Les archives des Bulles

Harry Potter serait de gauche ? N’importe quoi

mardi 30 octobre 2007, par François Schreuer

Voilà maintenant que Harry Potter serait « de gauche ». En plus de nous pomper l’air, ce sorcier d’opérette devrait être du même bord que nous. C’est du moins ce que prétend le philosophe et linguiste Jean-Claude Milner dans un entretien à Libération, complètement fumeux pour autant que je puisse en juger [1]. Et tout le monde de reprendre incontinent cette glose hative.

Tout cela est inacceptable. Si fait.

Comme j’ai la tendance parfaitement atavique d’archiver la moitié des choses que je lis, j’ai la possibilité d’aller fouiller dans mes archives pour y trouver de quoi entamer une nécessaire contre-offensive. Et, dans ma base de données proliférante, je retrouve ce texte d’Ilias Yocaris paru dans Le Monde du vendredi 4 juin 2004 — qui me semble bien meilleur, ça va sans dire.

Point de vue

Harry au pays du marché triomphant

Avec la série des Harry Potter, l’écrivain J. K. Rowling a réussi la gageure de réenchanter le monde : le lecteur voit ainsi se déployer sous ses yeux un univers proprement magique, où l’on trouve des voitures qui volent, des sortilèges qui vous font vomir des limaces, des arbres donnant des coups de poing, des livres qui mordent la main de leur propriétaire, des elfes domestiques, des portraits se disputant entre eux et des dragons avec des queues à pointes.

A priori donc, il n’y a rien de commun entre le monde de Harry et le monde ordinaire de notre perception habituelle. Rien du tout, excepté un détail : comme le nôtre, l’univers fantastique de Harry Potter est un univers capitaliste.

Poudlard est une école de sorcellerie privée, et son directeur doit sans cesse se battre contre l’Etat, essentiellement représenté par l’inepte ministre Cornelius Fudge, le ridicule fonctionnaire Percy Weasley et l’odieuse inspectrice Dolores Ombrage.

Les apprentis sorciers sont en même temps des consommateurs qui rêvent d’acquérir toutes sortes d’objets magiques hi-tech comme des baguettes « haute performance » ou des balais volants « de marque » dernier cri, fabriqués par des multinationales.

Poudlard n’est donc pas seulement une école, mais aussi un marché, visiblement très juteux : soumis à un matraquage publicitaire incessant, les pensionnaires ne sont jamais aussi heureux que quand ils peuvent dépenser leur argent dans les établissements qui entourent le collège. Il existe toutes sortes de trafics entre élèves, et l’auteur insiste lourdement sur les possibilités de promotion sociale offertes aux jeunes gens qui s’enrichissent grâce au commerce de produits magiques.

Bien entendu, le tableau est complété par les complaintes rituelles sur la rigidité et l’incompétence des fonctionnaires. La ringardise de ces derniers tranche singulièrement avec l’inventivité, l’audace et l’allant des entrepreneurs, dont J. K. Rowling ne cesse de vanter les mérites. Par exemple, Bill Weasley, banquier chez Gringotts (une banque de sorciers tenue par des gobelins), se présente comme l’exact opposé de son frère, Percy-le-fonctionnaire : le premier est jeune, dynamique, créatif, ouvert d’esprit et porte des vêtements qui « n’auraient pas eu l’air déplacés dans un concert de rock » ; le deuxième est inintelligent, obtus, borné au possible, et s’adonne à un inepte travail de régulation étatique, le chef-d’oeuvre de sa carrière consistant en un rapport sur « les normes standards pour l’épaisseur des fonds de chaudron ».

Cette invasion de stéréotypes néolibéraux dans le conte de fées a évidemment des incidences non négligeables sur la description des personnages et du monde dans lequel ils évoluent. L’univers fictif de Harry Potter offre une vraie caricature des outrances du mo- dèle social anglo-saxon : sous le vernis de la réglementation et des rituels collectifs imposés par la tradition, la microsociété de Poudlard se présente comme une jungle impitoyable, où règnent l’individualisme, la concurrence exacerbée et le culte de la violence.

Le conditionnement psychologique des apprentis sorciers repose clairement sur une culture de l’affrontement : affrontement individuel des élèves entre eux pour décrocher, par exemple, le titre prestigieux de préfet ; affrontement quotidien des quatre « maisons » de Poudlard pour gagner à tout prix des points au classement annuel qui va les départager ; affrontement périodique entre écoles de sorciers pour remporter la Coupe de feu ; affrontement ultime et sanglant des forces du Bien avec le Mal.

