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Gratuité des transports publics, ça bouge un peu

dimanche 17 février 2008, par François Schreuer

La bonne idée de la semaine écoulée, une fois n’est pas coutume, vient du PS. « [...] la confection d’un budget, écrit Elio Di Rupo sur son blog, c’est aussi l’occasion d’être volontariste dans les domaines de société. Une mesure qui combinerait, selon moi, diminution du coût de la vie, mobilité harmonieuse et volontarisme environnemental serait de rendre les transports en communs, et notamment, le trafic national passagers de la SNCB entièrement gratuit. » Il précise sa pensée dans une interview au journal Métro : « il faut tendre vers la gratuité tout simplement parce qu’on ne pourra pas résoudre les problèmes climatiques et d’encombrements de nos routes sans passer par là », ajoutant encore que « dans les cinq à dix années qui viennent, il faudra entamer une réflexion plus fondamentale sur le chemin de fer et les transports en commun. » (via Belga)

Faut-il le dire, je suis à 100% d’accord.

Oui, la gratuité des transports en commun est une mesure de bon sens dans le contexte actuel, susceptible de contribuer aux deux objectifs centraux de toute politique de gauche aujourd’hui : lutter contre la dégradation de l’environnement et réduire les inégalités sociales. Loin d’être saugrenue, cette idée est appelée à s’imposer dans un avenir relativement proche. Simple exemple : elle est aujourd’hui au centre de la campagne municipale dans plusieurs villes françaises, notamment à Toulouse, à Nantes ou à Nice... quand elle n’est pas tout simplement appliquée, comme dans un nombre croissant de villes européennes (dernière sur la liste : Cluses, en France). En Suisse, un vote est organisé la semaine prochaine dans la ville de Genève à ce sujet. Si la proposition mise aux voix recueille la majorité, Genève instaurera la gratuité des transports publics (lire l’interview du porte-parole des Verts genevois dans Le Temps). Si la proposition du parti communiste local passe, la gratuité sera financée par une taxe sur les activités aéroportuaires.

Las, les réactions de la droite à la proposition d’Elio Di Rupo ont été glaciales comme on pouvait s’y attendre. Didier Reynders, qui ne se laisse pas étouffer par la décence ou l’honnêteté, déclare sans hésiter qu’« il y a déjà beaucoup d’usagers qui bénéficient aujourd’hui de la gratuité des trains, je ne vois pas donc pas ce que la proposition de M. Di Rupo peut apporter de plus. Sauf à entraîner des coûts importants supplémentaires qui ne seront pas couverts ». Ce que M. Reynders fait mine d’ignorer, c’est que les usagers qui bénéficient déjà de la gratuité ne sont pas les moins privilégiés, au contraire. Ceux qui bénéficient de la gratuité aujourd’hui sont principalement les travailleurs appartenant à certaines catégories plutôt privilégiées ainsi que les pensionnés ; en aucun cas les pauvres et les précaires, qui sont pourtant ceux qui en ont le plus besoin. C’est notamment ce qu’ont affirmé l’année dernière les 15.000 signataires de la pétition du collectif « Libre parcours ».

Même son de cloche au CDH : « Ce n’est pas avec la gratuité qu’on va attirer plus d’usagers dans les trains. Il vaut mieux augmenter l’offre et garantir aux usagers davantage de confort et de sécurité à bord des trains. C’est ce que nous avons fait en Wallonie et qui nous a permis d’accroître le nombre des voyageurs à bord des bus des Tec » pérore André Antoine, dont le rapport à la vérité faits est, là encore, caractérisé par une grande liberté. La fréquentation à la hausse de réseau des TEC n’est certainement pas liée à une augmentation — parfaitement imaginaire dans le chef du ministre Antoine — de la qualité du service (compte tenu de l’augmentation de la fréquentation, on est plutôt dans une stagnation ou une détérioration) mais bien à la pauvreté qui fait son retour en force avec l’augmentation du coût de la vie.

Plus surprenant, les Verts se sont montrés eux aussi défavorables à l’idée de gratuité généralisée des transports en commun, se contentant se plaider pour un « gel tarifaire ». Pour quel motif ? « Il y a un pas que la connaissance de la réalité, notamment financière, d’un service de transport public aussi important que la SNCB nous empêche de franchir, plaide le secrétariat fédéral d’Ecolo. Cette mesure démagogique est en outre peu réaliste dans le cadre d’une politique réfléchie de la mobilité. Elle condamnerait le rythme des investissements indispensables ».

