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Et voilà maintenant la « Jamaïquaine »

lundi 3 septembre 2007, par François Schreuer

L’Orange bleue ayant une très sale tendance à moisir avant même d’être mûre, voilà maintenant que certains commentateurs, soucieux sans doute de lui trouver un jardinnier, tentent de redonner du poil de la bête à l’hypothèse d’une participation des formations écologistes au prochain gouvernement. Une longue entrevue, vendredi, entre Jean-Michel Javaux, l’homme fort du parti vert francophone, et « l’explorateur » Van Rompuy, leur donne du grain à moudre. En pure perte, me semble-t-il, tant cette éventualité, si elle venait à se réaliser, serait stratégiquement suicidaire pour Ecolo. Il me semble d’ailleurs que beaucoup, dans ce parti, sont conscients des écueils rhédibitoires qui constellent le chemin vers une coalition « Jamaïquaine » (en témoigne la position diplomatique du bureau d’Ecolo de ce matin qui déclare avoir « un problème » avec la NVA, sachant bien que le CD&V ne lachera pas son allié séparatiste).

Cela dit, concédons qu’Ecolo n’a pas intérêt à refuser trop net, à la fois pour travailler son côté responsable (« on se préoccupe de l’avenir du pays, on y réfléchit sérieusement, on va prendre le temps de peser le pour et le contre ») et pour profiter de l’exposition médiatique que donne cette hypothèse de Jamaïquaine (c’est de bonne guerre). Mais tout ça va tourner court — ne serait-ce que parce que les piques du PS contre Ecolo vont se multiplier et obliger les Verts à prendre attitude — et c’est fort bien ainsi.

Il n’est cependant pas inutile de détailler les bonnes raisons qu’il y a pour Ecolo à rester dans l’opposition.

Ecolo a tout à perdre à participer à un gouvernement où il n’est pas numériquement indispensable. C’est la leçon numéro un des « participations » gouvernementales de 1999 : ne plus jamais s’engager dans un gouvernement sans y être indispensable dans les chiffres, sans que des députés verts ne dépende la majorité au parlement. L’erreur faite en 1999 quand Ecolo accepta de s’engager dans l’« Arc-en-ciel » lui fut chèrement facturée, ses partenaires se permettant une invraisemblable série de coups bas à cette cinquième roue de la charette dont ils auraient somme toute bien pu se passer mais à qui il s’agissait surtout de faire payer son score électoral trop important obtenu en 1999. Il en va de même ici, malgré la perspective — très virtuelle encore — d’une réforme de l’Etat.

Les « ministrables » actuels d’Ecolo sont peu crédibles. Deuxième leçon des « participations » de 1999 : malgré tout le dégoût que l’on peut avoir (à raison) chez les Verts pour l’hyperpersonnalisation du débat politique, il est indispensable, pour entamer une négociation, d’avoir quelques « ministrables » disposant d’une série de qualités : expérience, légitimité, solidité sur les dossiers, capacité de négociation, convictions suffisamment ancrées à gauche pour résister, etc. Si Ecolo dispose dans l’ensemble d’un personnel plutôt compétent, il n’est pas certain que des ministrables disposant de toutes ces qualités émergent si facilement en son sein. Le risque est clairement présent de reproduire la trop fameuse erreur de casting qui vit Isabelle Durant remplacer Jacky Morael en tant que chef de file au fédéral (à la suite d’un coup-bas qui restera dans l’histoire), mais aussi Nollet remplacer Durant à la Communauté français alors qu’il n’était prévu que comme directeur de cabinet. Qui sont dès lors aujourd’hui les ministrables probables d’Ecolo ? On sait que Jean-Marc Nollet piaffe d’impatience et fait tout pour s’imposer au sein d’Ecolo (avec un certain succès), mais ni le bilan de son mandat de ministre ni le très modéré programme socio-économique d’Ecolo dont il passe pour le principal auteur ne plaident en sa faveur. Marcel Cheron ou Christos Doulkeridis sont plus crédibles (quoique pas nécessairement plus à gauche) mais il n’est pas certain qu’ils seraient en mesure de s’imposer. Quant à l’inévitable quota féminin, j’espère qu’il ne nous vaudra pas le retour d’Isabelle Durant. Sans doute Muriel Gerkens est-elle la plus crédible parmi les personnalités disponibles.

Ecolo n’a aucun intérêt à dépecer l’Etat belge. Le programme des partis flamands est clair : dépecer l’Etat belge. Quel intérêt Ecolo peut-il avoir à participer à cette entreprise ? Aucun.