Cet état de guerre permanent aboutit notamment à une redéfinition du rôle des structures institutionnelles : confrontées à un déferlement sans précédent de conflits de plus en plus violents, celles-ci n’ont plus la possibilité, ni même la vocation, de protéger les individus face aux menaces qui les guettent de toutes parts. Ainsi, le ministère de la magie échoue piteusement dans son combat contre les forces du Mal, et les contraintes réglementaires de la vie scolaire empêchent paradoxalement Harry Potter et ses amis de se défendre face aux attaques et aux provocations qu’ils subissent sans cesse.

Livrés à eux-mêmes, les apprentis sorciers devront lutter seuls pour survivre dans un milieu hostile, et les plus faibles (comme Cedric Diggory, l’ami de Harry) seront inexorablement éliminés.

Or toutes ces données ont une influence déterminante sur le contenu de l’enseignement dispensé aux jeunes élèves de Poudlard. Le moins qu’on puisse dire, c’est que cet enseignement est unidimensionnel. En effet, les programmes éducatifs de Poudlard sont orientés de façon très précise sur le plan didactique : seules comptent les disciplines susceptibles de transmettre aux élèves un savoir pratique immédiatement exploitable, qui pourrait les aider dans leur lutte quotidienne pour survivre.

Cela n’est pas très étonnant, dans la mesure où la prestigieuse école vise à former avant tout des individus compétitifs sur le marché du travail et capables de lutter contre les forces du Mal. On constate ainsi que les matières artistiques se trouvent éliminées du cursus décrit par l’auteur, et que l’enseignement des sciences humaines est fortement dévalorisé : les élèves n’ont droit qu’à quelques malheureux cours d’histoire littéraire totalement dépourvus d’intérêt, qui les font bayer aux corneilles. De façon très révélatrice, l’auteur précise que ces cours semblent à Harry aussi ennuyeux « que le rapport de Percy sur l’épaisseur des fonds de chaudron » : autrement dit, dans un système social axé exclusivement sur l’affrontement et la concurrence, les sciences humaines sont devenues aussi inutiles que les tâches de la régulation étatique.

Harry Potter apparaît donc à plusieurs égards comme une oeuvre-somme, résumant — involontairement sans doute — le projet éducatif et social du capitalisme néolibéral.

A l’image du totalitarisme orwellien, ce capitalisme tente désormais de façonner à sa guise non plus seulement le monde réel, mais aussi l’imaginaire des citoyens consommateurs. En gros, le message sous-jacent qui est adressé aux enfants à la lecture d’un tel texte est : « Vous pouvez imaginer autant de mondes fictifs, autant de sociétés parallèles, autant de systèmes éducatifs que vous voulez, ils seront tous régis par les lois du marché. » Le moins qu’on puisse dire à la lumière du succès de l’ouvrage est que les jeunes générations ne sont pas près d’oublier la leçon.

Bon voilà ; au moins ça fera du débat.

Oui, je sais, j’ai parlé de Harry Potter :)

Merci au hérison révolutionnaire pour avoir relevé l’info.

Notes

[1C’est-à-dire fort peu dans la mesure où ma seule connaissance de l’univers potterien se résume à un des films vu ou entrevu je ne sais plus trop bien où.

Messages

  • Bon, ton texte affirme que l’univers de Harry Potter est un univers capitaliste. Mais cela n’empêche pas que Harry Potter lui-même puisse être de gauche non ? Après tout, tu es toi même qqn de gauche dans un univers très fortement capitaliste.

    Alors, en quoi le personnage Harry Potter est-il de droite ou de gauche ?

    (Personnellement, je n’ai jamais lu Harry Potter et je n’ai pas envie de le lire mais c’est juste pour le fun).

    Par contre, je suis absolument opposé à la conclusion hâtive et éhontée : "Harry Potter décrit un monde capitaliste -> nous sommes dans un monde orwélien où tout notre imaginaire devient capitaliste." Il ne faut pas un doctorat en logique pour voir la faille... A moins que l’auteur du texte ne réduise l’imaginaire à Harry Potter, ce qui serait on ne peut plus dramatique...

  • Harry Potter est avant tout un incroyable succès commercial. C’est la marchandisation du livre, ça rapporte plein de pognon comme le suggère la photo que tu as choisie issue d’un produit dérivé. Que tu sois enfant, adolescent, adulte, tu n’échapperas pas à Harry Potter. Qu’on arrête avec "Harry Potter est de gauche", je trouve aussi que c’est n’importe quoi.