Ce point de vue me semble hautement contestable. Les expériences de gratuité montrent en effet que l’instauration de la gratuité, en augmentant sensiblement le nombre des usagers, est au contraire un moyen de renforcer la pression politique en faveur de l’investissement dans les transports en commun.

Cette prise de position d’Ecolo est une relative (et surtout une mauvaise) surprise. On savait en effet la question en débat chez les Verts depuis un bon bout de temps déjà. La voilà tranchée ! Au moins, on saura à quoi s’en tenir sur le niveau d’ambition sociale d’un parti dont le positionnement à gauche laisse de plus en plus de monde sceptique, à comme par son ancien secrétaire fédéral Jacques Bauduin qui parlait clairement, dans sa contribution au numéro anniversaire de la revue Politique en juin dernier, de « dérive centriste » d’Ecolo.

Messages

    • C’est un slogan, ça, pas un argument.

      L’école publique, gratuite pourtant (ou quasiment), ça ne « vaut » rien, à votre avis ?

      Ce qui fait la valeur des choses, ce n’est pas (seulement) la possibilité de les convertir en monnaie, loin de là.

    • plusieurs remarques
      en tant que navetteur, mon employeur paie en effet mon abonnement qui n’est pas un libre-parcours sur tout le réseau. Cela ne fait pas pour autant de moi un privilégié. Il ne faut pas se tromper d’ennemi
      la gratuité mérite débat : j’ai toujours eu du mal à concevoir qu’albert frère puisse prendre le tec gratos : cela ne risque pas d’arriver mais cela permet d’induire une réflexion :la gratuité pour la majorité avec malgré tout un plafond lié au revenu ? c’est une question ouverte
      les journées train-tram-bus entraînent toujours une dégradation du matériel, comme si, ce qui est offert gratuitement ne mériterait pas le respect : une position que je ne partage pas mais qui doit être prise en compte : les mentalités doivent aussi évoluer
      la gratuité n’existe pas : il ya toujours quelqu’un qui paie :casu quo le contribuable.

    • Il ne me semble pas que personne ait dit que les actuels bénéficiaires de la gratuité sont des « privilégiés ». Ce qui n’empêche pas de souligner le paradoxe assez déplaisant qu’il y a à ce que les pauvres paient plein pot tandis que beaucoup d’autres bénéficient de mesures préférentielles diverses.

      Quant à Albert Frère, je plaide pour ma part vigoureusement pour qu’il puisse lui aussi bénéficier de la gratuité. Pour pleins de raisons. D’abord, il n’en profiterait sans doute pas (le gros bêta), ce qui veut dire que l’opération serait a priori neutre pour les caisses de l’Etat. Ensuite, s’il se décidait quand même à placer un orteil dans un bus, ça lui ferait sûrement beaucoup de bien de fréquenter le peuple, si je puis dire avec un peu d’optimisme. Mais surtout, la gratuité généralisée a pour principal effet de créer un espace public, de créer du commun, un lieu partagé où chacun est en situation d’égalité symbolique. Rien que pour ça, l’idée me semble valoir la peine. Face aux politiques sociales généralement ultra-stigmatisantes, et donc infâmantes, castratrices, une mesure de gratuité généralisée rend à chacun une place dont il n’a pas à se justifier. Je ne crois pas que l’expérience démocratique soit seulement imaginable dans une société qui ne dispose pas de tels mécanismes. Enfin, donner la gratuité à Albert Frère, c’est contribuer à la légitimité une fiscalité fortement redistributrice. Et la fiscalité, bien plus que la charité plus ou moins ouverte pour les pauvres (tarifs différenciés et cie) est, et de très loin, le meilleur moyen — à la fois le plus efficace et le plus juste — qu’on ait jamais trouvé pour redistribuer la richesse. En ces temps où la doxa ne prise guère les discours fiscalement progressistes, il y a là une opportunité qu’il serait regrattable de négliger.

  • en gros, je pense que la gratuité doit être un objectif final mais que on ne peut la mettre en oeuvre qu’en garantissant que des moyens et les investissements nécessaires soient mis sur la table

    chat échaudé craint l’eau froide et la réaction d’Ecolo est sans doute due à l’habitude dans ce pays d’avoir des politiques ambitieuses sans pour autant en garantir les moyens (désinvestissement fort dans l’enseignement supérieur tout en ayant pour lui les meilleures ambitions)

    cela dit, je suis évidemment pour la gratuité et je pense qu’elle est efficace pour augmenter le nombre de clients de la SNCB. Pour preuve, depuis que c’est gratuit pour les fonctionnaires, le nombre de fonctionnaires qui prennent le train n’a pas cessé d’augmenter

  • Entièrement en désaccord avec toi François comme je l’explique sur mon blog, cette mesure est démagogique et pas pleine de bon sens à mon avis.