Les électeurs d’Ecolo ne veulent pas d’une alliance de droite. Tout occupés à « recentrer » leur profil, certains dirigeants d’Ecolo (heureusement minoritaires, pour autant que je puisse en juger) semblent oublier que le mandat qui leur a été donné par leurs électeurs ne leur permet tout simplement pas de rejoindre une alliance à ce point dominée par la droite. Pour y faire quoi, d’ailleurs ? Le programme d’Ecolo est en contradiction avec 90% de ce que disent les libéraux, en matière de fiscalité, de sécurité sociale, de politique d’emploi, etc

Ecolo n’est pas prêt à négocier. Soit les dirigeants d’Ecolo ont très très bien caché leur jeu, soit ils ont passé les derniers mois à tout sauf à préparer la négociation la plus ardue de l’histoire de la Belgique, chose qui ne s’improvise pas.

Ecolo a tout à perdre à laisser le PS seul dans l’opposition. Le PS, qui n’est pas né de la dernière pluie, est déjà en train de faire de la musculation. Face à une Orange bleue qui ne parvient pas à s’entendre, Di Rupo est véritablement assis dans un fauteuil et, après quelques coups de semonce donnés ces jours-ci, les upercuts ne vont tarder à pleuvoir sur la droite (qui ne mérite que ça). On se demande pour quelle raison Ecolo irait chercher les difficultés ? D’autant plus que si la cure d’opposition peut aussi accélérer la rénovation du PS (ce serait extrêmement heureux), à mettre le PS dans une position trop confortable, il est aussi possible qu’il finisse par se sentir exonéré d’évoluer, ce qui serait une très mauvaise nouvelle pour tout le monde, particulièrement en Wallonie.

Tout ça pour « sauver le climat » ? L’argument qu’Ecolo ne manquera pas d’avancer « au cas où » sera l’urgence climatique. Certes. Mais j’aimerais qu’on m’explique comment les mesures nécessaires à notre survie climatique seront compatibles avec le programme socio-économique de l’Orange bleue. Eviter le suicide collectif qui se produit actuellement demande d’abord que tout le monde prenne conscience de la gravité de la situation, ce qui est très loin d’être le cas (même chez Ecolo, soit dit en passant). Ce n’est pas parce que Didier Reynders a intégré le thème dans son discours qu’il se rend compte de ce qui est en train de se passer. Je pense que c’est un véritable changement de civilisation qu’il nous faut opérer, en banissant dans la décennie ou les vingt ans qui viennent l’essentiel de la combustion du pétrole dont nous dépendons aujourd’hui, en investissant massivement dans la production d’énergie propre, en investissant dans les transports en commun, etc mais aussi et surtout en rendant cette société plus égalitaire, car, comme le démontre le journaliste du Monde Hervé Kempf dans son livre Comment les riches détruisent la planète, la réduction de la consommation matérielle qu’il nous faut opérer ne sera possible qu’en s’attaquant d’abord à la sur-consommation démesurée des ultra-riches — ceux qui utilisent des jet privés —, qui sont justement ceux que les libéraux se sont donnés mission de protéger. Ecolo ne parviendra bien entendu pas à faire changer cela et gaspillera donc des cartouches et de la crédibilité.

En outre, je me demande s’il est bien opportun de la part d’Ecolo de se positionner comme le parti d’une seule cause, ce qui est le message implicite qui passe quand certains leaders Ecolo, Isabelle Durant en tête, se déclarent prêts — même si c’est seulement de la rhétorique, comme je le pense ou l’espère — à envisager une participation gouvernementale au nom de la cause climatique. Je veux dire que, malgré tout l’importance de la question, déclarer ce genre de choses revient à délaisser le terrain social, ce qui est à tout le moins une erreur tactique de la part d’Ecolo (les électeurs de gauche sont, c’est un fait, plus sensibles à la question du social qu’à la question de l’environnement) mais aussi une erreur stratégique et d’analyse (en acceptant de séparer les deux, alors que la liaison du social et de l’environnemental est essentielle) et même une faute morale (en sous-entendant que l’enjeu se limite à sauver la planète).

Soit dit en passant, le terme de Jamaïquaine pour désigner une coalition bleue-orange-verte est pour le moins curieux [1]. Les couleurs du drapeau de la Jamaïque — auquelles on fait je suppose référence — sont en effet le vert, le noir et le jaune. Comme la Volksunie (jaune) est morte, que les anarchistes [2] ne disposent bien évidemment pas du moindre groupe parlementaire et sont encore moins disposés à entrer dans un gouvernement, on voit mal ce que ces couleurs peuvent bien signifier.