    Harry Potter, c’est génial pour dresser une immense pile de livres à vendre (tels les paquets de lessive) dans les supermarchés. Les gens deviennent de plus en plus paresseux, ils veulent qu’on leur mâche le travail et qu’on leur dise "lis ce bouquin, il a été vendu autant de fois, c’est forcément un bon livre". Pareil avec "Da Vinci Code", c’est ça le problème, l’uniformisation de la pensée, des gouts et des couleurs, tout sens critique disparait.

    Marre de la pléthore de best-sellers écrits par des auteurs connus qui sortent les mêmes livres années après années. C’est là où se perd toute la biodiversité d’autres excellents auteurs moins mis en avant face aux bulldozers marketing qui étouffent depuis plusieurs années le marché du livre.

    • Sauf qu’à la base Harry Potter n’était pas un produit formaté mais un simple roman pour enfants parmis d’autres qui a mieux fonctionné aux premiers volumes, au point d’attirer l’attention des marketing target partners qui ont vu le filon.
      Sans doute qu’à ce moment là ça manquait d’histoire de sorcier. C’est comme Pirates des Caraïbes, une des raisons majeures de son sucès est l’absence de films de pirates au cinéma depuis un certains temps, alors que c’est un univers qui attire les foules.

      Da Vinci code, de part le sujet traité, c’est un peu trop gros pour ne pas penser que Dan Brown n’a pas voulu surfer sur la vague de contestation des fondements de la religion.

      Je ne vois pas pourquoi Harry Potter ne pourrait pas être de gauche bien que son auteur soit de droite (ce qui n’est pas forcément le cas, Rowling ne fait que profiter de ce qu’on lui propose ; pour voir si c’est une pure capitaliste avide de vente il suffira de voir si elle aura la force d’arrêter au 7ème tome comme prévu depuis le début ou cédera à la tentation d’une suite).

    • « Dès l’âge de 6 ans, la jeune Joanne Kathleen Rowling ne cesse d’écrire et d’inventer des histoires. Après des études de langues -et notamment de français-, elle revient en Angleterre et, en 1990 alors qu’elle attend un train en retard, commence à imaginer les aventures d’un jeune orphelin (et sorcier) nommé Harry Potter. Durant plusieurs années, elle peaufine son manuscrit et en 1996, alors que sa situation financière est plus que précaire, elle obtient une réponse positive de l’éditeur Bloomsbury.

      En 1998, Harry Potter à l’école des sorciers débarque dans les librairies et devient immédiatement un best-seller international. Véritable phénomène, la saga magique, composée de sept romans publiés à raison d’un livre par an, s’est vendue à la mi-2005 à quelques 270 millions d’exemplaires dans le monde (dont 17 millions en France), publiés dans 61 langues dans près de 200 pays ! Depuis, la sortie de chaque nouveau roman est guettée par les fans : ainsi, le 16 juillet 2005, le sixième volet Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé, s’arrache à 9 millions d’exemplaires en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis et rapporte à J.K. Rowling plus de 40 millions de Livres Sterling en seulement 24 heures.

      Hollywood fait rapidement les yeux doux à la romancière, qui confie à Warner Bros. et Chris Columbus la transposition de son univers à l’écran. En 2001, Harry Potter à l’école des sorciers sort sur les écrans et s’impose rapidement comme l’un des plus gros succès cinématographiques de tous les temps (976 millions de dollars de recettes en salles). Il est suivi par Harry Potter et la chambre des secrets (2002), Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban (2004), Harry Potter et la Coupe de Feu (2005) et Harry Potter et l’Ordre du Phénix (2007) sans oublier Harry Potter et le Prince de sang mêlé (2008)... »

      Source allocine.fr

      @anonyme : Oui c’est vrai qu’au début, rien ne semble avoir été calculé, cela semble être une véritable success story. Ce qui m’énerve ce n’est pas vraiment ça mais plutôt la dérive marketing et commerciale qui vise principalement les enfants.

      @toucan rouge : « Vous me faites rire ! Cette tendance de pas mal de gens de gauche de décrier tout ce qui est populaire ». Selon le dicton, « les gouts et les couleurs, ça ne se discute pas », ce n’est pas pour ça qu’on ne peut pas donner son avis sur ce qui est sorti. J’ai lu les premières pages d’Harry Potter et de Da Vinci Code (je ne parle même pas de l’adaptation cinématographique), ça a suffit à me faire dire que je trouvais ça nul, si vous aimez, c’est votre choix. C’est une erreur d’avoir pu croire que je jugeais sans connaitre ou avoir essayé. Quant aux films de Tarentino, je les regarde avec plaisir. Je ne décrie pas forcément tout ce qui est « populaire » (qui est aimé du peuple), j’apprécie les documentaires de Michaël Moore ainsi que d’autres oeuvres qui ont du succès (Full Metal Jacket, Las Vegas Parano) et je peux comprendre que d’autres personnes trouvent ça nul...