    Par ailleurs, le PS tient des discours d’opposition alors qu’il est au pouvoir à tous les étages et depuis longtemps. Qu’a fait le PS pour le train ? Vu ce passé, le PS est-il crédible sur cette question ?

    Cette proposition est un beau piège à con pour Ecolo, si Ecolo applaudit, on les taxe d’irresponsables ; si Ecolo exprime un doute légitime, on les taxe de centrisme.

    Bravo Elio !

    • Bonsoir Tanguy,

      Un point pour toi sur le « bon sens ». Un peu de relâchement dans l’hygiène d’écriture... Mea culpa.

      Sur tes trois arguments, que je me permets de copier-coller de ton blog, quelques réponses.

      1. Le voyage qui pollue le moins est celui qui n’est pas effectué. Le prix à payer pour voyager est un incitant à ne pas abuser du transport.

      Cf. ma réponse à Piet plus haut.

      2. Pour opérer un transfert des usagers de la route vers le rail, la gratuité n’est pas obligatoire. Au niveau du prix, il suffit que le cout d’un voyage en train soit inférieur à celui de la route.

      Oui, mais toute la question est d’évaluer effectivement le « coût » des deux options, ce qui conduit à comparer des pommes et poires, parce qu’il faut bien intégrer dans le calcul d’utilité de chaque usager le temps, le stress, le confort, la fiabilité, etc, toutes choses qui sont dans l’ensemble assez largement défavorables au train.

      Autrement dit, la différence monétaire doit dans une certaine mesure "compenser" ces inconvénients. Et vu l’ampleur des inconvénients (à quoi il faut ajouter l’ampleur des externalités de la voiture), on pourrait défendre que l’Etat devrait rétribuer les gens qui utilisent les transports en commun (pour le coup, ce serait effectivement assez douteux sur le plan de l’abus que ça entrainerait).

      Evidemment, rien n’interdit de taxer plus la voiture (péage urbain) ou de prendre diverses mesures dissuasives à son encontre (réduction du nombre de places de parking), particulièrement dans les villes.

      3. Il y a d’autres points tout aussi important pour le choix du transport : rapidité, ponctualité, confort ... et ce n’est pas faire injure à la SNCB d’affirmer que des améliorations sont possibles dans ces domaines.

      Certes non. Mais je suis convaincu que ces améliorations ne suffiront pas à provoquer le transfert modal massif dont je ne suis pas loin de penser que dépends la survie de l’humanité...

      François

  • Comme je l’explique sur mon blog, il y a le slogan « gratuité des trains pour dans dix ans » et puis des propos qui tempèrent l’ardeur de cette annonce.

    Selon M. Di Rupo, il s’agirait de demander que, "dans les prochains contrats de gestion, on impose à la SNCB de proposer des moyens pour réduire le coût du train, notamment pour les familles".

    Bref, entre "gratuité" et "imposer de proposer des moyens pour réduire"... Il y a déjà une contradiction dans les termes, même si je souscris tout à fait à la proposition de la gratuité...

  • Je ne connais pas assez les détails pour affirmer que la gratuité est une bonne chose. Une bonne idée, assurément. Mais réaliste et/ou prioritaire, je ne sais pas.

    Par contre, j’aime beaucoup la remarque de Reynders :

    "il y a déjà beaucoup d’usagers qui bénéficient aujourd’hui de la gratuité des trains, je ne vois pas donc pas ce que la proposition de M. Di Rupo peut apporter de plus. Sauf à entraîner des coûts importants supplémentaires qui ne seront pas couverts"

    Donc pour lui, de toutes façons il n’y a pas grand monde qui paie. Ok, admettons. Rendre gratuit entraînerait plein de frais supplémentaires ? Mais si déjà personne ne paie ! Bref, la phrase n’a aucun sens, je ne pige pas.

  • On prône l’utilisation rationnelle de l’énergie, il est logique de prôner l’utilisation rationnelle des transports, aussi bien pour le transport collectif qu’individuel.
    La gratuité augmente fortement la demande comme l’a montré la gratuité à Hasselt. Le surcoût pour la collectivité est grand, trop grand. Il y a d’autres priorités en Wallonie que celle-là vu la richesse de notre pauvre région.
    Il est plutôt souhaitable de diminuer le prix des transports en commun avec modulation à caractère social. Mais pas de gratuité. C’est à peu de chose près la position d’Ecolo qui ne souhaite pas dilapider les deniers publics, exprimée par Didier Castagne spécialiste de la question chez Ecolo.
    D’accord que dans un contexte comme celui de Genève ou du Luxembourg on peut envisager ça différemment...