Par contre, on devrait aller jeter un oeil du coté du drapeau du Gabon, dont les couleurs — bleu, vert, jaune — s’approchent d’assez prêt de la coalition envisagée. Evidemment, c’est moins fun de faire une gabonaise qu’une jamaïquaine (quoique).

Notez, une explication alternative peut tenir la route, mais elle est symboliquement assassine et on suppose que ce n’est pas à cela que pensent les journalistes qui ont mis le terme à la mode [3]. Le noir et le jaune sont en effet les couleurs de la Flandre (ce qui fait à cette dernière un point commun avec la guêpe). Une « jamaïquaine » serait donc une coalition visant deux choses : l’intérêt de la Flandre et celui de l’écologie. Pas totalement à côté de la plaque, il faut bien l’avouer.

Notes

[1Ainsi que j’en parlais jadis, il s’agit en fait du décalque du terme en vigueur en Allemagne, pays où les couleurs des partis concernés collent.

[2Le noir est bien évidemment la couleur des anars et non des fachos comme certains incultes ont parfois tendance à le penser. La couleur des fachos est en effet le brun, avec des variantes kaki et caca d’oie possibles.

[3Non, pas « Leterme à la mode ».

Messages

  • visiblement, nous avons des sources communes :-)

    Voir en ligne : Get up Stand up

  • N’oublions pas 3 choses :

    1. ECOLO n’est pas demandeur. L’explorateur a demandé à voir les verts. Ils ont répondu à l’invitation. On explore, on ne dit pas oui. Il faut d’ailleurs voir les conditions posées, la première étant, dans l’éventualité de discuter d’une tripartite, de repartir de zéro, sur la construction d’un programme de gouvernement. Cela signifierait : un sérieux tournant à gauche. Van Rompuy a d’ailleurs répondu à JM Javaux "Vous ne facilitez pas la tâche".

    2. ECOLO veut être indispensable. Cela signifierait le retrait de la NVA ou du cdH, par exemple.

    3. Les militants décident in fine. Et en Région bruxelloise, en 1999, mécontents de ce qui était proposé, ils avaient dit niet.

    Voir en ligne : A gauche dans les faits !

  • La Jamaïquaine vient d’Allemagne. La CDU-CSU (noir) + FDP (libéral - jaune) + Verts. D’où le nom "jamaïquaine" pour désigner une coalition libérale-chrétienne-verte.

  • Lu RTL info.be

    ’Groen ! n’est pas indispensable’

    Vera Dua, la présidente de Groen !, est d’avis qu’il est peu probable que les écologistes entrent dans un gouvernement orange bleue. "Numériquement, les partis verts ne seraient pas nécessaires. Que peuvent dès lors mettre Ecolo et Groen ! dans la balance puisqu’ils ne sont pas indispensables", note Mme Dua.
    De plus, ajoute-t-elle, le gouvernement de centre droit orange bleue "sera extraordinairement éloigné de notre programme". Vera Dua souligne aussi que Groen ! n’a jamais été contacté par M. Van Rompuy. "Parler de scénario nous impliquant est donc purement hypothétique", ajoute-t-elle. Ecolo par contre a été consulté par l’explorateur Van Rompuy et dans leur réponse, les verts francophones disent ne pas vouloir participer sans Groen ! . Vera Dua reconnaît que la situation serait en effet très difficile pour les partis écologistes si Ecolo était dans le gouvernement et Groen ! dans l’opposition étant donné qu’ils ne forment qu’un seul groupe à la Chambre. (NLE)

    Source

  • quelques petites réactions :

    Ecolo n’est pas prêt à négocier ? Avec les dernières victoires législatives le nombre de collaborateurs a surement augmenté, le nombre de parlementaires a doublé (et ils n’ont pas grand chose à faire pour le moment). Bref, je pense que en cas de négociation Ecolo disposera de toutes les forces vives nécessaires et sera sans doute tout à fait en état de négocier (surtout avec son vivier de militants experts implantés dans la société civile et prêts à venir prêter main forte)

    D’autant plus que du point de vue des idées, les choses ne se décide pas après les élections comme tu sembles le crois naivement mais plutôt bien avant au moment de l’établissement des programmes

    Pas de ministrables ? Ca, c’est ta seule opinion, moi je vois plein de gens qui pourraient être ministrables : Morael, Nollet (même si tu ne sembles pas beaucoup l’aimer), Henry, Javaux (s’il le voulait) pour les hommes. Zoé Genot, Muriel Gerkens, Emily Hoyos pour les femmes... Je m’arrête là et je suis sur qu’il y en a encore plein d’autres et pas des plus connus.