    • Que tu n’aimes pas Harry Potter ou Da Vinci Code, ça ne me pose aucun problème. Ce qui m’énerve, c’est l’attitude de chercher forcément un coup commercial derrière un phénomène populaire.

      Harry Potter n’a pas été pensé par une industrie mais a été débuté par un auteur inconnu à l’époque qui a eu bien du mal à publié son projet dans lequel personne ne croyait. Ca a très bien marché, ensuite les industriels se sont intéressés aux droits d’exploitation etc, mais ce n’est que la conséquence du succès de son travail.

      Je suis désolé pour François mais je trouve sa phrase "En plus de nous pomper l’air, ce sorcier d’opérette devrait être du même bord que nous." d’une prétention incroyable.

    • Full Metal Jacket et Las Vegas Parano c’est pas vraiment de la grosse culture populaire voulant toucher le plus grand nombre.

    • Ben forcément, on est tous soit de gauche, soit de droite, soit bon, soit mauvais, soit pauvre, soit riche, soit de votre bord, soit de l’autre. Et de toutes façons, le monde est à la solde du complot capitaliste-libéral qui cherche à pervertir tout ce qu’il touche. Cendrillon qui a pas de belle robe pour aller au bal ? Aha ! C’est encore un coup fumant des capitalistes sans scrupules qui veulent faire croire aux petites filles qu’il faut une belle robe bien chère pour trouver le prince charmant, lequel doit être un aristocrate de bonne famille et non du vulgus pecum.

      De toutes façons, si Harry Potter pèse plus lourd qu’un canard, il faut le brûler. A Witch !

    • Tiens Ploum, petit hors-sujet en passant, les gens réclament tes journaux sur linuxfr, tu leur manques.

      Pour en revenir au sujet, Ploum ressemble à Harry Potter, donc Ploum est-il de droite ?

  • Vous me faites rire ! Cette tendance de pas mal de gens de gauche de décrier tout ce qui est populaire.

    Je suis de gauche, et j’aime Harry Potter, j’aime Da Vinci Code, et j’aime même les films de Quentin Tarantino, vous imaginez ?

    Quant à l’article tentant de faire un parallèle entre Harry Potter et le modèle néo-libéral, je pourrais écrire exactement le même pour faire un parallèle avec tout autre idéologie. Il suffit d’orienter ses exemples pour prouver ce que l’on veut.
    Pourquoi ne pas simplement apprécier une oeuvre telle qu’elle est et chercher obligatoirement à la transformer en tentative de propagande ?

    Apparemment, personne ici n’a lu Harry Potter (je parle des livres, pas des films, jeux vidéos ou tout autres produits dérivés). Je peux vous dire que les 7 tomes sont cohérents et qu’ils n’ont absolument pas été écrit à des fins mercantiles. Dès le départ 7 tomes étaient prévus et ça se ressent au fil de la lecture.

    • Mon cher Toucan,

      Le propos de l’article que François a ressorti ici n’est certainement pas celui de dire que la moindre ligne de ce bouquin ait été écrite de manière politiquement orientée.
      Il faut simplement se rappeler d’une chose importante : on ne peut pas dissocier une œuvre du contexte socio-économique dans lequel elle a été produite (c’est à fortiori vrai pour toute œuvre « underground » ou dite « d’avant-garde » puisqu’elles sont des réactions au discours dominant (On peut, à ce sujet, retourner utilement au Texte de BOURDIEU : « La production de la croyance. Contribution à une économie des biens symboliques », in Actes de la recherche en sciences sociales, XIII, 1977, pp. 3-43.).

      Il est de loin, à mon sens, plus intéressant pour analyser la moindre production au sein de la culture de masse de se baser non pas sur ce que dit l’œuvre, mais plutôt sur ce qu’elle ne dit pas (ou pire : ce qu’elle tait sciemment).

      À ce niveau, le texte de Yocaris me semble beaucoup plus pertinent, s’attachant davantage aux structures fondamentales de l’organisation de l’univers fictif créé par cette chère J.K., que l’entretien de Libération dans lequel l’analyse se base sur des éléments beaucoup plus factuels (et narratifs) des bouquins.