    • Oui, d’accord sur le principe (je m’attendais à l’argument). Mais la comparaison a ses limites. En particulier celle-ci que le gaspillage d’énergie est généralement juste stupide et nuisible (au sens où économiser l’énergie, par exemple en isolant mieux sa maison, représente rarement une perte de confort, bien au contraire ; de même que passer moins temps dans sa voiture) tandis qu’il semble difficile d’imaginer un « gaspillage » sans équivoque dans l’utilisation des transports en commun, pour la raison que voyager en transports en commun prend du temps, n’est pas spécialement hyper agréable. Bref, je pense qu’on ne se déplace que quand on a un motif de le faire.

      Un exemple pour illustrer mon propos : suite à l’instauration de la gratuité (partielle) des transports publics à Hasselt, on a observé une augmentation significative (je ne me souviens plus du chiffre, il est cité dans le bouquin du CST) des visites dans les maisons de retraites et les hôpitaux. Et il semble qu’un lien de causalité assez direct existe entre les deux événements. À suivre la logique de l’économie d’énergie, on pourrait penser que ces déplacements sont inutiles, représentent un gaspillage. Pourtant l’intérêt humain saute aux yeux.

      Autre exemple : je me souviens d’un débat où une élue Ecolo m’expliquait que la gratuité était une mauvaise chose parce que ça allait inciter des gens qui aujourd’hui se déplacent à pieds à prendre les transports en commun (d’où augmentation du bilan CO2). Cet argument (atterant à mon avis) dénote d’une méconnaissance effrayante de la précarité qui touche pas mal de monde : je connais un certain nombre de personnes qui vont à pieds, par tous les temps, parce que le bus coûte tout simplement trop cher pour eux.

      Bref, la gratuité des transports publics, c’est un progrès de société, un vrai, quelque chose qui nous rend la vie plus douce, qui crée de l’espace public et de l’égalité sociale sans stigmatisation, qui valorise l’idée de service public, etc.

    • D’un point de vue social et mobilité, je suis d’accord avec vous. Le problème c’est que, vu la situation financière wallonne,il faudrait que la population soit prête à accepter un effort prioritaire sur ce sujet. Sans compter qu’il faut qu’un parti le propose (sérieusement) et qu’il soit élu.

      D’un point de vue énergie/écologie, l’avantage du transport public est fort variable. Il est significatif pour les transports à traction électrique en site propre (30gr de CO2 par passager/km) mais pas du tout extraordinaire pour les bus diesel englués dans les embouteillages (80gr)(vivement le tram liégeois). Le risque de surconsommation de transport public existerait pour le train, par exemple pour passer une journée à la mer ou en ardennes. Une gratuité pour le transport urbain uniquement serait plus judicieuse.

    • Concernant le financement (question extrêmement importante puisqu’il faudra non seulement financer l’exploitation mais aussi et surtout l’investissement pour augmenter les capacités du réseau), dont on a pas encore parlé sur cette page, je pense qu’il faut trouver une mesure fiscale qui permette de transcrire dans la réalité l’idée selon laquelle toute la société bénéficierait d’une situation où les transports en commun seraient beaucoup plus utilisés et la voiture beaucoup moins.

      Autrement dit, rien n’indique qu’une mesure linéaire (une taxe supplémentaire pour tout le monde) soit la plus juste ou la plus efficace. Des péages urbains ou une taxe sur les voitures de société constituent sans doute des pistes intéressantes à cet égard.

  • Nous sortons des élections et des présentations de programme des différents partis or je ne me souviens pas du tout avoir entendu cette proposition de la part du Parti Socialiste à ce moment-là. Moment qui m’aurait paru le plus judicieux. Il y a de quoi s’interroger sur le fait qu’une mesure de ce poids apparaisse tout d’un coup et ce au détriment du programme défendu lors des élections. En effet, soyons réaliste, l’enveloppe financière est fermée.

    Je crains que ce ne soit qu’une proposition démagogique de Mr Di Rupo surtout que dans le contexte, il ne parlait de la gratuité du transport en commun que pour mettre en évidence le fait que la politique des intérêts notionnels était quatre fois plus coûteuse que ne le serait la mesure de gratuité du train.