    • Bonsoir,

      Ecolo n’est pas prêt à négocier ? Avec les dernières victoires législatives le nombre de collaborateurs a surement augmenté, le nombre de parlementaires a doublé (et ils n’ont pas grand chose à faire pour le moment). Bref, je pense que en cas de négociation Ecolo disposera de toutes les forces vives nécessaires et sera sans doute tout à fait en état de négocier (surtout avec son vivier de militants experts implantés dans la société civile et prêts à venir prêter main forte)

      Oui et non ; pour le peu que j’en sache, une négociation est quelque chose de très technique et qui se déroule avec assez peu de monde. Ça va vite, ça demande de pouvoir réagir à des imprévus ; et la qualité de la réaction s’apprécie sur plusieurs plans très divers allant de la crédibilité technique à la légitimité par rapport au programme du parti. Bref, il ne suffit pas d’avoir beaucoup de gens très intelligents (ce dont je doute pas un instant qu’Ecolo dispose) mais d’avoir une organisation d’autant mieux pensée que la question du rapport à la base reste chez Ecolo beaucoup plus sensible que dans tous les autres partis (ce qui est sans nul doute une force mais aussi une très grande faiblesse dans certaines circonstances) et que les pratiques de décision d’Ecolo ont peu de choses à voir avec les pratiques de négociation fédérale, qui ne ferront, elles, pas l’objet d’une négociation.

      En outre, je pense que, sur certains matières, notamment socio-économiques, Ecolo manque de négociateurs solides (parmi le « top » d’Ecolo, je ne vois que Philippe Defeyt, mais je ne suis pas sûr qu’il sera invité). Bien sûr, je ne connais pas tout le monde et il peut y avoir de bonnes surprises.

      Concernant les « personnalités venant de la société civile », hormis quelques universitaires très bien introduits, j’ai le sentiment que ça ne pèse quasiment pas au moment des négociations. Parce que ça prendrait trop de temps de consulter largement. Parce que les négociateurs doivent pouvoir compter sur une loyauté sans faille de leurs interlocuteurs, sur la confidentialité totale des échanges, etc, choses qu’on ne peut attendre que de personnes ayant fait le choix d’être partisanes — au premier sens du terme — ce qui est exactement incompatible avec le fait de faire partie de « la société civiles », c’est-à-dire de garder (et fort heureusement que certains le font) une distance critique par rapport à « l’esprit de parti ».

      D’autant plus que du point de vue des idées, les choses ne se décide pas après les élections comme tu sembles le crois naivement mais plutôt bien avant au moment de l’établissement des programmes

      Naïf ou pas, je remarque qu’Ecolo a expliqué en 1999 qu’après avoir gagné les élections, c’étaient les négociations qui avaient été perdues. Sérieusement, je crois que — c’est peut-être triste mais c’est ainsi — le régime politique actuel de la Belgique repose très largement sur la capacité de négociation des parties à un gouvernement ; très peu sur les programmes.

      Pas de ministrables ? Ca, c’est ta seule opinion, moi je vois plein de gens qui pourraient être ministrables : Morael, Nollet (même si tu ne sembles pas beaucoup l’aimer), Henry, Javaux (s’il le voulait) pour les hommes. Zoé Genot, Muriel Gerkens, Emily Hoyos pour les femmes... Je m’arrête là et je suis sur qu’il y en a encore plein d’autres et pas des plus connus.