      Je reste pour ma part convaincu qu’il est important (et urgent ) d’apprendre à démasquer les idéologies derrière la production artistique de masse. Car il n’est pas impossible que dans l’œuvre la plus explicitement libertaire se cache un vrai discours réactionnaire sous-jacent. (je n’entrerai pas ici dans le débat qui associerait forme artistique dominante et conformisme vs contestation et renouvèlement des formes, mais cela a certainement motivé mon propos).

    • Personnellement, je trouve les deux analyses aussi ridicules d’une que l’autre. Je ne trouve pas le texte de Yocaris pertinent car je pourrais prouver qu’Harry Potter promeut la solidarité en utilisant exactement la même structure.
      Il faut prendre le texte d’Harry Potter pour ce qu’il est : un récit à l’univers passionnant mais n’en reste pas moins du divertissement, même s’il a amené beaucoup de jeunes vers la lecture.

      Alors bien sûr, le monde de Harry Potter est inspiré de la manière dont l’auteur voit notre société, mais il n’y a pas de prosélytisme à y trouver.

    • Je pense que nous ne nous sommes pas vraiment bien compris : Mon postulat est que toute œuvre véhicule implicitement un discours idéologique.

      Ni le texte de Yocaris, ni moi-même dans mon poste précédent ne prétendons qu’il existe le moindre prosélytisme dans le discours explicite de Harry Potter (il en existe beaucoup plus dans le battage médiatique fait autour de la promotion des livres/films/jeux).

      Simplement, il est bon de noter comme le texte du Monde le fait, que dans sa structure (càd dans les rapports de force qu’il instaure entre différents groupes de personnages analysables d’un point de vue politique), le récit de Harry Potter présente un univers fort empreint de notre société capitaliste !

      Trouverait-on quelqu’un pour nier le fait que le Lord of the rings de Tolkien est une représentation (imaginaire et certainement inconsciente, cela va sans dire) de la manière dont le monde était clivé à l’époque de sa rédaction (entre 1937 et 1949, si ces dates disent encore quelque chose à quelqu’un...). Si l’on ajoute à cela l’esprit de l’auteur fortement empreint par le manichéisme de la conception chrétienne du monde, l’analyse se révèle autrement plus fructueuse qu’en se disant simplement qu’il s’agit d’une belle histoire d’amitié entre deux hobbits, non ?

      Dire comme tu le dis que « Il faut prendre le texte d’Harry Potter pour ce qu’il est : un récit à l’univers passionnant » ça équivaudrait à affirmer que comme les publicité pour c*ca-c*la® présentent un univers empli de gens heureux et ayant l’air solidaires, l’analyse devrait s’arrêter là. Ne te semble-t-il pas qu’il soit possible de pousser cette analyse un tout petit peu plus loin en cherchant à comprendre quels sont les enjeux d’un film publicitaire (au delà même du simple fait de vendre un produit) en termes de représentation du monde, notamment ? (à ce sujet, je conseille vivement la lecture de l’ouvrage de Dominique QUESSADA : La société de consommation de soi)

      En outre, je trouve un petit peu navrant qu’un sujet si futile suscite de si vives réactions et une telle polémique, alors que d’aucuns, bien plus importants sur ces pages, laissent les lecteurs de marbre. (Ceci dit, je ne m’exclus pas du lot de ceux que je dénonce)

    • Ok Harry Potter est de droite (et représente donc le mal). Mon dictionnaire orthographique est-il de droite ou de gauche ?

      C’est super important, je dois savoir si je dois le brûler ou pas.

    • Dans la mesure ou seules des insultes affleurent à mes doigts en réaction à ce commentaire excessivement sensé et parfaitement argumenté, je resterai coi.

    • C’est terrible ces gens qui ne supportent pas la moindre boutade.

  • Euh, je suis presque décontenancé d’avoir suscité autant de réactions. Ce post se voulait (un peu) dérisoire. Tout le monde ne l’a pas pris ainsi.

    Si vous pouviez, chers lecteurs, être aussi prolixes sur le droit de grève ou le décret « inscriptions », vous m’en verriez ravi.

  • Effectivement, toutes ces discussions sont étranges. L’univers d’HP suit le schéma d’une bonne société anglaise de la première moitié du XXème siècle. Pas la peine de se prendre la tête, ce n’est pas vraiment une révélation ;)

  • Mouais une argumentation si pitoyable que même mes lunettes de toilettes pourrait mieux faire.
    C’est bien de critiquer et de parler d’un sujet dont on ne connait rien, tu as vu un film bravo, avant d’oser prendre la parole sur un sujet, lit toute l’oeuvre avant de déblatérer des énormités.