  • A quoi sert la gratuité des autobus, s’il y en n’a pas ?
    Nous, les Jalhaytois connaissons déjà depuis près de vingt ans la privation gratuite d’autobus en soirée et le dimanche en milieu de journée.

  • Après avoir participé à une quasi-génération de gouvernements dont les principales préoccupations auront été de privatiser les services publics et les réalisations majeures de suivre les préceptes (vaguement) libéraux (mais en tout cas pas socialistes) de l’Union Européenne ; après avoir cautionné une politique de libre-circulation des biens et des capitaux, tout en protégeant les immunités financières qui auraient pu s’en trouver menacées ; mais après avoir contribué à rejeter la "misère du monde" aux frontières de la Forteresse Europe sous prétexte de socialisme national (retournez donc ces deux mots), voire régional (mais pas trop) ;
    Après tout cela donc, Elio se souviendrait-il de ses origines ouvrières ? C’est crédible ?

    Sans eux, a-t-on trop entendu, ce serait pire...

    Vivement que ce soit pire, qu’on essaie...

  • ... ça veut dire, "financé par mes impôts, déjà parmi les plus élevés au monde et qui m’étrangle alors que je suis supposé avoir un bon salaire".

    • Je suis apolitique, avant tout. Mais permettez-moi de remettre en perspective ce que vous dites :

      "... ça veut dire, "financé par mes impôts, déjà parmi les plus élevés au monde et qui m’étrangle alors que je suis supposé avoir un bon salaire"."

      Ces impôts que vous payez dans un des pays où on vit le mieux au monde, ou la couverture sociale est reconnue comme la plus juste au monde ...
      Parfois il faut arrêter de réfléchir en termes relatifs, mais plutôt en absolu : de quoi ai-je besoin ?
      D’une voiture ou de me déplacer rapidement, relativement confortablement (pouvoir lire fait partie du confort, ne pas être importuné par des guignols l’est aussi) ?
      D’avoir une grosse maison et de partir loin en voyage ou d’avoir de quoi me loger et me nourrir convenablement et avoir une vie pleine et heureuse ?

      Cela relève du simple bon sens que de se demander à quoi servent nos impôts, en payer plus, s’ils sont mieux utilisés, pourquoi pas ?

      Je peux néanmoins comprendre qu’avec la gestion catastrophique qui est faite de nos impôts locaux et fédéraux nos concitoyens aient ce genre de réflexions extrêmement saines (mais peut-être pas toujours exprimées de la façon la plus compréhensible qui soit ;) !)

    • Bonjour

      Je comprends l’ire de celui qui paie des impôts pour que d’autres roulent gratuit... et je comprends aussi la pertinence du propos qui relativise et parle de "mauvaise gestion".

      Ainsi, je suis ahuri (le terme est faible) de voir que, en Belgique, SEPT ministres de la santé se réunissent pour décider si l’on peut vendre de l’alcool au moins de 16 ans, après que CINQUANTE-DEUX chercheurs se soient penchés sur le problème.

      Alors, je suis, moi aussi, d’accord, pour que les transports en commun soient gratuits, mais pas si cela passe par plus d’impôts. Cela DOIT passer par une meilleure utilisation de l’impôt...

    • Plu-hease, ARRETEZ ce laïus déplorable sur la Belgique où il fait si bon vivre, où les soins de santé patati, et les service publics remarquables patata. Il ne se trouve guère que les fonctionnaires eux-mêmes (forcément intéressés à la cause ...) pour y croire.

      J’ai vécu et circulé (beaucoup) dans le monde et cette propagande apparaît pour ce qu’elle est une fois que vous avez un peu quitté votre pré. Si l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs, il arrive AUSSI qu’elle le soit. Dans des pays voisins, par exemple. Avec des taux d’imposition nettement plus bas, des services publics qui fonctionnent mieux (le contraire apparaissant difficile), une école qui forme, etc.

    • Tout est une question d’équilibre. Financer une sécurité sociale, un chômage et un toit pour tous est couteux, et ne permet pas d’investir dans des transports en communs ou des écoles convenables. Un des gouffres financiers du moment est la multiplication des gouvernements et l’inconsistance de certains ministres fédéraux à des postes clefs (Didier Reynders illustre parfaitement le non-savoir-faire en matière de gestion BASIQUE et d’évaluation budgétaire. Nous en sommes à 2 milliards d’euros de factures impayées et de 2,4 Milliards d’euros "d’intérêts notionnels" budgétisés au lieu des 400.000.000 prévus). Loin de moi l’idée de faire jouer la corde politique, mais entre les affaires politiques du PS, les péchés d’orgueil de certains ministres (Daerden, Antoine, Foret et Reynders pour cette partie du pays) et l’instauration d’une opacité entre le peuple et les élus (quel paradoxe), nous avons devant les yeux les leviers qui permettraient de retrouver un service public de qualité et des transports en commun digne de notre pays.