      Je n’ai pas dit qu’il n’y avait pas de ministrables. J’ai cité les noms de Marcel Cheron et de Christos Doulkeridis comme réunissant à mes yeux les qualités nécessaires (et de Muriel Gerkens comme acceptable). Pour les noms que tu cites, je n’ai pas envie d’entrer dans le détail de chacun, j’ai déjà assez d’ennemis comme ça. Mais je remarque quand même que Morael (qui reste largement au-dessus de la mêlée à pas mal d’égards, on est d’accord) a plus ou moins décliné un poste de sénateur, je suppose pour des raisons de santé ; que Philippe Henry est plutôt considéré comme un excellent homme de l’ombre (dir’cab et tutti quanti), que Javaux est sans doute indispensable au secrétariat fédéral dans les circonstances actuelles et ne peut absolument pas lâcher le mayorat d’Amay (la situation actuelle est déjà délicate à gérer pour lui ; un poste de ministre l’obligerait à démisionner à Amay, ce qui serait intenable politiquement pour Ecolo vu les exigences mises à l’endroit des pratiques des autres partis), que Zoé non seulement vient d’avoir un bébé (même si elle est la seule concernée, je ne lui souhaite pas de concilier ça avec un poste de ministre au fédéral) mais a surtout toujours affiché une préférence (à raison à mon avis, ça correspond très bien à sa personnalité) pour le combat sur le terrain, ce qui et est fort peu compatible avec un poste de ministre. Quant à Emily Hoyos, ça ne me semble pas lui faire injure que de trouver que le costume est trop large pour elle.

      Mais bon, on s’éloigne du sujet. Ce que je voulais dire, c’est que les qualités pour être un « bon ministre » ne sont pas les mêmes que celles qu’on attend d’un bon parlementaire de l’opposition ou d’un bon animateur d’idées et qu’une bonne part de ces « qualités » tiennent en outre à des circonstances indépendances de la volonté des intéressés (par exemple : un parti cherche naturellement à tenir compte d’un équilibre géorgraphique dans le choix des personnalités qu’il met en avant, c’est un critère de facto non négligeable mais qui n’a rien à voir avec les qualités individuelles des uns et des autres). Et puis surtout, je voulais dire que ceux qui sont actuellement ministrables (Durant, Nollet,..) — c’est-à-dire sont considérés dans le parti comme susceptible d’être envoyés au « casse-pipe » — ne sont pas nécessairement ceux qui y feront le meilleur boulot. Rien de plus.

  • Très intéressant article concernant une "jamaïque" qui ne verra jamais le jour. Y figurent cependant quelques erreurs et imprécisions, notamment en ce qui concerne le programme économique d’ECOLO.

    En premier lieu, ce n’est pas faire insulte à la quantité de travail de Jean-Marc Nollet que de lui reconnaître d’avoir abondamment consulté les membres ECOLO qui souhaitaient contribuer au programme économique. Faire de la politique autrement, c’est cela aussi. Cela veut dire pouvoir écouter un militant, intégrer une partie de ses remarques et puis passer des heures au téléphone pour discuter une centaine (et oui !) d’amendements, même si on est, effectivement, l’architecte principal du programme.

    Sur le fond de la question, je commencerai par rappeler que lorsqu’il fut amené à présenter le programme économique d’ECOLO sur la première chaîne de la RTBf radio, le journaliste lui a demandé si Marx et Engels auraient voté ECOLO... Le programme est profondément alternatif et profond, dans la mesure où il est très propositionnel, concret et plonge loin à la racine des problèmes, à commencer par la financiarisation de l’économie et le court-termisme.

    D’autres aspects méritent d’être développés, mais n’ont pu l’être faute de temps. Une de mes "marottes" personnelles est de travailler sur les inégalités salariales. Je voudrais, par exemple, priver de réduction de charges sociales les entreprises où la "tension" salariale (par exemple, le rapport entre le plus élevé et le plus bas des salaires) dépasse un certain seuil. Je suis d’accord pour dire que cela n’amènera pas le bonheur pour tous, mais il s’agirait néanmoins d’un coup d’arrêt symbolique à certaines pratiques.

    L’internaute intéressé trouvera d’autres pistes de réflexion dans la rubrique "Economie", sous "Mes thèmes politiques", sur mon site.

    • Que l’inculture d’une partie du personnel de la RTBF permette à des journalistes de confondre le programme « régulationniste » d’Ecolo avec un programme marxiste en dit long sur la déshérence du service public (à moins que ce ne soit celle du marxisme).

      Cela dit, je reconnais qu’il serait nécessaire d’ouvrir ici un débat de fond sur le programme socio-économique d’Ecolo, auquel on doit au moins reconnaître d’être une pièce importante au débat. Il ne suffit pas d’accumuler les allusions comme je le fais, il faut prendre le temps de décortiquer le machin, de proposer une analyse et une critique du programme dans son ensemble. J’aurai voulu le faire avant les élections ; le temps a manqué. Je vais essayer de travailler là-dessus et de proposer ça ici (je ne promets rien ; le temps manque toujours).

  • Plutôt que le Gabon, j’avais personnellement pensé au Brésil. A une glace brésilienne...

    Voir en ligne : Low-Cost & High-Polution pour le Brazil