    Dans cette "nouvelle Belgique", on pourrait aussi imaginer de donner une espèce de reconnaissance symbolique au wallon, ainsi qu’au luxembourgeois (dans la région d’Arlon et en Lorraine).

    Enfin, je regrette qu’il n’ait pas été possible de créer il y a un siècle ou deux un véritable Bénélux : un Etat fédéral comprenant la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas. Quoi qu’on en dise, nous partageons un substrat culturel commun. Et cela aurait permis d’éviter une confrontation, un face-à-face permanent entre Wallons et Flamands, qui n’auraient plus été que l’une des piède d’un puzzle bien plus grand.

  • La semaine dernière, à l’issue des élections belges, le Guardian a pondu un très intéressant article remettant en perspective la montée du nationalisme flamand dans le cadre européen, où l’on assiste de manière généralisée à une poussée autonomiste des régions riches d’Europe : Flandre, Catalogne, Lombardie, Bavière, etc.

    L’article est disponible en ligne à cette adresse

  • Lu dans le journal Le Soir :

    Un référendum, et hop ! , la Flandre devient basque ...

    ... Le professeur STORME conseille un putsch, maquillé de pseudo-démocratie. Il prescrit un référendum, limité à la seule Flandre ...

    A lire sur Vlaamseconservatieven

  • long et intéressant cet article

    vous trouverez une partie de ma réaction via la réponse à Erik, sur le forum du Soir

    Philippe Maystadt, ancien et compétent ministre des finances le disait déjà à l’époque : les flamands n’auront aucun intérêt dans quelques années (d’ici 10 ans max) à quitter le navire belge : les 2 plus gros indicateurs de la sécu (qu’ils veulent scinder) leur seront défavorables (pensions et santé) dans les années à venir

    à côté de ces poids lourds (2/3) de la sécu, le poste "chômage" qu’ils vilipendient parce qu’il y a + plus de chômeurs wallons que flamands, c’est et ce sera de la "gnognotte"...

    sur les pensions, vous comprendrez très vite pourquoi le fonds "argenté" (càd une réserve pour pouvoir faire face à l’explosion de ce secteur) a été exigé, créé et porté à bout de bras par Van de Lanotte et Van den Bossche (anciens ministres et poids lourds du spa)

    enfin, d’autres raisons vont faire réfléchir les flamands et sont d’ordre historique, planétaire et ... "ménager" : on voit rarement des entités riches et majoritaires vouloir se séparer de l’autre, mais l’inverse, càd les minorités et les plus pauvres (exemples : Québec, Slovaquie, toutes les républiques des ex-Yougoslavie et URSS, Tibet, Corse, Ecosse,... contre-exemples : l’Italie du Nord, la Belgique et... à la fois exemples et contre-exemples : Californie, Catalogne,...parce que minoritaires et plus riches que le restant du pays dont elles se verraient bien en dehors)

    Pour le motif "ménager", il est normal que c’est celui/celle qui veut quitter le "ménage" et qui en a le plus les moyens, qui doit cracher plus que l’autre au bassinet, et plus que proportionnellement encore bien...

  • Ce qui suit n’est pas une critique à l’encontre de nos voisins flamands du nord : c’est une lettre ouverte adressée à Monsieur Leterme. Au travers de cette lettre, c’est aussi le nationalisme flamingant qui est visé.

    Lettre ouverte à Monsieur Leterme

  • Beste François, ik heb uw tekst overgenomen op mijn blog samen met de vertaling. Ik vond het een rake beschrijving op voornoemde datum. Maar uw voorspelling is wat ongelukkig uitgedraaid.

    mvg

    Vlaamse WebRing