      L’herbe est plus verte ailleurs, on peut s’inspirer de certaines pratiques et de certaines rigueurs budgétaires, mais on peut aussi s’enorgueillir d’être resté une société humaine qui sait encore s’intéresser au sort moins chanceux de certains de nos proches (ce que - définitivement et par expérience - ceux qui ont la chance de gagner plus de 25.000€ par an oublient assez vite)

  • ... ceux qui prônent la gratuité des transports en commun ne doivent pas les prendre très souvent. Pour y être confronté quotidiennement (je suis un malheureux navetteur), je peux parler en connaissance de cause : les services publics de transport en Belgique sont LAMENTABLES. Retard systématiques, grèves à répétition (la dernière parce qu’un chef de train à tabassé un passager, ah, ah !), correspondances irrégulières, voitures manquantes, incidents techniques, gares et trains sales, etc. Alors que, je le répète, mes impôts sont déjà parmi les plus élevés au monde. Comment se fait-il que -au hasard- en Scandinavie (où, quoi qu’en dise la légende, les impôts sur les revenus sont moins élevés), ce genre de problème soit inexistant ? Ah, oui, en Norvège et au Danemark on a évidemment privatisé le rail. Ceci explique peut-être cela.

    Evidemment, j’attends le sempiternel chapitre sur le rail en Angleterre, par des personnes qui sont -bien sûr- très peu informées. La réponse est là :

    http://www.libertarian.co.uk/lapubs/econn/econn091.pdf

    • comparer la Belgique a la Norvège est évidemment débile vu que la Belgique ne dispose pas de revenus pétroliers conséquents pour financer ses services publics !!!!

    • C’est votre réponse qui est débile. Le Danemark cité également fait tout aussi bien. Il n’a pas de revenus pétroliers, lui non plus. De même que la Finlande. Et la Suède. Et l’Islande.

      Mais bon, il faut évidemment avoir mis le nez dehors pour le comprendre.

    • l’imposition globale est plus élevée dans les pays que vous citez qu’en Belgique, il est logique qu’ils aient un meilleur service en retour

    • C’est comme je le disais : vous êtes très mal renseigné et il faut mettre le nez dehors. Le Danemark, j’y ai vécu. Mieux qu’ici d’ailleurs. Avec proportionnellement un salaire plus bas. Et si l’imposition indirecte y est parfois (pas toujours) plus élevée, c’est une imposition qui généralement vous laisse un choix. Celui de consommer ou non (des biens ou des services), par exemple. Et, à propos de services, je me souviens en particulier d’avoir dû y prendre le train pendant un an et y avoir subi durant cette période moins de problèmes qu’en un mois de navettes en Belgique.

    • D’une part, l’imposition indirecte est aussi souvent la plus injuste (le but de l’état est de "faire les robins des bois" en prenant un peu au riches pour donner un peu aux pauvres), ensuite, en Belgique ou dans n’importe quel pays du monde, il y a des lignes de trains ou il y a plein de problèmes et d’autres ou tout marche nickel. On ne peut donc pas se servir de cas personnel sur l’une ou l’autre ligne pour élargir et généraliser à tout un pays.

      Un conseil : voyage sur des lignes flamandes et tu verras que la SNCB investit de l’argent mais que la clé 60-40 réserve les investissements là ou ils sont le moins nécessaire (densité élevée et terrain plat)

  • rassurez vous, je suis comme une truie qui doute !
    La promesse n’envisage qu’un délai très confortable pour la mémoire des électeurs.
    Mais François a raison.
    Prenons au mot le Duce du Bd de l’empereur, l’administrateur de la Banque DEXIA.
    Lui qui n’a pas levé un petit doigt contre les initiatives néo-libérales qui venaient de la Commission.
    Les chambres ne sont-elles pas occupées dans un vif débat démocratiquement assourdissant sur la ratification du Traité de Lisbonne, et dans ce débat les élus socialistes, conduits par Elio, ne se font-ils pas entendre par leur courage et la hardiesse de leurs propositions révolutionnaires anticapitalistes ?